S^^ ^^ HAINE DES HOMMES
autre , et non pas le vice en vertu \ que Tamour du inonde ne règne en vous sous un autre titre ; que ce tyran ^ au lieu de remettre le irtbne à Jésus-Christ le légitime Seigneur , n ait laissé un successeur de sa race, enfant aussi bien que lui de la même convoitise. Venez à Fépreuve des œuvres; mais ne vous contentez pas de quelques aumônes , ni de quelque demi-restitution. Ces œuvres dont nous parlons, qui sont le sceau de la conversion, doivent être des œuvres pleines devant Dieu , comme parle FEcriture sainte : Non ùiifenio opéra tua plena coram Deo meo (0 : ft Je ne trouve point vos œuvres' pleines >» devant mon Dieu » : c'est-à-dire qu'elles doivent embrasser toute l'étendue de la justice chrétienne et évangélique.
Après vous avoir montré de quelle sorte l'amourpropre convertit les hommes, je vous ai promis de vous dire comment il fait semblant d'allumer leur zèle. Je l'expliquerai en un mot; c'est qu'il est naturel à l'homme de vouloir tout régler, excepté luimême. Un tableau qui n'est pas posé en sa place choque la justesse de notre vue; nous ne souffrons rien au prochain , nous n'avons de la facilité ni de l'indulgence pour aucune faute des autres. Ce grand dérèglement vient d'un bon principe ; c'est qu'il y a en nous un amour de l'ordre et de la justice qui nous est donné pour nous conduire. Cette inclination est si forte , qu'elle ne peut demeurer inutile : c'est pourquoi si nous ne l'occupons au dedans de nous, elle s'amuse au dehors; elle se tourne à régler
(0 Apoc, III. a.
POUn LA YÉniTÉ. ^5
les autres, et nous croyons être fort iélés quand nous détestons le mal dans les autres. Il plaît à la* mour-propre que nous exercions , ou plutôt, que nous consumions et que nous épuisions ainsi notre zèle. Faites ce que vous voulez qu on vous fasse : employez pour vous la même mesure dont vous vous servez pour les autres, toutes les ruses de lamour-propre seront éventées. N'ayez pas deux mesures, Tune pour le prochain et Tauti'e pour vous ; « car c'est chose » abominable devant le Seigneur (0 » : n ayez pas une petite mesure où vous ne mesuriez que vousmême, pour régler vos devoirs ainsi qu il vous plait; car cela attire la colère de Dieu. Mcnsura minor irœ plena : « La fausse mesure est pleine de la co- » 1ère de Dieu » , dit le prophète Michée W. Prenez la grande mesure du christianisme , la mesure de la charité; mesure pleine et véritable, qui enferme le prochain avec vous, et qui vous range tous deux sous la même règle et sous les mêmes devoirs , tant de réquité naturelle que de la justice chrétienne. Ainsi, ce grand ennemi de la vérité intérieure, l'amour-propre , sera détruit en nous-mêmes ; mais s'il vit encore, voici qui lui doit donner le coup de la mort; la vérité dans les autres hommes convaincant et reprenant les mauvaises œuvres : c'est le dernier effort qu'elle fait, et c'est là qu'elle reçoit les plus grands outrages*
TROISIÈME POINT
S'il appartient à la vérité de régler les hommes , et de les juger souverainement ; à plus foite raison ,
CO Prou. XX. 23. — (') Mich. yi. lo.