‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 190 sur 273 · SAINT JEAN, APOTRE · texte numérisé non relu

SAINT JEAN, APOTRE

Tâfndpwso parUculfète de Jésus pour saint Jean, Trois présents inestimables qu’il lui fait, dans les trois états ditm par lesquels ce divin Sauveur a passé pendant les Jours de as mortaliU». Comment le disciple bien-aimé répond a romour de son divin Maître pour lui.

Ego dUecioineo, et ad mfcorwersiofjm

Je su» à mon bien*aimë , et U pente de son evpnr est

tournée vers moi. Cant. vu, fo.

Il est superflu , chrétiens , de faire aujourd'hui le panégyrique du disciple bien-aimé de notre Sauveur. C'est assez de dire en un mot qu'il était le favori de Jésus, et le plus chéri de tous 1rs apêtres. Saint Augustin dit très-doctement que

• l'ouvrage est parfait lorsqu’il plaît à son ou-

• vrier : * Hoc est per/eclum quod artijlci sso placet ' ; et il me semble que nous le connaissons par expérience. Quand nous voyons un excellent peintre qui travaille â faire un tableau ; tant qu'il tient son pinceau en main, que tantôt il efface un trait , et tantôt il en tire un antre , son ouvrage ne lui plaît pas , il n'a pas rempli toute son idée, et le portrait n’est pas achevé : mais sitôt qu'ayant fini tous ses traits, et relevé toutes scs couleurs, il commence à exposer sa peinture en vue, c’est alors que son esprit est content , et que tout est qjusté aux régies de l'art; l'ouvrage est parfsit parce qu’il plaît à son ouvrier, et qu'il a fait ce qu'il voulait faire : Hoc est perfectum quodartifici suo placet. Ne doutez donc pas, chrétiens, de la grande perfection de saint Jean, puisqu'il plaît si fort à son ouvrier; et croyez que Jésus- Christ, créateur des cœurs, qui les crée, comme dit saint Paul ’ , dans les bonnes œuvres , !'a fait tel qu'il fallait qu'il fût pour être l'objet de ses complaisances. Ainsi je pourrais conclure ce panégyrique après cette seule parole, si votre instruction, chrétiens, ne désirait de mol no plus long discours.

^Inte et bienheureuse Marie, impétrezmous les lumières de l'Esprit de Dieu pour parler de Jean votre second fils. Que votre pudeur n'en rougisse pas; votre virginité n'y est point blessée. Cest Jésus-Christ qui vous l’a donné, et qui a voulu vous annoncer lui-méme que vous seriez la mère de son bien-aimé. Qui doute que vous n'ayez cru à la parole de votre Dieu, vous qui avez été si humÛcment soumise à celle qui vous fut portée par son ange, qui vous salua de sa part, en disant : Ave.

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