t traire à Cas
bitre; mais dans cet acte inconnu et perpétuel ^^^ ^^ „^ qu'on ne réitère jamais qu'après qu'ooJL'a révoqué, anciens soU- Mais il n'y a rien de plus opposé à l'esprit de Cas- ^*"^ sien et des anciens solitaires , dont cet auteur nous rapporte les sentimens ; car on leur voit pratiquer à tous la continuelle oraison par de continuels efforts et de continuelles excitations , que l'amour dont ils étoient remplis leur rendoit douces. Dé là vient dans les Institutions du même Cassîen (0, cette psalmodie presque pei^étuelle, ces Pëaumes interrompus de génuflexions , d'intercessions après trois ou quatre versets , d'an* tiennes, d'oraisons mentales, de collectes après chaque Psaume. De là vient aussi cette maxime de ces saints , « de faire de très-eourtesi, mais de » très-fréqueiHcs oraisons : ireues^ sedcreierri^ » mas, et cela , disent-ils W , afin que priant Dieu » plus fréquemment ils Se puissent continuelle- » ment attadier à ce cher objet (3) » .
Mais cette continuité consistoit dans divers
(>J IfutU. ^. II, c. 8, 9, I3y 664. *- »X<&. Il, c. a. — {?) Ibid. cap, lo.
^4^ IHSTKUCTIOK
actes, et dans de continuels élans de leur dévotion ^ c^est pourquoi on leur voyoit multiplier leurs oraisons , inclinations , ou génuflexions jusqu'à cent fois y jusqu'à deux cents fois,. et même beaucoup plus souvent pendant le jour, et autant pendant la nuit. La cbose est connue ; et on voit par-là que la perpétuelle oraison consistoit ma« nifestement dans des actes réitérés autant qu'ils pouvoient* XLT. , : Bans le même livre des fnstitutions ^ Gassien
cu*es de la ^^****'*^® ^ ^^^^ f^^ï*^ voir la pratique des soliréiiëratioii taires de la Thébaïde, pendant le jour (0 , en ce lies acMs, qu'encore qu'ils n'y fissent ordinairement aucune assemblée , « ils méloient leur continuel travail a» des mains dans leurs cellules à la méditation » des Psaumes et des Ecritures , qu'ils n'omet- B toient jamais , y joignant à chaque moment des » prières et des oraisons, oik ils passent tout le » jour ». Ce qu'il avoit proposé dans les InsiiUt^ lions (3) , il promet dans ce même livre de l'expliquer plus à fond dans les Confirences (?) , et réciproquement dans les Conférences il se propose d'expliquer plus amplement ce qu'il avoit promis dans les Institutions ; ainsi l'on ne peut douter que la perpétuité de l'oraison., dans l'un et dans l'autre livre, ne soit la même.
L'abbé Isaac donne encore cette maxime pour un fondement de la vie spirituelkj de prier fré^ quemment , mais briè\^ment: Fréquenter, sed bt^eviîer est orandum (4), où il marque manifes-
(0 InsUt. lib. Il, e. x — M Ibid, e. 9. -* (3) CoU, iz. — (4) ColL ix, cap. 36.
SUR LES ÉTATS D*ORÂlSON, LIVRX TI. ^4^
tement qa'<m mukiplmt lés prières et les demandes (0> et que cVtoit par celte multipHcation qu*on tâchoit de les rendre perpétuelles. Il parle en général de tous ceux qui prient , et en parti«> cnlier des plus parfaits ; de ceux dont l'oraison se faisoit dan» le plus intime du coror ^ dans l'endroit où le démon ne voit rien y et où Famé toute recueillie avec Dieu donne mcnns de prise aux attaques de Tennemi.
U trouve la perpétuité de ToraisonT^de-ceUe : qui est selon lui , jugis^ incessahUis, indUrmpia, etc. daps cette continuelle récitation du verset » Deusin adjutorium , où il n*y a cependant qu'une perpétuelle multiplication de toutes les affections que la piété peut inspirer, et il y met la confti-*^ nueile méditation qu'on doit pratiquer, « selon la » loi de Moïse , assis ou marchant , couché oui ' 3» debout , et ainsi du reste C^) » ; ce qui montre très- clairement la diversité et la nécessaire i^i«tération des acte/s.
Quand par cette réitération on est arrivé à XLn.
une oraison plus simple , et qu'aussi sa simplicité |^ ^^^^^^
rend continuelle d'une manière plus haute, on Hérationdans
^ n'est pas pour cela réduit à un seul acte : on y "*" ® oraiaon
. . - , "^ plus simple,
pratique au contraire les demandes, la contem* p^^ ^^^ adplation des mystères , l'attention à ses foiblesses mirable récîet à ses besoins; et ce qu'il y a de plus remarqua- p^j^,,^^ -^ ble, la récitation des Psaumes pour en i^ecevoir estezpliquée en soi « toutes les affections : omnes psalmorum ^^^ 3» affecùts; non comme composés par le prophète; y> mais comme produits par l'ame même : tau^
(>) CoU, IX, cap, 35. ^M CoU, x, m^. xo.
5i4d ursTKucTion
» ijuamà se éditas (0 » : ce <|ui montre non pas une répétition dans sa mémoire , mais uineproduo tion originale de tous les sentîlnens d*espérance, d'action de grâces, de demandes et de désirs^ qu'on trouve dac^ces divins cantiques : et , comme xiit IsaaCy l'homme élevé à cette oraison pio&ite, sait que tout cela §e passe en lui, et n'est pat emprunPéf mais propre jet primitif dims , son cœur: en sorte qu'il prononce les Psaumes , non comme lé& répétant^ mais éoiniiie s'il en étoit lui-même l'mOeMtri velu$ audores ejusJaeU^ parce qu'il en prejEid avec David tous lessentimens et les affeo •tions ; ce qui emporte tou& les^divers mouvemens et produits, et réitérés dont les Psaumes sont remplis, ,
XLin. C'est pourquoi Gassien conserve toujours dans
on conserve ^^ P^^* parfaits Contemplatifs , ce qu'il appelle lemémelond volutatiù cordis; c'est - à «* dire , la suçcessioa et d'oraison j^^ volubilité dosl peusées et des mouvemens du
dans la suc- / \ »
cession dts cœur \v. G est en les réglant que l'oraiaon .est acte«. perpétuelle par un renouvellement et excitation
, de son e^rit au^ fréquent qu'on le peut* A quoi ,, Ip^Qtirjb^ot il/adjoindre ce fond qui^oùtient tout; c'^t-à<:dirc y comne ou a vu , le fond de bonne iptçntion , qui produit une sùccesaioik de mouvemens si suivis et si unifono^es qu'on xroit bien que ioui; dépend du bi^me principe ; et c'est durant , 4e cour« 4^ cette vie «ce qu'on appdle comten^pla* |;iou et prière perpétuelle* iWmie ' ^^ piincipe de Gassien est aussi celui tlu saint conforme de prêtre d'Alexandrie.: il assure. que son gnostique
(>) CoU. X, cap. j I. ^ {*) CoU. X y c. 7, 8, 19, i3.
svn LES ÉTATS d'ohàison, uvae VI. a49 ne prend plus des heures marquées de tierce^ de ^- Clament seûCte, de none pour prier; il piie toujours, dit ^^^^ ce Père (0 : je l'avoue en un certain sens, c'est-àdire, par une disposition habituelle du cœur; mais cela n empêche pas que les plus parfaits ne demeurent à leur manière assujettis à des heures dune attention particulièi^, témoin saint Pien^e, que saint Clément n'a pas dessein d'exdure da nombre des parfaits, sous prétexte qu'il prie à sexte et à none {?) ; témoin saint Clément loimâme, qui lait faire à son gnostique suceessive* ment, et par actes renouvelés , Aies ptières parti*culières lé matin, devant le repas, durantquon le fait, le soir, la mtk même (3), et ainsi du reste. Ce n'est pas là cet acte continu, invariable, irréitérable , ce sont des vicissitudes, de perpétuels renouvellemens ; et c'est par ces actes inoessammettt renouvelés que la vie du juste parfait est, dit isaint Clément (4) , une fêle perpétuelle ; c'est par-là ^u'il se transporte dans Je choeur dii^in y o& l'on ciiante les louanges de Dieu devant lui , et avec les anges, par une mémoire coNTiirufiLLB , parce qu'il ne cesse, comme on voit, de la rafraîchir; ce qui lui fait dire ailleurs (^) <c que Famé » parlaite qui ne médite rien moins que d'être » Dieu; ne cessant de lui rendre grâces de tout^ » ehoses , par l'attention qu'elle prête à écouter ^ la sainte parole , par la lecture de l'Ecriture » divine , par tine soigneuse recherche de la vé- ^ rité^ par nm sainte oblation, par la bienheu-
- (*> Stram. Ub. vu, pag. ^a^.-*- (*) Act «i. t . x. 9. — W Strom» Ub. VII. jaS. — C4) lUd, — (5) Hf,, vi ) pag, 670.
aSo INSTRUCTIOH
» reuse prière ^ louant , chantant des hymnes , bé« 3» nissant y psalmodiant y ne se sépare jamais du » Seigneur en aucun temps». Telle est donc manifestement la continuité de la prière que con^ tioissent les saints : ils la soutenoienJt par des actes continuellement renouvelés ; Tamour de Dieu en fait la liaison y Fhabitude d'une parfaite chaiité y met la facilité et la permanence* ^^^: . ^ Il ne faut pas s'imaginer d'autre mystère dans du spiriiucl, ^®* cxprcssions dont ce docte prêtre relève la perencequepai; fection de SOU gnos^ue et la continuité de son formée In ^''^îson. Il répète, pour ainsi parler, à toutes les change ni de pag^s, que celui qu'il appelle d'un si beau nom sentiment ni est constitué en Cet état par l'hi^bitude con- ^ ^^ sommée de la v^rtu (0. C'est par*là qu'on dit
qu'il ne change point de pensée ni d'objet , à cause que par un long exercice il a formé Thabitude de penser toujours de même ; à quoi il faut ajouter que les choses dont il doit juger ne sont point celles qui dépendent de l'opinion ou des coutumes. U a pour objet , dit-il i^), les choses ^ çui sont -ùéritablement, et non point par opinion ou en apparence, ovroç i-mttf comme il parle: d'où il s'ensuit qu'il ne change pas, parce qu'il juge des choses par les véritables raisons j qui sont stables et éternelles.
C'est en ce sens que Ton dit que celui qui sait ne change point, et que la science, à la différence deJ'opinion,est une habitude immuable. L'homme spirituel de saint Clément (3), qui selon lui, est
C«) Strom. Ub. m Sa^j fi*, vi. 645. — WZîi. vi, 691. — (*) Lih. VII. yoSr
SUR LES ÉTATS D^OftAlSON. LIVRE VI* 25t
le savant véritable , s'occupe d'objets qui sont sta^ Mes et inaltérables en toutes manières^ et cest pour cette raison qu il possède seul la véritable science (0.
Cette science n'est autre chose que la foi ^ et la foi est définie excellemmaiit par notre saint pi'étre W , « la s1;|ibilité dans ce qui est. Quiconque » a cette science ne varie jamais ^ et il devient^ yi autant qu'il se^peut, semblable à Dieu , en s'at- )> tachant aux choses qui sont toujours les mêmes. » C'est là^ dit-il^ Tétat de l'esprit en tant qu'esprit : » les afièctions véritables arrivent à ceux qui 9 sont attachés aux choses matérielles ( et chan- » géantes); mais au contraire , l'ame de celui qui » a reçu par la foi la connoissance de la vérité » est toujours semblable à elle-même (3) ».
Par la même raison on avoue sans peine que le gnostique n'a jamais qu'un seul objet , parce qu'encore qu'il exerce les mêmes actes que le reste des chrétiens ^ la prière^ l'action de grâces , et les autres ; et qu'il fasse toutes les demandes dissidentes qu'on a remarquées, en sorte quil n'est pas possible de ne pas reconnottre en lui la succession des pensées; comme Dieu en est toujours l'otiique objet , on peut dire à cet égard qu'il ne change pas.
Enfin le spirituel est appelé immobile par l'op- XLYI. position qui se trouve entre Thabitude formée et . a^cT^'^du •les premières dispositions changeantes et incer- contemplatif taines de ceux qui commencent: ainsi , dit notre ^ tournent
(0 Sirom, lib. vi. 69$. — (') Lib. ly. 53o, 53 1. -^ W LU» il ~
252 IKSTRVCTIOir
CD sa sub- saint prêtre (0 , « rentendement du spirituel par S^Clémenu* » Texercice continuel devient un toajours en- » tendre »; (ce sont ses mots) c'est-k-dire , un acte perpétuel d'intelligence ; ce ce qui est la » substance propre ^ oxurix^ du spirituel ^ dont la » perpétuelle contemplation est une vive sub- » stance » : par oii il ne prétend autre chose. que d'exprimer la force de Thabitude , qu'on appelle une seconde tiature , à causé que par son secours ce qui ëtoit passager , changeant et accidentel , devient comme inséparable de notre être, et d'une certaine manière se tourne en notice substance.
Tout cela est du langage ordinaire , et tout le monde l'entend non métaphysiquement , mais moralement , comme on a dit : que si on voQloit prendire ces expressions à la rigueur , on» se* roit i^futé par l'endroit bù saint Clément dit (3) que « celui^à même qui a la science des choses » divines et humaines ^ par manière île com^ » préhension , ( c'est-à-dire /sans difficulté , le spi- » rituel parfait ) participe à la sagesse étemelle , » non par essence ou substance , mais. par une V participation ( un écoulement) de la puissance » divine ».
XLVII. Par un semblable tempérament on dit quîe TooïDinent ^g^jg^jj ^i continuelle pour exprimer la pente , ne peine la di^osition , la facilité qui fait qu'on ne peine plos. pJ^s . ee qu'il fetut pourtant entendre avec cor-
rectif^ autrement que voudroit dire , dans saint Clément même , ce relâchement de l'esprit jugé
(0 Strom,lib, iv. S^Q. «^ (*) Lib»yu 683.
SUR LES ÉTATS d'oRAISOIT, LIVRE TI. a 53
nécessaire^ et pratiqué par saint Jean , un si grand apôtre et un spirituel si parfait, qui est aussi un exemple dont nous avons vu que Gassien s'est servi (0.
n ne sert de rien de r^ondre que la continuité XLVm. qu'on veut établir est une continuité d'amour et , ïrcwsc-
* ^ meot des lo-
d'union , qui est d.ans le cœur et non dans l'esprit. cuiionsdeS. Ce n'est pas ce que dit saint Clément dans le pas- C'^°»ent, et
n * ^ » 1- .1 . . » w "** autres,
sage allègue ; cest, àxt-û^ une continmle aenten-' par l'cxemc^re^Tov v^y y et s'il y a un mqt dans tout; la langue v}^ ^^^ locaqui sigyufie proprement entendre y cest celui-là. vulgaires! ikU reste, que trouv«4-on d'extraordinaire dans les locutions de ce Père ? qui ne tient tous les jours de mêmes discours sur les habitudes les plus naturelles? on dira d'un géomètre que nuit et jour il est occupe à cette science \ l'habitude de démontrer géométriquement li^i est passée en nature ; en con* versant ^ en mangeant il roule toujours quelque théorème dans sa tête ; le sommeil même s'en ressent; il trouve jusque dans ses songes la résolu* tion d'un problème dont il auroit été occupé du* ' rant tout le jeun On ne prétend pas pour cela qu'il y pense sans intermission à toute rigueur , et il &ut être bien prévenu pour ne pas.voir que les locutions de saint Clétaient ne sont pas d'un autre genre*
Au surplus y sans disputer davantage ^^ tout va XLix. être décidé par ce seul passage de saint François de ^^ François Sales (3) y dont nos my$tiques allèguent si souvent deSaiespour Fautorité : « L'apôtre dit qu'il a une douleur con- <^^pïi*r>er ce
, . . , qu on dit de
» tinuelle pour la perte des Juifs; mais c est comme la continuité
CO CoU. xxiii. — (») Jim. de Dieu, liy. ix , c/i. 8. ^^^ ^^^^'
^54 iJSfstKVcnofH
» nous disons que nous bénissons Dieu en fout » temps ; car cela ne veut dire autre chose, sinon » que nous le bénissons foi*t souvent , et en toutes » occasions : et de même le glorieux saint Paul ^ » avoit une continuelle douleur en son cœur^ à » cause de la réprobation des Juifs , parce qu*à 3) toutes occasions il déploroi^ leur malheur ». !*• On peut résoudre par-là les endroits des Pères,
mcildcn^ de Clément d'Alexandrie, de Gassien, de saint tes : pasMge Augustiu ipéme, et des autres spirituels anciens de Salomon. ^^ modernes, qui en parlant du sommeil des justes, semblent dire queieurs exercices n'y sont point interrompus , et il est vrai que l'impression en demeure dans un certain sens. Les pensées qui leur viennent au réveil font voir oii leur ame dans son fond étoit tournée ; et c'est où Sàlomon nous vouloit conduire par ce beau passage dès Proverbes (0 : « Attachez les commandemens à votre 79 cœur ; faites-vous-en un collier qui ne vous » quitte jagiais ; qu'ils marchent avec vous dans » votre chemin, qu'ils vous gardent dans votre » sommeil, et en vous réveillant entretenez-vbus ^ » avec eux ». Savoir ce qui se passe alors dans
l'ame , et quelle forcé secrète rappelle comme naturellement dans le réveil la pensée où le sommeil nous a surpris, je n'entreprendrai pas de Teipliquer. C'est une disposition commune à tous ceux, qui, fortement occupés de quelque objet, semblent en être jour et nuit ton jonrs remplis : mais ce n'est rien moins que l'acte continu et perpétuel de nos mystiques , qui selon eux est une si
SVR LES ÉTATS nORAISOIÎ, LITRE- TI. a55
vraie continuation de Tacte du libre arbitre ^ qu'il ne faut plus le renouveler après toutes les distractions qui ne sont pas volontaires y ni même après le sommeil : d'oii il s'ensuivroit que cet acte étant toujours libre y ilseroit toujours méritoire. Mais il n'en est pas ainsi de cette pente secrète qui de-> meure dans le sommeil vers les objets dont on s'est Rempli pendant le jour, qui est trop foible, et pour ainsi dire^ trop sourde pour n*avoir pasbesoia d'être renouvelée et vivifiée , afin d'être actuelle et méritoire; si ce n'est dans quelque sommeil envoyé de Dieu y tel que celui de Salomon.
Pour conclusion y l'on voit assez comment la X^contemplation est perpétuelle : elle l'est dans Tin- ^j^^^ ^*j ' clination qui la produit ^ elle l'est dans l'impres- tout celi^ sion qu'elle laisse, elle l'est enfin, parce qu'autant ^'^^ ^^' qu'on le peut on ne s'en arrache jamais, et qu'on en déplore les moindres interruptions ; et c'est le précis de la doctrine de saint Clément d'Alexan* drie et de Gassien,
Pour une entière explication de cette matière , il fau^roit peut-être définir ce qu'on appelle in* tention actuelle , virtuelle et habituelle , et par* là en démontrer les différences , ce qu'aussi nous ^
ferons peut-être en un autre lieu ; mais ici il n'en est pas question , puisque ce sont choses qu'il faut supposer conune avouées de tout le monde, et que nous ne nous proposons dans ce traité que celles où l'on est en différend avec les nouveaux mystiques ; autrement nous pousserions hors du temps la dispute jusqu'à l'infini.
Au reste, quand nosmystiques auroient prouvé siVoapeut
256 mSTRUCTION
être assuré quon en peut venir à un état de présence perpé- ^^int^rac-* toclle sans aucune interruption , il y auroît entneUe pré- core bien loin de là à leur acte unique et continu scnce de • ^^^^ toute la vie , sans diversité ni succession
Dica durant ^ . » » r • i
qu on veille, ^e pensées^ et aussi qu oii n a pas besoin de renouveler; car c'est à quoi personne n'a jamais songé avant peut-être Falconi ou Molinos ; et pour ceux qui sans avoir recours à cet acte absurde , qui ne sert qu à introduire le relâchement et la noncba* lapce, prétendent qu'on peut toujours sans la moindre interruption conserver du moins en veillant l'actuelle présence de Dieu : sans répéter ce qu'on vient de dire sur ce sujets je leur dirai encore ici que personne ne peut avoir aucune assurance d'être en cet état, tout le monde demeurant d'accord qu'on ne peut assez réfléchir sur soimême pour s'assurer qu'on ne s'échappe jamais. Que si l'on dit que, sans réflécliir , cette présence perpétuelle subsiste dans l^cte direct , c'est parlà même qu'on prouve qu'on ne peut avoir sur cela aucune assurance , -puisque cet acte direct sur lequel on n'aura point réfléchi, sera de ces actes non aperçus , ou dont en tout cas on ne conserve pas la mémoire. Et ici demeure conclu ce que nous avions à dire conti*e les principes des nouveaux mystiques.