SUR LE MYSTÈRE
• nous ' ; > et encore : • Je leur ai donné, dit-il,
• la gloire que vous m'avez donnée , afin qu'ils « soient un comme nous • O grandeur, A dignité de l'Église I A sainte société des fidèles, qui doit être si parfaite et si achevée, que Jésus-Christ ne lui donne point un autre modèle que l'unité même du Père et du Fils, et de l’Esprit qui procède du Père et du Fils! Qu'ils soient un, dit le Fils de Dieu , non point comme les anges , ni comme les archanges , ni comme les chéruhins, ni comme les séraphins ; mais • qu’ils soient , dlt- > il , un comme nous. > Entendons le sens de cette parole : comme nous sommes un dans le même être, dans la même Intelligence, dans le même amour , ainsi qu'ils soient un comme nous , c’est-è-dire , un dans le même être , par leur nouvelle nativité; un dans la même intelligence, par la doctrine de vérité ; un dans le même amour, par le lien de la charité. C’est de cette triple unité que j’espère vous entretenir aujourd’hui avec l'assistance divine.
PREMtEB POINT.
Encore que la génération éternelle, par laquelle le Fils procède du Père, surpasse infiniment les intelligences de toutes les créatures mortelles , et même de tous les esprits bienheureux; toutefois ne laissons pas de porter nos vues dans le sein du Père éternel , pour y contempler le mystère de cette génération ineffable. Mais de peur que cette lumière ne nous aveugle, regardons-la comme réfléchie dans ce beau miroir des Écritures divines, que le Saint-Esprit nous a préparé, pour s’accommoder à notre portée.
La première chose que je remarquedans la génération du Verbe étemel , c'est que le Père l'engendre en lui-même ; contre l’or^nairc des autres pères, qui engendrent nécessairement au dehors. Nous apprenons des Écritures , que le Fils procède du Père ; • Je suis, dit-il, sorti de « Dieu > Tout ce qui est produit, il faut qu'il soit tiré du néant : comme , par exemple le ciel et la terre ; ou qu'il soit produit de quelque chose , comme les plantes et les animaux. Que le Fils unique de Dieu ait été tiré du néant , c'est ce que les ariens mêmes , qui niaient la divinité du Sauveur du monde, n’ont jamais osé avancer En effet , puisque le Verbe étemel est le Fils de Dieu par nature; il ne peut être tiré du néant : autrement il ne serait pas engendré, il ne procéderait pas comme Fils ; et lui qui est le vrai Fils
' Joan. XTII, SI.
> Ibid, as.
> Ibid. ÈVI» 37
* S. ,4u9.cttnt. VrmmiN. liL> II. rap xit, t. ?ill, col-
de Dieu , le Fils singnllèremen t et par excellence et qui est appelé dans les Écritures , le propre Fils du Père étemel, ne serait en rien différent de ceux qui le sont par adoption. Par conséquent il est clair que le Fils de Dieu ne peut pas être tiré du néant, et ce blasphème serait exécrable ; que s’il n’a pas été tiré du néant , voyons d’où U a été engendré.
Cest une loi nécessaire et inviolable, que tout flis doit recevoir en lul-méme quelque partie de la substance du père; et c’est pourquoi quand nous parlons d’un fils à un père , nous disons que c’est un autre lui-même ; si donc mon Sanveur est le Fils de Dieu, qui ne voit qu’il doit être formé de la propre substance de Dieu? Mai.s ne concevons rien ici de mortel ; éloignons de notre esprit et de nos pensées tout ce qui ressent la matière : ne croyons pas que le Fils de Dieu ait reçu seulement en lui-même quelque partie de la substance du Père ; car puisqu’il est essentiel à Dieu d’être simple et indivisible , sa substance ne souffre point de partage : et par conséquent si le Verbe, en cette belle qualité de Fils , doit participer nécessairement à la substance de Dieu son Père , il la reçoit sans division , elle lui est communiquée tout entière ; et le Père , qui le produit du fond même de son essence , la répand sur lui sans réserve. Et d’autant que la nature divine ne peut être ni séparée ni distraite ; si le Fils sortait hors du Père, s’il était produit hors de lui, jamais il ne recevrait son essence , et il perdrait le titre de Fils : de sorte que , afin qu’il soit Fils , il faut que son Père l’engendre en lui-même.
C’est ce que nous apprenons par les Écritures : dites-le-nous , bien-oimé disciple , qui avez bu ces secrets célestes dans le sein et dans le cœur du Verbe étemel. » Au commencement était le « Verbe, et le Verbe étaitenDieu' ; «c’est-à-dire, dès que le Verbe a été, il était en Dieu : il a donc été produit on Dieu même. C’est pourquoi II procède de Dieu comme son Verbe , comme sa conception , comme sa pensée , comme ta parole intérieure par laquelle il s’entretient en lui-même de ses perfections infinies : il ne peut donc pas être séparé de lui. Méditez cette admirable doctrine : tout ce qui engendre est vivant ; engendrer, c’est une fonction de vie ; et la vie de Dieu , c’est l’intelligence : donc il engendre par intelligence. Or l’entendement n’agit qu’en lui-même ; il ne se répand point au dehors : au contraire tout ce qu’il rencontre nu dehors, il s’efforce de le ramasser nu dedans : de là vient que nous disons ordinairement , que nous comprenons une chose , que nous l’avons mise dans notre esprit , lorsque nous
toan. I . f.