‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 5)Chapitre 71 sur 81 · POUR LE MÊME SERMON · texte numérisé non relu

POUR LE MÊME SERMON

G>nsepulti sumas cum illo, per baptisraum in mortem; ut quomodo Christus surrexit à mortuis per gloriam Patris, ita et nos in novitate vitae ambulemus.

Nous sommes ensevelis avec Jésus-Christ par le baptême, dans lequel nous participons à sa mort; afin que comme Jésus- Christ est ressuscité des morts, ainsi nous marchions en nouK^eautéde vie. Rom. vi. 4*

C*E8T une doctrine excellente de saint Augustin (> )y prise des Ecritures divines , que tout ce que Dieu opère dans Thomme juste , depuis sa première entrée dans TEglise^ jusqu à la résurrection générale, n'est que la suite et Taccomplissement du baptême : de sorte que la sainte nouveauté de vie , qui se commence dans les eaux salutaires , n*aura sa dernière perfection que dans cette journée bienheureuse ^ eit laquelle la mort étant surmoùtéë y nos coi|)s seront faits semblables au corps glorieux de notre Seigtièur Jésus-Christ. Pour entendre cette doctrine, il faut nécessairement remonter plus haut, et reprendre la chose jusque dans sa source.

L'homme , dans la sainteté de son origine , avoit reçu de Dieu ces trois dons, la justice, la paix, l'im-

(■) De Nupt et Coneupiic. lib. i, n. «?8 et Sq, tom, x , col, 39B, ^99.

5g8 POLll tE JOUR Dï PAQCE.

moitalilé : cai- étant formé selon Dieu , il (ïtoit juste; I rtf"nant sur ses passions, il étoit paisible en luimême ; mangeant le fruit de vie , il étoit immortel. La raison s'élant révoltée contre Dieu , les passioas lui refusèrent leur obéissance; et lame ne buvant plus à cette source inépuisable de vie , devenue ellemême impuissante, elle laissa aussi le corps sans vigueur : c'est pourquoi la mortalité s'en est iacoatinent emparée. Ainsipourla ruine totale de l'homme, le péché a détruit la justice; la convoitise s'étant soulevée a troublé la paix ; l'immorlalité a cédé à la nécessité de la mort : voilà l'ouvrage de Satan , opposée l'ouvrage de Dieu. Or le Fils de Dieu est venu, <i pour dissoudre l'œuvre du diable (' J », nous dit-il lui-même dans son Evangile : il est venu « pour re- 1) former l'boinme , selon le premier dessein de sod u Créateiu' » , comme nous enseigne l'apôtre {?) ; et pour cela il est nécessaire que sa grâce nous restitue les premiers privilèges de notre nature. Delà vient qu'il nous appelle dans son Evangile à une bienheureuse nouveauté' de vie , répandant en nos âmes son Saint-Esprit, jiar lequel, dit l'apôtre saint Paul, V l'homme intérieur et spirituel est renouvelé de jour » en jour » : Renovatur de die in diemi^). Remarquez ces paroles, (■ de jour en jour u : elles nous font counoitre manifestement que Dieu en renouvelant ses élus, ne veut pas qu'ils soient changés tout à coup ; mais qu'il ordonne certains progrès par lesquels ils s'avancent de plus en plus à la perfection consommée. 11 y a trois dons à leur rendre; il y aura aussi trois difïérens âges , par lesquels de degré en t')/..'ofl". 111.8. — i'} Coloss. j». 10. ~W II. Car. tv.iC.

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legré fir ils deviendront hommes faits » , comme dit aint Paul; In virum perfecium (0 : et Dieu Fa arrête de la sorte ; afin de faire goûter à ses bien-aimés es opérations de sa grâce les unes après les autres : le sorte que dans ce monde il rëpare leur innocence ; ians le ciel , il leur donne la paix ; à la résurrection générale y il ornera leurs corps d'immortalité : par ces trois âges « les justes arrivent à la plénitude de » Jésus-Christ » j ainsi que parle Tapôtre saint Paul ; In mensuram cHatis ptenitudinis Christi (^). La vie présente est comme Tenfance ; celle dont les saints puissent au ciel ressemble à la fleur de Tâge ; après, suivra la maturité dans la dernière résurrection.

Au reste cette vie n*a point de vieillesse ; parce qu'étant toute divine , elle n'est point sujette au déclin : de là vient qu'elle n'a que trois âges, au lieu que celle de notre vie corruptible souffre la vicissitude de quatre différentes saisons. Ce sont ces trois âges et ces trois dons, pour lesquels le prophète -roi diante à Dieu ces pieuses actions de grâces : « Tfixm » ame j dit-il (3) j bénis le Seigneur , et que tout ce » qui est en moi célèbre la grandeur de son nom. » C'est lui y dit-il, qui pardonne tous tes péché^ 9 c'est lui qui guérit toutes tes langueurs, c*est lui » qui rachète ta vie de la mort ». Il pardonne nos iniquités, quand il nous rend la justice en ce monde t il guérit nos langueurs , quand il éteint la convoitise dans son paradis: il rachète notre vie de la mort, quand il nous ressuscite à la fin des siècles ; et encore que ces opérations soient diverses, elles ne regardent toutefois que la même fin, et ne s'emploient que dans la même œuvre. Car de même que Thomme en crois-

l>) Ephet. lY. i3. — (») Ihid. — (3) Ps. cil. 1 ,.3, 4-

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sant n'acquiert poiut une nouvelle vie ni un aourd étri^ , tuais s'avance à la perfection de celui qui lui a donné la Qaissaoce; ainsi, soit que nos amcs soient couronnées de la gloire de Difiu dans le ciel , sort que nos corps ressuscites par son Esprit saint saieot revêtus 4^ l'immoitalité du Sauveur, ce n'est pas une nouvelle vie que nous acquérons; mais nous allons, selon l'ordre établi, au dernier accomplissement de cette vie divine et surnaturelle, que nous avons commencée dans le snint iMiptèoie. C'est là, tideles, si nous l'entendons , cette nouveauté de vie dont prie < l'apôtre j c'est là la résurrection spirituelle du chr^ tien à l'image de la résuri'ection de notre Seigneur. Maintenant ces vérités étant supposées, entrons dans la proposition de notre sujet.

Si la justice des cliréEiens en ce monde, aussi biea que leur paix et leur immortalité au siècle futur, ne font qu'une même suite de vie ; si d'ailleurs l'apûtre nous a enseigné que la résurrection de nos corps est la matuiité et la plénitude, i( s'ensuit, comme je l'ai remarqué , que la vie présente ressemble à i'enlance : c'est pourquoi l'apôtre saint Herre nous dit que nous sommes des • enfans nou- » vellemcnt nés(')i>;d'où je forme ce raisonnement, qui sera la base'de tout mon discours. Tout ce que la nature donne à Ibouime pendant le propres (te la vie, doit avoir son commencenientdans l'enfance: donc si j'apprends de l'apôtre saint Pierre , qu'à l'égard de la vie divine , qui nous est acquise par la résurrection de notre Sauveur, notre pèlerinage mortel est comme l'enfance, il faut que tous ces cliangemens admirables, -qui nous rendront coii- (0/. Pr(, 1J.3.

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formes au Seigneur Jésus, se commencent en nous, dès ce siècle. Or nous avons dit , et il est très-vrai que notre vie nouvelle et I4 raparation de notre nature consiste k vaincre ceg trois fuirieux en^nemis y que le diable nous a suscités ; le péché , la concupiscence et la mort , par cefs trois divins dons où la grâce nous rétablit ; la justice , la paix , Timmortalité : et partant , encore que ces trois choses ne s'accomplissent pas ici-bas y il est clair qu elles y doivent être du moins ébauchées.

Et voyez en effet , chrétiens , de quelle sorte et par quel progrès Dieu avance en nous son ouvrage pendant notre captivité dans nos corps mortels : il ruine premièrement le péclié; la concupiscence y remue encore , mais elle y est fortement combattue et même glorieusement surmontée ; pour la mort , à la vérité elle y exerce son empire sans résistance , mais aussi l'immortalité nous est assurée : le péché aboli fait notre sanctification ; la concupiscence comrbattue fait notre exercice; l'immortalité assurée fait jnotre espérance. C'est la vie du vrai chrétien ressuscité avec le Sauveur, que je me propose de vous représenter aujourd'hui avec l'assistance divine. Jésus ressuscité, assistez -nous de votre Esprit saint: et vous , ô fidèles , ouvrez vos cœurs a la parole de votre Maître ; et appi*enant l'incomparable dignité de la vie nouvelle que Dieu vous donne par son FiU Jésus-Christ , apprenez aussi de l'aputre que comme Jésus est ressuscité, ainsi devons-nous marcher en nouveauté de vie. Commençons à montrer la ruine du péché par la grâce de la justice qui nous est donnée. .

W,i,i„.„ """"'lut à Sun ""^"«wel

POUR LE JOUA DE PAQUE. Go3

« Mais comme il est le seul^ dit saint Léon^ en qui >» tous les hommes sont cruciGés ^ en qui tous les » hommes sont morts y ensevelis ; il est aussi le seul j> en qui tous les hommes sont ressuscites » : CUm interfilios hominum solus Dominus noster Jésus ej> titerit, in quo omnes crucijixi, omnes mortui, omnés sepulUj omnes etiam sint susciuui (0. Si bien que si nous sommes entrés avec lui dans Tobscurité de son tombeau , nous en devons aussi sortir avec lui avec une splendeur toute céleste ; et ce tombeau nous doit servir j aussi bien qu'à lui , comme d'une seconde mère , pour nous engendrer de nouveau à une vie immortelle.

C'est à cette sainte nouveauté de vie que f aià vous exhoi*ter en ce jour que le Seigneur a fait : et il a même semblé à saint Grégoire de Nazianze Wy que ce n'étoit pas sans Providence que cette fête solennelle du renouvellement des chrétiens se rencontre dans une saison où tout l'univers se renouvelle; afin que non-seulement tous les mystères de la grâce, mais encore tout l'ordre même de la nature concourût à nous exciter à ce mystérieux renouvellement. Dans ce concours universel de tant de causes à prêcher la nouveauté chrétienne; pour consommer un si grand ouvrage, il ne nous reste plus, âmes saintes, que de demander à Dieu son Esprit nouveau par l'intercession de Marie. Ave, Maria.

Le Fils de Dieu toujours véritable accomplit aujourd'hui fidèlement, Messieurs, ce qu'il avoit pré-

(0 Z>e Passion, Domin. Serm, xii, cap. m..— (*^ Orat xlIii. h. 33, pag. 7o3, 704.

fioî l-ODR I-r JOUR DE FVQDE.

(iit auticfùis aux Juifs itiûdèles en des termes mystérieux, dont ils n'avoient pas entendu le sens, «t nu'ils ovoient pris ponr «n blasphème. « Renvcrseï .1 fo temple , leur avoit-il dit , et je le redresserai en o trois jours » : /« trtbtts Hiebus ercîtoèo itiud (0. u II vouloit parler, <lit ITiVangifliste {'*) , du (empk » sjtcré de son cor|)s »; Temple vraiment saintet auguste, construit par le Saint-Esprit, coasaai d'une huile céleste par In plénitude des griices, et K dans lequel la Divinité haliitoitcorporellement '.>'•- Les Juils, violens et sacrilèges, avoient non-seulcmciit profané , mais abattu et ruiné ce bel ediGcc; et il n'e'loil pas juste <jue l'ouvrage du Saint-Esprit fillt dt-truit et aboli par des mains prafanes. Aussi aujiiurd'liui ce temple sacr^ , qui , tout abattu qu'il e'toit dans un sépulcre, portoit toujours en lai-mèms nn principe de résun'ection, so relève sur sespro* près ruines , plus auguste et plus mapnifi<[iie <fn*il ne fut jamais; si bien que nous lui pouvons appli- (juer ce qui l'ut dit auti-efois du second temple de Jérusalem : Magna en't gloria domûs istiui novissi' inœ phtsquam primœ (4) : « La gloire de cette &e- 11 coude maison sera plus grande que celle delà pre- « mit;re u.

Le renouvellement de ce temple , que l'Eglise ce'- Icbie aujourd'hui par toute la terre avec tabt de juic, m'a fait penser, chrétiens, que nous avions aussi un temple à renouveler. C'est nous-mêmes qui Sommes les temples du Saint-Esprit; si bien que vous <levant parler aujourd'hui de ta nouveauté clirétionne, par laquelle nous devons nous rendre

POU& LE JOUR JOE PAQur» 6o!y

semblables à Jésu&-Christ ressuscité , j'ai cru vous la devoir proposer comme un saint renouvellement du temple de Dieu en nous-mêmes : et c est pourquoi j'ai choisi pour texte les paroles, du saint apôtre^ qui nous oblige à bâtir sur Jësus-Cbrist, pour faille de nous une maison sainte que Dieu consacre par sa présence : In quo et vos coœdificamini in habitaculum Dei in spiriUi,

Saint Augustin y mes Sœurs ^ nous a donné une belle idée de ce renouvellement intérieur , lorsqu'il dit (0 que nous devons nous renouveler comme un vieux temple ruineux qui auroit autrefois servi aux idoles y et que Ton voudroit consacrer au Dieu véritable. Ce que saint Augustin a dit en passant ^ je prétends, chrétiens, si Dieu le permet, Tapprofondir aujourd'hui , et en faire tout le sujet de mon discours.

Pour le renouvellement de ce temple, il y auroit, ce me semble, trois choses à faire. U iaudroit avant toutes choses , chrétiens, non-seulement ren veiner toutes les idoles , mais abolir toutes les marques du culte profane : il faudroit secondement le sanctifier, et en faire la dédicace par quelque mystérieuse cérémonie , par laquelle il fût consacré à un meilleur usage: enfin, comme nous avons supposé qu'il est ruineux et caduc, il faudroit soutenir avec soin ses batimens ébranlés, et le visiter souvent pour y faire les réparations nécessaires; afin que le mystère de Dieu s'y célèbre décemment, et avec une religieuse révérence.

Cœur humain, vieux temple d'idoles,* que nous

(0 SertH. CLX1II, n. 9 , tom. y, col, '^^5,

6llii POtlB 1.E lOBR DE PAQUR.

voulons renouveler aujourd'hui pour le consacrer ] h notre Dieu, tu as été profané par le culte immonde lies fausses divinités; autant de passions, autant d'idoles [que lu as adorées;] il faut effacer tous les vestiges de ce culte irréligieux : étant purgé saintement de toutes ces marques honteuses, noui consacrerons toutes tes pensées en les appUquacl dorénavant à un plus beau culte , qui sera le culle de Die« : mais comme tu es un édifice antique et imparfait, que la vieillesse du premier homme est attachée bien avant, pour ainsi parler, au comble, aux murailles; nous te visiterons avec soin pour le , soutenir , et réformer tons les jours ta vieillesse caduque et mineuse, et même t'accroître jusqu'à ce que la main de ton architecte te donne enfin dans le ciel la dernière perfection. Voilà , Messieurs, trois choses importantes à quoi nous oblige le renouvellement intérieur que je vous prêche : ii faut premièrement purger notre temple, ensuite le consacrer, et enfin le garder, l'entretenir, et le re'parer tons les jours; c'est cequi fera le partage de ce discours.

PREMIER POINT

Si notre cœur, chrétiens , a été un temple d'idoles, il n'avoit pas été bâti pour ce dessein par son premier fondateur : Dieu , qui nous a construits de ses propres mains, l'avoit formé pour lui-même; car ayant bâti l'univers pour être le temple de sa Majesté, ii avott mis l'homme au milieu, comme un jietit monde dans le grand monde, comme un petit (cmplc dans le grand temple; et il avoit résolu d'y faire éternellement sa demeure. Mais je ne parle pas

POUR LE JOUR DE PAQUE. Ocj

assez dignement de la grandeur de ce temple. Il est vrai que les philosophes ont appelé l'homiie le petit inonde -y mais le théologien d'Orient ^ le grand saint Grégoire de Nazianze ^ corrige cette pensée comme injurieuse à la dignité de la créature raisonnable : au lieu que les philosophes ont .dit que Thomme est un petit monde dans le grand monde, ce saint évéque y mieux instruit des desseins de Dieu pour celui qu'il a fait à son image y dit « qu'il est un grand 3» monde dans le petit monde » ; AUerum quemdam mundumin parvo magnum {^)\ voulant nous faire comprendre que l'esprit de l'homme étant fait pour Dieu y capable de le connottre et de le posséder , é^oit par conséquent plus grand et plus vaste que la terre y ni que les cieux, ni que toute la nature visible. Selon cette belle idée de saint Grégoire, ne puis- je pas dire aussi , chrétiens , que l'homme étoit un grand temple dans le petit temple ; parce qu'il est bien plus capable de contenir son Dieu, que toute l'étendue de l'univers ? Si le monde le contient comme le fondement qui le soutient et comme le moteur interne qui l'anime, s'il y habite par son essence et par sa puissance , il est outre cela dans l'homme comme l'objet de sa connoissance et de son amour; [il habite] dans l'homme par la connoissance et par la grâce; et pour tout dire en un mot^ il est en lui comme son principe, comme sa véritable félicité, non comme ufle chose matérielle : Dieu est contenu en nous par la communication de ce qu'il est comme créateur , conune sanctificateur ; Dieu

habite en nous pir lapBrlici[)utioa île ses itous, par j ' la coramUhication de ses aUributs. ]

L'Lomme est donc dans son origine le temple d* r Dien , et il ratfiito beaucoup mieux ce nom ijue te | I monde. II est le temple au contraire où toutes le<

créatures semblent être ramassées, où toute la mture s'assemble ; afin que tout l'univers loue Dicn en lui comme dans son temple. C'est pourquoi le tn^me sftint Grégoire de Naiianac l'apprlle ext-cUemmcot ir adorateur mixte » ; Mixtum atioratorem (') ; a ' bien qu'il n'est pas seulement le temple, il est l'a-

dovateur de Dieu pour tout le reste des crc?atur«, qui « n'tîtant point capables de connoître, se présena tent à hii pour l'inviter à rendre à Dieu l'bomiuB^ » pour elle ■> : Pro eo ifuod nosse non possunt, tpimi innotescere velie videntur (^) : si bien qu'il n'est \e contemplateur de la nature visible qne pour èirt 1« i prêtre et rrulnialeur de lii nature invi«;iljle et jntcl- IccLuellc.

Qui pourroit vous dire combien la capacité de ce temple a é\.é accioie dans le saint baptême , où nou$ étions devenus le temple de Dieu par une destinittion plus particulière. Jt'sus-Christ, souverain pontife, nous avoit consacre's lui-même, et consacr</s par son sang. I.'buiie sacrée de la confirmation [a dédié ce temple]; la croix [aéte'posee] sur le frontispice; l'eucharistie [a été mise] dans le tabernacle. Dieu, (jui nous rempltssoit comme créateur, comme sanctiticateur, [nous remplit] maiatenaiit

. 1 , /-. C 1 s. — ('} s. A»g. .h a-. Dt, ,

rOtIR LE JOUR DE p'aQUE. ' 609

comme sauveur [par une] union très -intime de chef et de membre.

Telle est la dignité naturelle de notre institution ; mais y ô temple du Dieu vivant , faut-il que tu sois devenu un temple d'idoles? Prêtre et adorateur du Dieu vivant y faut-il que tu aies fléchi le genou devant Baal ? ô prêtre du sang de Lévi , faut-il que tu aies sacrifié aux faux dieux des incirconcis et des philistins? O temple du Dieu du ciel, faut-il que tu sois devenu un temple d'idoles? faut-il que ce cœur que Dieu a consacré pour être son autel , ait fumé de Tenceas qui se présentoit à tant de fausses divinités y et que cette abomination de désolation se soit trouvée dans le lieu saint? et toutefois il n'y a rien de plus véritable.

Ce temple baptisé s'est encore donné aux idoles à qui nous donnions de l'encens. Cet encens , ce sont les désirs : le parfum que Dieu aime , c'est le désir. Cette idole y je ne l'ose dire; mais je dirai seulement: Partout où se tourne le mouvement de no^ cœui^s , c'est là la divinité que nous adorons. « Je vis, dit le » prophète , le temple et le sanctuaire , et je m'aper- » çuS) chose abominable ! que chacun y érigeoit son

» idole » ; Idolum zeli plangentes Adonidem (0 :

fc Ils tournoient le dos au sanctuaire , et adoroient » le soleil levant m ^ la fortune : Dorsa habentes contra templum Domini, et faciès ad orientem; et adorabant cul ortum solis .W, Ils courent au premier rayon, pour être les premiers à rendre leurs vœux à la fortune naissante. Parmi tant de profanations, on

CO Ezech. VIII. 5, 14. — W laid. i6,

BoSâUET. XlII. 39

pro Domino Dec exercit pre autel , saciiCer aui du ciel consumer Baalj brise encore une fois de d'Israël W.

Vous l'avez fait, diriîl n& : quelqu'un auroit-il n'avoir pas renversé tout nal de la pénitence ? Je qui œ'e'coulent : ils sont r Cbrist, pour ressusciter à h pénitence étoit comme pas que vous n'êtes sortis des spectres el des faaUi vivans, qui n'ont que ]t^ qui n'ont ni la vie, ni fec.

mouvemcns artificiels M i [Vous êtes] sortis eorame Christ, tout pleins de I, „;

POVa LE JOUR DE PÀQUE. 6ll

ressuscitant toutes les marques de mortalitë : voyez son corps lumineux, [qui nest plus sujet à aucune des infirmités de la chair. ] Le péché détruit ,, la loi du péché vit encore : [ il est donc nécessaire de tra* vailler chaque jour à la faire mourir en nous].

Pour achever le renouvellement de ce temple , il faut ôter tontes les marques et tous les vestiges de Tidolâtrie. Tai souvent observé , Messieurs , en considérant en moi-même le principe et les suites des actions humaines , que dans toutes les inclinations vicieuses, outre l'attachement principal qui fait la consommation du crime , il se fait encore dans nos cœurs certaines affections qui ne sont pas , à la vérité, si déréglées; mais quon voit bien néanmoins être du même ordre, et dans lesquelles on ne laisse pas de reconnoitre la marque de 1 inclination dominante. L'effet principal de Tambition , c'est de nous faire penser auit et jour à notre fortune , et trouver licite et honnête tout ce qui avance notre élévation : mais ce même désir d'agrandissement, outre cet effet principal qui est l'accomplissement du crime , produit d'autres affections moins déréglées, mais qui portent néanmoins le caractère de ce principe corrompu; un certain air de mondanité qui change et le visage , et le ton de voix ; un dédain fastueux , non-seulement de ce qui est bas, mais de ce qui est médiocre : et ce que je dis de l'ambition , il seroit aisé , chrétiens, de l'observer dans les autres crimes.

Deux sortes de conversions défectueuses. Quelques-uns s'imaginent s'être convertis, quand ib ont retranché cette petite partie, et comme cette écorcc de leurs vices, et qu'ils ont fait dans leurs mœurs quel-

luosiw des habits, un fectfe de vos discour pas encore la mort di couteau, et que j'ain,

lamecedôircrimine plaisance secrète que v

cetriompl,ecach,<de,o victoires. Il faut sortir

Chmt,parunerâurrec «■«ete ^o, Vmquam e^ Vn] les moindres filjre 5°«». de ces intrigues d delUiertinage,et,vou "Vivans de morts q„,^ toyuam ex mortuh m„ velle naissance qui nevon •emi ôter jusqu'au, m,

Jl^sus-ChristaelTacéiam toutes ses ft,l,lesses. Si m

POUK LE j-oua DE pàq:ue« 6x3

^ans miséricorde à tant d'injustices ; prenez garde qu'elle n*ait laissé dans le cœur une certaine dureté, et des entraillea fermées sur les misères des pauvres : c^est un reste d'inclination de rapines ; toutes deux viennent du principe de cette avarice impitoyable : cette même dureté qui resserre vos entrailles sur les pauvres., quand elle va jusqu'au bout, fait les injusT tices et les rapines. Et vous, qui avez» rompu ^ à ce que vous dites , cet attachement vicieux : je l'ai fait, dites-vous ; je ne puis exprimer avec quelle violence. Pourquoi ce reste de commerce? pourquoi cette dangereuse complaisance , restes malheureux d'une flamme mal éteinte ? Que je crains que le péché soit vivant encore, et que vous n'ayez pris pour la mort un assoupissement de quelques journées! Mais quand vous auriez renoncé sincèrement et de bonne foi ; vous n'avez pas achevé l'entier renouvellement de votre cœur, si vous lie détruisez pour toujours jusqu'aux moindres vestiges de l'idolâtrie.

Nous pouvons appliquer à de telles conversions ce mot du prophète : Laceraia est lex^ et non per-ffcnit ad finem judiciUmW : « La loi a été déchirée, -» et le jugement n^est pas arrivé jusqu'à sa fin ». La loi a été déchirée ; il n'y en a qu'une partie en vos mains : [ eUe exige ] la perfection des œuvres chré^ tiennes, une certaine plénitude; vous la déchirez : à la sainte nouveauté de la loi, à cette nouvelle tu- Bique qui vous est rendue , vous cousez « un vieux » lambeau » de mondanité ; Assumentum panrd rudis (3) : de là comme une suite que le jugement n'est pas consommé. Mais d'où vient que ce juge-

(0 Habac. i. 4*— (*) àîarc. ix. ai.

6l4 POUR LE JOUR DE PAQDE.

ment est si imparfait ? La conversion est un jugement contre le péc\ié en tous ses desseins ; le {ugement jusqu'à sa un , c'est de condamner le péché jusqa'i ses dernières circonstances- Il a gagné quelque partie de sa cause; il n'y en avoit point de plus déplorée : c'est assez pour lui donner la victoire; parce que le penchant du coeur, qui parott dans cette réberve, le fera bientât revivre avec m première autorité.

Faites donc une conversion sans réserve : ne lainn pas un germe secret qui faste revivre cette manviise herbe ; 6tec à votre p^é toute espérance de retour : comme Jésus-Christ a détruit sans réserve la mortalité, arrachez l'arbre avec tons ses rejetons; guérisse* la maladie avec tous ses symptftmes dangereux; renverses les idoles avec toute leur dmrure et

POUIl LE JOUR DE PÀQUE. 6]5

<c nous sommes les temples de Dieu » : Nescitis quia templum Dei estis ; ajoute aussitôt après : et SpiriUis Dei habitat in vobis (0 : a L'Esprit de Dieu habite s» en vous » ; parce que nous ne sommes les temples de Dieu y qu'en tant que cet esprit de charité règne en nous. Gomme c'est un amour profane qui éi*ige en nos cœurs toutes les idoles , ce doit être un saint amour qui rende aussi à Dieu ses autels. Entendez ^ ô chrétiens , quelle est la force de Tamour : c'est l'amour qui fait votre Dieu; parce que c'est lui qui donne l'empire du cœur.

D'ailleurs le nom de Dieu est un nom de roi et de père tout ensemble ; et un roi doit ligner par inclination y comme un tyran par force et par violence. La crainte forcée nous donne un tyran : l'espérance intéressée nous donne un maître et un patron , comme on parle présentement dans le siècle : l'amour, soumis par devoir et par inclination , donne à notre cœur un roi légitime. David plein de son amour : Exaltabo te^ Deus meus rex , et benedicam W : fc Je vous exalterai y ô mon Dieu, mon roi »; mon amour vous élèvera un trône. En effet l'amour est le principe des inclinations.

Dieu est le premier principe et le moteur universel de toutes les créatures : c*est l'amour aussi qui fait remuer toutes les inclinations et les ressorts du cœur les plus secrets; il est comme le Dieu du cœur. Mais afin d'empêcher cette usurpation , il faut qu*il se soumette lui-même à Dieu; afin que notre grand Dieu étant lui-même le Dieu de notre amour, il soit en même temps le Dieu de nos cœurs, et que nous

(0 /. Cor. m. 16; — C») Ps. cxlit. 1.

6l6 FOUR LC lom DE VAQ1TÏ.

lui puissions dire avec David : Deta cordis met , el pars mea Dem in œtcrnum : « Vous êtes le Dieu de M mon cœur, et mon partage à jamais » ; après lui avoir dit : Quid mthi est in cœlo , et à te çuid volui super terrami.') : u Que désiré-je dans le ciel, od » qu'aimé-)e sur la terre quevousseul»?-^te,/>rŒlcr te j de/ecit caro mea et cor meum ; « ab ! mon CŒor » lan^it après tous »: Deus cordis mei^ et pan mea in eetemum.

C'est le seul fruit du renooTellement : Innovatm amet nova (^) : « Il est renouTel^ , qu'il ume del » objets tout Doaveauz ». O temple mtooTelë ! il faut qu'un nouvel amour te donne aujoard'huî un nouveau Dieu : il est le Dieu étemel de toutes les créatures ; mais pour ton grand malhenr , 3 ne commeace que d'aujourd'hui à être le tien. Vitiges

POVm LE JOUE DE PAQVE. 6l^

sances de notre ame. « Le cantique de ht joie da » siècle y mes Sœurs y c'est un langage étranger que 3> nous avons appris dans notre exil » : Canticum dilectionis sœculihujuSj lingua barbara est quant in captisfitate didicimus (0 : c'est le cantique du vieil Adam, qui y chassé de son paradis , cherche une misérable consolation. Si vous avez en vous-mêmes Fesprit de Jésus, cet esprit de résurrection et de vie nouvelle, ne chantez plus le cantique des plaisirs du monde : en Thonneur de Thomme nouveau qui ressuscite aujourd'hui des morts , et qui nous ouvre le chemin à la nouveauté spirituelle , « chantez k » Dieu un nouveau cantique » : Cantate Domino canticum noifum (^) ; chantez à Dieu le cantique delà nouvelle alliance, chantez le nouveau cantique que TEglise entonne aujourd'hui, cantique d'allégresse spirituelle et de liesse divine : Alléluia, aile* luia : « Louange à Dieu » ; louange à Dieu dans les biens, louange à Dieu dans les maux; louange à Dieu , quand il nous frappe, louange à Dieu quand il nous console ; louange à Dieu quand il nous couronne , louange à Dieu quand il nous châtie : c'est le cantique de l'homme nouveau; c'est celui qui doit résonner au fond de nos cœurs dans la dédicace de notre temiple ; ce doit être notre cantique : Amen, allehUa ; dans cette consommation , dans cette réduction de toutes les lignes à leur centre , de toutes les créatures à leur principe.

J'ai appris dans l'Apocalypse (^, que ce cantique à! Alléluia est le cantique des bienheureux , et par

(»J In Ps. cxTLXwi, I». 171 tom, lY, coL i5a3. -« (•) Ptu xcv. |. — \?) Apoc. XIX. 6.

6l3 POUR LE lOtlK DE PA<[tJE.

coiiséuuent le nôtre : car la vie que nous menons doit être te commencement de la vie du ciel. Saint Paul (*) , toujours admirable & expliquer le renouvellement de l'homme intérieur, nous dit que «Dieu » nous a engendrés par la vérité , afin que nous fus- » sions les prémices de ses créatures a : l/t simus initium aliquod creaturœ ejiu {'). L'accomplissement de la création, j'entends de la création nonvdk qui a été faite en Jésus-Christ , c'est la vie des bienheureux : c'est nous qui en sommes le commencement; nous devons donc commencer ce qui s'accom{dira dans la vie future : nous devons chanter du fond de nos cœurs ce mystérieux Allebiia , que le ciel entendra résonner aux siècles des siècles.

En effet , dit saint Augustin, n chacnn chante ce » qn'il aime : les bienheureux chantent les louanges

veux y c'est leur jouissance; Tespérance est la joie de ceux qui voyagent : mais il faut chanter le nouveau cantique parmi nos désirs, pour le chanter dans la plénitude : « Celui-là ne se réjouira jamais comme s> citoyen dans la plénitude de la joie, qui ne gémira » comme voyageur dans la ferveur de ses désirs (') ». [ Notre cantique est un ] cantique de joie avec un mélange de gémissemens; ce sont de ces airs mélan-^ coliques, qui ne laissent pas de toucher beaucoup, ic Nous sommes nous-mêmes sa louange dans Tas- » semblée des saints » ; Laus ejus in ecclesia sanc* torum : « Le chantre est lui-même le sujet de ses » louanges; vous êtes sa louange , si vous vivez bien » : Laus cantandi, estipse cantator.... Laus ipsius es lis, si bene vivalis C^).

Mais achevons de vous expliquer la consécration de ce temple. Ce n*est pas assee, chrétiens, que les puissances de Famé soient sanctifiées : notre Seigneur a changé Vusage de son corps ; le premier tenoit du péché : il faut que le corps avec tous ses membres soit aussi saintement consacré par un meilleur usage. u Je parle humainement , dit saint Paul (3) , à cause » de la foiblesse de votre chair : comme vous avez » fait servir les membres de votre corps à l'impureté » et à l'injustice, pour commettre Tiniquité; de » même faites-les servir maintenant à la justice pour » votre sanctification n. « 11 faut détruire en nous » les cupidités , comme autant d*idoles » : Ista in nobis tanujuam idola frangenda sunt : et après avoir détruit ces idoles , « convertir en de meilleurs usages

(0 S. jiug. in Ps. cxLViii, jt. ^,tom. lYf.col. 1675. — {'*) IJem. Serm, xxxiv, n. 6, tom. v, col. 17a. — i}) Rom. yr. 19.

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de meilleures mains : par la nature, il étoit à Tame ; par la corruption, il étoit au péché; par la religion^ il est à Dieu.

Viens donc , ô chair bienheureuse , accomplir maintenant ton ministère ; viens servir au règne de la charité. Humanum dico , propter infirmitatem camisi^): « Je parle humainement, à cause de Tinfir- 3» mité de la chair ». Voici une condition bien équitable : comme vous vous êtes fait violence [ pour obéir aux désirs déréglés du péché, faites-vous aussi violence pour les mortifier , et « consacrez à Dieu » les membres de votre corps pour lui servir d'armes » de justice (^). » ] Ne dites pas qu*il est impossible : on ne demande que ce que vous faites; encore la condition est-elle y sans comparaison , moins rigoureuse* Dieu exige, je Tose dire, encore moins de vous pour les aumônes, que vous n avez prodigué à la profusion de votre luxe : Dieu exige moins de travail pour votre salut , que vous n*en avez donné à votre am«bition : il exige moins de temps pour son service, j*ai honte de le dire, que vous n*en avez donné même à votre jeu. Voyez combien est doux son empire , s'il use de moins de rigueur que le jeu même, qui est inventé pour vous relâcher.

Que nous sommes heureux , Messieurs, que notre temple soit consacré à un si bon Maître! Mettons donc un gardien fidèle à ce temple , de peur que nos ennemis ne Tusurpent : [soyons pénétrés de] la crainte, que saint Cyprien appelle si à propos ce la gardienne » de rinnocence » : Sit tantkm timor innocentiœ eustos (^) : la crainte des occasions; les précautions sa-

(0 Rom, Yi. IQ. — C*) Ihid» i3. — O AdDonat. Epist. i, pag. a.

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POU& LE JOUA DE PAQUE. 6u3

Torner dedans et dehors; dedans par la tempérance, et dehoi*s par la modestie : c*est à elle de parer •rautel sur lequel doit fumer cet encens céleste; je veux dire des saintes prières , qui doivent sans cesse monter devant Dieu comme un parfum agréable.

Car pouvons-nous oublier l'exerdce de la prière, nous qui sommes toujours dans un temple ^ nous qui portons toujours notre temple; ou plutôt, pour dire quelque chose de plus énergique et aussi de plus véritable, nous qui sommes nous-mêmes un temple portatif. N'allez pas chercher bien loin le lieu d*oraison : ce voulez-vous prier dans un temple, » 'recueillez -vous en vous-mêmes, priez en vous- » mêmes » : In templo vis orare, in te ora (0« Loin du repos de ce temple les soins turbulens du siècle, et ses pensées tumultueuses : que le silence, que le respect, que la paix, que la religion y établissent leur domicile. O trop heureuses créatures, si nous savions comprendre notre bonheur d'être la maison de Dieu, et la demeure de sa majesté! Oui, Dieu repose en nous bien plus qu'il n'a jamais fait dans le temple de Salomon.

Immolons donc à Dieu dans ce temple toutes les affections de nos Cœurs : que les idoles ne paroissent plus devant le Dieu vivant et véritable ; que la mémoire en soit abolie : ou bien, si nous en conservons le souvenir , que ce soit à la manière que David et ses braves capitaines réservoient les dépouilles de leurs ennemis, pour servir comme d'un trophée éternel de la victoire que Dieu leur avoit donnée ,

(0 5. yf'tg' ifi Joan, Tract, w, n. a5, tom. m, part, ii., coi. .^iT).

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Mais après avoir nous reste encore un appliquer à son entn "■Mt : C/-e«,i in ,^„

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