XIX. ^^ ^^ cff^t comment ajuster nulle demande
Contrarié- ^vec sept demandes expresses ; nul acte distinct?
raison des *^^^ ^®°^ actes distincts, sa ns lesquels on ne peul nouveaux dire les Psaumes ; nulle affection , nul désir, avec ^ mystiques, ^^g perpétuelles affections et désirs , dont sont' Psaumes, et pl^ii^s ces divins cantiques; enfin nul soin de s'exde Jésus-. citer soi-même à produire des actes et des désirs, avec ces continuelles excitations, où David se dit
(0 ^nal. orat. c. vi, p. 35.
SUR LES ÉTATS ïiOKkïSOJX, LITRE III. ifl
à lui-même : « Mon ame bénisses le Seigneur ; » encore un coup, bénissez le Seigneur : mon » ame y louez le Seigneur: Seigneur je vous ai- » merai, élevez-vous ma langue , élevez- vous ma » lyre et ma guitare ; je chanterai au Seigneur tant M . que je serai en vie (0 » : et le reste qu'on ne peut citer sans transcrire tous les versets des Psaumes.
On a vu en plusieurs mains une défense du XX. Moyen court de son auteur même, où il est dit ^^^^^^
•^ . ' tnne sur le
« que les plus résignés ne s exemptent jamais de Pour. » dire le Pater » , dont on rend cette raison ; « car quoique Ton sache que Ton puisse en cette » vie acquérir Fentière résignation, nul ne pré* » sume de Tavoir » : et4'on en infère cette conséquence : ce Concluons donc que Ton peut acquérir » la parfaite résignation ; mais que cette acquisi* » tion étant ignorée presque toujours de celui qui » la possède, n*est pas une exclusion de dire le » Pater ». Cette réponse contient une erreur in-* supportable avec une illusion manifeste. L'erreur est que la parfaite résignation soit incompatible avec les demandes du Pater j et Fillusion de faire croire au lecteur qu'on ne sait pas quand on a atteint cette parfaite résignation. Car lorsqu'on supprime jusqu'au moindre petit mouvement de demande ou de désir qu'on aperçoit dans soa cœur : ou l'on sait que l'on est dans ce haut état de résignation prétendue, ou l'on ne le sait pas: si on le sait, c'est une illusion de dire qu'on n'en sait rien; et si on ne le sait pas, c'est une autre Ulusion bien plus dangereuse de se dispenser de
(') J?#. eu. i« a. zTii. a. iiYi. 9« cily. a.
ti% IltSTRUGÏION
Tobservance d'un coiumandement exprès, sans savoir si on est dans le cas où Ton prétend que ce précepte n'oblige plus: quoi qu'il en soit, on voit assez que tout le système, tout Tesprit du livre-, tous les principes et tous les raisbnnemens de la nouvelle mystique, conspirent à la cessation de toute deknande, même de celles qui sont les plus pures, et les plus expressément contenues dans rOraisôh dominicale, xxr. Il ne reste qu une défaite aux nouveaux mys*
Que le pré- tiqués, c'est de dire qu ilsfoiit toutes les demandes
tendu aclc . i r i i
éminent qui ^^ ^^^ ^^^ actes commaudés, dans un seul iicie dispense de é minent ^ui comprend ies autres (0, comme on très est in- ^'* ^^ exprimé et si souvent répété par Malaval. connu à TE- Qû'on mé définisse cet acte ; où le trouvera-t-on? critureeiaux ^^^^ j endroit de l'Ecriture? est-ce l'acte de charité ? mais cet acte est commun à tous les justes, qui pourtant ne prétendent jias être exempts de tous les autres actes. Saint Paul a compté trois choses ou trois vertus principales, la foi y Vespé^ ronce et la charité ip) , qui ont chacune leur acte distinct : et si l'oii veut ne faire qu'un acte de ces trois actes et de tous les autres qui en dépendent , à cause qu'ils se rapportent à la diari té , oo à cause qu'elle les anime, ou à cause qu'elle les com* mande, selon cette parole de saint Paul, la charité croit tout^ elle espère tout, elle soutient tout (3)$ cela est encore commun à tous les états. Enfin de quelque manière que l'on définisse ce prétendu acte éminént, ou abandon , ou indifférence, ou présence fixe de Dieu, ou comme on voudra^
(»; Moxen court, iS, 64* — (>) /. Cor. xiii. i3.— W iiwt 7.
SUR LES ÉTATS D^ORAISON, LIVRE III. l/^i
cet acte ^ s*il est véiûtable , aura été connu de Jésus-Ciirist ; et cependant il n en a pas moins conunandé les autk^e^ à tout le monde indifférem^ ment.
Il a bien su que'la' charité en un certain sens comprenoit toutes les vertus; qu'elle poussoit tous les bons désirs; qu elle excitoit toutes leè demandes : il n*én a pas moins pour cela cbm« mandé tous les exercices particuliers pour être faits au temps convenable. Il a bien su ce que vouloit dire, Fiat voluntas tua^ et si quelqu'un osott demander y pourquoi donc il a ordonné les auti^es defnandesV que celle-là en un certain sens les contenoit toutes , on pourroit dire à ce téméraire demandeur : O homme, gm êtes -vous pour dispuier avec Dieu (0? Mais sans lui fermer la bouche avec une autorité si absolue , disons-lui que vouloir supprimer les actes que la charité contient en -vertu d'une certaine manière , ou les demandes sous prétexté qu elles semblent renfermées dans une seule , c'est de même que si l'oii disoit qu il ne faut point développer dans un arbre les branches , les feuilles et les fruits , sous prétexte que la racine ou le pépin même les contiendra en vertu. C'est au contraire dans ce développement que consiste non-seulement la beauté et la perfection , mais encore l'être de l'arbre : et pour aller jusqu'au fond , il est aisé de comprendre que ce n'est pas pour instruire Dieu que nous lui faisons nos demandes , car il sait tout ce qu'il nous faut y je ne dirai pas avant que nous lui par-
(*) Jlom, IX. ao.
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lions y mais avant que nous poussions le premier désir : ni pour le persuader ou Témouvoir, comme on fait un homme ; ni pour I^i faire changer ses décrets^ puisqu'on sait qu'ils sont immuables, mais pour faire ce que demandent nos dévoila. De cette sorte, il faut croire d'une ferme foi que Jésus- Christ, qui sait ce qui nous est propre, a vu qu'il étoit convenable et nécessaire à l'homme de développer tous ses actes , et de former toutes ses demandes pour entrer dans la dépendance où l'on doit être envers Dieu^ pour exercer les vertus et les mettre au jour : pour s'y affermir; pour se rendre attentif à ses besoins, et aux grâces qui sont nécessaires; en un mot pour exercer davan» tage, et par-là mieux conserver, ou même ac* croître et fortifier la charité même. Ceux qui en veulent savoir davantage, ou qui recherchent des sublimités exorbitantes, sans preuve, sans témoignage, sans exemple, sans autorité, ne savent ce qu'ils demandent, et il n'y a plus qu'à leur ré* pondre j avec Salomon (0, selon leur Jolie f c'està-dire , à condamner leur erreur.
(«) Prof . ixvi. 5.