‹ Œuvres de Bossuet, évéque de MeauxChapitre 56 sur 109 · XXV. Pour recueillir ce raisonnement ^ et le faire voir · texte numérisé non relu

XXV. Pour recueillir ce raisonnement ^ et le faire voir

Quatrepco- -, n .1

posiiions ar- ^^oame d un coup d œil y nous arrangerons quaUe

rangées, qui propositions. ,

l«*™érité*des ï • L^ manière d'agir naturelle et ordinaire est deux chapi- de discourir et d'exciter sa volonté par des réirc? précé- flexious et des représeiitatipns intellectuelles des motifs dont elle est touchée.

a. Cette manière d'agir n'est pas absolument nécessaire à la piété : ou peut agir par la seule foiy,qui de sa nature n'est pas discursive , et c'est . ce qui fait la contemplation.

3. Dieu y qui est le maître de l'ame, peut encore la pousser plus loin, en sorte que non-seulement elle n'use jplus de discours ;, mais même qu'elle ne

(0 Ps. XCIY. 2.

SUR LES ÉTATÎS d'orAISOW, LIVRE X. 445

puisse plus en user, qui est ce qu'on appelle la suspension des puissances y ou Foraison et con«^ templation passive , infuse et surnaturelle.

4* La contemplation ni active ni passive y n'est que passagère et comme momentanée en cette vie j et n'y peut être perpétuelle. Mous avons pose ces principes^ selon saint Thomas (0; et la conr clusion de tout cela est que si certains actes, comme les demandes, les actions de grâces et ceux de foi explicite sur certains (^jets, cessent pour un temps dans Toraison et recueillement actuel^ on lès retrouve en d'autres momens, comme nous l'a enseigné le docte Père Baltasar Alvarez C^); eh sorte que la suspension n'en est jamais absolue , quoi qu'en disent les faux mystiques, en qudque état quece soit.

Nous avons aussi remarqué que le B. P. Jeat^ de la Ooix, en parlant des,états perpétuellement passifs, ne trouve personne à y mettre que la sainte mère de Dieu (3).

Pour aller jusqu'au principe, nous avons mour trë (4), par saint Thomas, i/uun acte cùntinuel de contemplation et d'amour est un acte des bienheureux : et par saint Augustin, que si ces mo^ mens heureux de contemplation pouvoient durer, ils deviendroient quelque chose qui ne seroit point cette vie : ce qu'il répète si souvent efren tant de façons, qu'il est inutile d'en rapporter les passages. En voici un qui me vient, sur ce verset du psaume XLi : Moname, pourquoi me titoublez^

0) Gi-dessiUy Uv, i, n. ào$ et Iw* x» n. i6. -— («) Ci -dessus , //[K. y II 9 n. lo. — (3) ibi^, n. si4* — (^) Gi-dessnSy ItV. i, n. ao.

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vous? « Nous avons senti avec joie la douceur » intérieure de la véi^ité : nous avons vu des jeux 2> de l'esprit y quoiqu'en vassaux et EAFUiEXBBTy » je ne sais quoi d'imniuable : pourquoi donc me » troublez -vous encore? Et Famé répond dans » le silence : Quelle auti^e raison puis-je avoir de s> vous troubler, sinon que je ne suis pas encore 2> arrivée au lieu où se trouve cette daacaur qui » m'a ravie en passant » . Voilà ce qu'on sent ; voilà ce qu'on aime dans l'acte de contemplation , toujours passager en cette vie. Cent endroits sem* blables des autres Pères de pareille autorité enrichiroient ce chapitre , si la vérité dont il s'agit n'étoit pas constanfe.

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