‹ Œuvres de Bossuet, évéque de MeauxChapitre 17 sur 109 · XX. Pai*.ce principe^ Falcopi. tombe dans> l'erreur · texte numérisé non relu

XX. Pai*.ce principe^ Falcopi. tombe dans> l'erreur

Cet acte je mettre la perfection de cette vie dans un acte

continu et • • a »> i • r *. ti a

perpétuel de V^ ^® Convient qu a la viç future. Il est vrai , sa nature Gomme Cet auteur.Fenseignç après saint Thomas , n'est que ^ ,j^ ^jg j^ bienheureux esprits n'est qu'un

pour le ciel. * t, t \

Seniiment ^><^ continua de contemplation et a amour CO : de s. Augus- mais de. conclure la même continuité dans cette

tin remarqué ' •^

par le Pére ^^^ > ^^ ^^^^ ^® voyous .qu à travcrs un nuage et Falconi , et parmi des énigmes , sous prétexte que la contem-^

(») Falc p, 157.

SUR LES ÉTATS D^ORÀtSCN^ tlVRE t. "jj

ptation est plus durable dans un* même acte con- ^«^'^ dc««tttinué que dans plusieurs actes différens ; ô*est de la terre faire le ciel, et de Texil la patrie.

Le Père Falconi devoit avoir vu la réfutation de sa doctrine dans un passage de saint Augustin qu'il cite lui-même , puisqu'après avoir donné le chapitre x du livre ix de ses Confessions , comme une preuve que le parfait abandon qu*il veut établir , est un paradis snr là terre : il ajoute <0 que le même Père, au lieU qu'il èti à cité, dit encore (c que si cette contemplation étoit de » durée , elle seroit quasi la même chose que celle i> dont les saints jouissent au ciel » : oh il marque très-clairement <^e les actes d^une si sublime contemplation sont d'une courte durée ; et saint Augustin le répète en cent endroits : tous les autres Pères le disent de même : saint Bernard in« culque sans cesse qu'on né jouit qu'en passant de cette parfaite contemplation, raptim. Saint Grégoire s'étoit ^ervi de la même expression. Mab les Quiétistes,plûâ élevés que les plus grands saints et les* plus parfaits contemplatifs , veulent introduire sur la terre ce qu'ils ont unanimement réservé au ciel.

Après tout , il faudroit nous dire où l'on a pria ^^^ ce nouveau piincipe, que tout acte dure de soi j *^^**' s'il n'est révoqué : car au contraire c'est un prin- sont pas percipe constant , par la raison et par l'expérience , P^**»®'» «"

« , . cette Vie*

que tout acte est passager de soi , et qu un acte

pei^tuel est un acte de l'autre vie. La raison en

est qu'en l'autre vie, Taine entièrement réunie

•)4 n^sTRtJCTioar

à son premier principe sans être partagée , et appesantie par le corps , par les soins inévitables,* par la concupiscence ^ par les tentations , par aucune distraction quelle qu elle soit y agit de toute sa force; et c'est pourquoi le précepte d'aimer Dieu de tout son cœur, et de toute son intel*^ ligence, ayant alors son dernier accomplissement^^ cet acte d'amour ne peut souffinr d'interruption. Mais ici, oh. nous nbus trouvons dans un état tout contraire, nos actes les plus parfaits, qui viennent to^ujours d'un cœur en quelque façon ai* visé, ne peuvent jamais avoir toute leur vigueur, e% sont sujets à s'éteindre naturellement parmi les occupations de cette vie , si on ne les fait revivre» C'est pourquoi on ne prescrit rien tant au chré^ tien.que le renouvellement des actes intérieurs; xxn. Il ne faut pas écouter nos faux mystiques lors-

dcsfaœmys- V^^^ i^poudcut qu'aussi ne défendent-ils pas ce$ tiques et dé- actcs rcnouvclés au commun des chrétiens , mais monstration seulement aux parfaits : c'est-à-dire, selon Icuc

contraire. * .

langage, à ceux qui sont élevés aux oraisons extraordinaires : car pour détruire cette réponse, il ne faut quedemander à nos prétendus parfaits'^ si les justes qui vivent dans les voies comaumeà B^accomplissent pas selon la mesure de cette vie le précepte d'aimer Dieu. Cet a^e est un acte fort , puisqu'il consiste à aimer Dieu de toute sa force ; pourquoi un acte si fort ne sera-t-il pafli perpétuel , dans tous ceux qui le produisent ? U ne faudroit donc obliger personne à le renouve-» 1er ; et la défense de réitérer les actes de charité devroit s'étendre à tous les justes qui conservent

SUR X.E8 ÉTANTS D*0]lÀId02r,i LIVRE I. ^S

la gi^âce de Dieu ; ce qui seroit un renversement de toute la morale chrétienne.

Pour une plus claire conviction de ceux qui XXIII. nous disent des dioses si étranges ^ demandons* i^f^rîtare et leur si David n'avoit jamais fait d'actes d*amour de Jésusquand il chanta de cœur et de. bouche le psaume C^i^*°»^"«- Diligam te^ etc. (0, où il commence par dire ^ Mon Dieu, qui êtes ma force , mon appui, et mon seul Dieu, j^ vous aimer cU, et le reste ; ou s'il ne la pas réitéré quand il a dit et répété tant de fois (^^ : Mon ame , bénis le Seigneur : mon ame, loue le Seigneur I O Seigneur, mon ame a soif de vous ; en combien de manières et combien SQuyent, quàm multipliciter, ma chair même voua désirent- elle? .Saint Paul n'avoit*il pas fait un acte fort , loi^u'il demandoit à Jésus-Christ d'ê^ tre délivré de cette importune tentation, et cepen^ dant il y revient par trois fois : J*ai prié trois fois le Seigneur (?) y et on sait que trois fois, c'est très« souvent ; et cependant c est un des parfaits , c'est un apôtre distingué entre tous les^ autres : et en un mot, c'est un saint Paul qui râtère cet acte. Hais Jésus-Christ vouloit^il foiUement sa passion quand il dit , Je désire d'être baptisé d'un bap* témei^) : et encore. Que votre volonté soU faite, et non pas la mienne;, et cependant il revient aussi par trois fois à cette demande , et l'Evangile rap-^ porte qae/usçu'à trois fois il répéta le même diS" cours (5). Si l'on dit qu'il le fit pour notre exemple seulement , et encore en la personlae des infirmes :

(") Psal, xyiï. — (») Ps€d. lxii, cii, cv, cxit. — C) //. Cor. XII. 8, •— i4) Lue, -Mxu 5o. — v^ MaU* zzti. 39, 4^»

7 6 ÎWSTEtJeTlON

l'ai bien ouï dire qu'il disoit en la personne des

infirmes y Détournez de moi ce calice : mais dé

dire et de répéter : Que votre volonté soit faite ^

ee n est le langage des infirmes qu'au sens où tous

les hommes le sont durant tout le cours de leu^

vie : si ce n'est qu'il faille excepter de cette loi

ceux qui nous vantent une oraison continuelle de

^iétude j et qui disent tout ce qui leur plaît au<-

tant sans preuve que sans règle.

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