XXV. Pour montrer la conformité des spirituels
Doctrine pi^ui;^^^^ sera-t-il bon de toucher un mot du Eèrc
conforme du *-
PéreBaltasar Baltasar AWarez, dont le Père*du Pont a écrit ^ Al?arez : jus- « qu'il aimoit Dieu si purement, qu'il se privoit
w)it^ k ^ëX ** ïû^Dtt^ des consolations et délions qu'on a acgnation. Ja- » coutumé de sentir en l'oraison, se résignant à mais on n y ^ ^^ manquer pour contenter Dieu («) ». Et ce
asongépoar .,,.-* i a
le salut. saint homme, lui-même, au rapport tiu même
(>) j^m. de Dieu, Uy, iz, eh. 6. -* (*) Vie du P. Bail. ^Ivar. 4iap. %o, pag. 5^4* /^
Sm LES ÉTATS d'oraison, LIVRE VIII. îsS
ïère daPoDt (0, dit que « la consdlatian doit » être comme le rafraîchissement que le pëlerin » prend en passant dans une hôtellerie , non pour » y séjourner y mais pour paàser outre, avec plus 3> de courage 9 ; ce qui ne paroit pas être une Indifi!ârence à toute rigueur pour les consolations, mais une démonstration qu'on nj est point attaché.
Cette matière de la sainte résignation , est am- ^ plement traitée dans ce chapitre de la Vie du Père Alvarez et dans le suivant i'^). On y peut voir que ce saint religieuse ne Tétend jamais qu'aux prospérités et adversités, aux consolations et privations ; ïnais pour cette indifférence au salut , elle est entièrement inouie parmi les véritables serviteurs de Dieu.
Il est temps d'examiner en particulier, l'drai- xxyi. son de la vénérable et dis'ne mère de Chantai , ,^^"^7
avec la conduite du saint, dont Molinos, et après ter en par. lui tous les faux mystiques ont tant abusé. Dieu , „ *i<^»er de
, . ••■•v 1 . 1 . 1 oraison de
jqui voulait mener cette Mère par des voies admi- j^ vénérable râbles et extraordinaires , lui prépara de loin , mère de par les moyens qu'on sait , un grand directeur po*"^^- ^ en la personne du saint évêque de Genève, à qui il donna toutes les lumières nécessaires pour la guider dans cette voie ; en sorte que sa conduite noua peut servir de modèle pour los âmes qui se trouveront dans cette oraison.
Oi:, pour bi^ entendi:e cette conduite , outre les lettres du saint, nous avons dans la Vie de cette mère, quelques-uns de ses écrits, aVec ses
(0 Fie du P. Bail, Als^ar, ch. 5o , p. 555. — W Ibià. «. 5o , 5 1 .
3'ifi IITSTRUCTION
consultations et les réponses du Saint directeur, d'où résultent ces points importaus W.
Premièrement, que « cette oraison étoit d'a-< yi bandonnement général', et la remise de soi-( » même entre les bras de la divine Providence.
» Secondement, Famé ainsi remise s'oublioit » entièrement elle - même et rejetoit toute sorte » de discours , industrie , réplique , curiosités et 9 choses semblables n^
Nous avons vu que c'est là ce qui est^iappelé , par les spirituels, Toraison passive ou surnaturelle, non - seulement , quant à son objet , comme les attires oraisons, mais encore, quant à sa manière; Tame -n'agissant point par discours ni propre industrie, comme on fait ordinairement, mais par une impression divine.
De là il arrive,, en troisième lieu, que Tame tombe, comme on a vu, dans des impuissances de faire de certains actes qu'elle voùdroit faire, et ne peut. La Mère se plaigùoit souvent de ces im-»puissances, comme il paroît, tant par les lettres du saint évêque W, que par les propres paroles de cette vénérable religieuse, qui lie ttt^uve point de remède aux confusions, téhkbres et imptds^ sauces de son esprit (3) , jusqu'à ce ^'il se soit uni à Dieu et remis entre ses bras miséricordieux^ sans actes, dit-elle (4), carjen^en puis faire, xxviT. Je m'arrête ici un moment , pour cèttjurer les ment nc'ces- g^^^s du monde de ne point traiter ces états, Me
(') Vie de Chant, II. part. ch. 7. — (*) ZiV. iv, dp. ï 3. Lw, v» ép. I. — (^) Lh, vir, ep, a3, etc. — CO Ecrit de la M, de Ch' Vi^ U. pdrt, ch, 24.
SVJi tÊS ÉTATS XiOJUAlSONy LIVRE VIIÏ. 827
vision^ et de rêveries. Doutent-ils que Dieu , qui est admirable dans toutes ses œuvres , et siugulièrement admirable dans ses saints , n ait des moyens particuliers inconnus au monde , de se communiquer à ses amis , de les tenir sous sa main ^ et de leur faire sentir sa doucç souveraineté? Qu'ils craignent donc, en . précipitant leur jugement d'encourir le juste reproche que fait l'apôtre saint Jude à ceux çui blasphèment ce qu'ils ignorent (0 ; et pour les tenir dans le respect envers les voies dé Dieu, je dirai:
En quatrième lieu, que cette oraison fut exa* minée, non-seulement par saint François de Sales, un évéque d'une si grande, autorité ,*tant par sa doctrine, que par sa ^aifite vie, et qui étoit en cette matière sans contestation le premier homme de son siècle , mais encore par les gens les plus éclairés de son temps ; ce qui fait dir^ à ce saint 4évêque , en écrivant à la Mère W : « Votre orai* » son de sipiple remise en Dieu, est extrêmement » sainte et salutaire, il n'énfaut jamais douter^ >y elle a tant été examinée, et toujours l'on a » trouvé que notre Seigneur vous vouloit en cette » manière de prières : il ne faut donc plus autre -3» chose que d'y continuer doucemerït ».
Nous avons vu que c'était pour expliquer cette oraison , qu'il a introduit sa statue (^) , à qui il djonne véritablement la vie et l'intelligence, mais nul propre mouvement ; parce qu'elle est sous la main de Dieu , poussée plutôt qu'agissante. Dieu , qui lui a donné ses puissances intellectuelles, les
{*)Jud. 10. — (») Viede Chant, Uif.yu,ép. i'3^*'^'?)Lw,u,ép.^'^.
saire aux gens du mon^ de, et suite de la matière commenoée.
Que c'est .
pour cette oraison , et
pour cette Mère que le
saint avoit introduit la
comparaison peut Suspendre oa lier autant quHl lui platt , et
de la suuie. ^^^3 j^ yolonté , qui est la plus libre et la plus
indépendante de toutes, mais néanmoins toujours
très-parfaitement sous la main de son Créateur (0 ,
qui en fait sans réserve, tout ce qu'il lui plaît,
comme il fait en tout et partout ce qu'il veut
dans le ciel et dans la terre.