‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 185 sur 273 · DE SAINTE CATHERINE · texte numérisé non relu

DE SAINTE CATHERINE

Mais Je ne crains point d'assurer <|uc ceux qui ne . s’étudient à in science ecclésiastique que pour entrerdans les bénélices , ou pour ménager parquel- I que autre voie leurs intérêts temporels , marchent sur les pas de ce magicien , et attirent sur eux comme un coup de foudre, cette imprécation apostoiique: Pecuniatecumsil inperditionem'\

• tjue ton argent, malheureux, soit avec toi en

• perdition I >

Dirai-je ici ce que je pense? Ils s'accordent avec Simon, en égalant les choses divines aux | biens périssables : mais il y a cette différence honteuse pour ceux dont je parle, que dans le marché de Simon, l’argent est ie prix qu’il offre, la grâce du Saint-Esprit, le bien qu’il veut acquérir ; et que ceux-ci renversent l’ordre du contrat , pour le rendre plus profane et plus mercenaire, iis prodiguent et prostituent le présent du ciel , pour avoir ies biens de la terre. Simon donnait son ar- i geot pour le don de Dieu; et ceux-ci dispensent le don de Dieu pour mériter de l’argent. Quelle Indignité ! Si bien qu’au lieu que saint Pierre reproche A Simon, > qu’il avait voulu ac<|uérir lu

• don de Dieu par argent : ■ üonum Dei existimasli pecunia possideri‘\ nous pouvons dire de j ceu.x-ci , qu’ils veulent acquérir de l’argent par i le don de Dieu : en quoi ils seraient sans compa- I raison plus lâches et plus criminels que Simon, | n'était qu'il a joint l’un et l'autre crime, et que { les Pères ont sagement remarqué ^ que sans doute < Il ne voulait acheterque dans le dessein de vendre, j

Certainement, chrétiens, ceux qui profanent | ainsi la science du christianisme n’en connaissent j pas le mérite; autrement ils rougiraient de la ra- : vilir par un usage si bas : aussi voyons-nous or- j dinairement que ces ouvriers mercenaires altè- ; rent et falsifient par un mélange étranger cette ; divine monnaie. Ils ne débitent point ces maxi- { mes pures qui enseignent & mépriser, et non à ménager les biens de la terre. La science qu'ils étudient n’est pas la science de Dieu , victorieuse du siècle et de ses convoitises; mais une science ; flatteuse et accommodante , propre aux négoces ' du monde , et non an sacré commerce du ciel ; | El l’n avaritia Jictis verbis de vobis negotiabunlUT * : • L’avarice les portera à vous séduire par

• des paroles artilicieuses , pour faire de vous une

• espèce de trafic. •

Que si nousméditonssaintement la pure science du christianisme , mettons-Ia aussi à son droit usage, faisons notre gain du salut des âmes; prenons un noble intérêt , et tâchons de profiter

‘ AH. Tui , ao.

• nid.

• .V. .Vm9. in Pf. nxx, n- s. t. iT, col. un? I

•Il értr. 11,3

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