‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 166 sur 273 · GU · texte numérisé non relu

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celui qui garde saint Paul se jette aussitôt à ses t)ietls ; l‘rocidil ad pede.i' , et se soumet à son Evangile. Que ferai-je, dit-il, pour être sauvé? Qiiid meoporlel facere, utsalrusjiam'7 II lave premièrement les plaies de i'apôtre ; l'apôtre après lavera les siennes par la grâce du saint baptême ; et ce bienheureux geôlier se prépare à cette eau céleste, en essuyant le sang de l'apôtre, qui lui inspire l'amour de la croix et l'esprit du christianisme.

Vous voyez déjà, chadiens, ce que peut la croix de Jésus, imprimée sur le eorps de Paul; mais renouvelez vos attentions pour voir la suite de cette aventure, qui vous le montrera d'une manière bien plus admirable. Que fera le divin apôtre, sortant des prisons de Philippes? Qu'il vous le dise de sa propre bouche, dans une lettre qu'il a écrite aux habitants de Thessalonique : « Vous savez, leur dit-il, mes frères, quelle a

• été notre entrée chez vous, et qu’elle n'a pas

• été inutile ; - Quia non inanis fuit*. Pour quelle raison , chrétiens , son abord à Thessalonique n'a-t-il pas été inutile? Vous serez surpris de l'apprendre : <■ C’est, dit- il , qu'ayant été tour-

• meutés et traités indignement à Philippes , cela > nous a donné l'assurance de vous annoncer l'É-

• vangile : > Sedanle passi, et coniumeliis affteti, .liait scilis, in Philippis , Jiduciam habuimusin Deo nostro , loqui advos Evangelium Dei*.

Quand je considère , messieurs , ces paroles du divin apôtre, j'avoue que je ne suis plus à moimême , et je ne puis assez admirer l'esprit céleste qui le possédait. Cor quel est le victorieux , dont le cœur paisse être autant excité par l’image glorieuse et tranquille de la victoire tout nouvellement remportée , que le grand Paul est encouragé par le souvenir des souffrances dont il porte encore les marques, dont il sent encore les vives atteintes? Son entrée sera fructueuse, parce qu'elle est précédée par de grands tourments; il prêchera avec confiance, 'parce qu’il a beaucoup enduré ; et si nous savons pénétrer tout le sens de cette parole , nous devons croire que le grand apôtre, sortant des prisons de Philippes, exhortait par cette pensée les compagnons de son ministère ; Allons, mes frères, à Thessalonique; notre entrée n'y sera pas inutile, puisque nous avons déjà tant souffert ; nous avons assez répandu de sang, pour oser entreprendre quelque grand dessein. Allons donc en cette ville célèbre; faisons-y profiter ce sang répandu ; portuus-y In

' Jet, XVI,».

3 I. Theu. II, I.

* itid *i.

croix de Jésus, récemment imprimé sur nous par nos plaies encore toutes fraîches; et que ces nouvelles blessures donnent au Sauveur de nouveaux diseiples. Il y vole dans cette espérance , et son attente n'est pas frustrée.

Mais pourquoi m'arrêter, messieurs, à vous raconter le fruit qu’il a fait dans la ville de Tbessaloniqne? Il en est de même de tontes lesautres qu'il éclaire par sa doctrine , et qu'il attire par ses souffrances. Il court ainsi par toute la terre , portant partout la croix de Jésus; toujours menacé, toujours poursuivi avec une fureur implacable; sans repos durant trente années. Il passe d'un travail à un autre , et trouve partout de nouveaux périls; des naufrages dans ses voyages de mer, des embûches dans ceux de terre; de la haine parmi les Gentils, de la rage parmi les Juifs; des calomniateurs dans tous les tribunaux, des supplices dans toutes les villes; dans l’Église même et dans sa maison , des faux frères qui le trahissent : tantôt lapidé et laissé pour mort, tantôt battu outrageusement et presque déchiré par le peuple; il meurt tous les jours pour le Fils de Dieu , Quolidie morior' , et il marque l'ordre de ses voyages par les traces du sang qu’il répand, et par les peuples qu’il convertit; car il joint toujours l'un et l’autre : si bien que nous lui pouvons appliquer ces beaux mots de Tertullicn : « Ses blessures font scs conquêtes; il ’ ne reçoit pas plutôt une plaie , qu'il la couvre

• par une couronne; aussitôt qu’il verse du sang,

• il acquiert de nouvelles palmes ; il remporte « plus de victoires qu’il ne souffre de viulen-

• ces : . Corona premit vulnera, palma sanguinem ohscurat, plus vicloriarum est quam injuriarum'.

C’est pourquoi le sauveur Jésus voulant encore abattre a ses pieds l'impérieuse mgjestédc Rome, il y conduit enfin le divin apôtre, comme le plus illustre de ses capitaines. Mais, mes frères, il faut plus de sang pour fonder cette illustre Église, qui doit être la mère des autres : saint Paul y donnera tout le sien; aussi y trouvera-t-il un persécuteur qui ne le sait pas répandre à demi , Je veux dire le cruel Néron , qui ajoutera le comble a ses crimes , en faisant mourir cet apôtre.

Vous raconteral-je, messieurs, combien son sang se multipliera, quelle suite de chrétiens sa fécondité fera naître , combien il animera de martyrs, et avec quelle force il affermira cet empire spirituel, qui sc doit établir à Rome, plus illustre que celui des Césars? Mais quand est-ce que j'achèverai, si j’entreprends de vous rapporter toutes les grandeurs de l’apotre? J’en ai dit

» I. Cor. »v, 31

' Scorp. n*" 6.

DE SAINT PAUL

assci, chrétiens, pour nous inspirer l’amour de la croix , si notre extrême délicatesse ne nous la rendait odieuse. O croix ! qui donnez la victoire à Paul , et dont la faiblesse le rend tout-puissant, notre siècle délicieux ne peut souffrir votre dureté ? Personne ne veut dire avec l'apôtre : • Je ne

• me plais que dans mes souffrances , et je ne suis

• fort que dans mes faiblesses. > Nom voulons être puissants dans le monde, c’est pourquoi nous sommes faibles selon Jésus-Christ; et l’amour de la croix de Jésus étant éteint parmi les fidèles, toute la force chrétienne s’est évanouie. Mais, mes frères, je ne puis vous dire ce que je pense sur ee beau sujet. Le grand Paul me rappelle cneore : apres avoir vu les faiblesses que la croix lui a fait sentir, il faut nebever ce discours , en considérant les infirmités que la charité lui inspire dans le gouvernement ecclésiastique.

TBOISIÈHB POIST.

Le pourrez-vous croire, messieurs, que l'Eglise de Jésus-Christ se gouverne par la faiblesse; que l’autorité des pasteurs soit appuyée sur l’infirmité; que le grand apôtre saint Paul , qnl commande avee tant d’empire , qui menace si hautement les opiniôtres, qui juge souverainement les pécheurs , enfin qui fait vnioir avec tant de force la dignité de son ministère , soit infirme parmi les fidèles, et que ce soit une divine faiblesse qui le rende puissant dans l’Église? Cela vous parait peut-être incroyable ; cependant c’est une doctrine que lui-même nous a enseignée, et qu’il faut vous expliquer en peu de paroles.

Pour cela vous devez entendre que l’enipire spirituel , que le Fils de Dieu donne î son Église, n’est pas semblable à celui des rois. Il n’a pas cette majesté terrible ; il n'a pas ce faste dédaigneux, ni ce superbe esprit de grandeur dont sont enflés les princes du monde. • Les rois des

• nations les dominent, dit le Fils de Dieu dans

• son Évangile ' ; mais il n’en est pas ainsi parmi

• vous, où le plus grand doit être le moindre,

• et où le premier est le serviteur. «

Le fondement de cette doctrine, c’est que cet empire divin est fondé sur fa charité. Car, mes frères , cette charité peut prendre toutes sortes de formes. Cest elle qui commande dans les pasteurs , c’est elle qui obéit dans les peuples ; mais soit qu'elle commande , soit qu’elle omisse, elle retient toujours ses qualités propres, elle demeure toujours charité, toujours douce, toujours patiente , toujours tendre et compatissante, jamais flère ni ambitieuse.

Le gouvernement ecclésiastique, qui est ap-

• lue. iin.K, ze

payé sur la charité , n’a donc rien d'altier ni de violent : son commandement est modeste , son autorité est douce et paisible. Ce n’est pas une domination qu’elle exerce : Dominantur, t'O» autem non sic; c’est un ministère dont elle s’acquitte, c’est une économie qu’elle ménage par la sage dispensation de la cliarité fraternelle.

Mais cette charité ecclésiastique, qui conduit le peuple de Dieu , passe encore beaucoup plus loin. Au lieu de s’élever orgueilleusement pour faire valoir son autorité , elle croit que pour gouverner il faut qu’elle s’abaisse, qu’elle s’affaiblisse, qu'elle se rende infirme elle-même, afin de porter les infirmes. Car Jésus-Christ, son original , en venant régner sur les hommes a voulu prendre leurs Infirmités : ainsi les apôtres, ainsi les pasteurs doivent se revêtir des faiblesses des troupeaux commis à leur vigilance ; afin que de même que le Fils de Dieu est un pontife compatissant, qui ressent nos infirmités, ainsi les pasteurs du peuple fidèle sentent les faiblesses de leurs frères , et portent leurs infirmités en les partageant. C’est pourquoi le divin apôtre, plein de cet esprit ecclésiastique , croit établir son autorité en se faisant infirme aux infirmes, et se rendant serviteur de tous

Mais voulez-vous voir, chrétiens, dans un exemple particulier, jusqu’ôquel point cet homme admirable ressent les infirmités de ses frères; représentez-vous ses fatigues, ses voyages, ses inquiétudes , ses peines pour résister à tant d’ennemis , ses soins pour enseigner tant de peuples , ses veilles pour gouverner tant d’Églises : cependant , accable de tons ces travaux , il s'impose encore lui-même la nécessité de gagner sa vie à La sueur de son corps, opérantes manibus nostris ’.

Que l’ancienne Rome ne me vante plus ses dictateurs pris à la charrue, qui ne quittaient leur commandement que pour retourner è leur labourage : Je vois qqgique chose de plus merveilleux en la personne de mon grand apôtre, qui même au milieu de ses fonctions , non moins augustesque iaborieuscs, renonce volontairement aux droits de sa cliarge; et refusant de tous les fidèles la paye honorable qui était si bien due a son ministère, ne veut tirer que de ses propres mains ce qui est nécessaire pour sa subsistance.

Cela, mes frères, venait d’un esprit infiniment au-dessus du monde; mais vous l'admirerez beaucoup davantage, si vous pénétrez le motif de cette action glorieuse. Écoutez donc ces belles paroles de l’admirable saint Augustin , par lesquelics il entre si bien dans les sentiments du

' i. Cor. n , 82.

* Ibitl. IV , li.

PANEGYRIQUE

grand Paul : lufirmnrum pericutis, ne falsis suspicionibus ayilitli odissent quasi vénale Evangelium, tanquam paiemis malemisque visceribus tremefactus hoc fecit Qui vous oblige, 6 divin a^tre, à travailler ainsi de vos mains? • C’est à cause, dit saint Augustin,

. qu’ayant une tendresse plus que maternelle

• pour les peuples qui lui sont commis , il tremble . pour les périls des infirmes qui, agités par de . faux soupçons, pourraient peut-être haïr l’E-

• vangile , en s'imaginant que i’apôtre le prêchait

• pour son intérêt. • Quelle charité de saint Paul I Ce qu’il craint, ce n’est qu’un soupçon, et un soupçon mal fondé, et un soupçon qu’il eût démenti par toute la suite de sa vie céleste , si épurée des sentiments de la terre : toutefois ce soupçon fait trembler l’apêtre, il déchire scs entrailles plus que maternelles; ce grand homme, pour éviter ce soupçon, veut bien veiller nuit et jour, et ajouter le travail des mains à toutes ses autres fatigues I

Qui pourrait donc assez expliquer combien vivement il sentait toutes les infirmités des fidèles? Celui qui tremblait pour un seul soupçon , et qu’une ombre de mal épouvantait , en quel état était-il, mes frères, quelle était son inquiétude, quand il voyait des maux véritables , des scandales parmi les fidèles , des péchés publics ou particuliers? Que ne puis-je entrer dans ce cœur tout ardent des flammes de la charité fraternelle, pour y voir de quel sentiment le grand Paul disait ces beaux mots : • Qui est infirme parmi les

- fidèles , sans que je sois infirme avec lui ? et qui

- peut les scandaliser, sans que je sois moi-même « brûlé de douleur? • Quis infirmalur, et ego non infirmoT? Quis scandalizatur , et ego non uror‘.

Arrêtons ici, chrétiens, et que la méditation d’un si grand exemple fasse le fruit de tout ce discours. Car quelle âme de fer et de bronze ne se sentirait attendrie par les saintes Infirmités que la charité inspire à l’apôtre? Voyait-il un membre affligé , il ressentait toute sa douleur. Voyait-Il des simples et des ignorants, il descendait du troisième ciel pour leur donner un lait maternel , et bégayer avec ces enfanU. Voyait-il des pécheurs touchés , le saint apôtre pleurait avec eux pour participer à leur pénitence : en '■oyait-il d’endurcis, il pleurait encore leur aveuglement. Partout où l’on frappait un Adèle , il se sentait aussitôt frappé ; et la douleur passant jusqu’à lui par la saint* correspondance de la charité fraternelle, il s’écriait aussitôt, comme blessé et ensanglanté ; Quis infirmatur, et ego non

* Monnrh. n* 1.1,1. l, ool.

* H. Vnr. \i,

injinnor? • Qui est infirme, sans que je le sois?

• Je suis brûlé intérieurement, quand quelqu’un

• est scandalisé. • Si bien qu’en considérant ce saint homme répandant ses lumières par toute l’Église, recevant de tous côtés des atteintes de tous les membres affligés, je me le représente souvent comme le cœur de ec corps mystique : et de même que tous les membres, comme ils tirent du cœur toute leur vertu , lui font aussi promptement sentir, par une secrète communication, tous les maux dont ils sont attaqués, comme s’ils voulaient l’avertir de l’assistance dont ils ont besoin ; ainsi tous les maux qui sont dans l'Église se réfléchissent sur le saint apôtre, pour solliciter sa charité attendrie d’aller au secours des infirmes : Quis infirmatur, et ego non iiifirmor?

Mais je passe encore plus loin, et j’apprends de saint Chrysostôme, qu’il n’est pas seulement le cœur de l’Église, « mais qu’il s’afflige pour « tous les membres , comme si loi seul était tonte

• l’Église : • Tanquam ipse universa orbis Ecctesia esset, sic pro membris singxslis discruciabatur Que 'ne me reste-t-il assez de loisir pour entrer au fond de cette pensée , et pour vous montrer, chrétiens, cette étendue de la charité, qui ne permet pas à saint Paul de se resserrer en lui-même , qui le répand dans toute l’Église , qui le mêle avec tous les membres , qui fait qu’il vit et qu’il souffre en eux : Tanquam ipse universa orbis Ecclesia esset, sic pro membris s'ngulis discruciabatur: C’est là, c’est là, si nous l’entendons, le comble des infirmités de l’apôtre.

Grand Paul, permettez- moi de le dire, j’ai médité tonte votre vie , j’ai considéré vos infirmités au milieu des persécutions ; mais je ne craindrai pas d’assurer qu’elles ne sont pas comparables à celles qui sont attirées sur vous par la charité fraternelle. Dans vos persécutions , vous ne portiez que vos propres faiblesses; ici vous êtes chargé de celles des autres : dans vos persécutions , vous souffriez par vos ennemis ; ici vous souffrez par vos frères, dont tous les besoins et tous les périls ne vous laissent pas respirer : dans vos persécutions , votre charité vous fortifiait et vous soutenait contre les attaques ; ici c’est votre charité qui vous accable : dans vos persécutions, vous ne pouviez être combattu que d un seul endroit dans un même temps ; ici tout le monde ensemble vient fondre sur vous et vous devez en soutenir le faix.

C’est donc ici l’accomplissement de toutes ces divines faiblesses dont l’apôtre se glorifie , et c est ici qu’il s'écrie avec plus de joie : Cum injlraior,

In r.pitl. Il Iid Cor. Hom. »1V. n‘ S, I. I, P«8

DK SAINT PAUL.

tune potens sum ■ Je ne suis puissant que dans . ma faiblesse. • Car quelle est la force de Paul , qui se fait infirme volontairement afin de porter les infirmes ; qui partage avec eux leurs infirmités , afin de les aider à les soutenir ; qui s'abaisse jusqu'àterreparlacliarité,pour lesmettre sur ses épaulés et les élever avec lui au ciel ; qui se fait esclave d'eux tous, pour les gagner tous à son Maître? N'est-ce pas là gouverner l'Église d’une manière digne d'un apôtre, n’est-ce pas Imiter Jésus-Christ lui-raéme, dont le trouble nous affermit , et dont les infirmités nous guérissent ?

Ne voulez-vous pas, chrétiens. Imiter un si grand exemple? Que d’infirmes à supporter, que d’ignorants à Instruire, que de pauvres à soulager dans l’É^lisel Mon frère, excitez votre zèle : cet homme qui vous hait depuis tant d'années, c'est un infirme qu’il vous faut guérir. Mais sa haine est Invétérée : donc son infirmité est plus dangereuse. Mais II vous a , dites-vous , maltraité souvent par des Injures et par des outrages : soutenez son infirmité, tout le mal est tombé sur lui ; ayez pitié du mal qu’il s’est fait, et oubliez celui qu’il a voulu vous faire. Courez à ce pécheur endurci, réchauffez et rallumez sa charité cteinte; tendez-lui les bras, ouvrez-lui le cœur, tâchez de gagner votre frère.

Mais jetez encore les yeux sur les nécessités temporelles de tant de pauvres qui crient après vous. Ne semble-t-ll pas que tu Providence ait voulu les unir ensemble dans cet hôpital merveilleux, afin que leur voix fût plus lôrtc, et qu'ils pussent plusalsémentéraouvoir vos cœurs? Ne voulez-vous pas les enteudre, et vous joindre à tant d’âmes saintes qui, conduites par vos pasteurs, courent au soulagement de ces misérables? .\llez à ces infirmes, mes frères, faitesvous Infirmes avec eux, sentez en vous-mêmes leurs infirmités , et participez à leur misère. Souffrez premièrement avec eux ; et ensuite soulagezvous avec eux , en répandant abondamment vos aumônes. Portez ces faibles et ces impuissants; et ces faibles et ces impuissants vous porteront après jus<iu’au ciel. Amen.

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