XXI. On vo^t parTlà qu'en tout et partout il est
fection^^ opposé à uos faux parfaits ; et aussi n'a-t-il. jamais dëfectueiue dit que SOU guostique. fût inaltérable y imper tur* en cette ne: j^y^^ impassible, saus. apporter à ces grands de saint Cfé- oiots ces Gorrcctifs nécessaires, auUua quil se ment sut S. peiUy autant que VéttU de cette vie le permet W ; ou ceux-ci : // tâche de Vêire, il veut l'être (4) , il fait tous ses efforts pour y parvenir (^ : ce qu'il explique de dessein formé par ces .paroles (6) :
(>) ^Strani. Uh, Tii. 71a. — («) lÂh. *ii: 4^3. -* (?) Lib. iv. 54o. — (4) lÀb, VII. 75a. — (5) Ibid, p. 725. — ^) Pœé^' uCp, 107.
SUR LES ÉTATS d'oRAISOH, LIYRB TI. SS^
« Pour pibi j6 demeure souvent étonne comment » quel^iies»uns osent s'appeler parfaits et gnosti'* » ques y se faisant par ce moyeii plus parfaits que » Tapôtre même, qui dit(0 : Non que faye en-* y core atteint au but que je Aie propose , ou que » je sois déjà parfait , je m'avance donc , oubliant » ce que i-ai fait, et m'ëtendant à ce qui me resté » à acconàpUr, je cours sans cesse , etc. Ainsi il » $*estimê parfait par rapport à sa vie passée dont » il a été délivré , et il en poursuit une meilleure^ ?i non pas comtne étant parfait dans la connois- » sance (yitwrti)^ dans la spiritualité-^ dans la » science de Dieu ; mais comme désirant ce qu^ » est parfait ».
On voit par ce beau passage qu'il y avoit dès ce temps, comme il y en a toujours eu, de faux ^
paifaits qui s^imaginoient des étata de perfectk)fi au-delà des bornes de cette vie. Saint Clément leur fait voir comment on est parfait , qu'oà Teal non absolument, mais seulement par comparaison aux états inférieurs , et à cause qu'on tend à Tétre , et qu'on le désire. Ainsi la description du gn<H stique ou du parfait spirituel en cette vie est une idée de perfection , qui marque ce qu'on poursuit plutôt que ce qu'on possède. Si après cela on se trompe dans la perfection que saintClément attri-^ bue à son gnostique , ce n'est pas la faute de ce savant prêtre ; et il n'aura pas attribué aux autres spirituels ce qui manquoit à saint Paul.
Il s'explique souvent sur cette matière , et voici xxn. un des beaux endroits W : « Un gnostique, un spi- ^g^!^^^'
(«) Pha, m, i5. — W Zih. vu. ^35, 736.
sage.
!^3o UrSTRUCTIOn
» rituel qui de bon et fidèle serviteur est parveùu
i> à être ami par la charité ^ à cause de la perfec-
^ tion de Thabitude qu'il s'est acquise et, où il est
» établi avec une grande pureté, qui est orné
» dans ses mœurs , it qui a toutes les richesses du
» véritable spiritu^: le voilà ce me semble assez
». parfait : et néanmoins celui-là même fait de
» grands efforts pour arriver à la souveraine per-
>> féction ». Ses efforts ne cessent jamais , parce
que la vraie perfection n'est pas de cette vie ; c'est
pourquoi aussi on a vu qu'ail ne cesse de désiiçér
et de démander.
XXiii. Quand après cela on trouvera dans ses écrits que
rfc manières ^^ parfaite habitude de l'homme spirituel « n'est
ou est par- » pa3 une modération , mais un entier retranche^
fait dans cet- ^ ^^^^^ de la convoitîse (0 » : si on prenoitses
te vie. ' \ * ^^
paroles en toute rigueur, on voit bien qu'il en diroit trop, et plus qu'il ne veut, et par conséquent qu'il faut entendre ce retranchemeni par rapport à certains effets, et non point par rapport à tous. Ainsi on est impassible et imperturbable, parce que non - seulement on tâche de l'être, selon les idées de nntre auteur; mais en- ^ core qu'on l'est en effet jusqu'à lin certain point. On l'est pour les effets essentiels , et non pas pour tous les effets , ou pour parler pluâ précisément avec saint Augustin (>), on l'est non quant à l'effet d'accomplir dans le dernier degré dé perfection ce précepte : Non eoncupisces : Vous ne cons^oiterez point, vous n'aurez point de concu|)iscence ;
(0 Strom, lib. vi. 65i. ^ (*) De J^upL et Concup, lih, i, cap» XXIII, n. 95) tonu z, çoL agS, et alibi paafim»
BVTK LES ÉTATS iD*0RÀI90If, UVRS VI. %'ii
mai^ quant & F^fiet d'accomplir cet autre pré^ tepte : Fms nlirez point après vos- concupis^ éences , vous ne vous y livrerez point : en un mot , en est impassible et imperturbable par comparaison aux foibles dont Tétat est toujours vacik lant. rajouterai , selon la doctrine du même saint lLu{piàtin (0, que là grâjce chrétienne contient tontes ces qualités, et Fimpeccabilité même ; étf éoirte que si nous usions comme nous devons de èette grâce, nous né pédDçripns jamais : înâis ^comme « le Saint-Esprit a prévu que nul homme » n*y serbit fidèle autant qu il feudroit , ni ne » di^Ioieroit autant les forces de sa volonté qu'il y> est nécessaire pour en profiter dans toute son » ét€^u0, le Saint «Esprit a révélé que tout a>. homme serqit pécheur, foible et imparfait jus- A qa'^ la fin de sa vie » ; en sorte , comme dit le m^e Père y^qu'en tout^tat « la justice présente » consiste .'plutôt dans la rémission des péchés » que daiis la perfection des vertus ip^) ».
.Oiitre c<es solutious générales, qui servent de xxtv. dénouement à tous les passades de^nt Gément, Expl»^*'»*^'»
^- r * J ^ r d'«n passage
on trouvera en pailiculier et dans chaque' heu oùsaimciéune clef poui' 6n ouvrir Tiatelligence : par eiem- ment dit qwe pie, dans cet endr^oit, qui est le plus fort, où il j^,J^ ^^^^l dit (3) çc' qiie sou parlait spirituel non-seulement tenté. » n'^st pas corrompu, mais encore nast pas- » tenté.» : il faut ajouter le reste que voici daiis; la même page ; c'est que ce parfait spirituel , ce-
(0 lÀh, I. de pece, men cap, xxxix, n. 69; tom. x, col. ^o» -^ C«) De Pcffiot^JMt. pertoL,to^.%fOoL 167 etseq, ^^i^yStronè. lib. Tii. 795.
ft3a • iNST^^vèrio» ' -^
gQostiqu^ cUmonde à Dieu « la sfobUSéé de» ei9 ax <}ail possède ) detre rendu propre, à ce qui lui » dçjt ç^corç sirriver, ,et; de conserver étç^adle-* » m^i ce qu îl à déjà ». Ou U9 peut pas c^*e qu'il I ne s'agisse, pas icî des. plus, parfaits y puisque otlui
dfoni on parle 6st ce gnostique qm ste donne, rien dtt^tQi^tà 9e& passions» qui estimmu^le^ et n'est 'pas:inétoe tenté; c'est celui-là nei^nmoins qui fc . demande que Jes vrais biens qu'il a dans l'espril « lui soient donnés ^et lui daneurenjt n'.Vn peu aprè^ : ce II a et il prie » ; comme ^qui diroit ^ il a et il u'a pas« Il n'a donc pas par&itement et aj3SD^ lumeiit* f( n tâdbe d'être ^irituël par un amour )i sans bornes » : c'est donc un b^mme qui tâche; et c'estpourquoi on ajoute : « Il fait les plus grand s » effôHis pour posséder Ja puisstncef de ÊfMiem* » plfir toujonrs ^^» y encore qu'il Takdéjfi» en\tiii celrtain sens ; mais U s'effi>iy;é de k posséder de plus en pluf » comme il a été expliqué : « il a en sa puis- » sance ce qui combat l'esprit » : 11 {l'est d<>nc pas, encore un coup^.entiàre^eilft délivré ni is^rturbable. ^ j