XXV. Aussi voit -on ce saint litigieux jusqu'à la fin
br^^eu- ^^ ^^ ^^ ^^ venir toujours anx demandes , aux reuz contre réflexions ^ aux excitations et aux autres actes que l'acte conii- ^^^ f^^j^ mystiques suppriment, sans qu'on aper-
na des nou- . 1 «^ ^ «^ • . .• •
veaux my^ti- Ç<>ive en aucun endroit cet acte unique et continu ques. dont ils font le soutien de leur système : au con-
traire on ne pouvoit pas donner d'idée plus foi*mellement opposée, à celle«>là qu'en distinguant, comme il fait ( 0 , tout, ce qui s'appelle acte y et qui appartient aux puissances, c'est-à-dire à Fenten* dément , à la volonté et à la mémoire ; de ce qui touche le fond de l'âme ^/e/ireinier, dit41, 'éiant toujours passager, et ne pouvant opérer en cette vie d'union permanente : et l'autre qui est /?erma<nentj n'étant pas un acte, mais une habitude seulement, qui est précisément la même doctrine que nous avons opposée aux nouveaux mystiques C^).
XXVI. Comme ni lui ni les autres vrais spirituels né Les actes connoissent pas cet acte continu et universel , ik
que \tÈ aux ^^ conuoisseht non plus les autres actes si célè-
mystiques • 1 ..
vantent le bres parmi les nouveaux mystiques, comme est plfiis,enbien celui de se reprendre soi-même; c'est-à-dire, *' f° "aie' ^^^°^® ^^s l'expliquent, de se retirer de dessous ment incon- 1^ main de Dieu en réfléchissant sur eux-mêmes, nus aux vrais çt s'excitant à foire les actes. C'est où ces faux spi- •piritue rituels mettent à présent ( comme on a vu ) tout le mal de la vie spirituelle , regardant cette ré-
(>) Monu du Carm. iiv, 11, eh, 5, p. 45* *~* (*) Gi-dessos» lit^» 1% n. a5, etc.
SUR LES ÉTATS d'oRAISON, LIVRE VU. 281*
flexion comme un désaveu de leur premier abandon. Mais aucun, des vrais spirituels ne connott cet acte non plus que celui d^abandon , au sens des nouveaux auteurs : ni ils n ont jamais <rru qu aucun chrétien ait cessé de s'exciter en temps con* venable aux actes pieux, ou qu'onait seulement ^ songé à la cessation de tous ces actes. . Reconnoissonsdonc que nos prétendus parfaits marchent dans des voies inconnues aux vrais spi^ rituels : cet acte prétendu unique et irrévocable de soi n*est qu'une illusion : c'en est « une qui suit nécessaii^ement de cellcrlà que de réfléchir sur les aotes> et s'exciter volontairement à l'amout* de pieu , soit se reprendre soi-même , c'est*à-dire se retirer de la msdn de Dieu : et le comble de ril- < lusion est de proposer des expériences contraires à celles qu'on trouve dans les hommes les plus saints.
Ces saints hommes ne connoissent non plus ce xxvn. vice de multiplicité, que les faux mystiques met- ^* ^^ lent à multiplier et renouveler tous les jours les q^es entenactesdefoi, d espérance et de charité: car déjà on dent mal et est d'accord que sans fpi et sans amour il n'y a ^^^jj^j^jg ^j^^ point d'oraison , et la piété ne permet pas de dé» vrais spirl-^ tacher l'espâiance d'avec ses inséparables compa- **^ ^® 7**^f gnes, puisqu'elle est le premier fruit de la foi, et JJ^^ '^ " qu'elle s absorbe dans l'amour.
Un^ dernier abus que font les nouveaux mysti- XXVin. ques, de l'oraison passive ou de quiétude, est de *™geeîw
^ ' r ^ ' reur des non-
la rendre trop commune et trop nécessaire : c'est veaux mysti-
là un des points qui mérite une plus forte cen- ^^^ » *l^*
. 1 r rendent To-
sure, et en même temps un de ceux que ces taux ^jaQ^ ^g^i^
a82 ufSTaucTioN
▼e commune ^irituels pouBsent le plus avant On trouve dans
et absolu- i «^ __^ . i ^
ment néces- *^ Moyen court, « que nous sommes tous appelés saire. ^ à Foraison comme nous sommes tous appelés au
n salut (0.: qu à la vérité tous ne peuvent pas mé* » ditei*, et que très-peu y sont propres : mais » aussi que ce n*est pas cette oraison que Dieu )i demapde , et que c'est Toraison de simple pré- » aeqce : que tous ceux qui veulent être sauvés la » doivent pratiquer » et qu'enfin Toraison qu'il » faut apprendre y c est une oraison qui n'est pas 9 méditation^ mais contemplation passive »• . Voilà pour ce qui rcigardela nécessité de cette oraison : pour la facilité ^ « elle se peut faire en » ioui iemps, et ne détourne de rien : les pnnces, » les rois , les prélats, les prêtres et les magistrats^ » les soldats^ les enfans, les artisans, les labou« » reurs , les femmes , et les malades la peuvent » faire ».
C'est ce que disoit le Père la Combe , qu'on doit induire à cette oraison jusqu'aux enfans de quatre ans^ comme en étant très- capables; rien n'e^t plus ai^ : « la manière de cherchei* Dieu est si » aisée et si naturelle, queFaii* que l'on respire ne » l'est pas davantage W » ^ ni la respiration plus continuelle.
Un peu après on commence à faire la 1<h aux pasteurs et aux hommes apostoliques i^ : une oraison si facile devroit être apprise aux enfans comme le catéchisme.
Si tous ceux qui travaillent à la conquête des
(0 Hfoycn court, §. i, p. a, 4. ^ {*) ibid, p. 6. — (3) Pag, 'i5. •J. 3 y eiç.
SUR LES ÉTATS D^ORAISOK, LIVRE YII. ^83
ames tâchoient de les gagner par le cœur, les met-* tant cTabord en oraison et en vie iatérienre , îh feroient des convei^ions infinies. On suppose qn*fl n^y a au monde oraison ni intérieur que dans la passiveté. Voici quelque chose de plus outré : « Si » Ton apprenoit à nos frères errans à croire sim^ » plement y et à faire oraison , ( selon la nouvelle » méthode ) au lieu de disputer beaucoup, on les » ramèneroit doucement à Dieu (0 ». Sans doute si on leur avoit persuadé de croire simplemeitt , ils ne seroient pas hérétiques ; mais de leur aller proposer Voraisdn passive comme le seul moyen d'avoir la foi ample, c'est ce que les Pères igno* roient. S'ils avoi^ent su cette nouvelle méthode , ils auroient supprimé tant de beaux ouvrages^ tant d'excellentes disputes qui sont encore an-» jourd'hui les instrumens de la tradition , et le fondement de l'Eglise. On passe aux acclamations \ *t( O quel compte les personnes qui sont chargées » des ames, n'auroiit-elles pas à rendre à Dieu («) » de ne feur avoir pas découvert ce trésor caché de l'oraison passive, comme la seule oâ l'on trouve Dieu! ,
Quand )e songe à la modestie de sainte Thérèse dans l'instruction des couvens qu'elle avoit fondés avec tant de témoignages divins , et dont elle étoit supérieure; et que je considère d'un autre côté cet air décisif qu'on se donne ici avec les prédicateui^ et les pasteurs, je daneure éton* né. On poursuit pourtant , et ces paroles sont du
0) Moyen court, §. aS^ y?. 1 1 1, etc. — (») Pag. 1 14.
même ton : Si on leur donnait d*aiord{k ceux qu'on instruit) la cfe/*rfe7Y»te'near(0,' c'est-àdire , compe on a vu, Fabahdon à ne rien faire du tout^ et attendre que Dieu nous remue: tout iroit bien; ainsi : ce Vous êtes conjurés , ô vous » ^tous qui servez les âmes, de les mettre d'abord » dans cette voie , qui est Jésùs-Christ (^) : faites » des catéchismes particuliers pour enseigner à » faire oraison , non par raisonnement ni par mé^ » tbode, les gens simples n'en étant pas capables, »> mais une oraison de cœur et non de tête , une ?> oraison de l'esprit de Dieu et non de l'inven- » tion de l'homme (3) » . On parle dans tous ces endroits et dans tout le livre comme s'il n'y avoit ni confiance , ni espérance , ni amour y ni orai^ son, ni intérieur, que dans cette oraison particulière qui seule est de Dieu ; et tout le reste j quoique tous les Psaumes^ toute l'Ecriture et l'Oraison dominicale y soit contenue , n'é^e ya'mvention dçi l'homme^
11 ne faiit donc pas s'étonner si l'on décide (4) V qu'il. est impossible d'arriver à l'union divine 3> par la seule voie de la méditation , ni même »^ des afiectiofas , ou de quelque oraison lumi- » neuse et comprise, que ce puisse être ». C'est une chose résolue que les saints , ob l'on ne verra que lumières et affections, sans aucun vestige d'oraison passive , ne sont poiht arrives à l'union divine. <t Au reste si cette oraison étoit dange-
(») 3toyçn court, $. aS, ;?. 1 16. — (») Pag» 117. '^\})Pag, ilS. — (4) J. a4* P' 12 1-
SUR LES ÉTATS d'oraison y LIVRE VU. â85
V reuse, Jésas-Cbrist en auroit-il fait la plus par- » faite et la plus nécessaire de toutes les.voies»? Onlesuppose partout^ quoique ce soille point delà ^ . question, et. on veut qu-on le croie sans preuve. A la fin après avoir invite tout le monde sans excep- tipn à cette voie , comme à la plus nécessaire et la. plus commune de toutes, Ton commence à sentir, la difficulté de rendre si générale une vojçation et une grâce si extraordinaire, et on se fait cette objection : ce L'on dit quil ne s'y faut pas mettre de >y soi-même (0 », voilà Tobjection; et voici la réponse : « J*en conviens ; mais. je dis aus^i quaui » cune créature ne pourroit jamais s'j mettre : )> de $orte que c'est crier contre une chimère que » de crier contre ceux qui se .mettent d'eux- • » mêmes dans cette voie ». Ce qui autorise tout le monde à ne plus rien examiner quand on croit y être. Au reste, c'est une illusion de dire qu'on ne s'y. peut mettre soi-même., puis qu'encore qu'on ne s'y mette pas d'abord , on peut trouver une voie et une méthode certaine pour y être mis facilement et bientôt. De sorte qu'une oraison aussi extraordinaire que la passive, à la fin deviendra aussi commune qu'on voudra Timaginer. On veut.toutefois un directeur; mais voici ce qu'on en dit : « Puisque nul ne peut entrer dans » sa fin que l'on ne l'y mette, il ne s'agit par d'y » introduire personne , mais de montrer le cher » min qui y conduit , et de conjurer que l'on ne 3» se tienne pas .lié et attaché à des hôtelleries ^^
(») Moyen court, pag. i36. .
286 INSTRUCTlOlf
» OU pratiques qu'il faut quitter quaud le signal » est donné ; ce qui se connott par le directeur » expérimenté ». Mais quelsera ce directeur expérimenté f sinon un homme qui déjà prévenu de )a bonté et nécessité de cette voie, puisqu'il y marche lui*méme , vous conduira selon vos désirs et selon lejs siens 7 Gomment pourroit-il faii^ autrement, puisqu'on l'avertit expressément que nul homme ne peut feindre d'être dims^et état, non plu& que feindre S être rassasié quand il mewrt de faim : car ii échappe toujours^ quelque désir ou enifie ('X Quand donc on est parvenu à ne plus rien désirer de Dieu , il faut nécessairement qu'un directeur vous m^tte dans la voie : et celui qui croira que l'état, où l'on ne désire ni l'on ne , demâfnde rien, est trompeur et contraire à l'Evangile , quelque saint et éclairé qu'il soit d'ailleurs, bien assurément ne sera jamais ce directeur expérimenté qui monire Veau vi%^, et tâche d'y introduire.
Ainsi le signal certain qu'on est appelé à l'oralson passive , c'est de ne plus rien désirer ni demander , et de supprimer tons les actes et toutes les pratiques du chrétien : après quoi il ne reste plus qu'à conclure de cette sorte C^) : « Si la fin 9» est bonne, sainte et nécessaire 5 si la porte est )> bonne, pourquoi le chemin qiû vient de cette » porte, et conduit droit à cette fin, sera«t41 ^ mauvais » 7 Voilà donc une méthode réglée pom* arriver à la fin, c'est-à-dire à l'état où l'on nt
0) Moyen court, y». i38. — (•) /(ûf.
SUH LSS ÉTATS BOlB^klSOVy LIVEE VII. nS^
£ût rien que d'attendre à chaque moment que Dieu nous remue.
Comme pourtant cet état, oii Ton ne cesse de tenter Dieu , et oh Ton présume ce qu'il n a jamais promis y pourroit à la fin troubler les âmes y de peur ,qu*on ne s'en étonne il en faut faire un mystère en s'écrtant (0 : « O qu'il est vrai , mon » Dieu, quevous avez caché vos secrets aux ^grands » et aux sages y pour les révéler aux petits » , qui mettent leur petitesse à ne plus rien demander à Dieu , et à croire qu'ils l'honoreront en le laissant agir seul sans s'exciter à lui plaire. '
Sp^ ce fondement tout est décidé : a Quiconque 3» n'entend pas cette voie , ( et n'a pas le don exn traordinaire d'oraison passive ) non -seulement n il n*est pas parfait , mais il ignore le vrai amour ; » et ( ce qui est pis ) plein de l'amour de soi- » même et d'une attache sensuelle aux créatures ^ il est incapable d'éprouver les efibts ineffables n de la pure charité (>) ». Voilà jusqu'où l'on pousse la nécessité de l'oraison de quiétude ; et }e prie le sage lecteur de conndérer ces derniers motS) et toutes le$ décisions qu'on vient d'entendre d'une bouche aussi ignorante que téméraire.
Mais tout cela tombe par le fondement , pour XXIX. trois raisons : la prraiière est théolosique, et '^'^^ ^®" nous lavons déjà touchée, en disant que la per- tipiu théolofectiou et la puireté dépend du degré et de la m^^ co^grandeur de l'amour , et non pas de la manière ^f^ f ^?' dont il est infus : ce qui est fondé sur ce principe, raisoii passîdont tous les théologiens et même les mystiques ^^ 1^°^ '^
parification (0 Moyen court, pag. i38. — (») Préface turU Cantique.
288 iirsTiLTJCTioir
etperfectio^ coDVÎeiment ^ qui est que Fëtat mystique ou pad'^ des âmes gif n'est pas un don appartenant à la grâce qui nous iustiue ^ et qui nous rend agréables et meilleurs ^ gratia gratum Jhciens ; ïqsAs que comme la prophétie et le don des langues ou des miracles^ il ressemble à cette sorte de grâce qu'on nomme gratuitement donnée y gratia gratis daià^ C'est ainsi que Font enseigné positivement Gerson (0 et les autres mystiques de ce temps^lj^, et dans le nôtre le Père Jacques Alvarez , savant jésuite, qui a traité plus amplement que tous les autres la théologie mystique. S'il faut encore aller plus avant, nous dirons que l'état mystique consistant principalement dans quelque chose que Dieu fait en nous sans nous, et où par con* séquent il n'y a ni ne peut avoir de mérite; oa a raison de décider qu'un tel don, encore qu'il puisse mettre des préparations à l'acoHHSsement de la grâce justifiante, ne peut pas appartenir à sa substance : autrement, et c'est la seconde raison tirée de l'expérience , les plus grands saints de l'antiquité, où l'on ne voit ni trait ni vii^ole qui tende à l'état passif: un saint Basife, appdé ' de Dieu à enseigner les plus parfaits \ un saint Grégoire de Nazianse , si sublime dans la contemplation ; un saint ^Augustin , dont nous avons tant de hautes instructions sur Toraison, ^es oraisons actuelles si belles et si expliquées dans ses Soliloques, dans son livre de la Trinité (s),
(0 Gerson* III» part. Consid. 5, 6, 7, 11, etc, — («)[4y. Aug. Sol» /. X , c. j ; tonÈM i, coL 355. DeTrin» Ub, zy, cap. xkyiu , n. 5 j j tom. YI1I9 col. ioo3, etG»
dans
Sun LES iiÂTS i>ofiXi809f LITRE Tix/ aSg . dans ses autres livres » outre les Confessions qui dans toute. leur étendue ne sont quVne perpé-' tuelle oraison , sans qu'on y voie aucun vestige ^ mais plutôt tout le contraire de ces impuissances mystiques : «n un mot tous les autres saints , les CyprienSy les Cbry sostômes , les Âmbroises ^ les Bernardsjnéme^ où ces états extraordinaires purement passifs et ces actes irréitérables ne se trouvent pas ; seroient les plus imparfaits de tous les saints : et « des femmelettes chargées de pé- » (jiésy menées par divers désirs (0 n^ les surpasseroient en amour et par conséquent en sainteté et en grâce : ce qui n'est rien moins que de dégrader Les saints , et leur ôter Fautorité que non-seulement leur doctrine , mais encore leur Mainte vie leur donne dans TEglise*
Enfin c'est une doctrine certaine en théologie que la purification des péchés ne dépend point de ces impuissances- ni de ces purgations, qu'on nomme passives, ou de ce purgatoire des mystiques anciens ou modernes dont nous parlerons cgi son lieu : et saint Augustin a démontré que sans sortir de la voie> commune , par le secours des aumônes , des oraisons et de la mortification chrétienne, « les fidèles même parfaits, qui ne » vivent pas ici sans péché, méritent d'en sortir » purs de tout péché : ut gui non vwunt sine pec- » cato , mer eantur hinc exire sine peccato ; parce » que 9 poursuit ce saint docteur , comme ils n'ont ^ pas été sans péché, aussi les remèdes pour les
(«) //. Tim. ni. 6.
B0SSU£T« XXYIL. I9
2go Instruction
31 expier ne leur manquent pas : quîa ut peccata » non defueruntj ita remédia quitus purgarenlur n affuerunt (') ».
Ceu3c-là donc qui se sont servis de ces expia* tions sont des âmes entièrement pures ^ qui par les voies ordinaires sortent sans péché de cette vie ; et s'il est vrai , comme l'établit et le prouve le même saint (fi) y que « la perfection delà justice » de cette vie consiste plus dans la rémission des » péchés que dans la perfection des vertus » : ce sont des justes parfaits qui purifiés de tout péché, comme il vient de dire y et ne laissant rien , entre Dieu et eux, capable de les séparer de sa vue; sans le secours de ces dons extraordinaires y sont admis d'abord à la vision bienheureuse conformément à cette parole : Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu (3). XXX. Cette doctrine convient , tant à la contempla-
Inatiliié , tion iufuse qu'à celle que les mystiques appellent ma^ëre^^dc ^^î^^^e, puisqu'elles ont toutes deux les mêmes la dûtinc- propriétés et lés mêmes effets. Le bienheureux lion entre la j^gj^ j^ \^ Croix suivi de tous les mystiques, de-
tion infuse et ^^^ï^^® *''oîs Caractères nécessaires et inséparaaccise. bles y ce en sorte qu'il faut les avoir du ïnoins tous » trois conjointement » , pour connottre si l'on est dans la voie mystique ; c'est-à-dire , comme il l'explique y s'il faut quitter « la méditation et les » actes des puissances y au moins ceux où il y a
(0 EpisU ad Hilar» oiim. lzxxix, nune clvii, cap, i, n. 3; iom. II, coL 543. Serm. clxxxi, n. 8; fom/T, eoL 870. .— (>) Dé perfect. Jusi, cap. xy, n. 33, etc» tom, x, coL i8a. -— i}) 3faUh» Y. 8.
SUR LES ÉTATS BOH/ilSOlSy LIVRE YH* âQl
» du discours (0». Or l'un de ces cai^actèreà est Timpuissance de faire ces actes : d'où il conclut que Ton ne peut en sûreté les abandonner , jusqu'à ce que la puissance de les. exercer manque tout-à-fait. Que si l'on dit qu'il ne parle que de ' la contemplation infuse^ je répondrai en premier lieu qu'il parle d'une sorte de contemplatioki qui résulte de Thabitude formée, et celle-là est Tacquise , ou il n'y çn a point de ce titre. Je dirai en second lieu que ce pieux contemplatif, sans distinguer la contemplation acquise d'avec ^'infuse^ parle en général de l'oraison de quiétude, et prononce décisivement « qu'il ne faut laisser la mé- » ditation que quand on ne. peut point s'en servir^ » et lors seulement que jiotre Seigneur J'^mpê- » cliera(^) ». Et pour ôter toute difficulté, Molinos, qu'on peut citer en ce lieii comme le'grand auteur des nouveaux mystiques, convient qu'il faut avoir la même marque pour être admis à la contemplation qu'il nomme acquise, que pour être reçu à celle qu'on nomme infuse (3). A son exemple , les nouveaux auteurs demeurent d'accord unanimement que l'oraison passive , acquise et infuse se fait en nous san$ nous : que personne ne s'y peut mettre, et enfin que cette impuissance d'exercer les actes de discours ou de propre réflexion et de propre effort , est ce signal de les quitter où un directeur expert tie se trompe pas (4) . Ainsi cette distinction de contemplation infuse
(0 Mont, du Carm* liv. ii, chap, i3, ;>. 72. — (*) Ohsc. nuir, Uv, I, ch* 10, pa^, 357.— (3)ilfo/m. Guide, Introd. sect,a,3,etc» — (4) Jlfojr» court, J. a4> p.i36, x38.
aga instructiow
ou act[uise ne sert de rien en cette occasion qa*à embrouiller la matière : ce qui fait aussi que noà faux mystiques oonviennent enfin que la contem-^ plation acquise ne diffère guère d'avec Tinfuse, qu elles se suivent de près^ si elles ne sont tout-à«fait inséparables y et qu elles ont toutes deux les mêmes caractères , c'est-à-dire ces impuissances auxquelles Thomme ne contribue rien, et où aussi il ne peut se mettre soi-même , ni y être mis autrement que par la puissante opération de Dieu^ lorsqu'il lui plait de tenir Tame dans sa dépendance d'une façon particulière : d'où il s'ensuit clairement que la perfection de la contemplation acquise y aussi bien que celle de l'infuse ^ n'appartient en aucune sorte à la grâce justifiante^ mais à ces dons gratuits qui de soi ne rendent pas l'homme meilleur ^ encore qu'ils puissent l'induire à le devenir : ce qui renverse par le fondement tout le système prétendu mystique des nouveaux docteurs*
SUR LES ÉTATS D*ORi.ISOIÏy LIVRE TTIU 29S