‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 5)Chapitre 11 sur 81 · SUA LE RESPECT · texte numérisé non relu

SUA LE RESPECT

d'apprendre dans Téternité de votre supplice ^ « que 3» je suis le Seigneur qui frappe ». Et sdetis çum ego sum Dominus percutiens (0. Ainsi seront instruits , car ils en sont dignes , ceux qui ne veulent pas se laisser instruire par Jésus - Christ et par FEvangile.

Mais plusieurs y qui ne mëprisent pas si ouvertement une autorité si vénérable , ne laissent pas toute^ fois de corrompre la vérité dans leurs consciences par des maximes tix)mpeuses. L'intérêt et les passions nous ont fait un Evangile nouveau que Jésus-Christ ne connoit plus. Nul ne pardonne une injure de bonne foi, et nous trouvons toujours de bonnes raisons pour ne voir jamais un ennemi , si ce n'est que la mort nous presse. Mais ni à la vie, ni à la mort nous ne songeons à restituer le bien d'autrui que nous avons usurpé : on s'imagine qu'on se le rend propre par Thabitude d'en user, et on cherche de tous côtés non point un fond pour le rendre , mais quelque détour de conscience pour le retenir. On fatigue les casuistes par des consultations infinies; et à quoi est-ce , dit saint Augustin , qu'on travaille par tant d^enquéteSy sinon à ne tix)uver pas ce qu'on cherche ? Hi homines rùhil laborant nisi non inyC" nire guod quœnmU C'est pourquoi nous éprouvons tous les jours qu'on nous embarrasse la règle des mœurs par tant de questions et tant de chicanes, qu'il n'y en a pas davantage dans les procès les plus embrouillés : et si Dieu n'arrête le cours des pernicieuses subtilités que l'intérêt nous suggère, les lois de la bonne foi et de l'équité ne seront bientôt qu'un

(0 Ezech. VII. 9-

DU ▲ LA VÉBITÉ. 4^

problème. La chair qui est condamnée cherche des détours et des embarras : de là tant de questions et tant de chicanes. Cest pourquoi saint Augustin a raison de dire que ceux qui les forment « soufflent » sur de la poussière , et jettent de la terre dans leurs » yeux » : Suantes in pidyerem , et excitantes ter-^ ram in oculos suosi^). Ils ëtoient dans le grand che-^ min, et la voie de la justice chrétienne leur paroissoit toute droite ; fls ont souillé sur la terre ; des vaines contentions , des questions de néant qu*fls ont excitées f ont troublé leur vue comme une poussière importune , et ils ne peuvent plus se conduire. Sans faire ici la guerre k personne, si ce n*est à nousmêmes et à nos vices , nous pouvons dire hautement que notre attachement à la terre, et Tafibiblissement de la discipline , ont fait naître plus que jamais en nos jours ces vaines et pernicieuses subtilités.

Règle pour s^examiner. Les uns cherchent Jésus-

ihrist , comme les Mages pour adorer sa vérité ; les

atres le cherchent dans Tesprit d'Hérode pour

ire outrage à sa vérité. Quiconque cherche est in-

net, et veut se mettre en repos : Uhi est qui natus

tRex Judœorum(p) : «Où est le Roi des Juifs qui

fit nouvellement né » ? Voyez Hérode , quelle est

te inquiétude , et de quelle veine elle vient : pai-

ous pouvez connoître votre disposition véritable.

's si vous voulez ne vous tromper pas à connoître

Ue est cette inquiétude et de quelle veine elle

I; examinez attentivement ce que vous crai-

. Ou vous craignez de mal faire, ou vous cnni-

qu'on vous dise que vous feites mal ; Tune est

*onf. Ub. XII, cap. xvi, tom. i, coL ai(>, — >; Matth, n. i.

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