‹ Œuvres de Bossuet, évéque de MeauxChapitre 29 sur 109 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Des actes directs et réfléchis , aperçus et non.

aperçus j etc.

h II nous faut donc ici examiner la nature et la

Dessetn de perfection des actes directs et réfléchis , oïl il faudra aussi parler des actes distincts et confus , des actes aperçus et non aperçus ; et voilà une ample carrière ouverte à notre discours ; mais que nous pouvons expliquer en assez peu de paroles en la réduisant à ses principes.

Pour y procéder avec ordre, posons avant toute chose la doctrine des nouveaux mystiques sur les réflexions : voyons ensuite ce qui est certain sur cela dans les saintes Ecritures : ep troi-* $ième lieu, nous résoudrons par Ces principes les difficultés qui se présentent. C'est ici un des nœuds les plus importans de toute cette matière ^ et il n'y faut laisser aucun embaiTas.

n. Premièrement, il est certain que la nouvelle

des nou- Spiritualité rejette généralement les i^éflexions, veaux mystî- de tout l'état des contemplatifs ou des parfaits, ques sur leâ MoUnos marche à la tête, et d'abord il pose

actes reue- i 1»

6}ii9. pour fondement de 1 état contemplatif , d'aban--

donner toutes les réflexions pour marcher dans la voie qu'on nomme directe (0. Il poursuit : « Vous ne sauriez avec tous vos efforts faire une » seule réflexion W ». Aussi la réflexion est-elle

(i) Guide, Introd. sect. I9 n. a, pag. a3. — * («) Gmidë, liV. i, dk. tt, n.6,pag. 18.

, SUB. LES él'ÀTS D*ORÀIS0Ny LIVRE T. l65

un û grand obstacle à la vie intérieure , qu'une raison dç blâmer certains seutimens ^ c'est qu'ils sont réfléchis : selon lui «une réflexion de Tame > sur ses actions Tempécke de recevoir la vraie ^ lumière, et de faire un pas vers la perfection (0 » . 11 ne compte pour de vrais actes de piété que les directs; et au reste , « il ,faut marcher sdxas ré* » flejùoa sur vous-mêmes, ni sur les perfection^ » de Dî«u (2) ». Ce sefoit perdre le temps que d'en rapporter davantage.

Malaval a suivi son exemple, et si Ton pense, on qu'on* se' souvienne de Jésus-Christ hommes- Dieu, il veut qiêe ce soit d'une seule vue d'esprit (?) ; jcest^k-àiref par un acte direct , sans aucune penr sée distmcte, et sans noire choix :. ce qui ^porte l'e^iduâan de tout acte réfléchi : c'est à quoi tend encore tout ce qu'on a vu de cet acte, continu et universel , de cette vue simpie et amoureuse^ qui comprend tous les actes ^ de cet acte éminent,çui les absopdfi (4J^ et qui fait ainsi cesser toute réfleiûon.

MâiBlefivreoùrons'expliquel^pIushardiment, Iil. et avec le moinsi de mesures sun ce siiiiet comme sur , . ^'^ »"g««

■ , ' ' . ' . ' discours sur

JesaiMxeis, c est le Moyen-court Le prinape est que les réflexions iexnoKf^^fTieTi^duSaint-Esiprjitqueramedoitsi^ivre^ dans le livre « ne la porte jamais à reculer ; c'est-à-dire, à ré- ^^^^^^ " » fléohir sur lacréMure, nia ^ereçourber contre tn elje^méme Mpaié à aller toujours devant. elle » aFànpsuat incessamment vers sa, fin (5) ». On voit

(0 Gtiide,^iff, I, ch. ▼, n, 35, pi 5t. — (*) lUd, ck, xi, n. €5, , ;». 46, •— (?) H^à^ival^ h port, p, 55L. *- W Ubid* pojg, 63 ,.efc. — {^) Hfojren court, §• 8 1 .

l66 IIÏSTRUCTION

ici ([uè recukr c^est réfléchir j ce qù*on d[^eile se titcàurbef contre soi-'tnémèj et on oppose ce i!i(^otiVèmént à celui d'âvâhcdr toujours à sa fin ^ coitrmè si là réflei^idn y ëtoît un obstadé^ ott cp%e lés bons nlouvemehs directs où r^ftébhist^ fussent pas ^âleiiiefat du Sèint-Esprft. Céfct ce^^u'on a{>pdLfe ailleurs ie reprendre sùi-mêiM, à quoi Ton t>ppbse, se quatàet séUméme ^ làùseP fûitël^ieu , et lès àùtrèfs élk^sé^ semblables; c'est cesser de s'escciter au bien , et attendre que bi^ù ncmsrmène. Voîli ce qu'on appelle Vabe^ndon^ oH cette « re- ^ nonciatioh absolue à toutes indi âatiônsparticiir » Hères, quelque bcrnnes qu'elles pàroissent ('»)». Quand doàc on réfléchit sur ses besOiiis'èt suVles actes que Dieti nôtis eômmandeV' <)ù^^tie Pon comiïiên<;e k s'y exciter, c*ést à!6râr'^#*dW^!ê te*preûd iot-m^mcj qui e^t comme oïl Verrra , la plus grande faute que l'on puisse éonMèltre dans la nouvelle voie.

fit! coiiséquc^Ce de ce prindpe, oH lit dans le Cantique des cantiques W que « la véTtii de » sitiplKdté, tant récèmtiiaildéedans fEci'ilUre, il nous fkil agir % l'yard dé Dieu incéssamttient 3> sans héàîfàtiori^ diî^ectèmént sàné i^éfleiâon »• Par dette simplidté ttt^^e dent te regard èH toujours ^{tèCt et sàûs i^eiiôn né ^kftitiôU pas ion tegafd (3} ^ où l'on 'met dénie dibseâ ^âsÀmble. La premiei*e de n'avoir plud que 4ki adté^ dîk'ecta et sans réflexion ; à*6b mit ausisi la ^cà^Kfe^ ^Q*ofi n'a.plus ^'acte aperçu ; principe dont ou^ «(, vu les

(») Moyen court, 6, 26, 2% ûS. ^ W Caht ck. 1^, v. i^pàg^ 85.

SUK LES ÉTATS D*ORÂI$ONy LIY&E V. 167

mani^ses^smtes (O.f Au reàie^fuànd on jette ert*

core ifuebfuiês regards sur soi-même j ç est une iit»

JidéUtè (^) ; €t cela se poussei si avant ^ que par

cette légère faute fam^ pérircit si sqm bien-aimi

ne Veut soutenue ; par eu Fon voit' jusqties à <fxél

point les râSexions sont batinies , et oa ne 6^

plus o& en trouver d'iQ^»o<»iilie6. Il ne faut donc

pas s'étonner si Ton disque dette belle ame a deux

quàK$és0)^àoxdXmkey ifai^fait à notre sujet, est

dé ne se churher jamtùs '^f s elle-même pour au*

cime grdee tfm'elle aA,réçée de Dieuj pas mèm^

pour lai en Mre ses rèmerdmeBS. il est.maiiite*'

nant aisé de voir dëos qiKfb périk on jette les

ames/ en les rendant sieian^emies des réftextans

puisque sùîvâût & f aveuglé 4es inOuvemens directs

qu'on leiÉrdonne dans ' cèrtâûas états pour in^pités^

dles. iront partimt où les portera leur instinct

avec une rapidité sans bornes.

II est poiirtant v^itable^ tant cet. état eist peu naturel, Ifeton ne cesse ée r^bechir , en disant qu on tië ri^échît pas , et ^uànd cette ame non réfléÈUissatxte'dit îtiHt céùrt : Je ne. suis plus en état de me regarder {^) ; c^est dans la plus appàr irente ^xtinctSëh d!es i*éHelions une des réflexions lés pitîs îifkètiés sur-sm-mSme et sur son étal;.

Coînménit àccerd^r ce intiment avec les pré- .IV. t^eptés ddùt les sailAtè livret «ont remplis : Feillét ^.**'^

*^ ^ * flexion est

sur ^us^eomidàre^^às voies j qite vos yeux pré- uikefocnede 'cèdent vos pas ^ prenez garde à vous; c?ést-à- i'«^> ^^^

(0 Ci-de^os, Uv. iii^ ch, x* — (>) Cant. ch. vi , v. lo, p. iSq. — C3) lUd, cÂ. Yii, V. 7» f. 17a. «^ W Ibid. ch^ tui, .v. S,

doit pas êire dire^iseloo sèàntBiu^e,(:^\ àbseri'esiie.temps pré' étetsTmjw- *^* ' prévoyez fiwèmrj et cent >aatres de cette faits. sorte : eï^ yérifèé > }e ne F^nteiuis ^s^ Je n'ac^

cûrde ncm plus ce$* discours, avec ces. fieûten^cei; llêS|.Pjèreâ> où rôQhAOOs montre que les préi:^l^tiouSjy le& circpn^çctions^ les examens delà coo^ience ,, et Içs^^ au|i*çii qu'pn ,no«LS prjescnt font lasàreté de la viç..Qçi,pQuçroit r^ppqrJiçjr.ici toutes ^es| règles des ^çilit^îires ^ tous les traitas asce* tiques . de s^int Basile eit des. autres ;. e^si Ton réf>ol^dsan& autorité et s^ns pteuve qxf^ jces. saintes instituti^ans ne. regardent au^ les çqi^m^nfçaDS : jefrépondrai aii coutr^^ire qiie la réileaipu est unç force de Janie , et qi^e^ rattribuer:si uniyerseUe<» anent à fbiblesse^ ç'ef^rjin.m^nifeiste^parf^loi^ J^fljvoue biiieft qu'en gi^nçral. h t4Q^^q% est u^e imperfection de, la naturQjjliiuii^ÛQ^ 1^ ^{Mjuusqu'ou ne la trouve point. ^ .^e ne^^i^a^jpaS' j4^nsja di* jvinité, Wtaisdanpïlejsplrts s)ibUip^ Cjp^^atiçnp de Jki^âture angélique^^r^iiu des espri^:)>.iephpiu:eu(si;. Mais eu Tétat où n.QiiS; ^om.me§], c^f^^: Hi|e. force de raine> qu^ ^{)Grif^re i^pvisjfQairque .^f^s les -plus parfaits , pour trois i^isoiSiS,. ;:♦..• V. liBi preoM^re : es jt qjae , lavréâ^^QP ^aÇe^^nif ^los

solide cite ^^*^^' ^* cet aflerw.i»?ment noiî^^^sit:^é42es^rfî vérité : pre- -tai\t que upus soî^iaiçs daujs qe,ttç yie„,ftiinou& ^^ert df"' '^^ v^y^^ çuenp(irtî0j^ comnae.dit çaiftfcÇ^iil.C^ii liio^ée fa. -e'e^t-àrdire, imparfaitççqent. De la foiWjesçe (le Jips nature ,. la vues vient cçUe de nos résolutions. JEu cet ^tat, ÎTfQrced' r ^^^^ ^ voulu mettre dans Fesprit humain la force, réttexion. pou^ ainsi parler, de redoubler ses aclés parla

(>) ffom, in Attende tibi ipsî, e. i. — (»)/. Cor. xiu. ^ -

SUR LES ÉTATS D'ORâlSOÏT, LIVRE /V. l&Q

iHfflexion , pour donner de la fermeté à ses mou*vemens directs ; ainsi -lés àétes directs ont quelque chose de plus simple /de pltts naturel , de plus sincère peut-être /qui vient plvà du fond sr vous voulez ; mais les r^exions qui ont la force de les confiimer venant .par-dessus ^ elles font dire à David : J'ai Juré, etfai résolu de garder les lois de votre justice (^).

C'est pourquoi la réflexion est appelée Fœil de Tame, parce que Tacte direct n'étant le plus souvent assez aperçu , la réflexion en l'apercevant rafièrmit aV'ec cotinoissance^et comble par un.jugeinent cônfirmatif. Elle a aussi ses profondéprs^ lorsque nous faisons ces réflexions profondes > qui font entrer si avant nos résolutions dans nptre cœur. C'est une vaine pensée de . s'imaginer qu'à force d'avoir réflécjii on n'a plus besoin de le faire ; ce qui pourroit être vrai jusqu'à un certain degré , mais non famais simplement et absolu* ment. Tant que le jligement peut vaciller, et que la volonté est mùable , la réflexion leur .est nécessaire. Saint Thomas n'a pas prétendu afibiblir l€fs actes de la volonté lorsqu'il a dit queUe était ni^rellement réfléùhùsante sur elle-même, qu*àn aimoit à cdmer , qu'on o^ouloit vouloir W^ et le reste. Tout cdia grave , fortifie , imprime les actes dans le cœur, inspii^e des précautions; et si l'on dit que les parfaits n'en ont pas besoin tant qu'ils sont en cette viç^ on dément encore Bavid , lorsqu'il dit (3) : J'ai repassé mes années ;

<0 P9. Cxvm. io5. *— W I. a. q, a6. 2, — P) Ps. cxvni,^.

I^O UfSTRUCTia»

et encore : Tapprofondirai vos comnuindemens : et encore : Toi considéré mes wies^ etj*ai tourné mes pas du côté de vos préceptes : et encore : Com* bien ai- je uimé votre loi? et encore : Votre serviteur carde vos préceptes; on est bien récom-^ pensé en les gardant: et lé reste qu'on troave à toutes les pages.

Vl. Le second <sfiet de la rëiQexion , c'est qu'elle

econ e ^ pJ.Q^^j[(. l'action de sràces , tant commandée à

raison pour i^ or

la réflexion, tous les fidèlés par Saint Paul : « Rendsx {p^âœs à en ce qu'elle ^j pJç^ ç^ toutes choscft t oue Yotre «0tion de efrâ-

produitlac- , . . > ^ ^

tion de grà-^ <^^^ 1^^ soiC prése&tée en tout état, en toute

cc«:réflesion » prière, en toute snpplioâtion (0 », et lereste^

veau ^ysti- *^^*® actiou appartient aux plus f^ts, et eHe est

que sur celle de la par&ite justice, puîs<|n'elle • glorifie IHeu

de Job. jgj^g ^^ ouvrage le plus excellent qui iBst la .com^

munication de ses grâces. Marie , pieiàe de grâces

et de Jésus -Christ qu'elle porte dans son sein,

chante les merreille» que le T<^ul>paissant a faites

en elle ; elle ^^i nejouit et l'en glorifie* Après

son ex^ixplé ûndi-oit-il parler des autres saints ?

SouveuonsHÈions néanmoins du saint homme Jd»,

qui disait : « J'ai été Tcetl del'aVeûgle et le. pied

» du boiteux : j'ai été le père des pauvres » la con-

» solation et la défense àa délaissé (^) : j'àifait un

» pacte avec mes jenx pour ne point laisser aller

39 un regard furtif, ni le moindre désir vers une

» vierge; si j'ai mangé mon pain seul, et que |9

vy ne Taie point partagé avec l'orphelin et l,'^tral^

» ger (3) ^, et le reste, que tout le mouds. sait

par cœur : il n'y a qu'à dire que ce sont là des

(0 Pï^l. IV. 6. — {*) Job. XXIX. i5 et seq, — {^) lbid.xax.i. u

BVn LES ÉTATS D^i-ISON^ LIVRE T. I71

discours d'un imparfait y et ne trouver la perfeo tion que dans les Quiëtistes.

Ten connois un des priudpauZy dont j'ai lu un cominentaire sur Job, oii il ose dire que ce discdtird du saint homme Job que lui iD^*e la conilance d'une conscience innocenté, est celui que Dieu a repris dans le chapitre xxxvni et dans tes suivans; pendant que Dieu déclare lui-miême que le sujet de ses invectives étoit les discours , nom pas où Job racontoit les bienfaits de Dieu poulie glorifier , mais ceux ôà il sembloit vouloir disputer avec loi, et ikdminer contre sa justice; ce que Dieu rabat en ces termes : AnéanUres-' w>us mes jugemehs, et me eondamnerez-^vous pour vous justifiera ? et le neaté ^ qu'il est inutile dé rapporter^

Le troisième effist de la réflexion est celui d'ar vn. BÎmer notre coiifiailce» et d'exciter nos prières i ^ .

' ^ raison pour

«c Si notne cœurnenfirrepiieiidi Dieu est plus grand k réflexion : » que liotre deeuri et il éonnbtt toutes choseis : si f ^® produu

* • la prière <t

a notre cœur ne n0us reprend pas,^ mous trouvons ^ confiauce. 9 de la confiance auprès de Dieu» et nous pou^* » vons tout obtenir pso: nos prières (?)* Yoilà ce » -qui nous fettconnoltré que nous^^sommes en* » fans de la vérité , et nous fortifions notre oceur » en sa présence ^) ». Si c'est là encore un discours adressé aux impaifaits^ C*est donc aussi \ impei'fection de dire : « J'ai: achevé un bon corni» bat; f ai accompli ma com^se; faî gardé la foi, B et au reste la cduroàoe de justice m est réser^ » vée,'etc, (4) ». ' '

(s) Joh. XL. 3, tic. — (*) /. /onn. m. ao. ax, aa, r— {^)Ibid. 19. — M) //. Tim. IV. 7.

Troùiéme

17* IHSTRUCTIOIÏ. »

Tels sont les fitûts de la r^exion dans lea pliis grands saints , et dans Tapôtre saint Paul à la ▼eille de son martyre et de la consommation de son sacrifice. Une sainte indignation saisit le lecteur, quand il voit ëluder ces beaux sentimens* par de* vatûes subtilités^ quif n'ont pour tout fondement qu'unoe perfection imaginaire^ ^^^™' Voici pourtaM un passagiet «qu'on allègue, efi

zéchielqu'on ^'^^ ^^^^s le' didriot d*Ezëdiiel (0 : « Cet esprit oppose à la )» de vie quî est dans les roues : cette impélmo*.

réflexion» «vii* • «i -• «i

31 Site de 1 espnt <p]i les portmt y et portent les » animaux mystiques chacdn toujours devant » soi y sans s'airêter dans leur^màrche ni retour^ » ner sur leurs pas » ; par où Ton entend la cessation des réflexions : je le veux, et je condus^ que cette cessation se trouve en effet' dtos rinspi<* ration et impression prophétise; mais non pdur , ' cela dans un certain ét^t d^oraisott d'une ma* nière fixe et perpétuelle. Simu suspend la ré^ flexion quand il lui plaît : la question .est de sa-< • voir s'il y a* ' des états en; cette vie où îl-l'ôte , tout-à*faity et si Ton peut passer en règle quelle

n'appartient qu'aux imparfaits^ contre tant de témoignages -exprès^ qu'on vient >dé voir du-con** traire dans FEioriture. -

^^- On prétend déci^diter la réflexion en Texpri-!

tours sur soi- ^^1** P^^ ces odieuses paroles ;'ae retour sur soi-^ même sont mémei mais c'est encbre une illusion : il y a des am s par j^fl^xiQ^g ^f. j^g retours sur soi-même d'un ôr-*

les spirituels : sen- gueil grossier^ comme cehir du Pharisien pour

tence de S. vanter ses œuvres y sous prétexte d'action degrâ*

SUR LES ÛTJÙTS I>*ORAIS0ir^ LIVRE Y. 1^3

ces. Mais saint François de flttles. nous apprend François de des tours plus délicats deramour*propre (0^ lors* s^ Antokl^^* que ce sans cesse et par des replis ou retours per* que roraîson » pëtuels- sur nous -mêmes ; nous voulons penser newconnoi'^ ^quelles sont nos pensées, considérer, nos consi- me. * ^" V dérations, voii^ nos vues, discerner que nous '» discernons; ce qui jette l'âme dans vjh lait*

» RIHTHE ET UN EHTORTILLEKEVT , qui ÔtC tOUtC la

» droiture de nos actions y et toute la bonne sève ]» de la piété » . L'oraison de telles gens, est un Ê9*ouble perpétuel dans Foraison même, dont ils quittent les doux mouvemens, « pour voir corn- » ment ils se comportent, s'ils sont bien contens, » si leur tranquillité est bien tranquille, leur » quiétude assez quiète (>) » ; jamais occupés de Dieu, et toujours attentifs à leurs sentimens.

C'est assurément un des plus dangereux amusemens de ceux qui prient, parce qu'alors, dit ce grand maître de la vie spirituelle (3) , ce n'est plus Dieu qu'on regarde, mais soi-même : d'où il conclut que « celui qui priant s'aperçoit qu'il » prie, n'est pas parfaitement attentif à prier, » et divertit son attention pour penser à la prière, » par laquelle il prie » ; ce qu'au rapport de l'abbé Isaac chez GassieQ(4), saint Antoine exprimoit encore plus fortement , lorsqu'il disoit que « Fo- » raison du solitaire n'est pas véritable, lorsqu'il » se connott lui-même et sa prière ; qui est , di- » soit Cassien^ une. sentence céleste, et plus di- » vine qu'bumaiae »•

(«) jim. de Dieu, &V. vi , ch, i. — (») Ihid. ch, xiii. — (5) Ibid. / 6>. iz, cA. X. -— \fyColL IX, dû Orat, 3i.

174 iKBruvènon

De tels retours flir soi-méine sont une |>âtttre de l'amour- propre y et un obstacle à la prière: « Si vous Toulez regarder Dieu, poursuit saint • 9 François de Sales , regardez-le donc : si vous » réâédiissez , et si vous retournez vos yeux sur 3» vous-même pour voir la contenance que vous » tenez en le regardant,^ ce n'est plus lui que » vous regardez , mais votre maintien ».

L'on voit ici quel retour sur soi-même ce grand directeur des atnes a voulu comb£U;tre : c'est dans l'oraison un retour de l'amour-prc^re sur soî^ même ^ pour s'appuyer sur ses actes comme siens^ car si on les regardoit comme étant de Dieu et allant à Dieu , comme ayant Dieu |>onr principe et Dieu pour objet, on ne se refoimieroil point sur eux pour s'y complaire, comme pour se mir^r dedans et y reganler sa propre beauté ; mais tout en mouvement vers Dieu, on ne feroit d'attention sur ses actes que po«ur en rendre à Dieu toute la gloire; ce qui est à la vérité uajip sorte de réflexion , mais qui luen loin d'arrêter l'homme en lui-^nême, se joint à l'impression de l'acte direct, et ne £ût que le confirmer; en sorte que l'oraison avec ses réflexions et actions de gtâces, est un encens brûlé devant Dieu qui -monte tout enti»* vers le ciel.

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