‹ Œuvres de Bossuet, évéque de MeauxChapitre 50 sur 109 · I. Pour favoriser cette doctrine inouie de Tindif · texte numérisé non relu

I. Pour favoriser cette doctrine inouie de Tindif

[Dcs suppo- f^i-euce du salut ; on allègue ce passage de ^aint

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possibles, Françoîs de Sales (0 : « Que le bon plaisir de Dieu par lesquel- » est le souverain objet de Tame indifférente , eu

les le saint « n • •. • if r i

cvémie ex- * Sorte qu elle aimeroit mieux 1 enfer avec la voprimerezcés » lonté de Dieu y que le paradis sans la volonté de 1 amour. ^ j^ jj.^^ . ^^j ^^^^ jj pr^ffereroit l'enfer au

» paradis ^ s'il savoit qu'en celui-là il y eût uu » peu plus du bon plaisir divin qu'en celui-ci; M en sorte que , si par imagination de chose im- - » possible , il savoit que sa damnation fût un peu » plus agréable à Dieu que sa salvation , il quit- » teroît sa salvation et courroit à sa damnation o» Il répète la même chose presqu'en mêmes termes dans un de ses Entretiens W y et il dit encore ailleurs (3) « qu*une ame vraiment parfaite et )) toute pure n'aime pas même ce paradis /sinon » parce que Fépoux y est aimé, mais si souverai- » nement aimé en son paradis , que s'il n'avoit » point de paradis y il n'en seroit ni moins aima- » ble, ni moins aimé par cette courageuse amante, » qui ne sait pas aimer le paradis de son époux , » mais son époux de paradis »• Ces tendres ex*

(0 Am, de Dieu, liv. ix, ck, 4. — W ErOreU 11, pag, 8o4. *- (3) Ain, de Dieu, lif, z, ck. 5.

SUR LES ÉTiffS -DO^klSOVy LITRE IX. 347

pressions , comme onies voit dans tous ses écrits, lui sont communes avec plusieurs saints dès Tori* gine du cliHstianisme^ et nous en* verrons Tusage ; à présent ce qu^en infèrent les nouveaux mystiques, c'e$ que le juste parfait est représenté entre le paradis et Fenfer, comme indifii^rent par luimême à Tun et à Fautre : mais c'est précisément tout le contraire qu'il faudroit concllire. Ori seroit , dit-on , indifférent si le bon plaisir dé Dieu ne déterminoit ; mais c'est aussi pour cela qu'à cause qu'il détermine on ne l'est plus^ et on ne peut l'être. Ainsi cette indifférence est impossible dansThomme, puisque la seule chose qui la pourroit faire y c'est-à-dirdiy la séparation du bon plaisir de Dieu d'avec le paradis , ne peut pas être. De cette sorte ^ parce qu'il est vrai qu'on n'aime, comme on vient de voir, le paradis j sinon parée ijue l'époux y est aimé (<}, il faut conclure non point que le paradis soit indifférent ;, ce qui , avant nos mystiques , n'est jamais sorti d'une bouche chrétienne ; mais au contraire, que le paradis n'est ni ne peut être indifférent , parce que ni il n'est, ni il ne peut être que le saint époux n'y soit point aimé. C'est là aussi l'excellente et légitime conséquence que tiroit notre saint évêque de ce beau principe, puisqu'en disant que la bienheureuse étertiîté « ne lui seroit rien , si ce n'étoit cet 3> amour invariable et toujours actuel de ce grand » Dieu qui y règne toujours (^)», il dit en même temps , <c qu'il n'a su penser à autre chose » qu'à cette bienheureuse éternité; de sorte que loin

(0 jim, de Dieu, ItV. x, ck, 5.— W Lw, vu, e^. 3o.

d'iofér^i: qu eUe lui est indifÇ^rei^tp, ^l assure di-: i:çcteimei^t ^|f çQu^rairç q^i'il a'a pu j^ïjçç ocQppé que de cet objet.

. On dira que nps mystiques; ne Tent^n^ent pas. autrement y qu ils savent bien coi^me j^ojç^ qi\^ I4 séparation de Dieu d'avec s^on par^flis est iippp^* sible y et eq^n qi^'il l^^r f^ut lai^^r |ppfs amoureuses extrav^gapç€^. Je 1q veu^ , s'ils n en font point un inauvais usager JD[iais ils b^f issent , sur cette phim^re d'indi^er^ncQ , dç très-^f é^es pratiques, puisqu'il^ trouvent intéressé et au-dessous d'eux , ou en (oi^t cas incompatible avec la perfection, de désirer ni de demander à Dieu pour eux-mêmes la gloire éternelle^ qyioiq^ çUe ne soit autre chose que lavénement de son règn^ - çt parlà ils séparent Fidée d'^ims^ble et de désirable d'avec celle de la patrie céleste ; ce qui emporte; toutes les froideurs que nous avpn^ remarquées dans ces âmes sèches et superbe^.

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