‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 5)Chapitre 48 sur 81 · E LES DEVOIRS DES ROIS · texte numérisé non relu

E LES DEVOIRS DES ROIS

Tant de fortes considérations doivent presser vimeot les rois de mettre FEvangile sur leurs têtes, ivoir toujours les yeux attachés à cette loi supémre , de ne se permettre rien de ce que Dieu ne or permet pas , de ne soufirir jamais que leur nsiance s'égare hors des bornes de la justice chré- ?niie. Certes ils donneroient au Dieu vivant un op juste sujet de reproche , si parmi tant de Liens i*il leur hit, ils en aUoient encore chercher dans K^ plaisirs qu'il leur défend , s'ils eiliployoient cone lui La. puissance qu'il leur accorde , s'ils violpient ix-méoiies les 1<hs dont ils sont établis les exécu- ^urs, les protecteurs.

C'est ici le grand péril des grands de la terre, » rois chrétiens. Comme les autres' hommes , ils it à combattre leurs passions ; par-dessus les autres Miiraes/ils ont à combattre leur propre puissance : LT comme il est absolument nécessaire à l'homme HVpir quelque chose qui le retienne , les pui&nceSp sous qui tout fléchit , doivent elles-mêmes se irvir de bornes : « Elles sont d'autant plus obligte de se réduire sous cette discipline sévère , qu'elles savent que le sentiment dç leur pouvoir leur persuade plus aisément de: s'accorder les choses qui ue sont pas permises » -' Tanib sut majore ntentis isçipUna se rediguntj quanth nbiper impaiientiam oiestatis suadere illicita quasi licentiUs sciitnU C'est Ly disoit un grand pape (0, toute la science de la )yauté ; et voici dans une sentence de saint Gré- 3ire la vérité la plus nécessaire que puisse jamais itendre un roi chrétien. « ^ul ne sait user de la

(0 S. Greg. Ub. t. Moral, cap. zi, lom, i, coL J^5.

3SG stn tE9 uEvoins des aoia.

X poissance , que celui ijuî la sait contraindre' celui-là sait maintenir son autorité comme il qui ne souiTic ni aux autres de la diminuer elle-même de s'étendre trop; qui la soutient an dehors, et qui la réprime au dedans; enfin qui, te -résistant à lui-même, fait par un sentiment de jnfr tice ce qu'aucun antre ne pourroit entreprendre sans attentat : Bene polestatem exercet, qui et relînefB iltam noverit et impugnare (0. Mais que cette épreuve est difficile! que ce combat est dangereiu! qu'il est malaisé à l'iiomme, pendant que tout le inonde lui accorde tout, de se refuser quelque close! qu'il est malaisé à l'homme de se retenir, quand 3 n'a d'obstacle que de lui-même ! N'esl-ce point peutêtre le sentiment d'une lîpreuve si délicate, si périlleuse, qui fait dire à un grand rot pénitent : « Je » mesuis répandu comme de l'eau (^) » î Cette grande puissance, semblable à l'eau , n'ayant point trouvé ^'empêchement , s'est laissé aller à son poids , et c'a pas pu se retenir. Vous qui arrêtez les flots de la Éhpr, ô Dieu, donnez des bornes à cette eau conntite , par la crainte de vos jugemcns et par l'autorité de votre Evangile. Bégnez , ô Jésus-Christ , sur tous ceux qui régnent : qu'ils vous craigneot du moins , puisqu'ils n'ont que vous seul à craiudre; et ravis de ne dépendre que de vous, qu'ils soient du moins toujours ravis d'en dépendre.

5EC0SD POINT

Le royaume de lésus-Christ , c'est son Eglise ca- -Uiolique; et j'entends ici par l'Eglise toute la société (■) S. Grès- iii.x\ji, cap. iXTt, mi 833, — i») Pt.xii. i{.

Page 1