‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 189 sur 273 · DE SAINT ANDRÉ, APOTRE · texte numérisé non relu

DE SAINT ANDRÉ, APOTRE

$ed chrislianot ; i et cc n'est pas Paul qui a été > cruclllé pour nous : > P/umquid Pauius cruci- Jixus est pro vohis ' 7

Bientôt André, rempli de ces sentiments, soumettra à son maître , avec un lèle infatigable et un courage invincible, i’Épire, l’Acbale, la Thrace, le pythie, peuples barbares et presque sauvages , « libres par leur indocile flerté, par leur

• humeur rustique et farouche, » omnet iUat ferocia liberœ genies. Tous ces succès sont l’effet de l'ordre que Jésus-Christ leur a donné A tous ; Laxate relia : • Jetez vos fliets. > Dès que les apôtres se sont mis en devoir de l'exécuter, la foule des peuples et des nations convertis se trouve prise dans la parole.

Si nous voulons considérer avec attention toutes les circonstances de la pèche miraculeuse des apôtres, nous y verrons toute l’histoire de l'Église, figurée avec les traits les plus firappants. Il y entre des esprits inquiets et impatients; ils ne peuvent se donner de bornes, ni renfermer leur esprit dans l’obéissance : Bumpeàaturautem rele eorum La curiosité les agite , l'inquiétude les pousse, l'orgueil les emporte; ils rompent les rets. Ils échappent, ils font des schismes et des hérésies : ils s’égarent dans des questions infinies, ils se perdent dans l’ablme des opinions humaines. Toutes les hérésies, pour mettre la raison un peu plus au large , se font des ouvertures par des interprétations violentes : elles ne veulent rien qui captive. Dans les mystères , il faut souvent dire qu’on n’entend pas; il faut renoncer à la raison et au sens. L’esprit libre et curieux ne peut s’y résoudre; il veut tout entendre, l’Eucharistie, les paroles de l’Évangile. C’est un niet où l’esprit est arrêté. On force un passage , on cherche à s’échapper à travers les mauvaises défaites que suggère une orgueilleuse raison. Pour nous, demeurons dans l’Église, heureu-sement captivés dans ses liens. Il y en demeure des mauvais, mais il n’en sort aucun des bons.

Mais voici un autre inconvénient. « La multi-

• tude est si grande, que ia nacelle surchargée

• est prête à couler à fond : » Impleoerunt ambas naviculat, ita ut pene mergerenlur^ : figure bien sensible de ce qui devait se passer dans l'Église , où le grand nombre de ceux qui entraient dans la nacelle , a tant de fois fait craindre qu’eiie ne fût submergée par son propre poids ; Sed mihi cumulus iste suspectas est, ne pteniludine sui naves pene mergantur*. Mais ce n’est pas encore

' I. Cor. 1.13

> Lmc. V, «.

■ /te/. 7.

* 5. ,/imS. in Luc lüi. IV , n' 77, cul. 15^7.

tout; et ici te danger n’est pas moins redoutable que tous les périls déjà courus. . Pierre est agité

• d’une nouveile sollicitude ; sa proie même , qu’il

• a tirée à terre avec tant d'efforts, lui devient

• suspecte; et il a besoin d'un sage discernement ■ pour n’être pas trompé dans son abondance : > Eeee alia sollicitudo Pétri, cui jam sua prteda suspecta est'. Image vive de la conduite que les pêcheurs spirituels ont dù tenir à l’égard de tous ces poissons mystérieux qui tombaient dans leurs filets. Faute de cette sage déQanee et de ces précautions salutaires , l’Église s'est accrue et la discipline s’est relichée; le nombre des fidèles s'est augmenté, et l’ardeur de la foi s'est ralentie : IVescio quomodo pugnanle contra temetipsam tua felicitate , quantum tihi auctum estpopulorum, tantum pene vitiorum; quantum tibi

copias accessit, tantum disciplinœ recessit;

faetaque es, Ecclesia , profeetu tuœ facunditatis in^rmior, et quasi minus valida '.Elle est déchue par son progrès , et abattue par ses propres forces.

L’Église n’est faite que pour les saints. Aussi les enfants de Dieu y sont appelés, et y accou • rent de toutes parts. Tous ceux qui sont du nombre, y sont entrés : « mais combien en est-il en-

• tré par-dessus le nombre I » Mulliplicali sunt super numerum Combien parmi nous, qui néanmoins ne sont point des nôtres 1 Les enfants d’iniquité qui l’accablent, la foule des méchants qui l’opprime, ne sont dans l’Église que pour l’exercer. I.es vices ont pénétré Jusque dans le cœur de l’Église; et ceux qui ne devaient pas même y être nommés, y paraissent hautement la tête levée ; Maledictum , et mendacium , et adulterium inundaverunt*. Les scandales se sont élevés ; et l’iniquité étant entrée comme un torrent , elle a renversé la discipline. 11 n’y a plus de correction, il n’y a plus de censure. On ne peut plus, dit saint Bernard noter les méchants, tant le nombre en est immense ; on ne peut plus les éviter, tant leurs emplois sont nécessaires; on ne peut plus les réprimer ni les corriger, tant leur crédit et leur autorité est redoutable.

Dans cette foule, les bons sont cachés; souvent ils habitent dans quelque coin écarté, dans quelque vallée déserte ; ils soupirent en secret , et se livrent aux saints gémissements de la pénitence. Combien de saints pénitents I Hélas! • à

• peine dans un si grand amas de pailles aperçoit- « on quelques grains de froment : ■ Vix fôi apparent grana frumenli in tam multo numéro

* S. .4mb. m Lue. ]||>. iv , n* 7a . en). I3&5.

* Solvian. adv. .4v<ir. IU>. i , p. '21H.

> /**«/. \\\ix , 8.

* Ox. IV, 2.

^ Jn Cunt Stnn xwiil , 10, (■ I. col

PANEGYRIQUE

palearum Les uiis paraissent, les autres août cachés, selon qu'il plaît au Père céleste, ou de les sanctlflcr par l’obscurité , ou de les produire pour le bon exemple.

Mais dans cette étrange confusion, et au milieu de tant de désordres, souvent la fol chancèle, les faibles se scandalisent, l'impiété triomphe ; et l’on est tenté de croire que la piété n’est qu’un nom , et la vertu chrétienne qu’une feinte de l’hypocrisie. Rassurez-vous cependant , et ne vous laissez pas ébranler par la multitude des mauvais exemples. Voulez-vous trouver des hommes sincèrement vertueux , et vraiment chrétiens, qui vous consolent dans ce dérèglement presque universel , • soyez vous-mêmes ce que

• vous désireriez voir dans les autres ; et vous en - trouverczsûrement,ou qui vous ressembleront,

• ou qui vous imiteront ; > Estote laies, et invente lis laies.

IBOISIÈME POINT.

L’Église parle à ses enfants ; ils doivent l’écouter avec un respect qui prouve leur soumission , et lui obéir avec une promptitude qui témoigne leur fidélité et leur conOance. Dieu parle i aussi , et è sa parole tout se fait dans la nature comme il l’ordonne. Si les créatures inanimées, ou sans raison , lui obéissent avec tant de dépendance; nous, qui sommes doues d’intelligence, lui devons-nous moins de docilité quand il parle? Et, en effet, la liberté ne nous est pas donnée l>our hésiter, ni pour disputer contre lui : elle nous donne le volontaire, pour distinguer notre obéissance de celle des créatures inanimées ou sans raison; mais quel que soit notre avantage sur elles , ce n’est pas pour nous dispenser de rendre à Dieu la déférence qui lui est due. Le même droit qu’il a sur les autres êtres , subsiste à notre égard; et il nous impose la même obligation de lui obéir ponctuellement et dans l’instant même. S’il nous laisse notre choix , c’est non pour affaiblir son empire , mais pour rendre notre sujétion plus honorable.

Ceux qui sont accoutumés au commandement , sentent mieux que les autres combien cette obéissance est juste et légitime , combien elle est douce et aimable. Que sert donc de la refuser ou de la contester? Les hommes peuvent bien trouver moyen de se soustraire à l’empire de leurs semblables ; mais Dieu a cela par nature , que rien ne lui résiste. Si la volonté rebelle prétend échapper à sa domination ; en s’en retirant d’un côté, elle y retombe d’un autre avec toute l’impétuosité des efforts qu’elle avait faits pour s'en affranchir.

' s. ScriH. ctl.ll. n" i - I v,col. tou».

Ainsi tout invite, tout presse l’homme de se soumettre à son Dieu , et de lui obéir sans contradiction et sans délai.

Quand on hésite ou qu'on diffère , il se tient pour méprisé ou refusé tout à fait. Lorsque la vocation est claire et certaine, qui est capable d’hésiterun moment, est capable de manquer tout è fait; qui peut retarder un jour, peut passer toute sa vie : nos passions et nos affaires ne nous demandent jamais qu’un délai. C’est pour Dieu une insupportable lenteur que d’aller seulement dire adieu aux siens , que d’aller rendre à son propre père les honneurs de la sépulture. Il faudra voir le testament, l’e.xécuter, le contester : d’une affaire il en naît une autre, et un moment de remise attire quelquefois la vie tout entière; c’est pourquoi il faut tout quitter en entrant au servieede Dieu ’. Puisqu’il faudra nécessairement couper quelque part, coupez des l’abord, tranchez au commencement, afin d’être plus tôt à celui à qui vous voulez être pour toujom s.

Et combien n’est-on pas dédommagé de ces sacrincest et quelle confiance ne donnent-ils pas aux âmes , pour oser tout espérer de la bonté d'un i Dieu si généreux et si magnifique ! Voyez les apôtres , iis n’ont quitté qu’un art méprisable : Pierre en dit-il avec moins de force ; ^ Nous avons tout quitté, > Iletiguimus omnia ’? Des filets : voilà le présent qu’ils suspendent à ses autels; voilà les armes , voi là le trophée qu’ils érigent à sa victoire. Qu'il y a plaisir de servir celui qui fait justice au cœur, et qui pèse l’affection ; qui veut à la vérité nous faire acheter son royaume, mais aussi qui a la bonté de se contenter de ce que nous avons entre les mains ! Car il met son royaume à tout prix , et il le donne pour tout ce que nous pouvons lui offrir : Tanlum valel quantum habcs. • Rien

• qui soit à plus vil prix , quand on l’achète; rien

• qui soit plus précieux , quand on le possède : • Quid vitius, cum emilur; quid carias, cum possidetur^l

Mais ce n’est pas assez de tout quitter, parents, amis , bien , repos , liberté : il faut encore suivre Jésus-Christ , porter sa croix après lui en marchant sur ses traces, en imitant scs exemples , et se renoncer ainsi soi-même tous les jours de sa vie. Cependant qu’il est difficile, quand tout est heureux, quand tout nous favorise , de résister à ces attraits séduisants d’un monde qui nous amollit et nous corrompt en nous flattant I A qui persuaderat-on de fuir la gloire, de mépriser les honneurs, de redouter les richesses, lorsqu’ils semblent se présenter comme d’eux-mêmes, et venir pour

■ s. rkryKSl. in .ValtÂ. Himit. SSTII , L vil , p. 330.

» MaHh. xni , 27.

* 5 Crfg'jr. in Ev. Ilovt. T, li" 2 3,t, I, Col. ItUl.

T)F. SAIM ANDRÉ, APOTRE.

ainsi dire nous cherclicr dans notre obscurité? (/ni peut comprendre qu'il faille se mortifier dans le sein de l'abondance ; faire violence à scs désirs , lorsque tout concourt à les satisfaire; devenir à soi-méme son propre bourreau , si les contradictions du dehors ne nous en tiennent lieu ; et savoir se livrer à tous les genres de souffrances, pour mener une vie vraiment pénitente et crucifiée? Et toutefois y a-t-il une autre manière de se rendre semblable à Jésus-airist, et de porter fidèlement sa croix avec lui?

. O croix aimable, ô croix si ardemment ie-

• sirée, et enfin trouvée si heureusement! puis-

• st>-je ne jamais te quitter , te demeurer tendre-

• ment et constamment attaché, afin que celui

• qui , en mourant entre tes bras , par toi m’a ra-

• dicté, par toi aussi me reçoive et me possède « éternellement dans son amour : ■ i l per te me recipial, gui perte maliens me redemit! Tels sont les sentiments dont doivent être animés tous ceux qui veulent sincèrement appartenir è Jésus- Christ : point d’autre moyen de so montrer scs véritables disciples.

Quand est-ce que l’Église a vu des chrétiens dignes de ce nom? c’est lorsqu’elle était persécutée, lorsqu’elle lisait à tous le poteaux des sentences épouvantables contre scs enfants, et qu’elle les voyait à tous les gibets, et dans toutes les places publiques, immolés pour la gloire de i’Évangiie. Durant ce temps , mes so?urs , il y avait des chrétiens sur la terre; il y avait de ces hommes forts, qui , nourris dans les proscriptions et dans les alarmes continuelles, s’étaient fait une glorieuse habitude de souffrir pour i’amour de Dieu. Ils croyaient que c’était trop de délicatesse à des disciples de' la croix, que de rechercher le plaisir et en ce monde et en l’autre. Comme la terre leur était un exil, ils n’estimaient rien de meilleur pour eux que d’en sortir au plus tiit. .Alors la piété était sincère , parce qu’elle n’etait pas encore devenue un art : elle n’avait pas encore appris le secret de s'accommoder au monde, ni de servirau négoce desténèbres. Simpleet innocente qu’elle était; elle ne regardait que le ciel , auquel elle prouvait sa fidélité par une longue patience. Tels étaient les chrétiens de ces premiers temps : les voilà dans leur pureté, tels que les engendrait le sang des martyrs , tels que les formaient les persécutions.

Maintenant une longue paix a corrompu ces courages mâles , et on les a vus ramollis depuis qu’ils n'ont plus été exercés. I>e monde est entré dans l’Église. On a voulu joindre Jésus-Christ avec Déliai ; et de cet Indigne mélange quelle race enfin nous est née? Une race mélée et corrompue , des demi-chrétiens , des chrétiens mondains

I et séculiers; une piété liâtarde et falsifiée, qui est toute dans les discours et dans un extérieur contrefait. 0 piété à la mode , que je me ris de tes vanteries et des discours étudiés que tu débites à ton aise pendant que le monde te rit I viens que je te mette à l’épreuve. Voici une tempête qui s’élève; voici une perte de biens, une insulte, une disgrâce, une maladie. Quoi! tu te laisses aller au murmure, â vertu contrefaite et déconcertée! tu ne peux plus te soutenir, piété sans force et sans fondement! Va, tu n’étais qu’un vain simulacre de la piété chrétienne; tu n’etais qu’un faux or qui brille an soleil , mais qui ne dure pas dans le feu , mais qui s’évanouit dans le creuset. I-a piété chrétienne n’est pas faite de la sorte : le feu l’épure et l'affermit. Ah! s’il est ainsi , chrétiens , si les souffrances sont nécessaires pour soutenir l’esprit du christianisme, Seigneur, rendez-nous les tyrans; rendez-nous les Üomitlen et les Néron.

Mais modérons notre zèle, et ne faisons point de vœux indiscrets : n’envions pas à nos princes le bonheur d’étre chrétiens , et ne demandons pas des pcrséculious, que notre lâcheté ne pourrait soulTrir. Sans ramener les roues et les chevalets sur lesquels on étendait nos ancêtres , la matière ne manquera pas â la patience. Ua nature a assez d'infirmités, les affaires assez d’épines, les hommes assez d’injustice, leurs jugements assez de bizarreries, leurs humeurs assez d’importunes inégalités; leraondeasscz d’embarras, ses faveurs assez d’inconstance, scs engagements les plus [ doux assez de captivités. Que si tout nous pros- : père, si tout nous rit, c’est à nous à nous rendre nous-mêmes nos persécuteurs , à nous contrarier nous-mêmes.

Pour mener une vie chrétienne, il faut sans cesse combattre son cœur, craindre ce qui nous • attire , pardonner ce qui nous Irrite , rejeter souvent ce qui nous avance, et nous opposer nousmêmes aux accroissements de notre fortune. O qu’il est difficile, pendant que le monde nous accorde fout, de se refuser quelque chose! Qui, ayant en sa possession une personne très-accomplie, qu’il aurait aimée, vivrait avec elle comme avec sa sœur, s’élèverait au-dessus de tous les sentiments de l’humanité? C’est une aussi forte résolution , dit saint Chrysostême ' , de ne pas lais.scr corrompre son cœur par les grandeurs et les biens qu’on possède. Ah ! qu’il faut alors de courage pour renoncer à ses inclinations , et s’empêcher de goûter et d’aimer ce que la nature trouve si doux et si aimable I Sans cesse obligé d’être aux prises avec soi-même, pour s’aracher de vive force

• In MM. Him. XL. n‘ 4, t. vu, p. 442.

Diÿiiizeu uy

PANÉfiYRIQUE

t, (1rs objets aoxquels tout le poids du rœur nous entraîne; eombicn ne s'y sent-nn pas plus fortement incliné , lorsque tout ce qui nous environne nous invite et nous presse de satisfaire à nos désirs ? C'est dans une si critique situation qu’il faut vraiment , pour se conserver pur , se rendre en quelque sorte cruel à sol-méme, en se privant d’autant plus des vains plaisirs que la chair recherche, qu'on a plus de moyen de se les procurer. Si l'esprit veut alors acquérir une noble liberté, qu'il tienne les sens dans une sage contrainte, de peur d'en être bientôt moltrisé ; et que saiiitement .sévère à lui-même, sévère à son corps, il tende, par une bienheureuse mortification de tous les retours de l’amour-propre et toutes les affections charnelles , à se dégager de plus en plus de tout ce qui l'empêche de retourner a son principe. Peu à peu il trouvera dans les austérités de la pénitence, dans les humiliations de la croix, plus de délices et de consolations, que les amateurs du monde ne sauraient en goûter dans toutes les folles joies qu'il leur procure , et dans tous les contentements de leur orgueil. C’est ainsi que , par les différents progrès du détachement et de la pénitence, nous parvenons a être réellement martyrs de nous-mêmes, nous devenons des victimes d'autant plus propres à être consommées en Jésus-Christ, qu’elles sont plus volontaires. Nouveau genre de martyre, où le persécuteur et le patient sont également agréables ; nu Dieu d'une même main anime celui qui soufCre, et couronne celui qui persécute.

Saintes filles, vous connaissez ce genre de martyre, et depuis longtemps vous l’exercez sur vous-mêmes avec un zèle digne de la foi qui vous anime. Peu contentes de vous être dépouillées , par un généreux renoncement que la grâce vous a inspiré, de tous les objets capables de vous affadir, vous avez encore voulu déclarer une guerre continuelle à toutes les affections, à tous les sentiments d'une nature toujours ingénieuse à rechei^ cher ce qui peut la satisfiiire ; et dans la crainte de céder à ses empressements , vous avez mieux aimé lui refuser tans danger ce qui pourrait lui être permis, que de vous exposer h vous laisser entraîner an delà des bornes , en lui donnant tout ce que vous pouviez absolument lui accorder. Persévérez , mes sœurs , dans cette glorieuse milice , qui vous apprendra a mourir chaque jour à ce que vous avez de plus intime , et qui , vous détachant de plus en plus de la cluür , vous élèvera par une sainte mortification de i’esprit, Jus- (|u'û Dieu , pour trouver en lui cette paix que le inonde ne connaît pas , ces délices que les sens ne sauralentgoûter,etce parfaitbouheur réservéaux âmes vraiment chrétiennes, que je vous souhaite, i

PANÉ(ÎYIUQÜK

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