‹ Œuvres de Bossuet, évéque de MeauxChapitre 35 sur 109 · XIX. Mais comme saint Clément d'Alexandrie a tant · texte numérisé non relu

XIX. Mais comme saint Clément d'Alexandrie a tant

de la œnca- P^^^^ ^^ parfaits , et qu'il semblen en avoir porté.

pbcence est la perfection jusqu'à leur ater la concupiscence ,

perpétuel. ^^ j^^ ^^^^^ ^ l'apathie ( 0 , c'est-à-dire , à l'imper-

turbabilité; il faut entendre d'abord qu€ ce parfait^ dont il dit de si grandes choses^ selon, lui ^ est composé « de deux esprits , dont FuacpnvQite >> contre l'autre ^ conformément à cette parole de 31 saint Paul M: La chair com^oîte contre A'es'- 1» prit et l'esprit contre la chair » ; car la. ckair a une partie de l'esprit qui lui adhère y comme dit le même saint Paul (3) : Je. ne fais pas ( par^ faitement) le bien que je.7>eitx.^ parce que fai en moi un mal^ inhérent, et une loi qui* s'oppose au bien. Ce principe étant supposé avec , saint Paul' par saint. Clément , il Ëiut entendre au septième livre où il |iousse au dernier degré >. de peifectiôn l'idée du guostique , les rcorrectifs qu'il y met y en disant (4) que « l'homme parfait a en » sa puissance ce qui combat contre l'esprit » : il n'en est donc pas entièrement délivré ; mais il le tient sous le joug. Un peu après; «L'homme M parfait s'élève courageusement contre la crainte; » se fiant en. notre Seigneur » : c'est. la. posture d'un homme qui la combat. Et dans la suite : «H » fait la . guerre à la malice », à la corruption qu'on. porte en soi-même : elle résiste donc, elle

(>) Sirom, lib, Yi. 649, C5o, 6S1. Liù. vu, 659 , 'jiS.. -r {*XGa!. V. «7. — {}) Roni, VII. 19, ^u^{fi)Strom.lib. vu. yaS.

SUR LES ÉTATS D'oRielSON, LIVRE Tl. làlk^

combat; Un peu après (0 : « Il réprime et châtié sa vue quand il sent un plaisir dans ses regards ». Et encore : « Il s'élève contre Tame corporelle »•; c'est-à-dire , comme il l'explique contre la partie sensitive de Famé : « mettant un frein à la partie » irraisonnable qui se soulève contre le comman-, » dément ( de la raison ; ) parce que la chair » convoite contre l'esprit »• Un des effets dii combat perpétuel que saint"* Clément reconnoit. avec tous les saints dans les plus parfaits ^ est ^n'on y reçoit quelques légères blessures , et qu'on y tombe dans ces péchés qu'on appelle véniels. Ainsi la vie chrétienne est une perpétuelle purification: la plus parfaite spiritualité n'en est pas exempte , et saint Clément dit expressément que toute pure et toute parfaite qu*elle ^t, nonseulement elle est prompte à se purifier^ mais encore.y elle est elle-même la plus parfaite purifica^^ tion de rame W. Ainsi la purification est de tous. les états; pourquoi non, puisqu'on y, demande dans les états les plus parfaits la rémission des péchés , et la grâce de n'en plus commettre (3) ? Après avoir reconnu ces vérités ^ comment saint Clément n'auroit-il pas vu qu'il est nécessaire qu'un chrétien, qui selon la foi* catholique , après tout, jusqu'à la fin de sa vie est un pécheur, ne cesse de se purifier : Qu^ehcore çuil soit lai^é , il la9e encore ses pieds ^ selon le précepte du Saaveur (4), et quêtant juste, il se justifie de plus en plus*

. 0) Strpm, lib. TU. 744. — (») ma. jSa. — (3) Lib, vï. 6d5. -*

(4) JoéUi* XlIX. 10.

229 ISSTR^JCTION

^^* C'est à cause de ces combats et de ces péckës

tificaUor et ?"^'l^ mortification est nécessaire en tous les états, deraustérité pburles expier , et pour les prévenir. Aussi avonsen tout ëiat ^^^^ ^^ ^^^ saint Clément attribue aux plus par-* faits Tobligation d accomplir ce précepte de TEcriture : L'oraison est bonne avec le jeûne* Voilà pour ce qui regarde les austérités communes à tous les saints : mais ce saint prêtre recônnott aussi cejles que chacun peut s'imposer à soi-même ^elop lest>esoii|S ; et c'est ce qui lui fait dire en par* lant des gnostiques ou des parfaits qvà vivent dans l'état conjugal (<) : « qu'il ai^ivera peut-être que 9 quelques-uns d'eux s'abstiendront de viandes,de » peur que la chair ne se laisse trop; emporter an » plaisir des seqs » . Ainsi il n'est au-dessous d'au-cun chrétien, pour parfait qu'il soit, de mortifier la chair par quelques austérités*, et saint Clément loue en géaéral, et sans distinction d'aucuns états, la sentence de ce philosophe qui donne lajuim, c'est-à-di;~e , Tabstinence et le jeûne, pour le vrai remède de la sensualité (>)• • y . .

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