‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 117 sur 273 · DE L’ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

DE L’ASSOMPTION DE LA SAINTE VIERGE

Les vertu* de Marie , le plot bel ornement de ton triomphe. L'aiuour divin , principe de u mort Nature et transport de ton amour : de quelle sorte cet amour lui a donné le coup de U mort. Désirs que nous devons avoir de nous réunir à Jésus* Christ. Merveilles que la sainte rirgiolté opère en Marie : effets de cette vertu dans les vierges clirélienncs. Comment rhumilité chrétienne semble-t'elle avoir dépouillé Marie de tous scs avantages, etks lui rend-elle tous éminemment. Prière à Morte pour noos obtenir celte vertu essentielle.

Quæ est istn qtur ascendit de deserto, dclicîis alUuens, inoixn super dilectum strom?

est ceUe<i qui s'élève du désert» pleine de dcHcest appuyée sur son bien*aiméè Caot, viii,

Il y a un enchainementadmirable entre les mystères du christianisme; et celui que nous celé-

' Jnan. 1, 3.

* I. 7Vss. IV, 4. II. Cor. iv, 7.

* D. Dé/orls a loséré ici mal a propos un Précis de sermon sur la Présentation de léSAU-Christ. Le raaouscrit ludique

brous, a une liaison particulière avec l’incarnation du Verbe étemel. Car si la divine Marie a reçu autrefois le sauveur Jésus, il est juste que le Sauveur reçoive à son tour l’heureuse Mzurie; et n’ayant pas dédaigné de descendre en elle, il doit ensuite l'élever à soi pour la faire entrer dans sa gloire. Il ne faut donc pas s'étonner, mes soeurs, si la bienheureuse Marie ressuscite avec tant d’éclat, ni si elle triomphe avec tant de pompe. Jésus à qui cette Vierge a donné la vie, la lui rend aqjonrd’hni par reconnaissance : et comme il appartient A un Dieu de se montrer toujours le plus magnifique; quoiqu’il n’ait reçu qu'une vie mortelle , il est digne de sa grandeur de lui en donner en échange une glorieuse. Ainsi ces deux mystères sont liés ensemble ; e* afin qu’fl y ait un plus grand rapport, les anges Interviennent dans l’un et dans l’autre , et se réjouissent aujourd’hui, avec Marie, de voir une si belle suite du mystère qu’ils ont annoncé. Joignonsnous, mes très-chères soeurs, à cette pompe sacrée : mêlons nos voix A celles des anges, pour loner la divine Vierge; et de peur de ravilir leurs divins cantiques par des paroles humaines, laisons retentir jusqu'au ciel celles qu’un ange même en a apportées ; Ave, Maria.

I.e ciel , aussi bien que la terre , a ses solennités et ses triomphes, ses cérémonies et ses jours d’entrée , ses magnificences et ses spectacles; ou pIntM la terre usurpe ces noms, pour donner quelque éclat A ses vaines pompes ; mais les choses ne s’en trouvent véritablement dans toute leur force , que dans les fêtes augustes de notre céleste patrie , la sainte et triomphante Jérusalem. Parmi ces solennités glorieuses , qui ont réjoui les saints anges et tous les esprits bienheureux; vous n'ignorez pas, mes sœurs, que celle que nous célébrons est l'une des plus illustres, et que sans doute l'exaltation de la sainte Vierge dans le trAne que son flis lui destine doit faire l’un des plus beaux jours de l’éternité ; si toutefois nous pouvons distinguer des jours dans cette éternité toujours permanente.

Pour vous expliquer les roagniflcences do cette célèbre entrée, je pourrais vous représenter le concours, les acclamations, les cantiques de réjouissance de tous les ordres des anges, et de toute la cour céleste : je pourrais encore m’élever plus haut , et vous faire voir la divine Vierge présentée par son divin fils devant le trAne du Père pour y recevoir de sa main une couronne

aas« qa'U a|q>artieot à U Prâcslation <te la sainte Vierge; et le telle le prouve évidemment. Nous l’avons placé riHles> MS sous ce titre. ( Édit, de fertaitlet. )

SUR L ASSOMPTION

de gloire immortelle ; spectacle vraiment auguste , et qui ravit en admiration le ciel et la terre. Mais tout ce divin appareil passe de trop loin nos intelligences : et d'ailleurs comme le ministère que j’exerce m’oblige , en vous étalant des grandeurs , de vous chercher aussi des exemples, je me propose , mes sceurs , de vous faire paraître l’heureuse Marie suivie seulement de ses vertus, et toute resplendissante d'une suite si glorieuse. En effet, les vertus de cette Princesse, c'est ce qu’il y a de plus digne d’être regardé dans son entrée. Ses vertus en ont fait les préparatifs, ses vertus en font tout l’éclat, ses vertus en font la perfection. C'est ce que ce discours vous fera connaître ; et afin que vous voyiez les choses plus distinctement , voici l'ordre que je me propose.

Pour faire entrer Marie dans sa gloire, il fallait la dépouiller, avant toutes choses, de cette misérable mortalité, comme d’un habit étranger : ensuite il a fallu parer son corps et son âme de l'immortalité glorieuse, comme d'un manteau royal et d'une robe triomphante : enfin , dans ce superbe appareil , i I la failai t placer dans son trône , au-dessus des chérubins et des séraphins, et de toutes les créatures. C’est tout le mystère de cette journée; et je trouve que trois vertus de cette Princesse ont accompli tout ce grand ouvrage. S'il faut la tirer de ce corps de mort, l'amour divin fera cet office. La sainte virginité, toute pure et tout éclatante, est capable de répandre jusque sursacbairia lumière d'immortalité, ainsi qu'une robe céleste : et après que ces deux vertus auront fait, en cette sorte, les préparatifs de cetteentrée magnifique, l'humilité toute-puissante •achèvera la cérémonie, en la plaçant dans son trône pour y être révérée éternellement par les •anges. C'est ce que je tâcherai de vous faire voir dans la suite de ce discours , avec le secours de la grâce.

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