‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 4)Chapitre 98 sur 189 · LXXIV.- JOUR · texte numérisé non relu

LXXIV.- JOUR

Réflexions sur les circonstances de la fin du monde* La terreur de l'impie. La confiance du fidèle* Matth. XXIV. 27 — 3i. Luc. xxi, aS — 28.

Voila ce qui regardoit Jérusalem désolée , et dans sa désolation la figure de Tame livrée au péché. Ce qui regarde la fin du monde , c^est Tobscurité dans le soleil : celle de la lune : le dérangement dans les étoiles: le signe du Fils deThomme, c'est-à-dire, comme l'interprètent les saints docteurs , rapparîtion de sa croix : sa descente sur les nuées, en grande puissance et majesté : la trompette de ses anges qui citeront tous les hommes à son jugement : le recueillement de ses élus : rassemblée de tous les aigles, c'est-à-dire y de tous les esprits élevés autour du

(«) Rom. V. ao.

corps

8UK L^ÉTAlfGILE. 33'J

^rps du Sauveur (0 : le bruit de la mer et des flots ^ ivec la commotion de tout Tunivers , et des pnisiances célestes qui sont préposées à sa conduite : les lommes séchés de frayeur y dans Fattente de ce qui levoit arriver au monde W après tant de mouvemens ^lemelbit violens et irrégulîers. Pesez toutes ces lioses. Et afin de voir combien est ferme Tespérance lu chrétièii , et combien il est au-dessus de tous les roubles et de tout le monde ; accbisez tous les mou* emens de votre intérieur , pour écouter cette pa- 'ole : Quand toutes ces choses arriiferont; quand oute la nature y déconcertée par des agitations si mprévues, ne nous menacera de rien moins que Tune perte inévitable , regardez alors : votis qui i^osiez seulement lever les yeux, Zei/ez la tête; lomme pour vous élever au-dessus des flots et àek empétesî parce qi£alors votre rédemption apcroche W.

A queOe épreuve ne doit pas être la confiance lu chrétien; si la dernière révolution du monde )in de le troubler, ne lui inspire que de Tespéance et du courage ?

LXXV/ JOUR

Le même sujet.

Sahs lecture y sans raisonnement étudié , je de< lande seulement ici que Ton considère; d*un côté,

(0 Jftfff*. xxiT. 27, 28, !i9, 3o, 3i. — W Lue. xxf. aS, a8. — ; Ibid. a8.

338 MÉDITÀTIOirS

la main puissante de Dieu y qui pousse à bout tonte la nature , les astres , les terres , les mers, et le courage de rhomme qu il fait sécher de frayeur (0; eC de Tautre , la même main , qui dans ce renversement universel relève de telle sorte le courage de ses enfans , que non-seulement ils ne tombent pas ^ dans ce choc que souf&e le monde, mais ils s'élèvent au-dessus de ses ruines. Regardez W : loin de vons cacher dans cette tempête, comme un autre Jonas, ouvrez tout , et considérez ce tumulte avec un regard assuré : loin de vous laisser abattre, levez la tête : et voyez tout au-dessous de vous«

Tel qu un homme qui lève la tête au milieu des flots : tel que celui qui demeure ferme au milieu d'une maison qui tombe : ou celui qui voit d'un oeil tranquille le chariot où tu es, que des chevaux emportés, après avoir secoué les rênes, et brisé leur mords, traînent deçà et delà ; tel est le fidèle tonjours immobile et inébranlable, au milieu de la nature troublée , et de ses mouvemens déconcerta; parce que le Dieu de la nature le tient par la main. Tu crains, Pierre, au milieu des flots, et tu ne connois pas celui qui te tient ! Homme de peu de foi, pourquoi as^tu douté G^)î

Celui qui se fie en Dieu » est comme la mofUag/us de Sion : celui qui a sa demeure dans Jérusalem , ne sera jamais ébranlé. Comme les montagnes sont à Ventour de Jérusalem, ainsi Dieu est à Tentour de son peuple pour le protéger (4). La sainte montagne de Sion, inébranlable par la puissance de Dieu qui

C«) £mc. XXI. a5, ag. — (•) JbUI. 28. — W MaUk. xiv. 3i. -

l^) Ps. CXXIT. I« 3.

SUR L ÉVASGILE. 33g

l'àOermlt , communique 8on immobilité et sa tran-qaillité à ses habitans*

Chaotez aussi le psaume cxx, Levati oculos; et apprenez à ne rien craindre sous la main de Dieu.

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