XXIV. : Au reste , }e dois avertir que je ne trouve per
coni auteur ^^'^^^ > avant le Père Jean Falconi , qui ait ensei*
decedogme: gné le nouveau prodige de cet acte irrâtérable \
suit***^ ^ ^^^^"^ ^^"s avons déjà vu que Molinos qui a em-
paraison ti- brussé cette doctrine ('), s'appuief sur l'autorité
réedcrcxem- ^^ Falcoui , qui est bien fragile : il en adopte les
voyageur. termes : et il ajoute à la comparaison du joyatii
celle-oi d'un voyageur : « Il marche , dit-il ())>
»' et sans avoir besoin de dire toujours^ Je vais à
» Rome y il continue son voyage en veitu de la
é première résolution qu'il a faite d'y aller »;
Voilà comme ces spéculatifs , sans principe , sans
autorité^ ou de iTEcriture budes Pères ^ endor-^
ment les âmes par des comparaisons qui' flattent
leur nonchalance, il falloit songer que si le voy-a^
ge étoit difficile et qu'il s'élevât à chaque pas de
nouveaux obstacles, on auix>it besoin sauvent de
Mnimei* son courage ^ et comme de remonter soc(
premier désir, et quand même tout seroit facile
et heureux , il ne faudroit pas pour cela* ^'imagi^
ner qu'on allât tout seul , mais demander à'-Diet»
qu'il lui plût nous continuer des forces pro-
(OC<Mi/. spir^liff» ueh, xiii, xïv, xr.— C»)16wft p. 15^65, 66.
SUR LES ÉTATS liCKklSOlSf LIVRE I. nn
portionnées à la longueur du chemin , qui eçt une manière aussi solide que nécessaii'e de renouveler ses actes.
Moliûos , dans les chapitres qu'on vient de XXV. aiarquer, aioute à Tautoritédu Père Falconi celle .Z***^*^* ^**
1 • -loi 1 Moyen court
de samt François de Sales ^ dont nous parleront entre dans en son lieu. Ceux qui ont fait imprimer le Moyen ^"* ^^^ **^" court ont aussi imprimé avec ce livret les mêmes autorités , tant celles de ce religieux que celles du saint évéquede Genève; et on voit manifestement €fat dans la publication de ce petit livre on est entré dans le dessein de Molinos.
On voit aussi , dans ce Uvre, le même principe de la perpétuité de Tacte de cont^rsionj par lequel on se donne une fois à Dieu : « Sitôt , dit-* » on (ï) , que Tame s'aperçoit qu elle s'est dé-^ » tournée dans les dioses de dehors y il faut que » par uti acte sii^ple^ qui esl un retour verft » Dieu y elle se reinette en lui; puis son acte »^ subsiste tant que sa conversion dure ». On ajoute y par un sentiment assez extraordinaire^ ^ue cet acte dei^ieht comme habituel, à force de l'avoir réitéré ; de sorte qu*il ne faut plus le renouvefler, Comme il parott par ces paroles (^) s « L'ame ne doit pas se mettre en peine de ^cher-» )>. cher cet acte pour le fbnaaer^ parce qu'il sub-<^ » sîsie;* elle trouve nléme qu'elle se tire de sou M état.^ous prétexte de le cèierohery ce qu'elle y Ks JBOiT JAMAIS FAIRE/ puisqu'il subsistc en ha*^ ^ bitude^ et qu'aloirs çUe est dans la conversion » et dans un amour habituel ». Si Ton vouloit
W Moyen court, d^ xxii, f>. 191. — (•) Ihid, 109.
dire seulement , comme Tensei^e la philosopiiie^ que souvent par un seul acte très-fort on ppo^ duit une habitude , on ne diroit rien que de commun, mais on veut que l'acte siAsiste; et encore qu'il y ait beaucoup d'ignorance à croire qu'il subsiste en habitude/ puisque l'acte et l'habitude sont choses di^inctes, on ne laisse pas d'assurer que cet amour qu'on i^mme habUMêl, est à la fois actuel , puisque c'est imacte. C'est pourquoi on s'élève ensuite contre ceux qui cherchent cet acte, c'est-à-dire qui le renouvellent en lem* faisant ce reproche :« On dierche » un acte par un acte, au lieu de se tenir a^tta- » ché par un acte simple avec Dieu (<) ». XXVI. , Si on demande combien pet acte "peut duk*er > doc^ine ^de OU rëpoudra, selon ce principe, « qu'il dureroit ce liyre. » naturellepient toute la vie , puisque Fhomme » s'étant donné à Dieu dans le' commencement » de la voie, afiii qu'il ftt de lui et en lui tout » ce qu'il voudroit, il donna dès-lors un consen* » tement actif et général pour tout ce que Dieu » feroit » : D'où l'on conclut a que dans la suite » il suffit qu'il donne un consefntement passif » afin qu'il ait une pleine et entière liberté (s) ». Qu'on explique comme on voudra ce consente'ment passif, dont nous aurons à parler ailleurs ; toujours bien certàinementice n'est pas une réitération d'un acte qur subsista dé soi : c'est pourquoi aussi elle assure : <c lorsqu'on a- facilité de » faire des actes distincts, que c'est une mairque
(0 Moyen court ^ ch, zxii, p. io3. •— (>) Ibid.xuYf pag. l3o«
SUR LES ÉTATS d'oRAISON^ LIVRE I. *]g
-9 que l'on s'ëtoit détourné (0 «^ mais qu'au reste uatureUement on ne renouvelle pas l'acte direct une fois produit , à moins qu'on Tait revotfué, comme disoit Falconi : qui est ici ce qu'où appelle se détourner. L'acte donc subsiste tour jours \ et à moins qu'on ne se détourne , il y a « un acte toujours subsistant, qui est un doux 3) enfoncement en Dieu ».
V On n'a .donc qu'à s'y enfoncer une fois; il ne iaut plus après cela que laisser subsister son acte^ sans se mettre. en peine de le renouveler jamais; et plus on aura de. facilité à se passer de ce re«nouvellementy que la pratique et la doctrine de tous les saints nous montrent si nécessaire , plus on sera. assuré qu'on ne s'est point. détourné de ^ voie , ce qui est précisément la doctrine réprouvée du Père Falconi , qu'aussi pour cette raison on . a imprimée avec, le livre du Moyen court, comme étant visiblement du même dessein. , Par la même raison l'on y pou voit joindre non- XXYIT. seulement Molinos; mais encore .Atalaval, avec ^^"^™«J'
,., ' . > . • , conforme de
SOU acte qu il appelle umuerset : qux comprend Mala?al, éminemment tous les autt^es actes du chrétien ^ et exempte aussi de rt>bligatiQn de les pratiquer. Car c est un acte fc conim,e permanent , par une » continuelle et iusensible réiteratJLon y par une » simple résolution de ne point sortir de la pré- » sence de Dieu » ^ le spirituel « s'y conserve in- » cessamment ^ quoi qu'il fasse W v : aussi a-t-on
{^)Ilfp)ren court, ch. xxiv, ^. io3. — (») //. part, p. 197, 198 ^ 357, 36i , 366, 390, 397, 417» 4*^> 43i. i,part. p. 29, 3o, 3a, 45,46, efc,66|70.
8o gufsspRucTioH
vu y.seloa cet auteur, que Tépouse ne dit plus k
.un cher époux : Je me d^nne à vousS^) i il suffît
4e ravoir dit m^fois ; c^est un ade qui ne paidç^
|>oint : la proêeséaiÎQn une fois bien&ite de vaut
loir entièrement être à Dieu, devient habituelle^
cVt^^'dire dan&joe langage, devient un acteftai*
&ÏK9/et;contina,xm, comme parle Tanteur, itm