‹ Œuvres de Bossuet, évéque de MeauxChapitre 40 sur 109 · XL- On voit donc quelle est la nature des actes qui · texte numérisé non relu

XL- On voit donc quelle est la nature des actes qui

e qa «m- g^j^|. susDcndus et commc interdits dans Foraisôn

porte la sus- . i . 1

petision des passive et de quiétude : ce sont^ encore une fois^ actes on con- gt q^ «uç -^exxX trop le répéter, les raisonnemens dûcorsiyes. ^^ ^®^ considérations ^scursives. Dieu n'en demeure pas là , et ayant une fois tiré l'ame de sa' manière accoutumée, il la manie comme il lui platt : souvent il veut seulement qu'elle le regarde en admiration et en silence; elle né sait où elle est, elle sait seulement qu'elle est bien ;»et une paix que rien ne peut troubler, lui fait sentir qu'elle n'est pas loin de Dieu. Elle fera , dans un autre temps, les autres actes du chrétien; dan^ ce moment, ni elle ne veut , ni elle ne peut en faire d'autre que celui de se tenir abimée eh Dieu.

^ ^^- Loin de reconnoître dans tout l'état une perçue dans -,

l^i^aiaon pas- pétuelle passiveté , les mystiques orthodoxes ne

(0 La vie duPèreBaUas, Aly, c^. iS, pag. iSq.

SUR LES ÉTATS d'oRAISOU^ LIVRE VU. 369*

la recqnnoissent seulement pas continuelle et ^^e il y a universelle dans le temps de Toraison, Car d'à- propre^act bord le bienheureux Jean.de la Croix ramène tîon, depronon-seulement les images et notices particulières^ ^^. ^^^ comme il les appelle (0 ; maïs encore les vues , propre efconsidérations et méditatiom amoureuses^ au '^'^ temps même de Foraison ^ en faveur de Thumanitë de Jésus-Christ , comme nous dirons bientôt plus amplement W.

Selon le même docteur , non-seulement Famé doit pâtir et se laisser mener à Dieu qui la meut dans cette oraison ^ mais encore il y a des choses guelle doit ai^oir soin défaire de sa part ^) \ ce qui marque une action plus délibérée , et dans laqueUe aussi les directeurs la doivent aider. Cette action est celle a de se détacher, qui est^ dit-il (4) ^ » ce que vous devez faire de votre part sans faire 3» aucune force à Fame^ si ce n'est p^ur la séques^ » trer de tout et Félever ». ^Ce n'est pas là ce que nous disoit celle qui répète à chaque moment qu'il faut supprimer tout effort j tout soin y toule activité, et n^exercer envers Dieu qu'un simple laisser faire : mais celui-ci au contraire nous apprend^ ce qu'on doit faire de sa part, quel soin on doit prendre ^ et en quoi il est besoin de JbrcerYsime. Et tout ceci ne se dit pas pour les commençans ; mais pour les -états les plus sublimes. C'est dans Tétat le plus sublime que Famé est élevée au mariage céleste (5) : mais là il y a de part et d'autre,

(0 MonL Iw. III, ch, I, p. i53. — ' (») Inf. ch. 20. — (3) ^tV. Jiam. CanU IIL 3. vers. $• 8, f». 54i* — C4) lUâ. 549- — \^ Ihid. SS$, 556.

tant de la part de l'époux c^e^e^' que de la part de T é^^onse fûfiû traditiùnj une déltifrance vùlofi'^ utire^ qu'il appelle (qar il faut dite s<yn lïiot) la délipranbë muttirHotiiàle égale de part et d'àutire ; comme celte d'au èpoxxx et d une épouse ;. Fàme se doUftant à Dieu attssi activeiàent , aussi Uire-^ ntëm 4fue Dieu se dànné h éUej parce que Dieu' âève Taetiôtt dà lâ^re arbitre en son plus haut point j afin de se faire choisir pliis parfaitement; C'est ce que Vonloit exprim\er saint €lénient d'Alexandrie , en disant y ^Ite" thùinme prédestiné Dieu, cotrmiè DièU préèèSHnè FHbmme (0. Le libre ai^bïia^e s'exerce dôhd daiiis tôuté son étendue;' l'aiùe ^èxûite eHe-mtâïné ,* ell^ parle à ses passions qui la' pôitvoient veiAV tràûbiéry etlèi prie de la laisser éfr repos (a) : et cela qti'est-^ce autre ôhosë ^ùe de s'êxc^ér sôi-méïhe à kfs tt^nir dans le dévml c'esff ce c(ae dit en teitees^ formels le biétriieureùr Jébn de là Croix; ValtA^y Mittinbe ce sàiAt réfKgieùit y se dôntie toii^s- tès^ m^Vémensf ' par nné délicate réftexiôïi sur SCftà état^ p^rce que « se Voyant eûriehiè de tant dé dote' pHèieux , » eite déshrè de ^ éôtt^i¥ér eh a^iïrâAcë (3) » ; en qufôi tes nbtrveati^ mystiques fâ fa'otivërdient bien intéresi^e. EXânîsr ces désirs ,> elle Mtk Dieu tontes' sôîtes dé prièVes / doiit la dernière ésl : ce Boifipe^ là' toile déKrciate de cette vie,' âfitt que 9 p VOUS -puissb aitnrér dès à présent ave&'lisi pl'é-' » nittrde et satiété qbe /désiré nibh' âtaie', sans }i terme et sans fin (4) », Voilà comme Tame ré-

(«) Strom. It*. VI. — (•) CahL Si. coitip.p, 468. — C) Ibid. — (4) Can^. I. Six. .

sua LES ÉTATS d'oRAISOU, LITRE TII. 2^1

flécJiit /voilà comme l'ame se meut dans l'oraison même ; à vrai dire les vrais spirituels ne veulent exclure que les afdes péiiibles et tirés à force ; tout ce qu'il y a d*afiectioiysy coule dé source.

Une seconcïe propk>siiion déterminera ce qu'on xiii. appelle le temps de Foraisou , et « c'est celui oui ^«>?f f «*

* troisième

» l'ame demeure spécialement recueillie en foi et proposi- » eu^aniour dans la c^Mit^mplation actuelle » : à ^^'» P^^^ quoi il ferttt a^tér la^ tfoisième proposition ^ qui ^ *^®™»"«' est que^ selon la do^ctriiie et la distinction de pelle le saint Tbomasy suivie par tous Ite docteurs, « la *«np«d'orai- » contemplaliott actuelle se piewt pas' être de Ion-» ^J LiT°cê » gué durée âski^ sès actes principafux , quoiqu'elle temps ne » puisse durer long - temps dans ses actes moins ^^^ *" » parfaits , et qui demandent moins d'atten- » tion (0 ».

Les trois proporitiôi^ préoédietite^ regardent lar ^ v. eourte durée de l'ôraisou , appelée' passive ^ maië "^rôteautrei encore sans en etpltqMr la stabilité et la permet- pour explinence : miais lès troiià sènvâiAes vont^dénàêler cette qnerl»«iabi. difficulté et a<^hever notre exi^ation. *^ ®V ^*^

« manence

La première , qui est la quatrième des six ; d'nn état ce Quoique l'ôrakôh passive âoit ct^ut^te en eile-i » mêmif ihiE Bsi< pei^étuèlliô dauB ses eiFets , en 3i> tant qu'elle titent l'ame perpéti:»eflement mieux » disposée à se récueillir en Dieu^i.

La cinquième proposition : « Celte diâpofttlon » au rëcueîllémeùt n'est fas mérit<t)lâ'é,rféta'nt » pas un acte;- mais" elte prépare l'àih^ à produire » facilement, et àé phïs en plus lei aictes^ tes^ plus » parfaits ».

(0 a* a* ^* ido. art* S, eic» ad a.

ayît iirsTRtTCTioif

La sixième et dernière proposition : « Nous » appelons un état d'oraison , l'habitude fixe et »> perif anente^ qui prépare Tame à la faire d'une » façon plutôt que d'une autre ^ et lui en^donnè » l'inclination avec la facilité »•

Ainsi l'oraison passive est fixe et perpétuelle à sa manière ; ainsi elle compose ce qui s'appelle un état ; et met Vame dans une sainte stabilité, où elle est sous la main de Dieu de cette admirable

manière y qui dans le temps de l'oraison exclut lès actes discursifs , et les auti-es dont il plaît à Diei» i de faire sentir aux âmes la privation , soit par grâce y soit par épreuve , comme la suite lé fera paroître.

Il a fallu réduire les choses à cette précision , Les f onde-, ^fii^ de détruire clairement les fondemens des mens des nouveaux mystiques. Leur premier et principal nouveaux fondement est que l'oraison passive , reconnue détruits par p&r de très- grands spirituels , emporte la suplessizpropo- pression des actes : il faut distinguer ; elle emcédente^' * porte la suppression des actes discursifs, ou àe quelques autres dans le temps de l'oraison seulement, je l'avoue : elle emporte la suppression de tous actes généralement, et en tout teif ps , en sorte que l'âme demeure réduite à une perpétuelle passiveté sans jamais s'exciter elle-même aux actes de piété; je le nie. J'espère qu'on me permettra du moins une fois cette sèche, mais , véritable distinction où consiste la différence pr^ cise entre les* vrais et les faux mystiques, comme, il a paru clairement par les paroles des uns et des autres.

SUR LES ÈTAts BOViJLisotiy lithe VU. 273 Le second fondement des ùlux mystiques , c est que^ d'un commun consei^tement , Famé peut être mise par état dans une oraison passive ; d'où ils concluent qu'elle sera donc dans une perpétuelle et fixe passiveté. On nie cette conséquçnce» pu^qu'on vient de dire qu être dans cette (u*aison par étaty cest y être par habitude^ par inclination, par facilité, et i^on par un exercice actudl et perpétuel ; ce qui ét^ant entendu , tous les fonden^ens de la nouvelle oraison demeurent abattus, et les objections résolues.

D'expliquer maintenant ce qui se passe dans xvi. cette excellente oi^aisony.ce n'en(e6t pas ici le Quelestle

T "I • j- f *. ' TN' *• A. principal ef-

heu; ce que j en puis dire, cest que Dieu y tient j.^ jeVorai- Técole du ceeur, où il se fait écouter en grande son passive tranquillité et en grand silence. On en dira dans ^*\ *** ^"*®~ le temps ce que le Saint-Esprit en apprend aiix hommes de Dieu. qu'il a mis dans cette pratique» II semble , au reste^ selon les principes qu on a posés ailleurs, que cette oraison, par sa grande si^nplicité ^ soit cnoin^ aperçue en elle-même que dansées efièts , dont le principal est de tenir Tame couple et pliante sous la main de Diçu , jfiarce qu elle «a expérimenté dans ses impuissances la vérité de cette parole : Sans moi vous nepouves rien (0.

Laissons à part les autres effets de cette orai* xvil. < son, pour nous attacher aux abus qti'en ont fait ^^ ^o™-

. ^-v 1 • • 1 mence a ex-

Bos nouveaux auteurs. On a vu que le principal .. ^^ ^ ^ est de s'en servir pour exclure les demandes, dans bus qu^on

(>) Joan, XT. 5. ' .

2^4 UilSTRDCTIOIf

fttit de celte toute la Toie : mais le saint jésuite Baltasar Aloraûoii:doe- yarez, bien éloigné d'une exclusion si général^^ ^^^ ^. les reçoit dans le temps même qu'on donne à varez sur les Toraison de quiétude ^ où il joint « à la révérence^ demandei. ^ ^ l'admiration, aux remercîmcns, à Toffrande » de tout ce qu'on est, la demande qu'on fait à » Dieu , premièrement de lui-même , et puis de » ses dons , non point pour s'y reposer, mais pour » monter à lui par leur moyen (0 ». A quoi il ajoute que cette oraison , loin d'exclure les demandes, en est le plus solide appui , « puisque » quiconque sait donner à Dieu , comme fait cette 9 oraison , ce qu'il nous demande, lui pourra con- 9 fidemment demander ce qui lui est propre C^} ». XYUI. Ce saint religieux dit ailleurs, que Dieu qui

Suite de la ^qJ^ j^ng q^h^ oraisou « le cœur de son serviteur

même Përe ^ ^Q^Ko ^ désirer quelque chose , et qu'il ne la Balusar, tt demande pas (^} », l'accorde facilement de luiue8-oppo8ée m^m^ saus attendre une desiande plus expresse:

aux preten- ' ^.iii.

lions des et la voyaut toute faite dans le désir même , parce nouveaux qu^ ^ comme dit ailleurs ce même auteur , « les mjs <£ucs. ^ souhaits sont devant Dieu , ce que la voie sert » aux hommes (4) » ; c'est-à-dire , qu'on parle à Dieu par le désir, comme on parle aux hommes par la voie : d'oïl il s'ensuit , qu'on fait des demandes dans cette oraison , puisqu'on y pousse de saints désirs ; ce qui n'est autre chose , continue ce Père, que de faire des demandes, non par ode signifié, c'est-à-dire, par paroles significatives, msàs par acte pratiçué, c'est-à*<iire, par le

(0 Bah. Aîuar. ehap. 4o, p. 456. ^ C*) Pi^. 4^9. — (^> jP. 464. — C4) Chap, 1% p. 137, i38.

SÛft LfiS 'ÉTATS V0RAl909y LIVHE VU. a^S

ùésir y qui dam le fond est une demande par rapport à Dieu ^ à qui tous les désirs sont connus.

On voit combien ce saint religieux est éloigné de supprimer dans l'oraison , même dans celle de quiétude ^ les demandes et les dé&ii^. Il ne reste qu'à reléguer au nombre des commençans un liomme si consommé dans la science des jsaints, «t d'un état si parfait qu'on croit même que , p^r un don tout-à-fait extraordinaire , il a mérité 4e recevoir une assurance litière de son ssjut , taat par la bouche de sainte Thérèse , que par un témoignage particulier du Saint-£q[>rit (0.

Un auti*e moyen d'abuser de cette oraison^ est xix. de s'en servir comme on a vu qu'ont fait les nou- Sentimens veaux mystiques , pour affoiblir l'esprit de mor- ii^i^™„^^ iification et l'étude des vertus; mais le même mortifica- Père Baltasar enseigna « qu'on doit corriger cçux *»<>»«*«»' l'^- « qui se contentent d'être seulement recueillis tus. » sans autre exercice de mortification et des au- » très vertus ; en les avertissant qu'ils s'abusent ^ » et que s'ils ne se corrigent , on peut tenir leur w recoUecticm fort douteuse (3) ».

Les nouveaux mystiques outrent ce que disent XTL ies vrais spirituels sur les formes et notions par- LebienbenticulièreS) et ils leur donnent une perpétuelle laCroùbien exclusion de l'état contemplatif, avec un si grand opposé à excès, qu'ils en viennent, comme on a vu, jus- c«»*T»^™«*-

' ^ ' ' ' tent à pan

qu'à mettre à part l'humanité de Jésus-Christ : jësos-Cbrist, mais le bienheureux Jean de la Croix s'oppose à ^^ Trinité et cette tireur , lorsqu'il déclare (3) « que cette ex- ^^^ |^ ^^^

(0 BaU. Alvwr. ehap. i3, pag, i6a, i63, 399, «te.— (») Chap, 40, pag. 461. «^ <^) àfonL du Carm. /iV. m, ch. i, p. i53.

276 î»Sl»RtJCTIOH

blime con- » clusioti (Ics figures et notices ( particulières ) ne tcmp bon. ^ g'entend jamais de Jësus-Christ et de son hu^ » manité, dont il rend cette raison^ que la vue » et méditation amoureuse de cette très-sainte » humanité aide à tout ce qui est bon ; en sôiiie » qu on montera plus aisément par elle au plus » haut de Tunion : car encore, continue-t-iK » que d'autres choses visibles et corporelles do»- » vent être oubliées et servent d'empêchement ; » celui qui s'est fait homme pour notre salut, ne » doit pas être mis en ce rang, lui qui est la ^é- » rite, le chemin , la porte et le guide de tout » bien ». Et quand il tâche d'exclure ces formes et notions particulières, expressément il se restreint ce à tout ce qui n'est point divinité, ou » Dieu fait homme » , parce que ce souvenir d'un Dieu fait homme, <c aide toujours à la fin, comme » étant le souvenir de celui qui est le vrai che* » min, le guide et l'auteur de tout bien (0 ».

Si la notion particulière de Jésus - C2irist , comme Fils de Dieu incarné, ne peut être exchise de la plus haute contemplation, celle du Père, et par conséquent des trois Personnes divines , sans laquelle le Fils n'est pas connu, y doit aussi être admise ; celle-là n'a pas plus de conformité et de liaison avec la contemplation qiie celle des divins attributs ; et c'est pourquoi ce saint homme, bien éloigné des nouveaux mystiques qui mettent tout cela à l'écart, reconnoît tous les attributs avec tous les mystères de Jésus-Christ dans le plus sublime état de contemplation , et même de transes) Mont, du Carm, lip. m , ch, lH,p.i 7a.

formation y comme il paroitra clairement à ceux qui liront les passages marqués à la marge (0, que je me dispense de produire, pour éviter la longueur, dans une chose peu nécessaire.

Quant à ce qui regarde la suspension ou la &- XXI. gaUire des puissances, outre ce que nous venons ^"® ^^^^ de voir quelle ne regarde ordinairement que les tasar,la/ig^«acte^ discursifs , c'est-à-dire de propre industrie tare oa sosou de propre effort, le Père Baltasar ajoute en- V^^n des coreC*;, « quil ne faut pas se persuader, comme ne peut ja- » quelques ignorans se Timaginent , que ce silence ™"« ^^^ ^^ » de Tame et cet arrêt attentif en silence fasse . "** ^

raison de

» cesser de tous points les actes dés puissances , ^étade. » parce que gela est impossible , fors en dormant, 3> ou seroit très -pénible et dommageable, dont 3» il rend cette raison : que ce seroit être plus » qu'oisif et perdre le temps , en danger que » Fimagination ne suscitât quelque fantaisie , où » que le diable y jetât de mauvaises pensées ou » quoi que ce soit impertinentes » : tous sentimens bien éloignés de ceux des nouveaux mystiques et de leur acte continu et perpétuel , que rien n'interrompt , et dont aussi on ne voit aucun trait dans les spirituels approuvés.

Conformément à la doctrine précédente le XXII. . même P. Baltasar décide, avec tous les vrais spi- joc^in^^du ptuels, c( que ceux-là même qui ont monté à cette même Père 3? manière d'oraison de quiétude ont besoin de Baltasar con-

, . ,, . -, - ,. tre la totale

)> S entretenir en, 1 exercice de méditer, et penser ^tpe|.pétuel- » un peu aux mystères divins , parce que souvent Ie8uq)eii«iûn » la faveur et le mouvement de Dieu cesse , qui ^^ pui«*«-

* cca.

(0 Cant. 37, p, 481, 4^3. — (*) Bah' Aîvar. chap. i^, p. x43.

378 ÎWSTRXICTIO»

3» les Revoit à cette quiétude ^ et il est besoin

» qu'ils agissent avec leurs puissances (0. Car,

» poursuit-ily ils ne ressemblent pas à ces vaisseaux

» à haut bord, qui ne se meuvent qu*avecle veut:

» mais sont de petits bateaux qui ont recours à

n la rame , quand le vent leur faut ; et si le vent

» et la rame leur manquoit tout à la fois, ils

^ demeureroient tout cois et calmes : ( de ce

» calme pernicieux qu) suspend la navigation )

» ainsi , dit-il , quand le vent du spécial mouve-

» ment divin manque , la coopération et industrie

» de nos puissances demeureroient oisives dans le

3> chemin spirituel ».

XXin. Si Ton dit qu'il reconnott donc qu'il se trôuVe

Que le Père effectivement , dans les voies de Toralsoi^ , dfe des

connolt vaisseaux à haut bord ,9 qui ne se meuvent qu6

point d'ames par le vent, sans avoir besoin de ramer; je ré*-

tou)ouw ponds que ce n'est pas là son intëtition. Car îl dit

mues de * * * .

Diea, et en bien que ceux dont il parle ne sont pas^de ce& qui la SOS- yaisscaux quc le seul vent guide : mais il né dit pn^suices P*^ pour Cela qu'il y ait d'autres personnes de intellectuel- ce Caractère ; ou ce ne seroit en tout cas que dans les soit totale |^ te^jpg ^e l'oraisou et par intervalles^ comme

et perpétuel- -

le. on a VU qu'il l'enseigne perpétuellement. Au reste,

on ne voit y dans aucun endroit de sa vie , que l'oraison d'un honmie si élevé ait été autre que celle qu'il a comparée au mouvement de ces pe* tits bateaux , qui sont contraints , au défaut du vent) de s'aider des rames : au contraire, il présuppose partout que son état de lui-même étoit , du moins hors de V oraison > de s'aider toujours

(0 BaU. Alfor. ck, ^^/p. 474-

SUR LES ÉTÂïa D^pRÀISOir, LIVRE VU. 2^9

des puissances y sans en supposer jamais la suspensiop ou la ligature totale. Ainsi Ton ne doit pas dire qu'il parle pour les commençans^ qui est la réponse perpétuelle de nos nouveaux mysti* quesy lorsqu'on leur montre ^ dans les plus parfaits y des sentimens opposés à leurs trompeuses expériences.

Le B. Père Jean de la Croix nous assure aussi y XXIV. « qu!encore qu'il y ait des âmes , qui sont très- SenUment

* :i .^ ' * conforme an

» ordinairement mues de Dieu en leurs opéra- PéreJeande » tions , à peine s'en trouvera- t-il une seule qui ^ ^o\x. ]» soit mue de Dieu en toute chose et en tout* » temps (0 ». On voit que ce bienheureux, dont les expéiîences sont si étendues y ne dit point qu'il ait jamais trouvé des âmes de cet état ; et s'il n*ose nier absolument qu'il puisse y en avoir, l'exemple de la sainte Vierge qu'il venoit d'alléguer expi*essément^ suffisoit pour l'obliger à cette circon- ^ection, comme lui-même il nous le fait voir par ces paroles (?) : « La sainte Mère de Dieu , étant » dès le commencement élevée à ce haut état, » n'eut jamais en son ame ide forme imprimée d'au- » cune créature, laquelle la diverttt-de Dieu, et 2> jamais ne se mut par elle-même » ; parce que toujours sa motion fut du Saint-Esprit : par où ceux qui vantent sans cesse que tous leurs mouvemens $ont de Dieu , et mettent à tous les jours de tels prodiges de la grâce, peuvent voir à qui ils s'égalent : ce n'est à rien moins qu'à la sainte Vierge. Us doivent aussi reconnoitre en passant quelles

(0 Jfontdb durCarm,, ftV. ui, johap^ i, pag, i54* — (*) l^d^ pag. i5a. '

ce

280 IRSTRtJCTIOir

sont les formes que ce bienheureux a intention de ■ bannir^ qui sont uniquement celles ^uidii^riissent de Dieu.

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