‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 182 sur 273 · THÉRÈSE · texte numérisé non relu

THÉRÈSE

sa providence , ne la voulait conserver encore pour la rendre plus digne de son amour.

Et c’est ici qu’il faut vous représenter un nouveau genre de martyre que la charité fait souffrir à l'incomparabie Thérèse. Dieu l'attire , et Dieu la retient. Il lui ordonne de courir au ciel , et il veut qu'elle demeure en la terre : d’un côté il lui découvre d’une même vue toutes les misères de cet exil , tous les charmes et tous les attraitsde sa vision bienheureuse, non point dans l'obscurité des discours humains, mais dans la lumière claire et pénétrant%de sa vérité infinie; mais comme elle pense se jeter à lui , charmée de ses beautés immortelles , aussitôt il lui fait connaître qu’il la veut encore retenir au monde. Qu'est-ce à dire ceci , ô grand Dieu ! est-il digne de votre bonté , de tourmenter ainsi un coeur qui vous aime? Si vous inspirez ces désirs , pourquoi refusez-vous de les satisfaire? Ou ne la tirez pas avec tant de force, ou permettez-lui de vous suivre. Ne voyez-vous pas , ô Époux réleste , qu'elle ne sait à quoi arrêter son choix? Vous l'appelez , vous la repoussez ; si bien que, pendant qu’elle court à vous, elle se déchire elle-même; et son âme ensanglantée par la violem% de ces mouvements opposés, que vous la forcez de souffrir, ne trouve plus de consolation. En cet état, où vous la mettez, n’a-t-elle pas raison de vous dire : Quare posuhti me contrarium libi'7 Dans les désirs que vous m'inspirez, c’est vous qui me rendez contraire à vous-même? Ou qu'une autre main l'attire , ou qu’une autre main la retienne.

O merveille des desseins de Dieul ô conduite impénétrable de ses jugements dans l'opération de sa grâce ! Quis loguetur potentias Domini, auditas faciet omnes laudes ejus ’ 7 Qui nous expiiquera ce mystère? qui nous dira les moyens secrets par lesquels le Saint-Esprit purifie les coeurs? Il sait bien que dans ces cornets, dans ces mystérieuses contrariétés, il s’allume un feu dans les âmes qui les rend tons les jours plus pures. Il fait naître de saints désirs; et il se plaît de les enflammer, en différant do les satisfaire. Il se plaît à regarder du plus haut des deux que Thérèse meurt tous les jours, parce qu'elle ne peut pas mourir une fois : Quotidie morior dit le saint apôtre; et il reçoit tous les jours mille sacrifices , en retardant le dernier. Mais je passe encore plus loin : pourrai-je bien dire ce que Je pense? Il voit que, par un secret merveilleux, elle se détache d'autant plus du corps, qu'elle a plus de peine à s’en détacher; et que dans l’cf-

* Joh. Vil, 20.

■ Pi. CT, 2.

» I. Lot IV, 31

PANEGYRIQUE

fort qu'elle fait pour s'en séparer tout entière , elle le fuit d'autant pius qu’elle s’y sent plus longtemps et plus violemment retenue. C'est pourquoi si la violence de scs désirs ne peut rompre les liens du corps, ils en éteignent tous ies sentiments , ils en mortident tous les appétits : eiie ne vit plus pour ta chair ; et enfin elle devient tous tes jours et plus libre, et pius dégagée par cette perpétuelle agitation , comme un oiseau qui battant des ailes secoue l'Iiumidité qui tes rend pesantes, ou dissipe le froid qui les engourdit ; si bien que , portée par ces saints désirs , elie parait détachée du corps t>our vivre et converser avec les anges : Nostra coiivcrsalio in catis est.

Heureuses mille et mille fois les Ames qui désirent ainsi Jésus-Christ! Mais cependant ses ardeurs s’augmentent , et ce feu si vif et si agissant ne peut plus être retenu sous la cendre d’une chair mortelle. Cette divine maladie d’amour prenant tous les jours de nouvelles forces, elle ne peut plus supporter la vie. Cliaste Époux qui l'avez blessée , que tardez-vous à la mettre au ciel , où elle s'élève par de saints désirs , et où eile sembie déjà transportée par la meilleure partie d'eile-même? ou , s’il vous plaît qu’elle vive encore, quel remède trouverez- vous à ses peines? I-a mort? mais il vous plaît de la différer, pour élever sa perfection à i’état glorieux et suréminent que votre providence a marqué pour elle. L’espérance? mais elle la tue; parce qu’en lui disant qu’eiie vous verra, elle lui dit aussi dans le même temps qu’elle n’est pas encore avec vous. Que ferez-vous donc , 6 Sauveur, et de quoi soutiendrez-vous votre amante , dont le cœur languit après vous? Chrétiens, il sait le secret de lui faire trouver du goût dans la vie. Quel secret? secret merveilleux. 11 lui enverra des afflictions ; il éprouvera son amour par de continuelles souffrances : secret étrange, selon le monde; mais sage, admirable, infaillible, selon les maximes de l’Évangile. C’est par où je ra’cn vais conclure.

TBOISIÈME POI.XT.

La langueur de sainte Tliérèse ne peut donc plus être soutenue que par des souffrances ; et dans l’ennui qu’elle a de la vie, elle ne trouve point de consolation que de dire continuellement ù son Dieu : Seigneur, « ou souffrir, ou mourir : > Aul pati, autmori. Il est digne de votre audience de comprendre solidement toute la force de cette parole; et quand je vous en aurai découvert le sens, vous confesserez avec moi qu’elle renferme comme en abrégé tonte la doctrine du Fils de Dieu, et tout l'esprit du christianisme. Mais observez avant toutes chosi-s la merveilleuse con-

trariété des inclinations naturelles, et de celle* que la grâce inspire.

La première inclination que la nature nous donne, c'est sans doute l’amour de la vie ; la seconde, (|ui la suit de prés ou qui peut-être est encore plus forte, c'est l’amour des plaisirs du monde, sans lesquels la vie serait ennuyeuse. Car, mes frères, il i-st véritable : quelque amour que nous ayons pour In vie , nous ne la pourrions supporter si elle n’avait des contentements; et jugez-en par expérience. Combien longues, combien ennuyeuses vous paraissent ces tristes journées que vous passez sans aucun plaisir de conversation ou de jeu , ou de quelque autre divertissement! ne vous semble-t-il pas alors, si je puis parler de la sorte , que les jours sont durs et pesants : Pondus iliei; c’est ce qui s'appelle le poids du jour ; c’est pourquoi ils vous sont à charge, et vous ne pouvez supporter ce poids. Au contraire est-il rien qui aille plus vite ni qui s’écoule , s'échappe et vole plus légèrement que le temps passé parmi les délices? De là vient que ce roi mourant , auquel Isaïe rendit la santé , se plaint qu’on tranche le cours de sa vie lorsqu'il ne faisait que la commencer : Dum adhuc ordirer, succidit me : de mane usgue ad vesperam finies me < : « Je Unis lorsque je commence, < et ma vie s’est achevée du matin au soir ! • Que veut dire ce prince malade : il avait près de quarante ans ; «‘pendant il s’imagine qu'il ne fait que de uaftre , et il ne compte encore qu’un jour de son Age? C'est que sa vie passif dans le luxe, dans le plaisir du commandement et dans une abondance royale, ne lui faisait presque point sentir sa durée , tant elle coulait doucement. Je vous parle ici , chrétiens , dans le sentiment des hommes du monde, qui ne vivent que pour les plaisirs ; et c'est afin que vous compreniez quel étrange renversement des inclinations naturelles apporte l’esprit du christianisme dans les Ames qui en sont remplies : et voyez-le par l’exemple de sainte Thérèse.

Les afllictions, les douleurs aiguës, ce cruel amas de maux et de peines sous lequel elle parait accablée , et qui pourrait contraindre les plus patients a appeler la mort au secours ; c’est ce qui lui fait désirer de vivre : et au lieu que la vie est amère aux autres, si elle n’est adoucie par les voluptés ;ellen’cst amère àThérèseque lorsqu'elle y jouit de quelque repos. Qui lui donne ecs désirs étranges? d’où lui viennent ces inclinations si contraires à la nature? En voici la raison solide; c’est qu'il n’est rien de plus opposé que de vivre selon la nature , et de vivre scion la grâce : c'est ,

' h. xwvm, 12.

DE SAINTE THÉRÈSE, eomme dit l’apdlre saint Paul ' , qu'elle n’a pas

reçu l'esprit do ce monde, mais un l'sprit Mctorieu.x du monde ; c'est que , pleine de Jésus-Clirist, elle veut vivre selon Jésus-Clirist. Ce Jésus, ce divin Sauveur, n’a vécu que pour endurer; et il m'est aisé de vous faire voir, par les Ecritures divines, qu'il n'a voulu étendre sa vie qu'autant de temps qu'il fallait souffrir. Entendez donc encore cette vérité, par laquelle j'achèverai ce discours , et qui en fera tout le fruit.

Je ne m'étonne pas, chrétiens, que Jràus ait voulu mourir : il devait ce sacriiiee a son Pere, pour apaiser sa juste fureur, et le rendre propice aux hommes. Mais qu'ctait-il nécessaire qu'il possét ses jours, et ensuite qu'il les finit parmi tant de maux ? C'est pour lu raison que j’ai dite. Étant l'homme de douleurs, comme l'appelait le prophète’, il ii’a voulu vivre que pour endurer; ou , pour le dire plus fortement par un beau mot de Tertullien, il a voulu se rassasier, avant que de mourir, par la volupté de la patience: Saginari voluptate patieiitiœ discessurus volebal^. Voilàunc étrange façon de parler. Ne diriez-vous pas, chrétiens, que, selon le sentiment de ce Pere, toute la vie du Sauveur était un festin, dont tous les mets étaient des tourments? Festin étrange, selon le siècle; mais que Jràus a jugé digne de son goût. Sa mort suffîsait pour notre salut ; mais sa mort ne suffisait pas à ce merveilleux appétit qu'il avait de souffrir pour nous. Il a fallu y joindre les fouets, et cette sanglante couronne qui perce sa tète , et tout ce cruel appareil de supplices épouvantables : et cela pour quelle raisonîC’est quenevivant que pourendurer, « il voulait se rassasier, avant que de mou- • rir, de la volupté de souffrir pour nous : « Saginari voluptate pùlientiæ discesmrus votebat.

Mais pour vonsconvaincre'plus clairement de la véritéque je prêche, regardez ce que fait Jésus à la croix. Ce Dieu avide de souffrir pour lliom- j me, tout épuisé, tout mourant qu'il est, considère que les prophéties lui promettent encore un breuvage amer dans sa soif : il le demande avec un grand cri , et après cette aigreur et ci'lle amertume dont le Juif impitoyable arrose sa liingue, que fait-il? Il me semble (ju’il sc tourne du côté du ciel. Eh bien ! dit-il , 6 mon Pére,al-je bu tout le calice que votre providence m’avait préparé? ou bien , reste-t-il quelque peine qu'il soit nécessaire que j’endure encore? Donnez, je suis prêt, 6 mon Dieu! Vnmtam cor meum, Drus, paratu7)i cor meum *. Je veux boire tout le calice

■ I. Cor. 11,13.

* I$ai. un, 3.

* ttr Piitirmt. n" 3.

Pfa/.cnt, 2.

I de ma passion , et je n’en veux pas perdre une seule goutte. Là, voyant dans ses décrets éternels I qu'il n’y a plus rien à souffrir pour lui : Ah ! dit- I il, c’en est fait, « tout est consommé, • Con~ summutum est ' : sortons, il n'y a plus rien à I faire en ce monde; et aussitôt il rendit son àme . à son l’ere. Et par là ne parait-il pas, chrétiens,

I qu’il ne vit que pour endurer, puis<iue, lorsqu'il I aperçoit lu fin des souffrances, il s'écrie ; Tout est achevé, et qu’il ne veut plus prolunger sa vie?

Tel est l'esprit du .sauveur Jésus, et c’est lui qui l'a réiiandu sur 'fhérèse sa pudique épouse. Elle veut aussi souffrir ou mourir; et son amour j ne peut endurer qu’aucune cause retarde sa mort, sinon celle qui a différé la mort du Sauveur, chrétiens, échaulfons noscccurs par la vue de ce graud exemple, et'apprenuns de sainte Tliercse qu’il nous faut nécessairementsouffrirou mourir. Et un chrétien en peut-il douter? Si nous sommes de vrais chrétiens, ne devons-nous pas dé- ! sirer d'être toujours avec Jésus-Christ? Or, mes j frères, ou ie trouve-t-on cet aimable Sauveur de j nos âmes? En quel lieu peut-on l’embrasser? On ne le trouve qu’en ces deux lieux : dans sa gloire ou dans ses supplices, sur son trône ou bien sursa I croix. Nous devons donc, pour être avec lui, ou I bien l'embrasser dans son trône , et c'est ce que I nous donne lamort, ou bien nous uniràsa croix,

I et c'est ce que nous avons par les souffrances;

^ tellement qu’il faut souffrir ou mourir, afin de ne quitter jamais le Sauveur. Et quand Thérèse fait cette prière : Que je souffre, ou bien que je meure, c'est de même que si elle eût dit ; A quelque prix que ce soit, je veux être avec Jésus- Christ. S’il ne m’est pas encore permis de l’accompagner dans sa gloire , je le suiv rai du moins parmi scs souffrances, afin que, n'ayant pas le bonheur de le contempler assis dans son trône, j’aiedu moins la consolationde l'embrasser pendu à sa croix.

Souffrons donc, souffrons, chrétiens, ce qu'il plaît à Dieu de nous envoyer, les afflictions et les maladies , les misères et la pauvreté, les Injures et les calomnies ; tâchons de porter d'un courage ferme telle partie de sa croix dont il lui plaira de nous honorer. Quoique tous nos sens y répugnent , il est doux de souffrir avec Jesus-Christ , puisque ces souffrances nous font espérer la société de sa gloire ; et cette pensée doit fortifier ceux qui vivent dans la douleur et l'affliction.

Mais pour vous, fortunés du siècle, à qui la faveur, les richesses, le crédit et l'autorité fait trouver In vie si commode , et qui , dans cet état paisible, semblez être exempts des misères qui affligent les autres hommes, que vous dirai-je

I ' Joan. m, 3ü.

PANÉGYBIQLK

aujourd'hui, et quelle croix vous laisserai-je en partage? Je pourrais vous représenter que peutêtre ces beaux jours passeront bien vite, que la fortune n'est pas si constante qu'on ne voie aisément finir ses faveurs, ni la vie si abondante en plaisir qu'elle n’en soit bientdt épuisée. Mais avant ces grands changements, au milieu des prospérités, que ferez-vous, que souffrirez- vous pour porter la croix de Jésus? Abandonner les richesses , macérer le corps? Non, je ne vous dis pas, chrétiens, que vous abandonniez vos richesses , ni que vous macériez vos corps par de longues mortifications : heureux ceux qui le peuvent faire dans l’esprit de la pénitence! mais tout le monde n’a pas ce courage. Jetez, jetez seulement les yeux sur les pauvres membres de Jésus- Christ; qui étant accablés de maux ne trouvent point de consolations. Souffrez en eux, souffrez avec eux, descendez à leur misère par la compassion, chargez- vous volontairement d’une partie des maux qu’ils endurent; et leur prêtant vos mains charitables, aidez-leur à porter la croix , sous la pesanteur de laquelle vous les voyez suer et gémir. Prosternez-vous humblement aux pieds de ce Dieu crucifié ; dites-lul , honteux et confus : Puisque vous ne m’avez point Jugé digne de me faire part de votre croix , permettez du moins, Ô Sauveur, que j’emprunte celle des autres, et que je la puisse porter avec eux : donnez-moi un cœur tendre , un cœur fraternel , un cœur véritablement chrétien , par lequel je puisse sentir leurs douleurs, et participer du moins de la sorte aux bénédictions de ceux qui souffrent.

Madame

Permettez-moi de vous dire, avec le respect d’un sujet et la liberté d’un prédicateur, que cette instruction salutaire regardeprincipalement Votre Majesté. Nous répandons tous les jours des vœux pour sa gloire et pour sa grandeur : nous prions Dieu, avec tout le zèle que notre devoir nous peut inspirer, que sa main ne se lasse pas de verser ses bienfaits sur elle; et afin que votre joie soit pleine et entière, qu’il fasse que ce grand roi votre fils, à mesure qu’il s’avance en âge, devienne tons les jours plus cher à ses peuples, et plus redoutable à ses ennemis. Mais parmi tant de prospérités, nous ne croyons pas être criminels , si noos lui souhaitons aussi des douleurs. J’entends, madame, ces douleurs si saintes, qui saisissent les cœurs chrétiens à la vue des aÎMictions, et leur font sentir les misères des pauvres membres du Fils de Dieu. Votre Maiesté les ressent , madame ; toute la France a vu des mar(|ues de cette bonté qui lui est si naturelle. Mais , madame , ce n’est [mis assez ; tâehez d'aug- ]

monter tous les jours ces pieuses inquiétudes qui travaillent Votre Majesté en faveur des misérables. Dans ce secret , dans cette retraite où les heures vous semblent si douces , parce que vous les passez avec Dieu, affligez-vous devant lui des longues souffrances de la chrétienté desoire, et surtout des peuples qui vous sont soumis; et pendant que vous formez de saintes résolutions d’yapporter le soulagement que les affaires pourront permettre ; pendant que. notre victorieux monarque avance tous les jours l’onvrage de la paix par ses victoires , et par cette vie agissante à laquelle il s’accoutume dès sa jeunesse : attirezla du ciel par vos vœux; et pour récompense de ces douleurs que la charité vous inspirera, puissiez-vous jamais n’en ressentir d’autres , et apres une longue vie recevoir enfin de la main de Dieu une couronne plus glorieuse que celle qui environne votre front auguste. Faites ainsi , grand Dieu , B cause de votre bonté et de votre miséricorde infinie. Amen.

SiBS *

Nous prions Dieu , avec tout le zèle que l’amour et le devoir nous peut inspirer, que, multipliant ses victoires, il égale votre renommée à celle des plus fameux conquérants. Mais parmi toutes ces prospérités , nous ne croyons pas être criminels si nous lui souliaitons aussi des douleurs : j’entends, sire, ces saintes douleurs qui saisissent les cœurs chrétiens à la vue des afflictions, et qui leur fait sentir les misères des pauvres membres de Jésus-Christ. Sire, ces douleurs sont dignes des rois, et s’ils sont le cœui des royaumes qu’ils animent par leur influence, il est juste que, comme le cœur, ils ressentent aussi les impressions des maux qu’endurent les autres parties. Votre Majesté les ressent, sire; elle fait la guerre dans cet esprit : elle étend bien loin ses conquêtes, elle s’accoutume dès sa jeunesse à cette vie agissante , pour assurer la tranquillité publique : elle sent et elle plaint les maux de ses peuples; elle ne respire qu’è les soulager. Pour récompense de ces douleurs que sa bonté lui fait pressentir, puisse-t-elle jamaisn’en éprouver d’autres , et après une longue vie recevoir enfin de la main de Dieu une couronne plus glorieuse que celle qui environne son front auguste 1

' Bouuet adressa ce discours au roi , dans une autre œc.ssion où il prCcha ce aermou en sa présence. ( ÈdtL de Or- Jorit. )

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