X. La règle de nos mystiques pour connoître la
Mauvaise re- yolonté de Dieu, ne peut pas être soufferte, puis-
gle des nou- , tt' i t . t*
veaux mysti- qu elle oblige à se « convaincre, fortement que ques pour >, tout ce qui nous arrive de moment en moment volonté de ^^ ^^^ ordre et volonté de Dieu, et tout ce qu'il Dieu. 3) nous faut ( 0 ». Si nous poussons ces paroles dans
toute leur étendue, le péché y sera compris. On le trouve encore plus dans celles-ci, où l'on nous oblige « à nous contenter du moment actuel de » Dieu, qui nous apporte avec soi l'ordre étemel >i de Dieu sur nous ip) » : à la fin pourtant, après avoir si long-temps frappé le lecteur par des propositions si universelles , on en ressent le mauvais eifet, et on conclut en disant (^) «qu'il ne faut » rien attribuer à la créature de tout ce qui nous )) arrive, mais regarder toutes choses en Dieu
(0 Moyen court, ch. vi , p, 26. — (») Ibid. p. 29. — C') Ibid.
» connue
Xï.
Vainea défi»
nitionfl de la
Sun LÈS éxATS B^ORJlTSONy tAYkE IV. l6t
» coiàtne venant infailliblement de ûr main ^ àtl^ vrâerve éé notnff pi'opreifxéeh^ »k Je recevrois^ Texception sans. peine si elle, étoit plus précise ; mais que réM dire cètle réseive de notre propjr^ péché? «isCi-de que le péché d'iautrui peut être ioi-; puté à Dieu plutôt que le nôtre propre. Mais s'il faut e^cepte^ de rabandon du m<;Mns notre péché propre y il fie faut donc p^s y ^^meurer^ndiiTérept jusqu'à ne vouloir plus ^'ba affliger , ni en demander pardon ^.011 prier d'être délivré de tous le^ maux qutl aitîi^ en cette vie et en Tautre^
Pour soutenir ces excès et la suppression des
demandes I il falloit changer^ la nature de la
prière, et c'est à quoi se rapporte tout un cha- prière pour
pitre daKis le Moyen court, où d'abord on définit ^^ exclure
ainsi la prière (0 : a La prière n'est autre chose jes.
•» qu'une chaleur d'amoiir qui fond et qui dissout
3» Famé, la subtUise^ et la fait monter jusqu'à
» Dieu .* à mesure qu'elle se fond, elle rend sôa
» odeur, et cette odem* vient de la charité qui la
-» brûle ^ . y oilè , en passant comme ces spiritu^ls
bannissentles images $ tclut en est plein d^ns leurs
livres, et il n'y a pas une d^mi-page qui en soit
exempte.: mais.ce n'c^st pas dç <|.uoi il s'agit, et il
nous svMt de remsa^uei» ' que dans cet amas de
phrases ^ il n'y en a pas ui^e se^ule où il soit parl^
<le demande. Yoici au niém^ -chapitre une aut^ç
définition (^)i « La priè^m est{;i:(n é.^^j; de sacrif^?
» essentiel à la religion <chf>étjkenne'> par laquelle
V l'amese laiâse d^^niKe.et anémtir. pour rend^f
if) Moyen t)owH,'kX. xt^fh 7^^, ^^/^ÎS^Pa^ ^Sm. : : '
i6ql ' MTSTBTTCTIOfN
3» hommage à la (Souveraineté de Dieu »« On ne voit non- plus la demanile dacaâ cette définition que dans la première ^ et r&o» diriez ^'dUsne soit pas essentielle à la religian cln:âé6tiner N<um pouvons donner pour troisième d^finMon de la prière ce petit mot<>)': « L^anéatiti^Bétnent est la » 'véritable 'prièri? » . On ajtMite mille t^ea cboses sur la gloine que ht prièt^e donnée *Dieu; mais sans songer seulement & Thumble demande , quoi* qu'elle glorifie Dieu d^ûn^ manière si ^admirable. . Enfin t'ont ce éhapitre n'est fait que pour montrer la' prière sans demande. Ce n'est pas ainsi que les sainte ont traité cette matière* Saint J^sn de Damas a défini la prière : <c L'élévation, dé l'écrit à » Dieu;, ou la demande qu'on a dite à Dieu des V> choses convenables (^)i». Aucun doctem*, excepté ceux-ci, n'a expliqué la prière sans expli«quer la dediande , et c'est l'esprit^ «de l'Evangile, ffésus -Christ , suppdié par ses apôtres de leur apprendre à prier, lè>ar donne les sept demandes du Pa^^ pour leur montrer combien la demande ^toit de fifiieàtién 4le.la prïère. C'est pourquoi J'apètre sai«t P^nil y le plus divin interprète de f E(?angi)[ev parieen cette sorte. J¥e ^vous iriçuiétez de t^en , ^(ii> ^*en tmsie prihrB et sup-^ pKéàéion 'v&s dèmanfâes partissent, devant Dieu néûonipctg^ée^ 't!^>aeiio^de grdoes (^) ; io«i , Comme pôrteToriginal, <d'^he manièi^e encorepius unî- ^rsetté :^ 'Qu'en i/MUfue état ok v0Us say^z vos deHiàhâe}s paroÙ€ent devint Dieu dam la suppli-
0) Moyem, tsomrt; ch. lï, p, .J7. .-- W ZSé.iV* anh,jftd. a4. — C3) PhiL lY. 6.
SUR LES ÉTATS ^'oEi^ISO^, LITRE IT. l63
cadon et dans la prière : ce qui décide en termes formels que la demande est renfermée dans Fesprit et dans le dçsçein de 1^ prij^re, et que Texercice actuel en doit être très-fréquent en queUfue état qu'on setràiRfe^ comme dît saint Paul.
Si la demande est au-dessous des nouveaux par- xn. faits , Faction de grâces ne leur conviendra pas ï^'»<=*ion de davantage y puisque ce. sont deux actes qui se ^^g^pp^î. répondent Fun à Fautre^ et quap^^ès avoir de- méedans la mandé, il est naturel qu'on rende grâces d^avoir °®"^***®
' ,. oraison.
obtenu. Cependant une action si convenable et
si juste y qui se •trouve à toutes les pçiges de FEcri-
ture dans là bouche des plus saints^ et qui ^st.
d'ailleurs si expressément commai:idée, et en
termes si universels^ est rayée .du nombre des actçs
parfaits, à deux titres; Fun, plus général, parce
-quelle e^t intér'Ç.ssée çopime la demande; Fautrç,
plus pggrticuUier, parce que c'^st un acte réfléchi,
et que tojute réflexion ^st prescrite dans la nou-
velj.e voie de perfection quon veut introduire,
qui est une des ctrreurs des nouveaux mystiques,
qu'il faut^çxaminer avec plu^.de soin.
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