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dans un commerce si honorable. Imitons sainte Catherine, qui fait valoir de telle sorte ce divin talent, que les courtisans et les philosophes, scs amis et ses ennemis, enfin tous ceux qui l’approchent, et même l'impératrice, sont poussés d’un désir ardent de se donner â Jésus-Christ.
C’est ainsi qu’il fallait user de cet admirable trésor, qui avait été commis à sa foi. Car pour venir, chrétiens, A la seconde raison que j’ai promis de vous proposer, et avec laquelle je m’en vais conclure, la science du christianisme est un bien qui n'est pas A nous. Jésus-Christ, en le mettant en nos mains, s’en est réservé le fonds ; nous l’avons de lui par emprunt, ou plutôt II nous l'a confié , ainsi qu'un dépôt duquel nous devons un jour lui rendre raison : Negotiamini dum wnio : • Négociez, je vous le permets; • mais sa chez que je viendrai vous demander compte de toute votre administration, et de l’emploi que vous aurez fait de mon bien.
S'il est ainsi , chrétiens, ne disposons pas de ce bien comme si nous en étions les propriétaires, il est, ce me semble , assez équitable que si nous employons le bien d’autrui, ce soit dans quelque commerce dans lequel le maître puisse prendre part. Et quelle part donnerez-vous au divin Sauveur dans ces terres, dans ces revenus, dans ces bénéfices que vous accumulez sans mesure? • No « savez-vous pas qu'il est notre Dieu, et qu'il n’a « pas besoin de nos biens? - Deus meus es tu, çuoniam bonorum meorum non eges'. Mais s'il n'a pas besoin de nos biens, j’ose dire qu’il a besoin de nos âmes. C’est pour ces âmes chéries qu'il descendra bientôt du ciel sur la terre : pour trouver ces Ames perdues et égarées comme des brebis, il a couru tous les déserts; pour les réunir au troupeau sacré, il les aportéessur ses épaules, pour les laver de leurs taches , il a versé tout son sang; pour les guérir de leurs maladies, il a répandu l’onction de son Saint- Esprit; pour les nourrir et les fortifier, il leur a donné son propre corps.
Par conséquent , mes frères , c’est d.ins ce commerce des âmes qu'il faut faire profiter ses dons ; et quand viendra le temps de rendre les comptes, ce grand économe ne rougira pas de partager avec vous un profit si honorable. It recevra do votre main ces âmes que vous lui aurez amenées et de sa part, pour reconnaître un si beau travail : Venez, dira-t-il, serviteur fidèle, qui ave» fait valoir mon dépôt en mon esprit et selon mes ordres ; il est temps que vous receviez votre récompense *.
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Quelle sera la proporlion de eetle glorieuse récompense? Le prophète Daniel nous le fait entendre : Qui docli fuerint, fulgebunt quasi splendor Jirmamenli ; et qui ad justiliam erudiunt multos, quasi stellœ in perpétuas attemilales’ : • Ceux, dit-il, qui auront appris des
> autres la sainte doctrine, brilleront eomme la
> splendeur du flrmament; et ceux qui l'auront •> enseignée, paraîtront comme des étoiles durant ■ toute l'éternité. • Où vous voyez, chrétiens, par quelle sage disposition de la Justice divine , veux qui ont reçu d'ailleurs leurs instructions, sont comparés au flrmament qui luit seulement par réflexion de la lumière des astres; mats que veux qui ont éclairé l’Église par la doctrine de vérité, sont eux-mèmes des astres brillants, et sources d’une lumière vive et immortelle.
Ainsi sainte Catherine réjouit par un double éclat la céleste Jérusalem. Elle est toute lumineuse pour avoir appris humblement, et fldèlement pratiqué ce qu’on enseigne de plus excellent dans l'école de Jésus-Christ : mais cet éclat est relevé au centuple, parce qu'elle a répandu bien loin les lumières de la science de Dieu, et qu’elle a fait luire sur plusieurs âmes les vérités cteniclles.
Ne croyez pas, chrétiens, que ceux qui ont
bile : on leur apprend la science, non pour relenür dans un barreau ; c’eut la science ecclésiastique , destinée pour nt^ocier te salut des ttuies. C’est {rourquoi on tes ciiofsit dès cet âge tendre , pour prévenir le cours de la corruption du siècJe , et donner, s'il se peut, aux autels des ministres innocents. O innuceiKe , que tu aurais de vertu dans les fonctions sacerdotales ! que de bénédictioaset de gritees! Mais oii te trouvera-t-on sur la terre? On travaille du moins en celte maison à le conserver des vaisseaux sans tacbe; c'a toujours été l'esprit de l'Église. • On les doit « retenir sous ia discipline. Ica instruire par la doctrine . ecclesiastique, . Cl ecclrslaslicis utilttatibus pareant’. Quelles sont ces utilités ecclésiastiques Ce n est pas d'augmenter les fermes, ni d'accroître le revenu de l'Église; mais c'est afin de gagner les âmes. CesI dans ce dessein qu'on les élève comnK de jeunes pl.vnles, et qu'on les fait inslmire dans cette maison. Que resle-t il mainleiiant , messieurs, sinon que pendant que la science, comme un soleil, fera mûrir les fruits, vous arrosiez la radne? La science éclaire par en haut la partie qui regarde le ciel ■ Il reste que vous donniez la nourriture i ceile qui c«t engagée dans la terre. Cette eau salutaire de vos aumOnes , en passant par ces plantes que l'on vous cullive, se tournera en fruits de vie, pour leur profit parliculier, pour celui de foule l'Église au service de laquelle on les destine , et eiifin , messieurs, pour le vûixe, en voua ainassmii dans le ciel des conroniies d'immorlalilé, que je vous souhaite, .emen.
Oo volt que ce morceau a été ajouté par le prédicateur pour appliquer son discours à la clrconslanoe d'un aulrè lieu où il devait le prêcher. ( Édit, de Jir/mi )
* Ou». XII , 3.
î ffmri/ Jguiti/r c.vp cxxxv; eporf /.,J I» U.
reçu dans l’Eglise le ministère d'enseigner les autres, soient les seuls à prétendre â cette recompense , que même une Allé a pu mériter. Tous les fidèles de Jésus-Christ doivent espérer cette gloire, part» que tous doivent travailler às'édifler mutuellement par de saintes instructions. C'est pourquoi l'apétre saint Paul avertiten général les enfants de Dieu , qu’ils doivent assaisonner leurs discours du sel de la sagesse divine : Sermo rester semper in gratia sale sit conditus, ulsciatis quomodo oporteat vos unieuique respondere' :» Que votre entretien soit toujours édiflant, > et assaisonné du sel de la sagesse ; en sorte qnc
• vous sachiez comment vous devez répondre à
• chaque personne. > O que ces conversations sont remplies de grâce, et que ce sel a de force pour faire prendre goût à la véritéi Lorsqu’on entend les prédicateurs, je ne sais quelle accoutumance malheureuse de recevoir par leur entremise la parole de l’Évangile, tait qu’on l’écoute de leur bouche plus nonchalamment. On s’attend qu'ils reprendront les mauvaises mœurs , on dit qu'ils le font d'office; et l’esprit humain indocile y fait moins de réflexion. Mais quand un homme que l'on croit du monde, simplement et sans affectation , propose de bonne foi ce qu'il sent de Dieu en lui-méme; quand II ferme la bouche â un libertin qui fait vanité du vice , ou qui raille impudemment des choses sacrées , encore une fois , chrétiens , qu'une telle conversation , assaisonnée de ce sel de grâce, a de force pour exciter l'appétit, et réveiller le goût des biens étemelsl
Donc, mes frères, que tout le monde prêche l'Évangile dans sa famille, parmi ses amis, dans les conversations et les compagnies; que chacun emploie toutes ses lumières pour gagner les âmes que le monde engage, pour faire régner sur la terre la sainte vérité de Dieu , que le monde tâche de l»nnir par ses illusions. SI l’erreur, si l'impiété, si tous les vices ont leurs défenseurs; ô sainte vérité I serez-vous abandonnée de ceux qui vxms servent? Quoi, ceux mêmes qui font profession d’être vos amis, n’oseront-lls pari» pour votre gloire ? Parlons , mes frères , parions hautement pour une cause si juste; résistons â l’Iniquité, qui, ne se contentant plus qu'on la souffre, ose encore exiger qu’on lui applaudisse. Parlons souvent de nos espérances, de la douce tranquillité d'une âme fidcle , des ennuis dévorants de la vie présente, de la paix qui nous attend en la vie future. Ainsi la vérité étemelle, que nous aurons glorifiée par nos discours , nous glorifiera par ses récompenses , dans la sainte société que je vous souhaite aux siècles des siècles avec le Père, l<- Fils cl le Saint-Esprit. Amen.
' ('vh*U- IV , fl
VII, ft)|