Ttm. IV
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fronces qui ouvrent la porte â l’Evangile, dans les différents lieux où il prêche '. Les moments de souffrance sont des moments précieux. Dans les autres occasions, la bouche seule loue : parmi ■es souffrances, et tout le corps affligé, et tout le cœur abattu sous la main de Dieu, et tout l’esprit assiijetti aux lois de sa volonté se tournent en langues pour célébrer la grandeur de sa souveraineté absolue, et sa miséricorde, et sa justice.
TBOISiâMB POINT.
Qui peut dire combien saint Paul a aimé l'Église? Trois choses nous montrent assez à quel haut degré son amour pour l’Eglise était porté ; l’empressement de la charité de l’apdtre pour ses frères, la tendresse de sa charité.pour chacun d'eux , l’étendue de sa charité pour tous les membres qui composent l'Église. Ainsi c’est avec grande raison quesaintCbrysostême, frappé du zèle étonnant de l’apêtre , et de son immense charité, dit que Paul, par sa grande sensibilité sur les intérêts de l’Église , en était non-seulement le cœur, cor Eeclesiœ m ais qu’il s’affectait aussi vivement sur les bienset les maux de tout le corps, que s'il eût été l'Église entière : ^osi ipse universa essel orbis Ecclesia.
PANÉGYRIQUE
DE
SAINT VICTOR
nosmd a pabis, dans l’auuve dc ce nos, ex ISS7.
Méprlid»» Idole», converikm doses propre» farde», effu- »loti de son sang; trois maoières donl salnl Victor lait Iriompher Jé«i»^rl»L Commeol nous devons llmller.
Hæc est Victoria tpue vineil mumlum,Ji(lei nosiro.
La victoire qui aurmonle le monde, c'ol notre foi. I.Joan.
Quand je considère , messieurs , tant de sortes de cruautés qu’on a exercées sur les chrétiens, pendant l’espace de quatre cents ans, avec une fureur implacable, je médite souvent en moimême pour quelle cause il a plu à Dieu , qui pouvait choisir des moyens plus doux , qu’il en ait coûté tant de sang pour établir son Église. En effet , si nous consultons la faiblesse humaine, il est malaisé de comprendre comment il a pu se résoudre à souffrir qu’on lui immolât tant de martyrs, lui qui avait rejeté dans sa nouvelle
■ I, Theu. Il, I 2.
Digittctiu uy
DE SAliNT VICTOR.
alliance les sacrillces sanglants; et après avoir épargné le sang des taureaux et des boucs , i I y a sujet de s etouuer qu'il se soit plu , durant tant de siècles, à voir verser celui des honomes, et encore celui de ses serviteurs, par tant d’étranges supplices. Et toutefois, chrétiens, tel a été le conseil de sa providence ; et je ne crains point de vous assurer que c’est un conseil de miséricorde. Dieu ne se plaît pas dans le sang ; mais il se plaît dans le spectacle de la patience. Dieu n'aime pas la cruauté, mais ii aime une vertu éprouvée; et s’il la fait passer par un examen laborieux, c’est qu’il sait qu’il a le pouvoir de la récompenser scion scs mérites. Si saint Victor avait moins souffert, sa foi n’aurait pas montré toute sa vigueur; et si les tyrans l’avaient épargné , ils lui auraient envié ses couronnes. Dieu nous propose le ciel comme une place qu’il veut qu’on lui enlève et qu’on emporte de force; afin que non contents du salut nous aspirions encore à la gloire , et qu’étant non-seulement échappés des mains de nos ennemis, mais encore ayant surmonté toute leur puissance, nous puissions dire avec l’apôtre ; Hœc est Victoria qaœ vincit mundum, fides nostm.
Pour prendre ces sentiments généreux s’il ne fallait que de grands exemples , j’espérerais quelque effet extraordinaire de celui de l’invincible Victor, dont la constance s’est signalée par un martyre si mémorable : mais comme ces nobles désirs ne naissent pas de nous-mêmes , recourons à celui qui les inspire , et demandous-lui son Esprit par l’intercession de la sainte Vierge. Ave.
Comme c’est le dessein du Fils de Dieu de n’avoir dans sa compagnie que des esprits courageux , il ne leur propose aussi que de grands objets et des espérances glorieuses: il ne leur parle que de victoires : partout il ne leur promet que des cou ronnes, et toujours il les entretient de fortes pensées. Entre tous leslldèles de Jésus-Christ, ceux qui se sont le plus remplis de ces sentiments ce sont les bienheureux martyrs, que nous pouvons appeler les vrais conquérants et les vrais triomphateurs de i’Égllse. Encore que leurs victoires aient des circonstances sans nombre qui en relèvent l’éclat , néanmoins la gloire qu’ils se sont acquise dépend principalement de trois choses, dont la première est la cause de leur martyre, la seconde le fruit, la troisième la perfection. Iji cause de leur martyre, ç’a été le mépris des idoles. Le fruit de leurs soulTrances et de leur martyre, ç’a été la conversion des peuples; et enfin ce qui en a fait la perfection, c’est qu’ils ne sc sont pas épargnés eux-mêmes, et qu’ils ont signalé leur fidelité par l’effusion de leur s:nig Voilà ce que j’appelle
la perfection, suivant cette parole de l’Evangile : - Il n’y a point de charité plus grande, (|ue ■ de donner sa vie pour ceux qu’on aime : « Hajorem chnritatem nemo habet, ut animam suant ponal guis pro amicis suis '.
C’est, ce me semble , de ces trois chefs que se doit tirer principalement la gloire des saints martyrs , et c’est aussi sur ce fondement que je prétends appuyer, messieurs, celle de l’invincible Victor, patron de cette célèbre abbaye. Il fut produit devant les idoles par l’ordre des juges romains , afin qu’ii leur offrit de l’encens; et non content de le refuser avec une fermeté luébranlabié, d’un coup de pied qu’il leur donne II les renverse par terre. C’est pour cette cause qu’il a enduré de si crueis supplices. Mais c’est peu pour le Dieu vivant, qu’on ait fait tomber à ses pieds des idoles muettes et Inanimées; c’est une trop faible victoire : ce qui le touche le plus, c’est que les hommes, ses vives images, sur lesquels il a empreint les traits de sa face , adorent ces images mortes, par lesquelles une ignorance grossière a entrepris de figurer sa diviuité. Victor généreux , Victor après avoir détruitees vains simulacres, travaille a lui gagner ies hommes, ses vivantes images : Victor s’y applique de toute sa force; et j’apprends de l’histurien de sa vie, que pendant qu’il a été prisonnier il a heureusementconverti ses gardes, il a fidèlement confirmé ses frères. Peut-il mieux servir Dieu et avec plus defruit,que de travailler si utilement à retenir ses troupes dans la discipline, et même à les fortifier de nouveaux soldats, pendant que la puissance ennemie tâche de les dissiper par la crainte? C’est le fruit de cet illustre martyre; mais ce qui en a fait la perfection, c’est que l’invincible Victor, non content d’avoir si bien conduit au combat la milice du Fils de Dieu , a encore payé de sa personne, en mourant pour l’amour de lui dans des tourmenta sans exemple, et lui a sacrifié sa vie. C’est ainsi qu’il a surmonté le muudc;ctcc qu’il prétend par cette victoire c’est do faire triompher Jésus-Christ.
En effet vous triomphez, ô Jésus! et Victor fait éclater aujourd’hui votre souveraine puissance sur les fausses divinités, sur vos élus, sur lui-mêmc;8ur les fausses divinités, en lesdétruisant devant vous; sur ceux que vous avez choisis, en les affermissant dans votre service ; et enfin sur lui-même, en s’immolant tout entier à votre gloire. C’est ce qu’a fait le grand saint Victor, c’est ce qui doit aujourd’hui vous servir d’exemple; et Dieu veuille que je vous propose avec Unt de force les victoires de ce saint martyr, que