LXVIIL- JOUR
La ruine de Jérusalem^ et celle du monde : pourquoi
prédites ensemile? Jbid.
DiTES'ifovs , quand arriveront ces choses , et quel est le signe de votre avènement et de la fin des siècles (3). Cest la demande que firent à Jésus ses principaux apôtres, Pierre, Jacques, Jean et André y pendant qu'il étoit assis sur la montagne des Olives (4).
Remarquez que dans leur demande, ils confondoient tout ensemble la ruine de Jérusalem , et celle de tout Funivers à la fin des siècles. C'est ce qui donne lieu à Jésus-Christ de leur pailer ensemble de Tune et de Tautre.
On demandera, pourquoi il n'a pas voulu distinguer des choses si éloignées. C'est, premièrement^
(0 J^gg- 11. 8, 10. Malach. m. i. — v>) Malach. i. ii. —'(3) Matth% KXiT. S. àfarc, ziii. 4* J^MC, zxi. 7. — (4) Matth, et Marc, ibid.
BossuET. IX. ai
3a'2 VÉDITATIOHS
par la liaison qu'il y avoit entre elles ; Fane étant figure de l'autre ; la ruine de Jérusalem, figure de celle du monde, et de la dernière désolation des ennemk de Dieu. Secondement, parce qu'en effet plusieurs choses dévoient être communes à tous les deux événemens. Troisièmement , parce que , lorsque Dieu découvre les secrets de l'avenir, il le fait ton- |ours avec quelque obscurité; parce qu'il s'en réserve le secret ; parce qu'il ne veut pas contenter la curiosité, mais édifier la foi; parce qu'il veut que les hommes soient toujours surpris par quelque endroit. C'est pourquoi en les avertissant , pour les obliger à prendre des précautions, et encore pour leur faire voir que l'événement qu'il leur prédit est un ouvrage de sa main, préparé depuis long- temps, il ne laisse pas de réserver toujours quelque chose qui surprenne, et qui inspire une nouveUe terreur lorsque le mal arrive.
Voilà pourquoi la prédiction de la ruine de Jérusalem, est en quelque sorte confondue avec celle du monde. Apprenez , ô hommes ! par l'obscurité' que Jésus-Christ même veut laisser dans sa prophé* tie , apprenez à modérer votre curiosité , à ne vouloir pas plus savoir qu'on ne vous dit , à ne vous avancer pas au-delà des bornes, et à entrer avec tremblement dans les secrets divins.
Quoique Jésus-Christ confonde ces deux événemens, il ne laisse pas dans la suite, comme nous veiTons, de donner des caractères pouv les distinguer.
Voilà de grandes choses , mais eçcore en confu-
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sion. Considérons-les en particulier : et tâchons de tirer de chacune toute l'instruction que J^us-Ghrist a voulu nous y donner.