LXV.« JOUR
Ztcs Yasj ou les malheurs prononcés par notrt Seigneur contre les docteurs de la loi. En saint Luc. XI. 37, 38, et suiv.
L'occasion de ce discours fut Torgueil de ce pharisien , qui blâmoit le Sauveur en son cœur , parce çuil ne s*étoit pas lai^é avant le repas. Il commence à cette occasion, à leur reprocher guib la^oient le dehors j et négligeoient le dedans (>)•
*La comparaison du sépulcre est tournée ici au jt". 44 d'une manière difTérente de saint Matthieu. Car au lieu que dans saint Matthieu Jésus-Christ propose des sépulcres reilanchis : ici on parlé de sépulcres cachés^ lorsque les hommes nsareheni dessus s€uis le sa\foir (^) : ce qui fait voir des hypocrites tout-a-fait cachés, avec qui. on converse sans les connoitre pour ce qu ils sont, tant leur malice est profonde. Mais tout cela se révélera au gi*and jour : et plus leur désordre étoit caché, plus leur honte , qui paraîtra tout d'un coup, sera éclatante*
Un docteur de la loi interrompt cette pressante invective contre les pharisiens, et présuma asses de lui - même pour croire que le Sauveur se tairoit , quand il lui auroit témoigné la part qu il prenoit à son discours : Maître , lui dit-il (5), vous nous faites injure à nous-mêmes. Son orgueil lui
(0 Luc. XI. 37 , 33, 39. — (») Mauh. xxiii. 27. Luc. xx. 44* ~~ — {}) IbiJ. 45,
8Vft l'ÉVÀHGILE. 3l']
ra ces justes reproches : Malheur à vmu aussi ^ leurs de la hii^) ! et le reste.
le qui est dit dans saint Matthieu ^/e voua eniH>ie prophètes W , est expliqué en saint Lue : La jsse de Dieu a dii^) : pour montrer que le veur est la sagesse de Dieu.
^ous a\fez pris la clef de la science <4). On dis- -uela clef de la science d'avec celle de Fautoritë. - docteurs vouloient s'approprier la clef de la nce : que n'ouvroieni-ils donc an peuple ? Mais ]e trompoient eux-mêmes, et trompoient les -es ; et non contens de se taire , ce qui suffiroit r leur perte , ils ëtoient les premiers h autoriser Fausses doctrines»
}ès-lors tes pharisiens et les docteurs de la loi imenohrent à le presser et à Vaccahler de çues^ s, en lui dressant des pièges , pour exciter tre bd la haine du peuple (5). Ils sont pris dans pi^[6S qu'ils tendoient au Sauveur y et ils croient 1 pouvoir sortir qu'en le perdant. Ainsi périt le e pour avoir fait son devoir à reprendre les œilleux et les hypocrites,
LXVL* JOUR.
ftl est le vrai prix de l'argent. Feui^e donnant de n indigence. Marc. xii. 4^ — 44* Luc. xxi. i — 4*
éSus-Christ venoit de parler des pharisiens, et de p artifice à tirer Fargent des veuves : il va mon-
Luc. XI. 46. — («) Mauh. zxiix. 34- — (^ Luc. xi. 49. — C4; Ibid, -W /Ali/. 53, 54,
3l8 ' MÉDITATIONS
trer ce qu il faut estimer dans Fargent , et quel ei est le vrai prix.
Jésus s'assit, et regarde ceux qui mettoient dans le tronc ou dans le trésor : Une pauvre veuve donna deux petites pièces d'an liard : EUe a plus donni que tous (0. Que l'homme est riche! Son argent vaut tout ce qu il veut : sa volonté y donne le prix. Un liard vaut mieux que les plus riches pr&ens. Manquez-vous d'argent? un veri e d'eau froide tous sera compté; et on ne veut pas même vous donner la peine de la chauffer. N'avez -vous pas un verre d'eau à donner? un désir, un soupir, un mot de douceur, un témoignage de compassion : si tout cela est sincère, il vaut la vie étemelle ! O que rhomme est riche, et quels trésors il a en main !
Heureux les chrétiens d'avoir un maître qui sait si bien faire valoir les bonnes intentions de ses serviteurs ! Aussitôt qu'il voit cette veuve qui n'a donné que deux doubles , ravi de sa libéralité, il convoque ses disciples, comme à un grand et magnifique spectacle.
Elle a donné plus que tous les autres ; quoique tous les autres eussent donné largement : Mais les autres ont donné le superflu, et le preste de leur abondance, sans s'apercevoir d'aucune diminution; au lieu que celle-ci a donné tout ce quelle avoil , et tout son vivre ip) : s'abandonnant avec foi à la dir vine providence.
Voilà les aumônes que Jésus-Christ loue : celles où on prend sur soi : car de telles aumônes sont les seules qui méritent le nom de sacrifice.
('; marc. xii. 43, 44* ^<<c* ^^<* i> a, 3. —- C>; Marc, Ibid» Luc. juli. 4.
8Uft l'évaucile. .3i9
LXVIL* JOUR.
\dnedte Jérusalem j et du temple. Matt. xxiy. i— «Sa. Marc. XIII. i — 28. Luc. xxi. 5—29.
Ce que Jésus-Christ avoit prédit de la ruine de rusaleuiy est ici plus particulièrement expliqué ^
Jésus-Christ y déclare ce qu'il n avoit pas encore t.: que le temple ne seroit pas excepté d'un mal- ^ur si prochain, et périroit comme le reste. Il ne iuloit pas laisser ignorer^à ses disciples un événcent si important ; et il, choisit pour s'en expliquer s jours prochains de sa mort^ dont il devoit être
punition.
MaUre , voyez quelles pierres , et quelle strucre (0 ! C'est ainsi que parient les disciples en monant le temple au Fihi de Dieu : ces deux paroles en 4it la peinture : Quelles pierres y de quelle beauté , 3 quelle énorme grandeur ! Quelle structure ^ quelle kliditéy quelle ordonnance ^quelle correspondance 3 toutes ses parties! Saint Luc ajoute la richesse 2» dons, dont le temple étoit rempli W. Il n'y iQXt donc rien de plus solide, ni de plus riche : ; néanmoins il périra : tant de richesses, une si dUe structure , tout sera réduit en cendres.
f^oyez-'vous tous ces grands bdtimens? En ve- 'ié , je vous le dis : il n'y demeurera pas pierre sur ferre (3). Enorgueillissez-vous de vos édifices, ô mordis : dites que vous avez fait un immortel ouvrage,
,40 Marc. un. i. — C») Luc. xxi. 5. — (3) Jkfarc. xiii. a.
320 KÉDlTATiOHS
el que votre nom ne périi^a jamais. Ce grand politique Hérode croyoit s^être immortalisé , en refaisant tout à neuf un si admirable édifice , avec une magnificence qui ne cédoit en rien, pour la beauté de Tonvrage, à celle de Salomon. Si quelque duMe de voit être immortelle, c'étoit un. temple si auguste, si saint , si célèbre : tout sembloit le pi^server dei injures du temps; sa structure, sa solidité. On épargne même dans les villes ptise& , ces beaux monumens, comme des ornemens, non des villes, ni des royaumes , mais du nionde. Mais sa sentence est prononcée : il faut qu*il tombe. En effet Tite avoit défendu surtout, qu*on ne touchât point à ce temple : mais un soldat animé par un instinct céleste, comme Josephe , historien juif, qui étoit présent à ce siège et qui a tout vu , le témoigne, y mit le feu ; et on ne le put éteindre (0. Les Juifs avoient voulu le rebâtir sous Julien F Apostat : le feu consuma les ouvriers qui y travailloiènt (^). 11 falfoit que tout fût détruit et à jamais ; car Jésus * Christ Favoit dit. Dieu vouloit puhir les Juifs , et en même temps par un excès de tniséricordé leur montrer qu'ils dévoient chercher dans TEglise un autre temple, ufi autre autel , et un sacrifice plus digne de lui. Ainsi les justices de Dieu sont toujours accompagnées de mi« séricorde ; et il instruit les hommes en les punissant. Il instruit les Juifs en deux manières : il leur fait sentir leur crime en frappant jusqu'à sa maison : en la détruisant, il les détache des ombres de la loi , et les attache à la vérité.
CO Joseph, lib, de bel, Jud, c. 16. — C*) Amnu MarccU, Ub, xxiii. iniU * ^
Le
S1TR i/évangile. 3ai
Le temple avoit accompli , pour ainsi parler , tout ce à quoi il étoit destiné. Le Christ y avoit paru y selon les oracles d'Aggée et de MaIacfaie(0. Qu*il périsse donc , il est temps : quelque saint que soit celui-ci par tant de merveilles , et par le sacrifice qu* Abraham y Toulut faire dlsaac son fils : il fiiut qu*il cède aux temples , où Ton offrira , selon le même Malachie Wy un plus excellent sacrifice^ iepuis le soleil levant jusques au couchant.