XXV. H ne< sera pas bors de propos de éofusidérer èe
de r c*^"** que les atMciens-ont pensé d^rapathie ou impaâsisur Tapathiç bilité ^ depuis que les erreurs de Joviàias et de ouimpertur- Pélàgo oAt rendu l'Bglise plu$ attentive à cette matière^ Saint lérôme y en écrivant eontre ce dernier (0, a remarqué' qu'Evàgre de Pont- avoit publié un livre et des sentence sur l'apathie , « que » nous pouvons» dit-il^ appeler impassibilité ou
(») Kp. ad Cusiph tom, ii, p» ^4 » 9iunc. JE/p. jubiii^ iom. vr^ part II g col» 476.
SUR LES ÉTATS lï'oA AISOIT , LIVRE TI. 2 33
» tmpertnrbabilitéy qui est un ëtatoii ràmenest i^ ëmue d*aucutt trouble vicieux, où, à parler 9 franchemeut^ on est une pierre ou un Dieu » • Les Latins n^avoient jamais donné dans ces sentimétis, et ne emineissoient pas ces expressions ; mais Rttfih traduisit ce livre de grec en latin, et le rendît commun en Occident. Cassien dans les Conférences qu'il publia des Orientaux , parle beau*^ ooup d'apathùf, maisr^avttc de grands éclaircisse* mena que nous verront dans la.$uite. Du temps de saint Jérôme cette matière fut un grand sujet de contestation pariât les solitaires: ce Père, comme tous les> Ocadentanx, fut fort opposé à Tapadiie, et encoorat pour cda Fiadignation de la plupart dés moines d'Orient, comme il paroit dans Palladius. Â la fin les livres d'Evagre ^rent condamnés dans le concSe v , avec ceux d'Orly gèlië, dont il étoit sectateur; et la doctrine de Tapathie a été mise depuis ce temps-^là parmi les erreurs. On voit inéme dis aflftàipavant , et même dans saint Jérôme (0 , qu'Evagre avoit été con* damné de son temps par les évéques, et la cdn* dmnnation de Tapatbie passepour constanîte.
11 £siut pourtant demeurer d^accord qoece terme XXVL iiapaàùe étoit Êimilier aux spirituels parmi les l>ive»-sesex- Grecs,, tant devant le concile ▼ que • depuis. On péres grecs: le trouve danS'Saint Macairf , disciple de saint conformiu^ Antoine: l'apathie fiiît: un des degré» de l'échelle ''''^JfbSc dé saint Jean GUmaque (^) : mais partout on en prière de s. parle plutôt comme d'une chose où Ton tend, que Arsène.
.(«> Ep. ad Ctesiplu U u, p. 384* ntoic Ep. xtiii^ t<ym, ir, pari. 11, col. 476. ^ (»> Grad. 39.
â34 iwsTRucTioir
eommé d'une chose où Ton arrive. Vous voyez teÉ spirituels grecs dans un combat perpétuel contre leurs pensées ) et selon Isaac syrien (0 , ce combat duroit jusqu'à la mort* Combattre ses pensées cV» toit cpmb^ttre les passions qui lesfaisoient nattre^ C'est à cause des passions qu'on n'avoit jamais assçz. vaincues que saint Jean Climaque disoit « qu'après avoir passé tous les degrés des vertus ^ » il falloit encore demander la rémission de ses »^ péchés y et avoir un continuel recours à Dieu , y^ qui seul pouvoit fixer nos inconstances W ». Il n'y avoit r4en qu'on fît tant craindre aux solitai* res que la pensée d'être arrivé à la pèrfedtion f et on raconte de saint Arsène, ce grand solitaire, dont la vertu étoit parvenue à un si haut degré, qu'en cet état il faisoit à l^eu cette prière: K O mon Dieu,faites-moila grâce qu'aujourd'hui >: du moins je commence à bien faireX^) »• Ainsi les âmes les plus consommées dans la vertu ^ bien ékoy gnées de se croire dans la perfection.de Timpassibilité, ou de faire cesser leurs demandes, faîsoient celles des commençans: comment, s'ils ne sen^ toient rien à combattre ^n eux 1 II faut avouer après cela que le terme d'apathie n'est guère de saison en cette vie : saint Clément d'Alexandrie s!en est servi si souvent pour attirer les philosophes qui ne connoi^oient, de «vertu que dans cet état : tous y aspiroient jusqu'aux Epicuriens. C'est par-là que ce Père a mis ce terme en vogue ; mais il y a apporté les tempéramens que nous ^vôns
(>) ITies, ascet. opuscxiu 368, Sog. — (*) Graâ. 38. àeauU *«- (?) Th. ascet» oput. xyu Theod» Arehiepiêe^ E4€$êm 4o3«
filTK LES ÉTATS D*OltÀiS0lr, LIVIIE TI. 23S
"PUS; qui i^viennent à la doctrine de saint Augustin et de toute l'Eglise catholique, sur les combats et rimperfection de la. justice de cette vie.
Après sàini Clément d'Alexandrie , celui des xxvil. anciens qui est le plus propre à confondre les no- f^j^^rmede yateurSy c'est Gassien ^ parce que, comme saint Cassien: Clémient , il a expressément traité de l'oraisôn des ?"^?® .f^' patliaits contemplatifs y et mêÉie de leur apathie, connoïkdans qu'il appelle comtne lui , leur immobile et conti- ks sainw. nuelle tranquillité; mais avec les mêmes tempé-^ Famens. Car d'abord , dans la neuvième confé* rence , oili l'abbé Isaac commence k traiter d» Toraison; il enseigne que les parfaits doivent « tendre à cette immobile tranquillité de l'esprit^ -» et à la parfaite pureté de cœur, autant que la )>; fragilité humaine le peut souffrir : ^uantiun Iwr ^ manœ/ragHitaii concediturW ». Or cette fragilité qui reste dans les parfaits consiste en deux points, dont l'un, est le perpétuel combat de la convoitise jusqu'à la fin de la. vie : le. second est l'inévitable assujettissement au. péché tant qu'on est sur la terre*
il pousse si loin le premier point dans ses Ins? XXVIIL titutions. monastiques (») , qu'il ne ; craint point ^^^ ^^ ^^ d assurer « que les combats augmentent avec les de combat» » triomphes, depeur que l'athlète de Jésus-Christ, ^®* » corrompu. par l'oisiveté, n'oublie son état » : ce qui est vrai principalement de. l'orgueil à qui tout, jusqu'à la ver.tu et à la perfection, sert.de pâture : « Et, dit-il, l'ennemi que nous comT » battons est enfermé au dedans de nous , et ne
(O Coll. IX. de Ona, — (•) Lih. v, p. 19, ai. p, 691 , 693.
23(> INSTRirCTIOir
» cesse de nous combaltre tolis les jours ^ afin que >> notre combat soit nu témoignage de notre » vertu..».
Four venir aux Conférences , la sixième^ qui est de Tabbé Théodore , nous montre lies phis parfaite en cette vie y te comme gen$ qui remontant » une rivière y^ 6n combattent le courant par de » continuels efforts de rames et de bras : d'où il » conclut y que pour peu qu on cessé d'avancer 3> on est entraîné; ce qiii oblige , cbt-il^ à unesoUiv^citiide qui ne se relâche jamais (0 » .: par où il fait voir y dans les plus parfaits , dés exercices ac<tife jusquà la. fin de la vie. Il conclut encore , qiPi'il n'y a personne de pur sur la terre ; ce qui démontre que le repos et la pureté de cette vie ne peut jamais avoir ce nom à toute rigueur , ni autreoient qu en comparant un état à Tautre.; XXIX. Dans le* conférences xxn et xxin , Fabbé Théi>
de sf PaX ^^^ entreprend de prouver 'que ce li'est point en itom.yiuig. la personne dcs infidèles, mais en la sienne pro* ni^lîhd' pre; c'est-à-dire, en celle de tous les fidèles, sans même» et des en excepter les plus parfaits, quesaititPaulÂdit: plus par- jCe ne^ fais pas fc bien qu6 je veux, et le reste; ché vé^er ^^ ^^ ^vàt apôtre porte ses gémissemens sur le inévitable, cotubat de la convoitise , jusqu'à cette exclama-^ tioH : Malheitreux homme que je ^uh^f he docte abbé conclut de là <c que lés pliis fdtts ne'sou* »> tiennent pas unf combat A contiiiue) éans y rece^ » 'vèir quelques btessures; qiié les- j^us saints et y> lesr plus justes ne sont pas sans péché,- que ce
(0 Coll. V7, c. xiT, 8o5.
StJR LES ÉTATS B^ORAISONy LIVRE VI. ^'i^J
9 n'est pas seulement par liumilitéi mais en vérité » quils se coofessent impurs (0 »•
Pour ce qui regarde les demandes , Càssien n'a xxx. pas seulement songé à les interdire aux parfaits ^^ P'"'
i.« .11 ^ 9^ '<. , parfaits COU-
contemplatifs, et une telle pensée n étoit entrée tempiatifs dans l'esprit d'aucun chrétien avant nos jours ; ^clon Casau contraire, parmi ^es six caractères de la plus ^ ^*"i) ^"i sublime et de la plus simple oraison, le second de contiest , selon Cassien ify , de crier tous les jours , guo - ^"^^^f » ^^'
mandes*
UéUe, comme «n humble suppliant, suppUdter, avec David : Je suis un pauvre et un mendiant; 6 Dieu, aidez-moi. Voilà donc, dans le plus haut état de la contemplation, non pas l'extinction des demandes, mais une detnande continuelle du secours de Dieu. f
D y^a dans la neuvième Conférence un chapiti^e xxxi. exprès W , où il est parlé de cette intime et âm- ^^^^ P»»pie oraison qu'on fait à Dieu en silence , et après demandes/* avoir fermé les portes sur soi , selon le précepte de rSvangile ; et on y donne aux parfaits qui la pratiquent des^ marques pour connoitre qu'ils* sont exaucés ; ce qui suppose qu'ils demandoient. Parmi ces marques ^ )a principale est de finir tou* joui^ sa demande, postulatio, à l'exemple de Jésus-Christ dans son agonie , en disant : Que ma volonté ne se fasse pas, mais la 'vôtre : d'où il ne faut pas conclure qu'on ne doive rieli deman^der en particulier , mais en général seulement la volonté de Dieu. Car Jésus-Christ, dont Cassien ^ allègue ici l'exemple , faisoit bien certainement
(0 Coll. XI. g. CoU, XXII. 8, 9. Coll. xxiik 17, 18.— ><») Coll' x,€.ii.^{?) ColL IX. 34. iUd. 35.
a 38 insTKvcTioif
une demandeparticulière ; et s'il ne s'agissoit que de demander la seule volonté de Dieu en général; on seroit toujours exaucé; de ^orte qu'il n*éût pas fallu chercher les moyens et les assurances de Fétre, qui est ce que cet auteur i$e proposoit dans ce chapitre, xxxn. Au reste cette demande ■ qu'il faut terminer en
Quon e- jjgjjui. . jyj,^ nj^ volonté, mais la vôtre ^ ne remande son ' ^ , salât non garde pas les* biens éternels et du sdbt ç comme
condition- y p^roît par l'exemple qu'on produit de Jésusmais absolu- Cluist dans la prière du jardin , dont le calice de ment , corn- sa passiou étoit le jsujet. Car y pour ce qui regattle meime ose j^ ^^ Cassieu en explicraànt cette demande dé
conforme a ' r ■ :i
]a volonté l'Oraison dominicale : Votre volonté soit finie, déclarée de remarque que « la volonté de Dieu est que tous- » les hommes soient sauvéstO » : de sorte que demander l'accomplissement de la volonté de Dieu, c'est demander le^alut de tous les hommes,' où le nôtre est compris ; ce n'est donc pas ici le cas de dire : Votre volonté soit faite , et non là mienne, puisqu'on suppose manifestement que sur le sujet de notre salut la .volonté de Dieu est déclarée, xxxm. Ainsi cette demande^a^ voluntas, qui est semande de ^ lou Cassien W ,' la plus parfaite de toutes , et la son salut est vraie demande des «nfans, et par conséquent des u-ès-pure, parfaits, comme il l'explique lui-même, contient sien et très- ^* demande de notre salut. Elle est encore contedésintéres- nue dans cette demande : Votre règne arri%^. Car ce règne , dit Cassien (3) , consiste* en deux choses , dont l'une est que Dieu règne dans les
(0 Coa. IX, c. ao. — W lUâ. — (3) IM. e. 19.
see.
SUR LES ÉTATS.DOmAlSOHy LITRE VI. 9^9
sainU^ quand ii en chasse les vices ; et l'autre , qn'à la fin il prononce, Venez les bien-aimés de mon père; possédez le royaume, etc. On demande donc son salut en demandant, le règne de Dieu ; et cette demande est celle des plus parfaits , piiisqu elle est , selon Cassien , du plus pur esprit : «Seeundapetitio mentis puiissimœ; c'est-à*dire sang difficulté y du plus pur amour , puisque ce qu'on y regarde, et Vintérét qu'on y prend , c'est que lé règne de Jéàis-Christ soit parfaitement accompli;.
C'est une doctrine constante de saint Augustin: XXXIV. et de tous les Pères, que Jésus-Christ en nous pro^ ^**^" ^f^ posant rOraison dominicale comme le modèle de passage de la prière chrétienne, y a renfermé tout ce qu'il Cassien, où falloit demander à Dieu : en sorte qu'il n'est per- ^^ ccruine
mis ni d'y ajouter d'autres demandes, ni aussi de oraisonàro-
raison C nicale.
se dispenser en aucun état de faire, celles qu'elle "^^^^^ <*^"*^"
contient. Lé Père. la. Combe oppose à cette doctrine des Pères,. un passage de Cassien, eu il reconnott une oraison plus parfaite que cette di-* vine oraLson. Il est vrai que seul des anciens , et contre leur autorité, il a prononcé cette parole. Je pourrois donc bien ne m'arrêter pas à. l'autonté de Cas$ien, qui d'ailleurs est afToiblie par les errem^ qui l'ont fait ranger par le pape saint Gélase, et par le concile romain , au nombre des auteurs suspects. Outre ses erreurs sur la -grâce, il y a d'autres .points encore o(l l'on ne le suit pas (0, comme est celui du mensonge, et quelques observations sur la chasteté, que les spirituels ont iqiprpuyées. Ainsi en lui laissant l'autorité que
(0 Ztih. Ti. ZnttiU ç. 29, 3:1, a3. CoL XY, c. 10.
îi4o INSTRUCTION
lui donnent les règles des moines sur les exercices de leur état y on pourrok mépriser la préférence qu il attribue à la sublime oraison sur TOr^isoti dominicale. M ais^ après tont je suis obligé de re* connoître de bonne foi , qu'encore que son ex- ' pression soit inouie avant lui y et que depuis personne ne Fait suivie , dans le fond il convient avec tous les Pères , que tout ce qu'il faut demander se trouve dans TOraison dominicale (0 , et qu'il n'y a rien de plus élevé ni de plus grand quant à la substance dés demandes; de sorte que la pr^érencede cette, oraison sublime nie regarde que la manière de prier. L'excellence du Patôr est non^ seulement que cette oraison est la plus parfaite de toutes les prières vocales ^ mais encore quant au fond y que dans l'oraison même la plus inté-* rieure, qui est celle du cœur^ bien qu'elle soit parfaite par la manière, on n'a rien à demander de ' plus excellent que ce qui est renfermé dans ce XXXV. ïnodèle.
Restrictîoa . Ainsi Cassien ne connott non plus que les au* deCassien tres ce désintéressement uouveau , que nos mys-
quand il re- . ^ , .
garde Fespë- ti(}ues font cousisfeer dans la suppression des rancc com- demandes. Celui-ci, comme on vient de voir, ères- ^pp|.gQ^ ^jfj^ p|^g parfaits à demander, et à demander tous les jours ; et s'il parle de cet amour désintéressé qui n'agit ni par la crainte , ni par l'espérance (2), il s'explique précisément que l'es* pérance, qu'il appelle mercenaire 6n intéressée, et qu'il exclut à ce titre de l'état de perfection , est ce celle où l'on ne désire pas tant la bonté de
(0 LU, ri. imtU» çap, 20, 38. -^ (*) ColL xi, etc.
» celui
see.
SUE LES ÉTATS S^O&AISOK, LIVRE VI. a^l
» celui qui donne ^ que le prix et Tavantage de » la récompense (0 ». Si donc dans la récom-> pense on regarde la gloire de Dieu déclarée par ses largesses et p9v ses bontés , on aura , selon Gassien , une espérance désintéressée.
Selon cet esprit il décide que « la fin de la xxxvt » profession chi'^tienne , c'est le royaume des ^f même » cieux, et qu'on endure tout pour l'obtenir (2) » : amplement il n'en regarde donc pas le dédr et la poursuite édaircie. comme notre intérêt , mais comme la fin nécessaire de notre religion. C'est pourquoi, en parlant des âmes parfaites qui ont goûté par ^i^ance la gloire du ciel. (3)^ il veut que leur exercice soit « de dé* » sirer comme Tapôtre d'être avec Jésus-Christ ^ » de s'élever au désir de la perfection, et à l'espé-» » rance de la béatitude future (4) ». Ce n'est donc pas un intérêt propre et imparfait ; mais un exercice des parfaits de désirer Jésus^Christ, et dans lui sa béatitude et son salut éternel , puisque ^ ^
comme on a déjà dit, cela même en vérité, et aussi selon Gasàen, c'est désirer rétablissement du règne de Jésus-Clirist, et le dernier accomplisse* ment de la volonté de Dieu.
On demandera si à cause que Cassien, et avant xxxvn. lui le saint dopteur de l'Eglise d' Alexandrie , par- Q"e Caslent sans cesse de la perpétuité et continuité de coMu^rac^e la contemplation et de l'oraison dan^ les par-< continu et faits , et en particulier dans les solitaires ; il faut perBetud
' * ' , des non-
conclure de 1^ qu'ils ont reconnu cet acte unique veaux mystlet continu , qui fait tout le fondement de la nou- a"®*-
W Cottxi. 10. — (»)Cotti.c.3>4.— (3)/W<f.i4 — C4)7iiU 18. BOSSUET. XXVII. 16
a4a IHSTRUCTIOW
velle oraison^ et je réponds que non^ sans hésiter» Gasssien , dès la première couféreace ^ qui est de Tabbé Moïse^ qui il est traité de la fin quç le solitair^ se doit proposer y établit trois dbo^s ; Tune que la vie monastique y comme toute autre profession y « doit avoir une intention et une >> destination fixe, et qui ne cesse jamais : l'autre » qu'il n'est pas possible de s'attacher continuel- » lement à Dieu dans la fragilité de ce corps mor- » €el : la troisième , que quand il y a eu quelque
9 UfTERRUPTION ^ ZîOTlLE IKTENTIQH. UOUS apprend
» où nous devons rappeler notre regard, et s'af* » fligeant d'avoir été distraite ^ toutes les fois 9 qu'elle l'a été , elle croit s'être âoignée du sou- » verain bien. Ce qu'il ajoute est terrible, que i> l'ame «regarde comme une espèce de fomica* » tion de s'éloigner de Jésus -Christ, quand ce )» ne seroit qu'un moment (0 ».
De tout cela il faut conclure , premièrement que l'intention subsiste toujours, en quelque ma-* nière que ce soit, et secondement qu'elle ne peut pas toujours subsister en acte formel ; autrement on n'aurpit jamais besoin de rappeler son regard à Dieu, ni de tant déplorer ces moMens où l'on a été éloigné du souverain bien , puisqu'oo^ ne ' l'auroit en effet jamais été. Yoilà ce que Cassien a tiré de l'abbé Moïse, qu'il nous donne comme un homme qui excelloit « en pratique comme » en théorie, et également dans la. vie active et » contemplative : Non sQlUm.in actuoli^ if^rîutk » etiam in theoricd virtute (^) ».
(0 Coll. 1 , çap. 4. — W Coll 1. 7.
8U& LES ÉTÀT^ D*ORAI$ONy LIYAE VI. ^43
Celte matière revient dans la conférence xxiii , xxxviil. où rabbé Thëonas entreprend de confirmer par ^^'/^ beaucoup de preuves ce qu'il allègue de l'Ec- démonuer clësiaste , « qu'il n'y a point de juste sur la tei're ^® ^ ^^ » qui fasse bien y et ne pèche pas. C'est, dit-il W, nu peut être » que le plus parfait de tous les justes , tant qu'il p«rpiétu«U«. » est attaché à ce corps mortel , ne peut posséder » ce souverain bien de ne cesser jamais de con- » templer Dieu ». Et un peu après : « Nous assu- » rons que saint Paul n'a pu atteindre à cette per- » fection, et que son ame, quoique sainte et » sublime y ne pouvoit pas n'être pas quelque- ' » fois séparée de cette céleste contemplation par » l'attention aux travaux de la terre , etc. Qui est » celui y poursuit-il (p)^ qui ne mêle pas dans Fo- » raison même des pensées du ciel avec celles de » la terre ^ et qui ne pééhe pas dans le moment » même oiijl ^spéroit obtenir la rémission de ses » péchés? Qui est l'homme si familier et si uni » avec Dieu qui puisse se réjouir d'avoir accompli 9. un seul jour ce précepte apostolique de prier » sans cesse? Et quoique les hommes grossiei^ » fessent peu de cas de ces péchés, ceux qui con- » noissent la perfection s^ trouvent très- chargés » de la multitude de ces choses quoique petites ». Cassien ne finit point sur cette matière ; c'est pourquoi, dans la conférence suivante (3) , il établit la nécessité de relâcher l'esprit, même à Tégard des plus parfaits et des plus experts, pour éviter la tiédeur et même la maladie causée par la contention ; concluant même que cette interruption est
(»> CoU. xxin, c. 5. — » 's*] Jbid. 7. — i?) Coll. xxiv, c. aô.
244 UfSTaUCTION
nécessaire pour conserver la perpétuité de Foraison parce qu elle nous fait désirer davantage la retraite: Cursum nostrum dum interpolarc creditur jugent conservât, qui, si hullo obice
TARDAKETUR, USQUE AD FISEM COSXESDE&E UrDEFfiSSA PERU ICITATE NOS POTEST.
Là il n'oublie pas la comparaison de l'arc tendu^
et l'exemple de l'apôtre saint Jean, que tout le
monde sait. U ne faut donc pas se persuader qu'il
mette une rigoureuse et métaphysique continuité
de l'oraison ; mais une continuité morale à qui
• l'interruption même donne de la force.
SLXXIX. u faut pourtant ajouter à cette diversité de
a d'immobile mouvemeus, uu fond qui soutienne tou,t; cest-à-
dans riiabi- dire , selon la doctrine de l'abbé Moïse , ce fond
tadeconsom- ^^ ionne intention qui est fixée en Dieu seul par
mee de la i \ ^
piété. l'habitude du saint amour (0 : c est un état im-
muable et inébranlable , au sens que nous avons vu y par la fermeté de cette divine habitude. On y tend à une oraison non interrompue, parce qu'on n'oublie rien pour y parvenir ; et ce qu'on £ût pour cela, c*est , comme dit Cassien , de fixer tellement en Dieu son intention j c'est*à*dire, de mettre tellement en lui sa dernière fin, non que nous soyons toujours actuellement occupés de cette pensée , ce qu'il a jugé impossible dans cette vie; mais par une pente, une inclination et une tendance habituelle , ou même virtueUe , cpmme l'appelle la théologie , avec une bienhenreuse facilité 'y qui fait qu'en quelque état qu'on nous interroge , à qui dans le fond du cœur nous voulons
être y nous soyons toujours disposés à répondre que c'est à Dieu ^ comme la suite nous l'expliquera davantage.
Après ces maiimes générales de Cassien, et XL. avant que d'en venir aux moyens particuliers de Q«f la<ï<>«rendre 1 oraison perpétuelle^ souvenons«-nous que^ nouveaux dans la doctrine des nouveaux mystiques^ la per- mystique», pétaité de l'oraison n'est. ni dans les excitations Wu' qfûLon se peut faire à soi-même, ni dans les efforts ment des acou dans lés renouvHlemens des actes du libre ar- ^*f ^} ^^'