‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 149 sur 273 · SB · texte numérisé non relu

SB

se préparer à la mort, pour méditer lu sévérité de la justice de Dieu. Il réeompeosc un verre d'eau ; mais il pèse une parole oiseuse , particulièrement dans les prêtres, où tout, jusqu'aux moindres actions, doit être une source de grâces. Tont ce que nous donnons au monde , ce sont des larcins que nous faisons aux âmes fidèles.

A quoi pensons-nous, chrétiens? que ne nous retirons-nous, pour nous préparer à ce dernier jour? N’avons-nous pas appris de l'apêtre que nous sommes tous ajournés, pour comparaître personnellement devant 1e tribunal de Jésus- Christ? Quelle sera cette surprise, combien étrange èt combien terrible, lorsque ces saintes vérités, auxquelles les pécheurs ne pensaient jamais, ou qu'ils laissaient inutiles et négligées dans un coin de leur mémoire , leur paraîtront tout d’un coup, pour les condamner? Aigre, inexorable, inflexible, armée de reproches amers, te trouverons-nous toujours , ô vérité persécutante? Oui, mes frères, ils la trouveront : spectacle horrible à leurs yeux , poids intolérable sur leurs consciences , flammes dévorantes dans leurs entrailles. [ Pour qu’elle noms soit alors favorable, il faut] se retirer quelque temps; afin d’écouter ses conseils, avant que d’être convaincus par son témoignage, jugés par ses règles, condamnés par ses arrêts et par ses sentences suprêmes. Accoutumons-nous aux yeux et à la présence de notre juge; [prévenons cette] solitude efllroyable, où l’âme se trouvera réduite devant Jésus-Christ, [lorsqu’elle sera citée a son tribunal] pour lui rendre compte. Le remède le plus efficace, c’est une douce solitude devant luimême , pour lui préparer ses comptes. Attendre à la mort , combien dangereux I c’est le coup du souverain : Dieu presse trop violemment.

Mais cette solitudeest ennuyeuse, [et qui peut se résoudre à s’y enfoncer]? • O que le père du « mensonge, ce malicieuximposteur, nous trompe • subtilement, pour empêcher que nos cœurs, < avides de joie , ne fassent le discernement des > véritables sujets de se réjouir I • Heu, quam subtiUler nos ille decipiendi artifex fallit, ut non discemamus, gaudendi avidi unde vertus gaudeamus • I [C’est dans la solitude que l’âme , dégagée des objets sensibles qui la tyrannisent, délivrée du tumulte des affaires qui l’accablent, peut commencer a goûter, dans un doux repos , les joies solides, et des plaisirs capables de la contenter. Là , occupée a se purifler des souillures qu'elle a pu contracter dans le commerce do

' ./lahan. Pom- deviia cimUmp. lib. uii, int optr.

Page 1