‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 103 sur 273 · XI · texte numérisé non relu

XI

Dans cette auguste journée en laquelle le Père céleste avait résolu d'associer la divine vierge t sa génération étemelle, en la faisant mère de son Fils unique; comme il savait, chrétiens, que la fécondité de la nature n'était pas capable d’atteindre è un ouvrage si haut, il résolut aussi tout ensemble de lui communiquer un rayon de sa fécondité infinie. Aussitôt qu’il l’eut ainsi ordonné, cette chaste et bénite créature parut tout d’un coup environnée de son Saint-Esprit, et couverte de toutes parts de l’ombre de sa vertu toute-puissante. Le Père étemel s’approche en personne, qui ayant engendré en elle ce même Fils toutpuissant qu’il engendre en lui-même devant tous lessiècles ; parun miracle surprenant, une femme devient la mère d'un Dieu, et celui qui est si grand et si infini, si je puis parler de la sorte, qu’il n'avait pu jusqu'alors être contenu que dans l'im-

■ Ctal, T, S.

mensité du sein paternel , se trouve en un Instant renfermé dans ses entrailles bienheureuses.

Cependant comme Dieu lui-même avait entrepris la formation de ce corps dont le Verbe devait être revêtu, la nature et la convoitise, qui ont accoutumé de s’unir dans les conceptions ordinaires , eurent ordre de se retirer ; ou plutôt la convoitise, déjà éloignée depuis fort longtemps du corps et de l’esprit de Marie, n’osa pas seulement paraître dans ce mystère de grâce et de sainteté : et pour ce qui est de la nature , qui est toujours respectueuse envers son auteur, elle n’avalt garde de mettre la main dans un ouvrage qu'il entreprenait d’une manière si haute ; mais s’arrêtantâ considérer, non sans un profond étonnement, cette nouvelle manière de former et de faire naître un corps humain, elle crut que toutes scs lois allaient être à jamais renversées. C'est à peu près, chrétiens, ce qui s’accomplit aujourd’hui dans les entrailles de la sainte Vierge, et ce qui nous oblige de noos écrier avec cette femme de notre évangile , qu'elles sont vraiment bienheureuses. Mais comme le fond d’un si grand mystère est entièrement impénétrable, je n’ose pas seulement penser à vous en donner l’explication : et je me contenterai, chrétiens , de demander humblement à Dieu, qu’il lui plaise me donner ses saintes lumières, pour vous faire entendre les fruits inflois qui en reviennent à notre nature : encore cette grâce est-elle si grande, que je n’ose pas espérer de l’obtenir de moi-même.

Ce n’est plus une femme particulière; c’est toute l'Église catholique, qui, adorant aujourd’hui le Verbe divin incarné dans les entrailles de la sainte Vierge, s’écrie avec transport que ces entrailles sont bienheurenses, dans lesquelles s’est accompli un si grand mystère. Je me propose de vous faire entendre, autant que ma médiocrité le pourra permettre , la force de cette parole ; et comme le bonheur de la sainte V ierge ne consiste pas seulement dans les grâces qui lui sont données , mais dans celles que nous recevons par son entremise , je vous expliquerai , si Dieu le permet, le miracle qui s'est fait en elle pour notre commune félicité ; afin que vous compreniez avec combien de raison ses entrailles sont appelées bienheureuses. Je suivrtd dans cette matière les traces que saint Augustin nous a marquées , et je réduirai à trois chefs ce qui s'opère aujourd’hui dans la sainte Vierge. • Regardez, dit ce saint

• évêque , cette chaste servante de Dieu , vierge

• et mère tout ensemble : » Attende ancillam illamcastam, et virginem et matrem. • C’est lâ - que le Fils de Dieu a pris la forme d’esclave, . c'est là qu’il s'est appauvri , c’est là qu’il a ei>

DE L’ANNONCIATION

• richi lesbommes ; > Itnaccepit Jormam servi... ibi se pauperavit , ibi nos dilavit VoilA trois choses, mes sœurs , que cette sainte journée a vues s'accomplir dans les entrailles de la sainte Vierge, l'humiliation, l'appauvrissement; permettez-moid'userdc ce mot, la libéralité du Verbe fait chair. Il y a pris la forme d'esclave, voilà qui marque l'humiliation ; il y a pris notre pauvreté , vous voyez comme il s'est ainsi appauvri lui-méme; il nous a communiqué ses richesses, c'est par là qu'il a exercé sur nous sa lihéralité inllnie. Ce sont, mes sœurs, les trois grands ouvrages dans lesquels saint Augustin a cru renfermer tout ce qui s'accomplit aujourd’hui.

Et en effet, si nous entendons l'ordre et l'économie du mystère , nous verrons que tout est compris dans ces trois paroles : car, pour remonter jusqu'au principe, ce Dieu, qui prend une chair humaine dans le ventre sacré de Marie , ne se charge de notre nature, que dans le dessein de la réparer; et pour cela trois choses étaient nécessaires, de confondre notre orgueil , de relever notre bassesse, d'enrichir notre pauvreté. Il fallait confondre l'orgueil , qui était la plus grande plaie de notre nature, et le plus grand obstacle à la guérison ; et pour cela est-il rien de plus efflcace que de voir un Dieu rabaissé jusqu’à prendre la forme d’esclave ? Mais l'ouvrage de notre salut n’est pas encore achevé, et l’orgueil étant confondu , il faut encourager la faiblesse ; de peur que notre nature , n’étant plus occupée que de son néant , u'osàt pas même s'approcher de Dieu, ni même regarder ie ciel, et au lieu qu'elle se perdait par l’orgueil, elle ne périt encore plus par le désespoir. Pour lui donner du courage, 1 Dieu se fait pauvre , dit saint Augustin ’ ; de

• peur que l'homme pauvre, et misérable , étant

• effrayé par l'éclat et la pompe de ses richesses ,

• n'ose pas s'approcher de lui avec sa pauvreté

• et sa misère : • AccepUpaupertatem nostram, ne divitias ejus expavesceres, et ad eum aecedere cum tua paupertate non auderes.

Ayant donc ainsi relevé notre courage abattu , que reste-t-il maintenant à faire, sinon qu'il rende le bien à ceux auxquels il a déjà rendu l’espérance? et c'est ce qu'il fait, se donnant à nous avec ses trésors et ses grâces par son incarnation bienheureuse; par où vous découvrez maintenant la suite des paroles de saint Augustin, et tout ensemble l’ordre merveilleux du mystère qui s’accomplit en ia sainte Vierge. O entraiiles vraiment bienheureuses, dans lesquelles la nature humaine reçoit tant de grâces N Là un Dieu ' a pris la forme d’esclave , > alln de confondre

* In Pa. a, Serm. I, n* I . I. lY, col IMS.

* Vil supra.

notre orgueil : Ibi accepit formam servi; « là « un Dieu s'est revêtu de notre indigence, > afin d’encourager notre bassesse: ibi se pauperavil,

• là on Dieu se doune lui-méme avec tous ses

• biens, > afin d'enrichir notre pauvreté : ibi nos ditavit. Dieu me fasse la grâce , mes sœurs , d’expliquer saintement ces trois vérités, qui feront le partage de ce discours ?

PREHIEB POIXT.

Tous les saints Pères ont dit, d'un commun accord, que l'orgueil était le principe de notre ruine; et la raison en est évidente. Nous apprenons, par les saintes Lettres, que le genre humain est tombé par l'impulsion de Satan. Cet esprit superbe est tombé sur nous : comme un grand bâtiment qu’on jette par terre, qui en accable un moindre sur lequel il tombe; ainsi cet esprit superbe, en tombant du ciel, est venu fondre sur nous, et nous enveloppe aprèslui dans sa ruine. En tombant sur nous de ia sorte, il a, dit saint Augustin, imprimé en nous un mouvement semblable à celui qui le précipite lui-même : Vnde cecidit, inde dejecit '. Étant donc abattu par son propre orgueil, il nous a entraînés, en nous renversant, dans le même sentiment dont il est poussé , de sorte que nous sommes superbes aussi bien que lui, et c’est le vice le plus dangereux de notre nature. Je dis le plus dangereux ; parce que ce vice est celui de tous qui s’oppose le plus au remède , qui éioigne le plus la miséricorde : car l’homme étant misérable , il se serait rendu aisément digne de pitié s'il n'eût été orgueilleux. Il assez naturel d'user de clémence envers un malheureux qui se soumet ; • mais est-il rien de

• plus indigne de compassion qu'un misérable « superbe, quijoint l'arrogance avec lafaibicsse?- Quid tam indignum miserieordia quam superbus miser ' ? C'était l'état où nous étions ; faibles et altiers tout ensemble. Impuissants et audacieux. Cette présomption fermait la porte à la clémence : ainsi , pour soulager notre misère , il fallait avant toutes choses guérir notre orgueil ; pour attirer sur noos la compassion , il fallait nous apprendre l'humilité : c’est pourquoi un Dien s'humilie dans les entrailles de la sainte Vierge, et y prend aujourd’hui la forme d'esclave : Ibi accepit formam servi.

C’est ici qu’il làut admirer la méthode dont Dieu s’est servi pour guérir l’arrogance humaine; et pour cela il est nécessaire de vous expliquer la nature de cette maladie invétérée ; je suivrai les traces de saint Augustin, qui est celui des saints Pères qui l'a mieux connue. L’orgueil , dit saint

• Srrm. CLxm , n* 8 , t. T, col. 788.

> 5. de Liber, lU). III . n* 29, 1 1 , COl 892.

POUR LA FÊTE

Augustin , est une fausse et pernicieuse imitation de ia divine grandeur ; Perverse te imitantur qui longe se a te faciunt, et extoltunt se adversum te' : ' Ceux qui s'éiëvent contre vous , vous « imitentdésordonnément. •'Cetteparoleestpieine de sens; mais une belle distinction du même saint Augustin nous en fera entendre le fond. Il y a des choses , dit-il * , où Dieu nous permet de l'imiter, et d’autres où il le défend. Il est vrai que ce qui l'excite à la jolousie, c'est lorsque l'homme se veut faire Dieu et entreprend de lui ressembler; mais il ne s’offense pas de toute sorte de ressemblance.

Car premièrement, chrétiens, il nous a faits son image; nous portons empreints sur nousmêmes les traits de sa face et les caractères de ses perfections. Il y a de ses attributs dans lesquels il n'est pas jaloux que nous tâchions de lui ressembler; au contraire, il nous le commande. Par exemple , voyez sa miséricorde ; dont il est dit dans son Écriture, qu’elle « éclate par-dessus « ses autres ouvrages > : > il nous est ordonné de nous conformer à cet admirable modèle ; Estote miséricordes, sicut et Pater rester misericors est*: - Soyez miséricordieux , comme votre Père • est miséricordieux. • Dieu est patient sur les pécheurs ; et les invitant â la pénitence , Il fait luire en attendant son soleil sur eux ; il veut que nous nous montrions ses enfants, en imitant cette patience à l’égard de nos ennemis : Ut sitis jilii Patris vestris^. Ainsi comme il est véritable, vous pouvez l'imiter dans sa vérité ; il est juste, vous pouvez le suivre dans sa justice ; il est saint , et encore que sa sainteté semble être entièrement incommunicable , il ne se fâche pas néanmoins que vous osiez porter vos prétentions jusqu’à l’honneur de lui ressembler dans ce merveilleux attribut : au contraire, il vous le commande : Sancii estote, quoniamegosanctussum^ : • Soyez « saints , parce que je suis saint >

Quelle est donc cette ressemblance qui lui cause tant de jalousie? c’est lorsque nous lui voulons ressembler dans l’honneur de l’indépendance; en prenant notre volonté pour loi souveraine, comme lui-même n’a point d’autre loi que sa volonté absolue : c’est sur ce point qu’il est chatouilleux , c’est là l’endroit délicat ; c’est alors qu’il repousse avec violence tous ceux qui veulent ainsi attenter à la mqjesté de son empire. Soyons des dieux, il nous le permet, par l’imitation de sa sainteté, de sa justice, de sa pa-

* Conf. Ub. Il , cap. Tl , I. I. col. m.

> in Pi. W», Srrw. il, n* 8, l- IV. col. 737, 738.

5 Pi. eXUT. 9.

♦ Luc. Tl . 30.

à .V'fi/A. T. 46.

b XIX, 7.

tience , de sa miséricorde toujours bienfaisante : quand il s’agira de puissance , tenons-nous dans les bornes d’une créature; et ne portons pas nos désirs à une ressemblance si dangereuse.

Voilà, mes sœurs, la règle immuable qui distingue ce que nous pouvons et ce que nous ne pouvons pas imiter en Dieu. Mais, 6 voies corrompues des enfants d’Adam ! ô étrange dépravation de notre cœur! nous renversons ce bel ordre: dans les choses où il se propose pour modèle , nous ne voulons pas l’imiter; en celle où il veut être unique et inimitable , nous entreprenons de le contrefaire. Car si nous l’imitions dans sa sainteté, le prophète se serait-il écrié : . Sauvez-moi, Seigneur, « pareequ’il n’y a plus de saints sur la terre '? > si dans sa fidélité ou dans sa justice, le prophète Michée dirait-il : • Il n’y a plus de droiture parmi « les hommes; le grand demande, et le juge lui

• donne tout ce qui lui platt : il n’y a plus de foi

• parmi les amis, la terre n’est pleine que de

• tromperie *7 . Ainsi nous ne voulons pas imiter Dieu dans ces excellents attributs dont il est bien aise de voir en nous une vive image : cette souveraineté, cette indépendance où il ne nous est pas permis de prétendre , c'est à cela que nous attentons , c’est ce droit sacré et inviolable que nous osons usurper.

• Car comme Dieu n’a personne au-dessus de

• lui , qui le règle et qui le gouverne, nous vou-

• Ions être , dit saint Augustin ^ , les arbitres sou-

• veraius de notre conduite; .ailn qu’en secouant le joug , en rompant les rênes, en rejetant le Dein du conunandement qui retient notre liberté égarée, nons ne relevions point d’une autre puissance , et soyons comme des dieux sur la terre, A sœculo confregisti jugum meum, rupisti vincula mea, et dixisti : l\'on serviam* : • Vous > avez brisé mon joug depuis longtemps, vous

• avez rompu mes liens , et vous avez dit : Je ne . servirai point. • Par ce désir et cette fausse opinion d’indépendance, nous nous irritons contre les lois ; qui nons défend nous incite ; comme si nous disions en notre cœur : Quoi , on veut me commander I Et n’est-ce pas ce que Dieu luimême reproche aux superbes sous l’image du roi de Tyr : • Ton cœur s’est élevé , et tu ns dit : Je . suis un dieu ; et tu as mis ton cœur comme le

• cœur d’un dieu : » Dedisti cor tuum quasi cor dei*; tu n’as voulu ni de règle, ni de dépendance : tu t’es rempli de toi-même , et tu t’es attribué toutes choses; lorsque tu as vu ta fortune

' Pi. VI, I.

* Uieh. TU, S, S, 6.

> lit Pi. LVI, Srrin. U , n" 0, 1. I», col. 7*1.

* Jmm. 11,70.

* giech. VVTIil, 2.

DE L'AN^iO^CIATIO^.

bien établie par ton adresse et par ton intrigue , tu n’as pas Âit réflexion sur la main de Dieu et tu as dit avec Pharaon : • Ce fleuve est à moi , • tout ce grand domaine m'appartient ; c’est le fruit de mon industrie ,■ et je me suis fait moi-mème : > Meus est fluvius, et ego feci memetipsum'7

Ainsi notre orgueil aveugle nous érige en de petits dieux. Eh bien, A superbe, A petit dieu, voici le grand Dieu vivant qui s’abaisse pour te confondre : un homme se fait dieu par orgueil , un Dieu se fait homme par humilité; l’homme s’attribue faussement la grandeur de Dieu, Dieu prend véritablement le néant de l’homme. Car considérons, chrétiens, ce qui s’accomplit en ce jour dans les entrailles bienheureuses de la sainte Vierge : là un Dieu s’épuise et s’anéantit, en prenant la forme d’esclave; afln que l’esclave soit confondu , quand il veut faire le maître et le souverain. O homme , viens apprendre à t’humilier; homme, pécheur, superbe, humilié et honteux de ton orgueil même ; homme, quoi de plus infirme ? pécheur , quoi de plus injuste ? superbe , quoi de plus insensé ?

Mais voici un nouveau secret de la miséricorde divine : elle ne veut pas seulement confondre l’orgueil, elle a assez de condescendance pour vouloir en quelque sorte le satisfaire ; car il a fallu donner quelque chose à cette passion indocile , qui ne se rend jamai.s tout A fait. L’homme avait osé aspirer à l’indépendance divine : on ne peut le contenter en ce point; le trône ne se partage pas, la Majesté souveraine ne peut souffrir d’égal. Mais voici un conseil de mistricorde qui sera capable de le satisfaire ; si nous ne pouvons ressembler à Dieu dans cette souveraine indépendance, il veut nous ressembler dans l’humilité : l’homme ne peut devenir indépendant; un Dieu , pour le contenter, deviendra soumis : sa souveraine grandeur ne souffre pas qu'il s’abaisse tant qu’il demeurera dans lui-méme; cette nature infiniment abondante ne refuse pas d'aller à l'emprunt , pour s’enrichir par l’humilité :• afln, dit saint Augustin, que l’homme qui

• méprise l’humilité, qui l’appelle simplicité et

• bassesse quand il la voit dans les autres hommes,

• ne dédaignât plus de la pratiquer eu la voyant

• dans un Dieu , ■ ut vel sic superbia generis humant non dedignare.tur segui vestigia Dci‘. Voilà le conseil de notre Dieu pour guérir l’arrogance humaine : il veut arracher du fond de DOS cœurs cette fierté indocile qui ne veut rien voir sur sa tête; qui nous fait toujours regarder ceux qui sont soumis avec dédain,crux qui dominent avec envie; qui ne peut souffrir aucun joug

' Ezerh. i»n , 3.

• In P$. X&tlll, Knarrat. I, t»“ 4, l. IV, rj. 'iHi.

— T- lli.

ni céder à aucunes luis, |vis même à celles de Dieu. C’est pourquoi il n’y a liassesse , il n’y a servitude où il ne descende ; il s'abandonne luiméme à la volonté de son l’ére.

Mais pesons davantage sur cette parole : il a pris la nature humaine qui l’oblige à être sujet , lui qui était né souverain. Il descend encore un autre degré: il a pris la forme d’esclave, parce qu’il a paru comme pécheur, qu’il s’est revêtu lui-même de la ressemblance de la chair de péchr , qu'en cette qualité il a porté sur lui des marques d'esclave, par exemple la circoncifion , et qu'il a mené une vie servile : A'on vend ministrari, sedministrare’ : • Il est venu non pour être servi,

• mais pour servir. > Il s’abaisse beaucoup plus bas : il a pris la forme d’esclave, parce qu’il est non-seulement semblable aux pécheurs, mais qu’il est la victime publique pour tous les pécheurs. Dés le premier moment de sa conception , « en entrant au monde , dit le saint apôtre , il s’est

• mis en cet état de victime; il a dit : Je viens, A

• mon Dieu , pour faire votre volonté : • Ingrediensmundumdicit ... Ecce venio... utfaciaw, Deus, vo/unlatem tuam ’.

Mais peut-être qu’en se soumettant à la volonté de son Père, vous croirez qu’il veut s’exempter de dépendre de la volonté des hommes. INon , mes frères, ne le croyez pas; car la volonté de. son Père est qu’il soit livré comme une victime a la volonté des hommes pécheurs, à la volonté île l’enfer : sed hœc e.st hora vestrn , et potestas tenrbrarum > mais e’est ici votre heure et la puis-

• sanec des ténèbres. • Il n’a pas attendu la croix , pour faire cet acte de soumission; - il l’a fait en

• entrant dans le monde : - /iigrediens mundum dicit. Marie a été l’autel ou il s’est premièrement immole ; Marie a été le temple ou il a rendu a Dieu ce premier hommage , ou s’est vu la première fois ce grand et admirable spectacle d'un Dieu soumis et obéissant jnsqu’a se dévouer a la mort , jusqu’à se livrer aux péclieurs , et à l'enfer même , pour faire de lui à leur volonté. Pourquoi ect abaissement? Je vous ai déjà dit, mes sœurs, que c’est pour confondre l’orgueil.

A la vue d’un abaissement si profond , qui ixnirrait refuser de se soumettre? Vous vivez, mes sœurs, dans une conduite qui vous doit faire trouver la soumission non-seulement fructueusi' , mais encore douce et désirable : mais quand vous auriez à souffrir un autre gouvernement, de quelle obéissance pourriez-vous vous plaindre en voyant à la volonté de quels hommes se dévoue aujourd'hui le Sauveur des âmes : A celle du

* UiittS. VV. SK-

’ H. Sr. V , r. . 7.

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