LIVRE VIL
JDe V Oraison passit^^ de sa vérité^ et de Vabus
çu'on enjàit.
Nous entrons dahs le second point de notre l. première partie , où nous îsivons promis de dé- p«M«np"couvrir (0> non tant les erreurs des nouveaux HyreTii. mysti<}ueSy que la cause de leurs erreurs , dans l'abus des oraisons extraordinaires , daû$ Celui de l'autorité de quelques saints de nos jours ^ et enfin dans celui des expériences, dont ils prétendent que leurs pratiques sont autorisées , où il y aura '(
encore une autre sorte d'erreur qu'il nous faudra réconnottre.
Ce point sera plus court que le précédent , parce que , sans nous mettre en peine d'expliquer à fond les principes de l'oraison extraordinaire, que nous réservons à leur lieu , nous aurons à les marquer seulement pour faire voir l'abus qu'on en fait dans la nouvelle oraison, pour appuyer les erreurs que nous venons d'exposer aux yeux du monde.
Il y a donc plusieurs oraisons extraordinaires H. que Dieu donne à qui il lui plaît; et celle dont ^® ^'*^''*^-
' 1 . 1, , son quon
on abuse en nos jours, est celle quon nomme nomme paspassive , ou de repos et de quiétude , autrement ^he : explide simple présence, de simple regard, ou, comme ^^^^^ **
0) Ci-dessus, /<V. i, cA. la. ^
B0SSU£T* XXVII, 17
, a58 INSTRUCTION
parle saint François de Sales ^ de simple remise en Dieu (0.
Pour ëviter toute équivoque^ il faut expliquer , avant toutes choses , que ce qu^ôn appelle pâtir et souffrir ou endurer en cette matière , n'e^t pas le pâtir et le. souffrir qui est opposé à la joie et accompagné de douleur; mais le pâtir et le souffrir qui est opposé au mouvement propre y et à Faction qu'on se peut donner à $oi-même« Cest en ce sens qu'en parlant de son Hiérothée^ quel qu'il soit^ Vauteur conpu squs le non;^ de saint Denis Aréopagite ,• disoit que c'étoit « un homme » qui non-seulement opéroit , mais encore endu- » roît les choses divines » ; c'esf-à-dire,- ijai recevoit des impressions de Dieu, où il n'avoit point ou très-peu de part.
C'est apparemment de cette expression qu*est venue la passiveté ou l'oraison passive, célèbre dans les mystiques depuis trois à quatre cents ans ;; mais dont on ne trouve dans saint X)enis que ce petit mot y et i:ien dû tout dans les Pères qui l'ont précédé, m. Mais sans s'arrêter aux paroles , il est constant
Principes j^^ saintes Ecritures :
de la foi, sur *-,
lesquels est 1 «^ Que Dieu fait des hommes tout ce qu'il lui établie l'o- pJaît, les çmporte , les entraîne où il veut, fait eu
raison on on *• * ' -
nomme pas- ^^^ ^^ P^^ ^^^ ^^^ ^^ ^^^^ 3 en esl prqposé dans Mve. son conseil éternel , sans qu'ils lui puissent ré-
sister, parce qu'il* est Dieu , qui a en sa main sa créature ,. et qui demeure maître de son ouvrage ^ nonobstant le libre arbitre qu'il lui a donner
(0 Am, de Dieu, Up. yi, c^ 9, to, 11. tiv. Tix. Ep. aa, ecc.
SUR L£8 ÉTAT8 D*ORÀISON, UVRI8 Vtl. 2S9
Cette proposition est 4è la foi^ et paroit iûcon* testablement dans les extases ou ravissemensT, et dans toutes les inspirations prophétiques.
a.o n est encore de la foï, que dans tous les actes de piété il y a beaucoup de choses que nous recevons en pure souffrance , au sens qui est opposé à Faction ou au mouvement propre.
Telles sont les illustrations de Tentendement, et les pieuses affections de la volonté qui se font en nous sans nous,, comme dit toute là théologie après saint Augustin : « Il n'est pas en notre pou* » voir, dit ce Père (0, qu'une chose nous dé- » lecte ». Saint Ambroise dit aussi ce que notre » cœur n'e^t pas en notre puissance : Non est in » nostrd pôtestate cornostruni (^) » : ce qu'il faut entendre de certaines dispositions bonnes ou mauvaises y dont nous ne sommes pas ïes maîtres. IL né faut que ces deui passages pour entendre^, dans tontes les conduites d^ la grâce,, une certaine] passiveté qui en est inséparable. Tout cela appartient à Fattrait de Dieu , qui est ou perceptible, on imperceptible , plus ou moins; mais sans lequel il est défini qu'il ne se fait aucune action de piété» 3.0 rajouterai y en troisième lieu, que dans toutes ces actions^ non-seulement il y a beaucoup de ces choses qui se font' eh nous sans nous, mais encore quHl y eH a plus que de celles que nous faisons d^e nous-ûiémes délibérément ; et la raison est qu^il y a toujours dans tout 1 ouvrage de notre
C'J S. Auç, deSpir: et lia» ca|p* zxxT, n. 6S; fom. x^ coL làa. «.» (*) 5. -d^ug» de dono Persev, cap. v<ii, n. i^\'ibid* coL 83o» S» jimBros^ àefug, icsc, cap, i, n. i\ tonu i, co/. 417*
SSO I5STRUCTI09
salut f et dans tout ce qui nous y conduity.plus de
Dieu que de nous , plus de grâce du côté de Dieu
que d^elTorts du nôtre.
IT. Ces trois vérités ne sont révoquées en doute par
, ^^^^^^^ personne 5 mais ce n'est pas là ce que les mystiques
me passive ( et quand je parle ainsi sans restriction, le lec*
n'est aucune ^g^j. gg ^q^^ tenir pQur averti que f entends tondes choses - .-11 / V »,
qu'on vient j^*"^ les vrais et orthodoxes mystiques ) ce n est d'expliquer, pas là , dis-je , ce que les mystiques appellent orai* son passive. Et d'abord ce n'est ni extase ni ravissement, ni révélation ou inspiration y et entraînement prophétique. Tous ceux qui spnt.dans ces oraisons ne prétendent pas être mus de cette sorte; au contraire, l'esprit des mystiques est d'exclure ces motions extraordinaires, comme il parott par tous les écrits du bienheureux Jean de la Croix , ce saint et docte disciple de sainte Thérèse, qui a comme renouvelé au .siècle passé les mystères de l'oraison passive. Elle ne consiste non plus dans ces motions qui accompagnent tous les actes de piété, puisqu'ea ce sens tous les justes seroient passifs ; et il n'y auroft plus de ypie com.* mune.
De là s^ensuit clairement que l'oraison passive ne consiste pas dans la motion ou grâce effî.cac^y par laquelle Dieu persuade aux hommes tout ce qu'il lui plaît ; parce que cette motion, se trouve dans tous ceux qui pratiquent la vertu , et se trouve persévéramment dans tous ceux qui persévèrent» V* Quoique l'oraison passive ne consiste pas dans
CeschoMs ces. choses, elles séWent à donner l'idée, comment
serventnéan- ' 7 »—
noins à la en beaucoup de rencontres l'homme peut être
SXTB LES ÉTAfS D^ORÀISON^ LIVRE VU, a6l
passif SOUS la main de Dieu. C'est ce qui arrive à faire ementous ceux en qui il se fait soudainement et par ^® • ^*^*"
, exemples
une main souveraine de grands changemens : tout d^impresd'un coup , et lorsqu'on y pense le moins ^ on se "®" J^^*-
. . -r^i* ne&o&rame
trouvé comme un autre Elie, ou comme un autre nepcataYoir David en figure de J^sus-Ghrist y le cœur embrasé de part, du zèle de la maison du' Seigneur ^ et prêt à s'opposer comme une muraille à ses ennèoiis ; tantôt rempli de tendresse on ne peut retenir ses larmes, ou dans la vue de seà péchés > ou 'dans quelque autre impression d'amour également forte, dont souvent on ne connoit pas le motif; tant6t par une touche secrète de l'esprit qui nous fait dire au dedans : Alon amCj pourtfuoi es-tu triste (0 d'une si profonde tristesse? et d'où me vient ce mystérieux délaissement? Tout -à- coup on est transporté à un transport, à une joie , si l'on peut user de ce mot, à une exultation qui est au-dessus de tous les sens. Saint Jean Climaque, tous leis spirituels anciens et modernes demeurent d'accord qu'on peut recevoir tous ces mouvemens et ces divines impressions sans y rien contribuer de notre part.
Cepèfndant ce qu'on appelle l'oraison passive vi. n'est pas toujours la suppression de toute action, ^*, ^"'®*
A i-i . X 1 . . , appelle pré-
même libre , mais seulement de tout acte qu on ciscment Tpappelle discursif, et où le raisonnement procède raison pa«.
d'une chose à l'autre : ce qui bien certainemëiii; "^* 1 ^ îf^
^ OQ sumatu-
n'empêche pas l'usage ' de la liberté , comme il relie. paroit dans les anges , qui sont libres sans être discursifs.
(0 Ps. xui. 5.
a6a ijNsx&uCTioii i
Cettç praisqn , qu pu nomme pa^iye ou jinfuse, est ^Tffpp}ée p.^r les spirituels, <st iBpt;:^ autr^s, par f^if^te Thérjk&e , pj^ispn siiniatureUe ; ]Don qxfte ïoyQ^son dfi la .voie comm^çQ. soif pui^emept na- .tui^çlle; çfo* il est /certain^ et ppqs ayons dit .i^puventy qu'il est ,de jla foi qi|e fqujte |>onne oraison yif^nt du Sàiçtftl^pt et 4*un iqt^tiincit surnaturel,; niais pp^ ^pi^wer gme celle-pi étant surnatujel)e par son pbjpt, .ÇQmmQ toutes les bonnc;^ jpraisoii^,^ ell^ Test çi^Qc^fe. 4an^ sa mapière ,, par la si:^pp|ression de tppt §cte discursif, de tout propre efiort , fie tpi^te .propre industrie. Voilà ce ji{u*pQ appe^.e passif, lo;*sque , par la suppression de tous ces actes, qui sopt dç notre ordinaire xaafiière d'agir,. on e^t mu de, Dieu ^yec une kei;reuse facilité; ce gçe sjgintp Théfè$e ^t tous les spirituels comparent à une pluie où Teau ton^)^
toute seule suj;* up i.?r4f 9 » ^ \ï^ï^ .4^ ^^U^ 4!^*^^
tirpit à fo.rpe de ^rajs pour Fa^osçr.
vn. Lorsque le prpphète Jérémie ;^près avoir ou( les
Exemple trompeuses promess|SS dopt le (a,ux prophète Ha-
du Saint-Eft- J^d^.?s amusoit 1^ peuple ; sans l'appeler faqx piro-
prit, qu'on phète,luiditavecunedouceuradmiral}le:«ud67ieit^
rellesousnr- '' H^naui^, quil SO^t fai|; COmmç VQUS le mes'y
natorellet. » veuille le Seign/çif r accomplir vp$ paroles, plutôt » qu^e les miennes; pjÇ9.^ez seuleni.ept que le^ pro~ 3» pjiètes quf ont véci) av^pt vpu^ et moi ont été » reppnnus tejs , quand leurs prédictions eut été » suivies de réyénement (<) ». Gela dit , qjo^îijQe Hananias cpntînuât sçs discours menteurs , sans, s'emporter contre lui, ni lui reprocher sa cor-
(») Jêr, xzTixi, 6.
SUR LES ÉTATS d'oAÀISOZV, LIVRE VH. a63
niption , Jérémîe s'en retoumoit ti*anquiUement ^t eQ toi^te simplicitë* Çett^ domceur , quant à la pianière, (étoijt toute simple et patureUe \ Mespflt bepin et xs^qMté de c^ p|:pplièt^; trè»admirable néanmoins, et up gr9i|4 ^^^ de I9 'Çrâce. Mais qiiapd| pp piiliisp de spp çl^eniiny toi^t * à - coup « la parb)e de pieu fbt Adres$^ ^ » ^i^rémie .lui disant (0 ; Va « et dis à fllanaiûe : » y pici ç^ que d^t le Seigneur , Eicpnte , H^r » nanie : le Seigneur ne t*f^ p^ envoyiez e^ ti;i d^ » fait que qE|0|i peuple ^esi confie dans \n pipn- » songe : pour pe}^, 0i-t ]^ Seigneiir, je t'Ôter^ » de dessus 1^ tepre 5 tv( ip/qurras 4ai» Faq, p^r<^ » qqe tii as par}é contre le Seig^ejar » ; et quanc}, en pf ^putiçm de ç»%\» jgeptençf?, ^aiiapie mpurot en e$d( §u $eptij^i|ie i^oi^ de la fp($in;e a^qée ; p'f^st une ai|tre sprte 4*op^r^t4Pl? 4u Sam^r^^ritf Ei^
voilà (dope d^^x, S|:|.p]|:|^tarelles. sa)[is 4<>)^6 9 puisquelles ve^oieiit de . 1^ girâée ^ piais Tune dans 1^ maoièi'e na,turel|e p^irtofit 4'un!ie im^pirationr p][n$; commune ; afi Heu qi^e Fautre , qui vînt pomme tin coup de tonnerre y ^i^rnaturel)^ et dans ^a pdnicdpey et dans^QP Qbjf^t^ et dan^ sa panière ^ donpe PU eiceipple p^fmt 4ei 1^ ipi^mère dopt on est passif soifô la VfWSk dç Dieu.
Von peut entendre p$ir-l^ comment To^aiçon vnL passive est siuvpa^ur^le ep un sens particulier^ me^kT^ et par pne opération qui Afrânc^it rbqmme des terminer le mapÂères 4 agir ^vdi^aô^ci, Il fapt 4emeprer d ac- »^, *"?"«l c5ord de bonne foi que Diep peut pousser bien passive est loin y ou y pour mieux dire y aussi loin qu'il veut , ditesuniatq-
(*) Jer. zxviii. la.
2l64 XZrSTRiTCTION
relie, par ces états passifs^ sans que personne lui puisse de-
six propo- mander, Pourquoi faites-vous ainsi ? de sorte qu^on fitions* IV
ne peut mettre qe bornes a ces états que par la
déclaration qu il a faite de sa volonté dans sa parole écrite ou non écrite.
Voici donc, pour nous renfermer dans le fait , et ne nous point jeter dans des possibilités ou impossibilités métaphysiques, ce que nous trouvons de Tétat passif dans les mystiques approuvés, et je le réduis à six propositions.
' IX. La première, que selon eux « Fétat passif est
Première ^^ ^^ ^^^^ j^ suspension et lisature des puissances
proposition: , ^ *
ce qa*ciD ap- ^> OU facultés intellectuelles , où Famé demeure pelle oraison » impuissante à produire des actes discursifs ». fiste ^dans " ^ ^^^* remarquer avec attention cette dernière une snspen- parole; Car Tintention de ces docteurs n'est pas sioapassage- ^'g^clure de leur oraison les actes libres , qui ,
re des actes ' ^ »
discursifs : comme OU a VU, se pourr oient former sans disdifférence cours ; mais les actes où l'on s'excite soi-même par vrais et les V^ discours OU réflexion précédente , qu'on apfmoL mjrsii- pelle dans ce langage des actes de propre indus- ^^tdes^n^ trie ou de propre effort : et il y a là un gi^and te Thérèse et changement dans la manière d'opérer de l'âme, du bienheu- j^j. w^q^ accoutumée au raisonnement et à exla Crois. ^^^^ elle-même ses ^affections par la considération de certains motifs , tout d'un coup comme poussée d'une main souveraine, non - seulement ne discourt plus , mais encore ^e peut plus discourir, ce qui attire d'autres impuissances durant le temps de l'oraison , que nous verrons dans la suite.
Voilà ce que les mystiques appellent contem-
SUR LES ÉTATS D'oRAISOlVy LITRE VU. aiSS
plation y qui selon eux est \iii acte de Dieu plutôt que de rbomme, et plutôt infus qu'excité par le propre effort de Tesprit ; et la difl^rence qu'il y a entre les vrais et les faux mystiques , c'est que la passiveté au sens des derniers devant s'étendre à tout l'état , les autres l'ont limitée au seul temps de l'oraison.
C'est ce qu^enseigne très - expressément ce sublime contemplatif le bienheureux Père Jean de la Croix y disciple de sainte Thérèse ^ premier Carme* déchaussé y et qui est, après cette sainte, le père et le fondateur de cet ordre.
II n'y a qu'à lire l'endroit où il restreint à un temps particulier et déterminé des grandes suppressions d'actes; en sorte que « hors xe temps- » là en tous ses exercices , actes et œuvres, l'ame' » se doit aitler de tous les moyens ordinaires (') ». Par la suite du même principe il prononce , « qu'il ne faut laisser la méditation que dans le » teifa'ps seulement qu'on en est empêché par » notre Seigneur , et qu'aux autres temps et oc« 3> casions il faut avoir cet appui (3) ».
^ Je pourrois produire une infinité de semblables passages du Père Jean de la Croix ; mais pour abréger cette preuve , je me contente du téinoignage de son plus savant interprète le Père JSi^ colas de Jésus Maria , dans le livre des Phrases mystiques, où, après avoir rapporté la doctrine de Casaien, de saint Grégoire, de saint Bernai^d,
U) Mont, du Carm, liu, ii, ch. 33, p, i47* — (') Obsc. nuiL iif/. 1, c&. 10, p, 357.
^266 IHSÏ&XJGTION
de sainte Tb^!rè$e ^ du Père Jean de J^sos et de SnarjBz .(.0 , en Vienant a^ bieoheureu^ Jjean de la iCrpix : ce II dei^eure, ditril (^)> saffisamment 9 prouva p^r cette dp.ctrii^^» qjtji.e ce dénuement ^ Il tant d0$ forinea imaginaire^ que des actes dis- » cursife qu'enseigne et persuadj^ notre doctew » mystique y ne doit point être entendu pour » toute sorte de tençs, ni aussi ppur un long ^ ten^pS) va/^aa^ à ceux ijai sont parvenus à Vêtait 9 de la c.ont/emp}ation sublime f maïs seulement » Tovii. CE PEtr DE xpMPs quc di^re la contemplation » parfaite et lupû^rjo^ey ^t quaux autres temps » quelque perfectîpn qu'oiï ait, on dpit se servir » des formas •i^ag^Qjlir^s, dps çhpses utiles ^ et » d*actes dî^çursi^^ cojqime upu^|*aypiis 4^k dé- 01 iQQi^l^/é p$ir les témpignagf^s ^^ o^éme dpçtemr^ 5» et fe mm^tr/^ons jefieor^ rf^^ufi ^ sq^te »,
ie rapporte ai» k»)ig[ ^ p.^s^ge r capable seul de coofpadre npç^faux piyst}^^. Le biei^hpureui: Bère l&a^ d^ la Croi:)c etJ^e Père Nicolas de Ji&us Maria « n put fait que suivre^ le sen);îmeiitdelêur mère sainte Thérèse , qjAÎ assure positivement l^), « qu'on, ne dfimeure.que très,Tpeu de temps dans 3> cette suspension d^ tpuliès les puis^fxipes ; que ». cest beaucoup dy étrie up« 4^mi -heure; et tt que pour elle, elle n*a pasr de mémoireii'y avoir i> Jamais tant été >n lies Jiop^y^us^ o^ystiqu^s sqnt bien plus parfaits y puisqu'ils ii^trpdui^ent ^aeJigature;c'est-à*dîrey une suspension p^rpëtiielle
(0 Lib, II. de relig. lo. — {*) Ph. mxsU II, parL ch. 3. J. 8, p. 145. — {HCh, iS de sa vie, p. 98.
SUR LES ÉTÀ^ D^ORAISON) UVRE VH. ^67
des puissances, et une suppr/^s^oa upiversell^ des acteft; mais les yéritables mystiques qui eu réserffmt la sqspension au temp^. de Toraison ac« tue})p y l^i^sant le reste du temp§ ^ve apx ^t^ que pou/B avpns vus ^ expr^séiiiei^t comjn^ivdés par JësusHÇlu'isty pjçtppdl^pl; point squ^ qc^s pep* sures.
C'est aussi, ce que répond le Père ^alt^far 41- ^: Jirar^ , onç des lumière^ dp /s^ cp^^gni^ ^ et qui ^j^JJ^"^ a été, parmi les cqn^^s^Xff» àp js^ii&te Tiiér^se, duPéreBallin de .ceux dpi^t elle si vu de p\^ g^andeis chapes* ^^^^ ^^"^
*.* . reZy un des
Ckmmie on lui objectç , qi|6 c^it^ suspension çles confeasean puissances ^ dans Tpraisp^ de silice et de qpié- ^^ ^}^^ tude y induit la suppression de beaqcoup d-aotes nécessaires ^ icpçipQe de celui de demander expressément ce qo^ ^^\x pfdonjie : il répond , çuU y a.d'wtnBs t^n^fiç piiug' demmd^r qfêfi celni où ïon vafQM» k cettct ^jr^d&pu , et ^^su^ ccb$i4à n'y est pas propre (i) : ce qu'il appine de cette règle eiLc4UentQ, « cpifk chaque exercice requiert son » temps y comme en Foi^^is^pn im m demande m » pp ne remei:<^e paf^ipyipm*^ W *? ; diPtù il conclut , 4f que ce O'c^t P9I: (^tf^i ]iip« d^ feirç ces- » $er p^u^' lo^ ieâ di^ours Umi^Wt h^ choses » particulières, qiyî ^oDçei^n^nt tçs pfmfeotipn& dç 1» DiçM pu notre r^rp^ation^ <ÏU;QP p^ul iréser- »ver k .nn autrç temps ». Qo voit donc pourquoi ce saint i|omme > un des flUia sublimes conr templatifs de spp sÂ^de^ ne craî^oit point de tenir pQMK hrs ^ comme il parle , et dans le temps
(0 La vU'du Père Baluu, Alt^. ch, 4o,>. 464. — (>) Uid. F' 457-
268 INSTHITCTIOW
de cette haute oraison \ certains actes en suspens. En général il nous apprend que son oraison étoit de faire cesser les discours par inters^alles pour là présence de Dieu (0 : ce qui est bien éloigné des inconvéniens de la doctrine des nouveaux mystiques j et de la perpétuelle suspension d'actes ^ où ils s^en'gagent contre les préceptes de FEvangile, par Tirrévocable continuité de leur acte unique et universel. Voilà ce que dit de son orâi« son le Père Alvarez ,- dans deux excellens discours que le Père Louis du Pont , comme lui , un des plus grands spirituels de sa compagnie et dé son siècle y nous a rapportés, dans la vie de cetadmirable' jésuite.