SAINT BERNARD
raècnè i «etz.
La > ic chrvtienne rt la vie apnslolkjuc de salai Bernard , fondées l'oae a l'autre sur la vie de Jétus-Cfarlsl cruclOé.
A’on enimjudicari meseirealiquid inter oos, nUi Jeswm Christum, et hune crucifijrum.
Je n'ai pas estimé que je susse aucune diose parmi vous, si ce n'est Jésus-Clirist, cl Jésus Clirist cniciiié. /. Cor. Il, î.
Nos Églises de France ont introduit dans le dernier siècle une pieuse coutume, de commencer les prédications en invotiuant l’assistance divine par les intercessions de la bienheureuse Marie. Comme nos adversaires ne pouvaient souffrir l’hoimcur si légitime que nous rendons à la sainte Vierge , comme Us le blâmaient par des invectives aussi sanglantes qu’elles étaient injustes et téméraires, l’Eglise a cru qu'il était à propos de résister à leur audacieuse entreprise , et de recommanderd’autant plus cette dévotion aux fidèles, que l’hérésie s’y opposait avec plus de fureur. Et parce que nous n’avons rien de plus vénérable qne la prévlication du saint Évangile, c’est là qu’elle invite tous ses enfants à implorer
PANÉGVRIQUK
In oraisons de Marie , (lu'elle rrcoiinall leur ftre si profitables.
Mais il y a , ce me semble , une autre raison plus particulière de celle sainte cérémonie ; c’est (|ne le devoir des pri'dicateurs est d’engendrer Jesus-Christ dans les âmes ; • Mes petits enfants, • dit l’apAtre , pour lesquels je suis encore dans - les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que « Jésus-Cbrist soit formé en vous ' . » Vous voyez, qu’il enfante et qu’il engendre Jésus-Christ dans les âmes : ainsi il y a quelque convenance entre les prédicateurs de la parole divine , et la sainte mère de Dieu. C’est pourquoi le grand saint Grégoire ne craint pas d’appeler mères de Jésus- Cbrist , ceux qui sont appelés à ce glorieux ministère '. Do là vient que l’Église s’est persuadée aisément que vous, ô très- heureuse Marie, bénite entre toutes les femmes ; vous qui avez été prédestinée dès l’éternité pour engendrer selon la chair le Fils du Très-Haut, vous aideriez volontiers de vos pieuses intercessions ceux qui le doivent engendrer en esprit dans les cœurs de tous les fidèles.
Mais dans quelle prédication doit-on plus espérer de votre secours, que dans celle que ce peuple attend aujourd’hui, où nous avons à louer la grâce et la miséricorde divine dans la sainteté du dévot Bernard, de Bernard le plus fidèle et le plus chaste de vos enfants ; celui de tous les hommes qui a le plus honoré votre maternité glorieuse , qui a le mieux Imité votre pureté angélique, qui a cru devoir à vos soins et à votre charité maternelle l’innucnce continuelle des grâces qifil recevait de votre cher lils? Aidez-nous donc par vos saintes prières, fttrès-bénite Marie ! aidez-nous à louer l’ouvrage de vos prières ; pour cela nous nous jetons à vos pieds, vous saluant et vous disant avec fange ; Ave.
Parmi les divers ornements du pontife de la loi ancienne, celui qui me semble le plus remarquable c’est cc mystérieux pectoral sur lequel , selon l’Écriture, il portait gravé ces mots ; Uriin et c’est-à dire, vérité et doctrine; ou,
comme l’entendent d’autres interprètes, lumière et perfretion. Je sais que cela est é-crit pour nous faire voir quelles doivent être les qualités des ministres des choses sacrées; et qu’encore que leurs habillements magnifiques semblent les rendre assez remarquables, ce n’est pas là toutefois cc qui les doit discerner du peuple; mais que la vraie marque sacerdotale, le vrai ornement du grand prêtre , c’est la doctrine et la vérité ; c’est ce qui nous est représente en ce lieu.
' Galat. IV, 19. '*
* In F.t'nnÿ. lib. I, Nom. ili, n* 2, 1. 1, C<^. /444.
• />ri7. vm. tf.
Mais si nous portons plus loin nos pensées ; si I dans le jiontlfe du vieux Testament, qui n’avait I que des ombres et des figures , nous considérons Jésus-Christ , qui est la lin de la loi et le pontife de la nouvelle alliance , nous y trouverons quelque chose de plus merveilleux. Chrétiens, c’est ; cc saint pontife , c’est ce grand sacrificateur qui porte véritablement sur lui-même la doctrine, la perfection et là vérité ; non point sur des pieis res précieuses, ni dans des caractères gravés, comme faisaient les enfants d’Aaron , mais dans sis actions Irrépréhensibles , et dans sa conduite toute divine.
Pour comprendre celte vérité nécessaire à fintelligcncc de notre texte, remettez, s’il vous plaît, en votre mémoire , que Jésus-Cbrist , notre màitre, est le Fils de Dieu. Vous êtes trop bien instruits pour ignorer que Dieu n’engendre pas à la façon ordinaire, et que cette génération n’a rien de matériel ni de corruptible. Dieu est esprit , Fidèles , et ne vit que de raison et d’intelligence ; de là vient aussi qu’il engendre par son intelligence et par sa raison : de sorte que le Fils de Dieu est le fruit d’une connaissance très-pure , et qui, dans une simplicité incompréhensible, ne laisse pas d'être Infiniment étendue. Étant le fruit de la raison et de l’intelligence divine , il est lul- , même raison et intelligence; et c’est pourquoi I l’Écriture l’appelle la parole et lasagesse du Père.
I Et d’autant qu’il ne se peut faire que Dieu I agisse autrement que par sa raison et par sa sa- I gesse , de là vient quo nous voyons dans les saintes I>ettres que Dieu a tout fait par son Verbe ,
' qui est son Fils : Omnia per ipsum farta sunt’ ;
I parce «pie son Verbe est sa raison et sa lumière.
I C’ast pourquoi cette grande machine du monde est un ouvrage si bien entendu , et fait reluire de toutes parts un ordre si admirable avec une excellente raison. Il ne se peut que la disposition n’en soit belle, et tous les mouvements raisonnables ; parce «pi’ils viennent d’une idée très-sage , et d’une science très-assurée, et d’une raison souveraine, qui est le Verbe et le Fils de Dieu, par qui toutes choses ont été faites , par oui elles sont disposées et régies.
Or, fidèles, ce Verbe divin, après avoir fait éclater sa sagesse dans la structure et le gouver- , nement de cet univers, parce que, comme dit l’apôtre saint Jean , par lui toutes choses ont été faites, touché d’un amour incroyable pour notre nature , il nous le manifeste encore d’une façon tout ensemble plus familière et plus excellente dans un ouvrage plus divin , et qui ne laisse pas toutefois de nous toucher aussi de bien plus près.
* Joan. 1 , 3.