I.^" SERMON
Dt (pirlk maairrr le pvclic imiu eit dcveai) notonj ; n> mauvaiw» incliiuuuiui sont iahér«otcs à nou-e amc ]éaua>Cliriiit eil-il mon au pcchc pour noua en guérir. Obli^alùi ijue noua a>oiu de porter en nons la reuncblance de m mon ir nouvcUerDcnt (-onlînael qu^elle nom prescrit. Quelle doit ëm l joie des chrétiens dans le temps pascal. La source , les progin r lu àgM diviTa de U vie des ju^les : pain purfaile et, bonhctu ^ dernier ige. Conuncni nos corpi luémcs icront tÎTifiés.
Christus rcsurgcns ex morliits Jam non iiioiitur, mors ilii ultra non dominabitiir. Quod viitm niortuuj est |ioccato, mortuus esl scmel ; quod aiiU'ni vivii, vivii Deo.
Jésus-Clirist ctant ressuscite d'entre ics morts ne mourra plus désormais, la mort n'aura plus d'empire sur lui : car ijuanC il ce qu'il est mort , il est mort seulement une fois pour le pt'che': mais i/uanl ic la l'ie t/u'il a maintenant, il vit pour Dieu. Itom. VI. 9, lo.
(^iiAîiD je vois ces riches tombeaux sous lesquels les glands de la terre semblent vouloir cacLcrla lioote de letir coriuptiou , je ne puis assez m'e'tonner de l'e-xtrême folie des liommes, ijui érigent de si magnifiques tropbeesàun peu de cendre, el à quel-
ques vieux ossemens. C'est en vain que Ton enrichit leurs cercueils de marbre et de bronze; c'est en vain que l'on déguise leur nom véritable par ces titres superbes de monumens et de mausolées. Que nous profite après tout cette vaine pompe y si ce n'est que le triomphe de la mort est plus glorieux , et les marques de notre néant plus illustres ? Il n'en est pas ainsi du sépulcre de mon Sauveur. La mort a eu assez de pouvoir sur son divin corps ^ elle l'a étendu sur la tciTc, sans mouvement et sans vie : elle n'a pas pu le corrompre ; et nous lui pouvons adresser aujourd'hui cette parole que Job disoit à la mer: ce Tu iras jusque-là , et ne passeras pas plus n outre : cette pierre donnera des bornes à ta furie » ; et à ce tombeau ^ comme à un rempart invincible^ seront enfin rompus tes efforts : Usçue hue venies , et non procèdes amplius , lue confringes tumentes Jluctus tuos (').
C'est pourquoi notre Seigneur Jésus ^ après avoir subi volontairement une mort infâme ^ il veut après cela que ce son sépulcre soit honorable » ^ comme dit le prophète Isaïe : JErit sepulcrum ejus glorio" sum{'^). Il est situé au milieu d'un jardin, taillé tout nouvellement dans le roc; et de plus il veut qu'il soit vierge aussi bien que le ventre de sa mère, et que personne n'y ait été posé devant lui : davantage j il faut à son corps cent livres de baume du plus précieux , et un linge très-fin et très-blanc pour l'envelopper. El après que , durant le cours de sa vie, ce il s'est rassasié de douleurs et d'opprobres » ; Saturabilur opprobriis , nous dit le prophète (5) j
(•) Job. xxxviii. 1 1. — C«) //. XI. 10. — (î) Thren. m. 3o.
534 VOTE 1.1: JOVn DK PAQOE.
TOUS diriez qu'il soît devenu d^icat dans Sa s^pul* tare : n'est-ce pas pour nous taire entendre qu'il se pr^paroit un lit plutôt qu'un sépulcre ? Il s'y c(t reposé doucement jusqu'à ce que l'heure de se \c\tt {i&t venue i*) : mais tout d'un coup il s'est cvejllff, d
se levant il vient éveiller la foi endormie de ks
apôtres.
Aujourd'hui les trois pieuses Maries étant accoa-
rues dès le grand matin pour cherciicr leur bas
Mailre dans ce Ut de mort : « Que cberchez-vout
(') Il faut qu'il y dorme, el qu'il rqiose encore quelque temps jusqu'il ce que l'heure de se lever soîl veaue. Aoiii BuroDs jusqu'à la nuil quelque rcsie de tristesse ; Advriperum demorahUur JUtus ; maïs demain dès le maliii m rdsurrectioD nous comblera d'uoe sainte réjouissance ^ rt ad mntutinum iœCiCia (■}■ Que ferons-nous donc ainsi partages entre la tristesse et la joie? si noms ne parlons que de sa résurrection, noire douleur sans doute s'en trouvera offensée : que si nous nous contentons de nous eutrcteiiir de sa mort, notre espérance ne sera pas satisfaite. Joignons-les toutes deux, clirctiens; et voyons les obligations que l'une et l'autre nous impose.
O Marie, nous ne craimlrons pas de nous adressera vous aujourd'hui : nous savons que l'amcrtunie de vos douleurs est hicn adoucie : bientôt vous apprendrei que votre Fils aura pris une nouvelle naissance : et vous ae. porterez point d'envie à son saint st'pulcre, de ce qu'il aura éle comme sa seconde mère : au contraire , vous n'en recevrez pas moins de joie que lorsque l'ange, elc.
Bossue! avoit d'abord aiosi disposû l'cxoide de sou sermon pour le prrcher te Samedi tnint ; il a dans la suite mis cet exordc Aiai i'éiiii où il se trouve ici, pour l'approprier entiàeinenl 'a la soleuoiLé du jour de Fàque. ( Eiiil. de Difforis. )
{') Pi. XMW. 6.
4» ici, leur ont dit les anges? vous cherchez Jésus de » Nazareth crucifié : il n'y est plus; il est levé, il est a» ressuscité : voyez le lieu où il étoit mis (0 ». O jour de triomphe pour notre Sauveur ! 6 |our de jcHe pour tous les fidèles ! Je vous adore de tout mon cœur, ô Jésus victorieux de la mort : vraiment c'est aujourd'hui votre pâque, c'est-à-dire votre passage, où vous passez de la mort à la vie. Faites-nous la grâce , ô Seigneur Jésus , que nous fassions notre pfique avec vous , en passant à une sainte nouveauté de vie : ce sera le sujet de cet entretien.
O Marie, nous ne craindrons pas de nous adresser à vous aujourd'hui : l'amertume de vos douleurs est changée en un sentiment de joie inefiable. Vous avez déjà appris la nouvelle que votre Fils bien-aimé ^ a pris au tombeau une nouvelle naissance ; et vous n'avez point porté d'envie à son saint sépulcre, de ce qu'il lui a servi de seconde mère : au contraire , vous n'avez pas eu moins de joie que vous en conçûtes, lorsque l'ange vous vint annoncer qu'il nattroit de vous , en vous adressant ces paroles par lesquelles nous vous saluons. Ave^
Je m^étonne quelquefois , chrétiens , que nous, ayons si peu de soin de considérer, et ce que nous sommes par la condition, de notre naissance , et ce que nous devenons par la grâce du saint baptême. Une marque évidente que nous n'avons pas bien pénétré le mystère de notre régénération, c'est de voir les divers sentimens des auditeurs , quand on vient à discourir de cette matière.. Les uns , tout charnels
(■) Luc, xxiv. 5. Mare» xTi. 6.
530 POUB LE lOUB DE T-AQUE.
el grossiers, sitôt qu'ils entendent parler de noovijle vie , et de résurrection spirituelle , et de seconde naissance , demeurent pres<]ue interdits ; peu s'en faut qu'ils ne disent avec Nicodèuie : « Commenl» u peuvent laire ces choses? quoi, un vieillard oat- » ti'a-l-ii encore une fois ? faudra-t-il que nous rett' u trions dans le venlie de nos mèresdJ u 7 tels étaient les doutes que se formoit en son ame ce pauvre phkrtsion. Les autres, plus di-licats, reconnoissent qiM ces vérités sont fort excellentes ; mais il leur seinlile que cette morale est trop ratlinée , qu'il faut jenvuyer ces subtilités dans les cloîtres, pour servir de matière aux méditations de ces [wrsonnes, dont les araes ta sont plus épurées dans la solitude : pour nous, diront-ils , nous avons peine à goùler toute celle mjf~ tago;;ie <.'). K'est-il pas vrai que c'est la secrète réflexion de quantité de persoBnes, loi-squ'on tiùll de CCS mystères ?
Qu'est-ce à dire ceci, clirétiens? en quelle école ont-ils été élevés? ignorent-ils qu'il n'y a quasi point de maximes que les saints docteurs de rKglisc aient plus souvent inculquées ; et que <jui ôLeroit des écrits de lapôtre les endroits où il explique cette doctrine, non-seulement il cncrveroit ses raisonnemens invincibles , mais encore qu'il elliiceruit la plus grande partie de ses divines F^piti-es? D'où vient donc, je vous prie, que nous avons si peu de goût pour ces vérités? d'où vient cela, sinon du dérégle-
L <Iii Rrcc, rt M);nirir l'acliou d'initier ans chKfJ I religion , uu rt'ijilicatiuu de S(,'!> mjstiircs. ( i:.Jil.
ment de dos mœurs? Sans doute nous ne permettons pas à TEsprit de Dieu d*habiter ni assez longtemps y ni assez profondément dans nos âmes , pour nous faire sentir ses divines opéiations : car le Sauveur ayant dit à ses apôtres, qu'il leur enverroit « cet Esprit consolateur que le monde ne connoisa> soit pas : pour vous, ajoute-t-il , mes disciples , » vous le connoitrez ; parce qu'il sera en vous et ha- » bitera dans vos cœurs » : f^os autcm cognoscetis euni; (juia aptid vos manebitet in vobis erit (')• Par où nous voyons que si nous le laissions habiter quelque temps dans nos aines , il feroit sentir sa présence par les bonnes œuvres , esquellessa main puissante porteroit nos affections : et comme il n'y a point de christianisme en nos mœurs , comme nous menons une vie toute séculière et toute païenne^ de là vient que nous ne remarquons aucun elfet de notre seconde naissance.
Ainsi y chrétiens, pour vous instruire de ces vérités, le plus court seroit de vous renvoyer à l'école du Saint-Esprit , et à une pratique soigneuse des préceptes évangéliques. Mais puisque la saine doctrine est un excellent préparatif à la bonne vie , et que les solennités pascales, que nous avons aujourd'hui commencées, nous invitent à nous entretenir de ces choses; écoutez non point mes pensées, mais trois admirables raisonnemens du grand apôtre saint Paul, dont il pose les principes dans le texte que j*ai allégué, et en tire les conséquences dans les paroles suivantes : « Jé^us est mort, dit-il, et c'est » au péché qu'il est mort » : Peccato mortuus est (^).
{})Joan, xiy. i6, 17. — ^*} Hom, ti. 10.
u mine plus 11 : Jarn non non dominabuiir t'^). Si don teraveclui, il faut quenou:
la grâce , et que la mort du | nos âmes : c'est pai- où finii veur est mort , mourons avi ressuscitons avec lui : il est mortels avec lui. Tâchons de sibles par une simple et naï ques maximes de l'Evangile ; de mots avant toutes choses, de mourir avec le Sauveur.
PBEHIEH PO
D'or vient que l'apôtre sai de mort et de sépulture, quai conversion dn pêcheur ; et po i la bouche , qu'il faut mourîi Christ, et rrni-ifi'-i- ■ ■• ■
VOUE LE JOUR DE PAQUE. BBg
quelle raison se sert-il si souvent d*une façon de parler qui semble si fort âoignëe? et ce changement d^afTections étant si commun dans la vie humaine^ comment ne Texprime-t-il pas en termes plus familiers? Cest ce qui me fait croire que ces sortes d'expressions ont quelque sens plus caché ^ et sans doute il ne les a^ pour ainsi dire^ affectées ^ qu'afin de nous inviter à en pénétrer le secret. Or pour avoir une pleine intelligence de l'intention de Tapôtre, je me sens obligé à vous représenter deux considérations importantes : par la première , je vous ferai voir avec Tassistance divine , pour quelle raison la conversion du pécheur s'appelle une mort ; et elle sera tirée d'une propriété du péché : par la seconde y je tâcherai de montrer que nous sommes obligés de mourir au péché avec le Sauveur; et celleci sera prise de la qualité du remède. De ces deux considérations y il en naîtra une troisième pour l'instruction des pécheurs.
Tout péché doit avoir son principe dans la volonté : mais dans l'homme y il a une propriété bien étrange; c^est qu'il est tout ensemble volontaire et naturel. Les pélagienSy ne comprenant point cette vérité ^ ne pouvoient souffrir que l'on leur parlât de ce péché d'origine avec lequel nous naissons , et disoient que cela alloit à l'outrage de la nature , qui est l'oeuvre des mains de Dieu : ils n'entendoient pas que la source du genre humain étant corrompue ^ ce qui avoit été volontaire seulement dans le premier père^ avoit passé en nature à tous ses enfans. Qu'est-il nécessaire de vous raconter plus au long l'histoire de nos malheurs? vous savez assez que le premier homme,
séduit parles infidèles conseils de ce serpent frauduleux , voulut faire uoe funeste épreuve de sa liberlêi et qu'il usantioconsidéiemeot de sesbiens n^cesont les propres mots du saint pontife Innocent (<), iloa sut pas reconuoitie la main qui les lui donnoit : de sorte (]ue son esprit s'étant élevé contre Dieu, d perdit l'empire naturel qu'il avoit sur ses appe'tits : la honte, qui jusqu'à ce temps-là lui avoit été inconnue, fut la première de ses passions qui lui décela la conspiration de toutes les autres : il s'étoit enflé d'une vaine espérance de savoir le bien et le mal ; et îl arriva par un juste jugemen t de Dieu , qm « la première chose dont il s'aperçut, c'est qull u fâiluil rougir j» : IVihil primiun senserunt çuàm eruéesccntiiim , dit TertuUieti (■'). Cela est bien étrange, li remarqua incontinent sa nudité, ainsi que nous apprend l'KcntuiË Q) : c'est qu'U commença k sentir une révolte h laquelle il ne s'atlendoil pas; et la chair s'iUant soulevée inopinément contre la raîsun, il éloit confus de ce qu'il ne pouvoit la réduire.
Mais je ne m'aperçois pas que je m'arrête peutêtre trop à des clioses qui sont tiès-connues : il suffit préscntcuient que vous remarquiez que nous naissons tous, pour notre malheur, de ces passions honteuses, qui, étant suscitées par le péché, s'élèvent dans la ciiaii', à Li confusion de l'esprit. Cela n'est que trop véritable; et voici le raisonnement que saint Augustin en tire après le Sauveur : h Qui nait
!■' /■:,:„.. s-qi.1, ml Connt. Cartling. „. 5, col. Sgî. E/.ist. /Tom. I'..',l,/. Lda. D. Coiisla/il. - i'} /)= ,-ela,id- Ki^j,. n. 1 1 . — (3, Cents.
POUR LE JOUR DE PAQUE. S4l
v de la chair , est chair » ^ dit notre Seigneur en saint Tean (0 : Quod natum est ex came^ caro est. Que veut dire cela? La chair, en cet endroit , selon la phrase de l'Ecriture , signifie ces inclinations corrompues qui s'opposent à la loi de Dieu : c'est donc comme si notre Mattre avoit dit plus expressément : O vous , hommes misérables , qui naissez de cette révolte 9 vous naissez par conséquent rebelles contre Dieu y et ses ennemis : Quod natum est ex carne j caro est : vous recevez en même temps et par les mémçs canaux , et la vie du corps et la mort de Tame : qui vous engendre, vous tue ; et la masse dont vous êtes foimés, étant infectée dans sa source , le péché s'attache et Vincorpore à votre nature. De là cette profonde ignorance; de Ih ces chutes continuelles; de là ces cupidités effrénées qui font tout le trouble et toutes les tempêtes de la vie humaine : Quod natum est ex came, caro est; et voyez, s'il vous plaît, où va cette conséquence.
Les philosophes enseignent que la naissance et la mort conviennent aux mêmes sujets. Tout ce qui meurt , prend naissance ; tout ce qui prend naissance , peut mourir : c'est la mort qui nous ôte ce que la naissance nous donne. Vous êtes homme par votre naissance ; vous ne cessez d'être homme que par la mort : l'union de l'ame et du corps se fait par la naissance ; aussi est-ce la mort qui en fait la dissolution. Or jusqu'à ce que la nature soit guérie , être homme et être pécheur , c'est la même chose : l'ame ne tient pas plus au corps, que le péché et ses
(0 Joan. III. 6. S. Aug, Serm. cuuliv. n. g, tom. y, coi. 83 (. Srrut. Gcxci Y. /i. 16, col. 1191.
mauvaises inclinations s'attachent, pour ainsi à la substance de l'ame. Que si le péché a sa naissance , il aura par consécjuent sa vie et sa mort : il t sa naissance par la nature corrompue , sa vie par noi appétits de'régles. Ce n'est donc pas sans raison (fat nous appelons une mort, la guérison qui s'en ^ît par la grâce médicinale qui délivre notre nature: par où vous voyez que ce n'est pas sans raison que 1 la conversion du pécheur s'appelle une mort. C'est pourquoi je ne m'iitonne plus, grand apôtre, si vous | la nommes ordinairement de la sorte : vous nous | voulci faire entendre combien nos blessures sont j profondes , combien le péché et l'inclinatioa aumal nous est devenue naturelle ; et que naissant avec nous, il ne faut rien moins qu'une mort pourTarracher de nos âmes.
Voilà de'jà, ce me semble, quelque, éclaircissement de la pensée de saint Paul , tiré , à la ve'rité, non des maximes orgueilleuses de la sagesse du siècle, mais des principes soumis et respectueux de l'humilité chrétienne. Nous n'avons point de honte d'avouer les infirmités de notre nature : que ceux-là en rougissent qui ne connoissent pas le Liboratear. Pour nous, au contraire, nous osons nous glorifier de nos maladies; parce que nous savons et la miséricorde du médecin et la vertu du remède. Ce remède, comme vous le savez, c'est la mort de notre Seigneur; et puisque nous voilà tombés sur la considération du remède, il est temps désormais que nous entendions raisonner fapôtre saint Paul. LeFils de Dieu , dit-il , « est mort au péché i> ; Morlifus esi peccata-, « ainsi estime?., » conclut-il, quevousètes
morts au péché » : ita et vos existimate morUios qui-^ dem esse peccato (0. Que veut-il dire que notre Seigneur est mort au péché , lui qui dès le premier moment de sa conception a toujours vécu à la grâce ? Pour pénétrer sa pensée, il est nécessaire de repren* dre la chose de plus haut, et de vous mettre devant les yeux quelques points remarquables de la doctrine de saint Paul, dans lesquels feutre par cet exemple. Si jamais vous vous êtes rencontrés dans une place publique où Ton auroit exécuté quelque criminel , n'est-il pas vrai que , par la qualité de la peine , vous avez souvent jugé de Thorreur du crime, et qu'il vous a semblé voir quelque idée de leurs forfaits dans les marques de leurs supplices et dans leurs faces défigurées ? Vous êtes surpris peut-être que je TOUS propose un si funèbre spectacle : c'est pour vous faire avouer qu'il y a dans la peine quelque repré* sentation de la coulpe. Oserons -nous bien maintenant, mon Sauveur, vous appliquer cet exemple? Il le faut bien , certes , puisque vous avez paru sur la terre comme un criminel. Vous avez désiré vous rendre semblable aux pécheurs ; et n'ayant point de péché , vous avez voulu néanmoins en subir toutes les peines pendant votre vie : votre sainte chair a ëté travaillée des mêmes incommodités que le péché seul avoit attirées sur la nôtre : c'est pourquoi saint Paul ose dire , que vous vous êtes fait « semblable à » la chair du péché » : In simiUtudinem camis ^eceati (^}. Quelle bonté, chrétiens! Ce n'a pas été assez au Fils du Père éternel de revêtir sa divinité d'une chair humaine : cette chair plus pure que les
(0 Mom. Ti. 10, XI.— «C*) Hid> viii* 3.