O SI'B I-* PASSION
dez de vives lumières ! mais elles sont cache'es aui sages du siècle : nul ne vous pénètre, qu'il ne voiu révère; nul ne vous entend, qu'il ne vous adore: le degré pour arriver à la eonnoissance , c'est une vénération religieuse. Je vous la rends de tout moo cœur, ô croix de Jésus, en l'honneur de celui qui vous a consacrée par son supplice , dont le sang , !« opprobres et l'ignominie vous rendent digne d'uo culte et d'une adoration éternelle. Joignons-nou;, âmes saintes, dans cette pensée, et di&oDS avec l'ËgUse : O CruXi ave.
Si le pontife de l'ancien Testament , lorsqu'il pa* roissoit devant Dieu , devoit porter sur sa poitrine , comme dit le Saint-Esprit dans l'Exode, nLa doc- » trine et la vérité (0 » , dans des figures mystérieuses ; à plus forte raison le Sauveur, qui est la fin de la loi et le Pontife de la nouvelle alliance, ayant toujoiir> iinpriinécssur sa [icrsoii ne saturée la doctrine et la vérité, par l'exemple de sa sainte vie et par ses actions irrépréhensibles , les doit porter aujourd'luii d'une manière bien plus efficace dans le sacrifice de la croix, où U se présente à son Père pour commencer véritablement les fonctions de son sacerdoce. Approchons donc avec foi, chrétiens, et contemplons attentivement ce grand spectacle de la croix, pour voir la doctrine et la vérité gravées sur le corps de notre pontife , en autant de caractères qu'il a dç blessures , et tirer tous les principes de notre science , de sa passion douloureuse.
Mais pour apprendre avec méthode cette science (') £xoJ. Mvm. 3c!.
DE JÉaUS-CHlIST. 44^
dÏTine, considérons en notre Sauveur ce qu'il a perdu dans sa passion , ce qu'il a acheté , ce qu'il a conquis : car il a dû y perdre quelque chose , parce que c'ëtoit un sacriâce; il a dû y. acheter quelque chose, parce que c'étoit un mystère de rédemption; il a dû y conquérir quelque chose > parce que c'étoit un combat : et pour accomplir ces trois choses , je dis qu'il se perd lui-même, qu'il achète les âmes , qu'il gagne le ciel. Pour se détruire lui-même , il se livre aux mains de ses ennemis ; c'est ce qui consomme la vérité de son sacrifice : en se livrant de la sorte , il reçoit les âmes eu échange ; c'est ce qui achève le mystère de la rédemption: mais ces âmes, qu'il a rachetées de l'enfer, il les veut placer dans le ciel, en surmontant les oppositions de la justice divine qui les en empêche ^ et c'est le sujet de son combat. Ainsi vous voyez en peu de paroles toute l'économie de notre satut dans le mystère de cette journée. Mais qu'apprendrons-nous pour régler nos mœurs dans cet admirable spectacle? Tout ce qui nous est nécessaire pour notre conduite : nous apprendrons à perdre avec joie ce que Jésus-Cbrist a perdu , c'est-à-dire les biens périssables ; à conserver précieusement ce que Jésus -Christ a acheté; vous entendez bien que ce sont nos âmes : à d&irer avec ardeur ce que Jésus-Christ nous a conquis par tant de travaux ; et je vous ai dit que c'étoit le ciel. Quitter tout pour sauver son ame en allant à Dteu et à son royaume, n'est-ce pas toute la science du christianisme ? et ne la voyez-vous pas toute ramassée en mon Sauveur crucifié? Mais vous le veire;