ITM L HONNEUR DU MONDE
merce : elle prendra bien garde de ne manquer pas toujours de parole ; mais il y aura des occasions où* ûle ne sera .point scrupuleuse ^ et saura bien faire sa cour aux dépens d autrui. Cest la vertu des sages oiondains ; c'est-à-dire c'est la vertu de ceux qui n en ont point , pu plutôt c'est le ma3que spécieux sous lequel ils cachent leurs vices. Saûl donne sa (iUe Michol à David (0 : il Fa promise à celui qui tueroitle géant Goliath W y il faut satisfaire le public et dégager sa parole ; mais il saura bien dans Toccasion ti*ouver des prétextes pour la lui ôter (^). 11 chasse les sorciers et les devins de toute l'étendue de son royaume (4) ; mais lui-même y qui les bannit en pu* lAïCj les consultera en secret dans la nécessité de ses ailàires (^}. Jehu ayant détruit la maison d'Achab , suivant le commandement du Seigneur, fait un sacrifice au Dieu vivant de l'idole de Baal y et de son temple y et de ses prêtres y et de ses prophètes ; il n'en laisse y dit l'Ecriture (6) y pas un seul en vie. Voilà une belle action : « mais il marcha néanmoins , » dit l'Ecriture y dans toutes les voies de Jéroboam ; » il conserva les veaux d'or » que ce prince impie avoit élevés : Verwntamen à peccatis Jéroboam qui peccare fecit Israël , non recessit , nec dereliquit vitulos aureos (7). Pourquoi ne les détruisoit-il pas aussi bien que Baal et son temple 7 C'est que cela nuisoit à ses allaires, et il se souvenoit de cette malheureuse politique de Jéroboam : « Si je laisse aller » les peuples en Jérusalem pour sacrifier à Dieu dans
(0 /. Iteg. xviii. 27. — (») Ibià, xrii. !i5. — \}) Ihid. xxr. 44- — (4) lUd, XXVIII. 3. — <^) Ibid, 8. — («) IF, Reg. x. 17 , a5, a6, 37. — (7) lUd. 29.
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» son temple, ils retourneront auxroisde Ji:c)3,qai » sont leurs légitimes Seigneui-s (•) "- Je bâtirai ïà HO aulel ; je leur (iomierai des dieux qu'tb adorent, sans sortir de mon royaume , et mettre ma coUfonae tin péril.
Telle est, Messieurs, la vertu du momie; verttt tj-oDtpeuse et falsifiée , qui n'a que ta mine et l'appitrcnce. Pourquoi l'a-t-on inventée, puisqu'on veut jtre vicieux sans restriction 7 « C'çst à cause , dit saiûC • ChrysottômeCa), que le mal ne peut subsister toat n seul : il est ou trop malin , ou trop foîhle ; il fadt B qu'il soit soutenu par quelque bien; il faut qa'U a ait quelque ornement , nu quelque ombre de la tt vertu 0, Qu'un homme fasse profession de tronqwr, il ne trompera personne ; que ce voleur tue acs compagnons pour les voler, on le fuira comme une bâte farouche : de tels vicieux n'ont pas de crédit; mait il leur est bien aisé de s'en acquérir : pour cela il n'iîst pas nécessaire qu'ils se couvi-ent du masque de la vertu , nî du fard de l'hypocrisie ; le vice peut parollre vice, et pourvu qu'il y ait nn peu de mélange, c'est assez pour lui attirer l'Iionneur da monde. Je veux bien que vous me démentiez, si je ne dis pas la vérité.
Cet homme s'est enrichi par des concussions épot^ vantahles, et il vil dans une avarice sordide ; toOt le monde le méprise : mais il tient bonne table à ses mines , k la ville et à la campagne ; cela paraît libéralité, c'est un fort honnête homme, il fait belle dépense du bien d'auti'ui. Et vous, vous vous ven-
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