‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 5)Chapitre 47 sur 81 · SUR LES DEVOIRS DES ROIS · texte numérisé non relu

SUR LES DEVOIRS DES ROIS

patriarche Joseph ne craint point de jurer par la le et par le salut de Pharaon (0^ comme par une Mite sacrée ; et il,ne croit pas outrager celui qui a t ^ « Vous jurerefe seulement au nom du Seigneor W » ; parce qu*il a fait dans le prince une lage mortelle de son immortelle autorité, «r Vous éCes des dieux, dit David (3) , et vous êtes tous enbns du Très-haut ». Mais, 6 dieux de chair et de Dg ! 6 dieux de terre et de poussière ! vous mourrez •mme des hommes. N'importe , vous êtes des dieux ^ tcore que vous mouriez y et votre autorité ne meurt ts : cet esprit de royauté passe tout entier à vos iccessenrsy et imprime partout la même crainte , même respect, la même vénération. L*homme euvtf il est vrai; mais le roi, disons- nous , ne eurt jaBiais : Timage de Dieu est immortelle. Il est doue aisé de comprendi^e que de tous les Mnmes vivans. aucuns ne doivent avoir dans Tesit la majesté de Dieu plus imprimée , que les rois : T comment pourroient-ils oublier celui dont ils irtent toujours en eux-mêmes une image si vive , expresse , si présente ? Le prince sent en son cœur itte vigueur, cette fermeté, cette noble confiance ) commander : il voit qu'il ne fait que mouvoir les vreSyCt aussitôt que tout se remue d'une extrémité 1 royaume à Tautre. Et combien donc doit-il penr que la puissance de Dieu est active ? Il pénètre s intrigues , les trames les plus secrètes. « Les oiaeaux du ciel lui rapportent tout (4) ». Il a même içu de Dieu, par Tusage des affaires, une expérience,

CO Gwes, ZLii. i5. — {*) Deut. x. ao. — (3) Ps. lxxzi. 6. -— (4) EccU. X. ao.

Bos)i;£T. xiii. 23

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une certaine pénétration qui fait penser qu'il de^ vinc: Divinatio in labiis régis (0. Et quand il a pénétré les trames les plus secrètes, avec ses mat langues et étendues il va pivndre ses ennemis ai extrémités du monde, et les déterre, pour ait dirn, du tond des atiimes, oti Us dicrchoient ( vain asile. Coml»ien donc lui est-il facile de«'imagrner que les mains et les regards de Dieu sont ioA vitables ? Mais quand il voit les peuples soumii o obligés, dit l'apôtre (■>),» lui obéi rnon -seulement a pour la crainte, mais encore pour la consctencc >s peul-U jamais oublier ce qui est dix au Dieu vivant et iflernel , à qui tous les cœurs parlent , pour qui toutes les consciences n'ont plus de secret ? C'est lik, c'est là sani> doute que tout ce qu'inspii-e le devoir, tout ce qu'exécute la fidélité', tout ce q<K iéinlk flatterie, tout ce que le prioce exige lui-m^me de ramom-, de l'obéissance, de la gratitude do ses jets, lui est une leçon perpétuelle de r« qu'il doit à ■on Dieu, à son souverain. C'est pourquoi saint Gr^ goire de Nazianze préctiant à Constantinople en présence des empereurs, les invite par ces beaux mots k rédécfairsnreux-mémes, pourconteiufJerlagraBdeuT de la Majesté divine : u O monarques, respeo- » tez votre poui^>re, révères votre propre autorité » qai est un rayon de celle de Dieu ; connoissez le » grand mykère de Dieu en vos personnes : ks » choses hautes sont à lui seul ; il partage avec veos « les inférieures : soyez donc les sujets île Dien, » comme vous en êtes les images (3} ».

(■) Pmc. ITI. 10. ~ W Jtom.X»l. 5. — m Onu. iiTit. fom. I, pnj. 4ji.

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