‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 85 sur 189 · LVI.' JOUR · texte numérisé non relu

LVI.' JOUR

Caractère des docteurs juifs j sévhres^ orgueilleux,, et hypocrites • Matth. xxui. 4» S> 6, 7.

Ils lient des fardeaux* Le premier abus; c*esjt que pour paroitre pieux y ils font les sévères. Us lient des fardeaux pesans : ils tiennent les âmes captives : car voyez jusqu'à quel» point : des fardeaux insupportables^ sur les épau es (0 : bien licS;

(0 Mauh, XXIII. 4.

8VH l'évangile. 297

en sorte qu'ils ne puissent s'en défaire : et tout cela pour les tenir dans leur dépendance, sous prétexte d'exactitude.

C'est aussi un effet de la superstition. La véritable piété étant fondée sur la confiance en Dieu , dilate le cœur : mais la superstition qui se veut fonder sur elle- même y met une chose sur une autre, et se diarge de fardeaux insupportables.

Mais voici le comble du mal. Ces faux docteurs, quand ils vous ont bien chargés , ne t^us aident pas du bout du doigt; impitoyables en toutes manières, et parce qu'ils vous chargent, et parce qu'ils ne songent pas à vous soulager. Voilà leur premier caractère , rigoureux par ostentation , et en même temps durs et impitoyables.

Ils tiennent captives des femmelettes chargées de péchés (0 , sous prétexte de leur donner des remèdes à leurs péchés, et en effet pour les tenir dans leur dépendance, sous le beau nom de direction.

Mais vous, ô véritables directeurs! si vous êtes obligés d'ordonner des choses fortes, soyez encore plus soigneux à soulager ceux à qui vous les imposez. Loin de vouloir vous attacher les âmes infii^mes, rendez -les libres; et autant que vous pourrez, mettez - les en état d'avoir moins besoin de vous, et d'aller comme toutes seules par les principes de conduite que vous leur donnez.

Ils font tout pour être vus des hommes (2). Voilà la source de tout le mal. La véritable piété ne songe qu'à contenter Dieu. Ceux - ci n'ont que des vues

CO //. Tùn, lu. 6. — C») Maith. xxiii. 5^

^9^ VÉDITÀTIOirS

humaines; et il<i sont sévères , afin qu^on les loue: ils veulent conduire, ils veulent diriger , pour se donner un grand crédit; afin qu*on voie qa'ûi peuvent beaucoup, quils sont de grands directeai*s, et qu ils ont beaucoup de gens de grande considération à leurs pieds.

Ils aiment les premières places (0. Les voilà peints : non que tous ils aient tous ces défauts; les uns ne se soucient pas tant des premières places ; mais ils voudront qu'on les craigne, qu'on les visite ^ qu'on leur fasse de grandes révérences; sensibles au dernier point , si on leur manque en la moindre chose. Les malheureux , ils ont reçu leur récom«pense.

Mais ce qu'ils veulent sur toutes choses, c^estçu'on les appelle Rabbi (^), et qu'on les tienne pour maîtres, qu on révère leurs décisions comme des oracles, et que tout le monde aille à eux comme à la règle.

Que ceux qui sont en place , où ces devoirs leur sont rendus naturellement, craignent de s'y plaire. La tentation est délicate : car on passe souvent de Is fermeté qu'on doit avoir pour maintenir l'autorité légitime y à une jalousie de grandeur toute humaine et toute mondaine. Le remède est dans les paroles suivantes.

(0 MaÛh. XXJll. 6. — (•) Ibid. 7.

SUR l'évangile. 399

LVII/ JOUR

ésuf -Christ seul Pèrcj seul maître. Matth. xxni.

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