XXIII-^ JOUR
Dlstioction dn> j'xir» de U dernière semaine du Saovear.
Matière de derniers discours. Starc. xi, il, 33. Matth.
AXi, 23, 32. Luc. XX, 1, 8.
En comptant avec saint Marc, c'est ici le quatrième jour de la dernière semaine de notre Sauveur. Le premier est celui de son entrée, qui est le cinquième avant Pâques. Le second jour de cette semaine fut le lendemain matin lorsque Jésus, venant de Béthanie à la ville , eut faim, dessécha le figuier, et nettoya le temple de voleurs, comme il les apl>elle. Le troisième est celui où, repassant sur le matin devant te figuier, on le vit flétri et séché ; et c’est celui on nous avons entendu tant de merveilles sur la foi. Le quatrième est celui dont saint Marc dit, après tout ce que nous venons de voir : Jésus vint encore une autre fois a Jérusalem < ; et «'est celui où il objecta aux Juifs le baptême de saint Jean, comme on va voir.
Après cela je ne vois plus de distinction de jours. Nous apprenons seulement de saint Luc, que Jésus- Christ venait tous les fours au temple fxïur y enseigner, et que le peuple l'y venait entendre dès le matin En sorte qu’il faut partager ce qui reste de ses discours entre le mercredi et le jeudi durant le jour ; car il fut pris la nuit , et fut crucifié le lendemain.
Plus nous approchons de la fin de Jésus, plus nous devons être attentifs à ses discours. Hier, qui
' Rnm. ïv, 20, 21. — • tbid. 22. — • Mort, xi, 14, 25. — j * Ibid, rj — * Lue. XM, 37, 3». i
fut le mardi , il nous fit voir dans la foi le fondement de ta prière et de toute la vie chrétienne. Il n'y avait rien de plus essentiel à la piété. Mais dans la suite il va établir la foi , et autoriser sa mission d'une manière admirable : premièrement par le témoignage de saint Jean-Baptiste, et ensuite par celui de David, et par beaucoup d'autres choses que nous allons voir les unes après les autres ; fermant la bouche à tous les contredisants, et laissant ce téinoit gnage au monde , que sa doctrine était absolumenirrépréhensibie, puisque ses plus grands ennemis demeuraient muets devant lui.
Méditons cette vérité : considérons de quelle sorte Jésus-Christ répond à ceux qui l'interrogeaient avec un esprit de contradiction; et apprenons comment il faut consulter la vérité éternelle.
XXIV' JOUR
Jésox refuse de répondre aux questions des Jui/s superbes et
liicréduli'», et répond auiespriUbumhles et dociles. Matth.
XXI, 27. .Vnrr. xi. 33. Luc. xxi, l, 2, 8.
Comme il enseignait dans le temple, les princes des prêtres et les docteurs de la loi , et les sénateurs du peuple s’assetnblérent , et lui firent celle demande : En quelle puissance faites-vous ces choses ’ ? il parait que cette demande regardait principalement la puissance qu'il se donnait d'enseigner; car ils vinrent à lui comme il enseignait. IMais la I demande s'étend au.ssi à tout le reste que venait de faire Jésus : cl c'est comme si on lui eilt demandé :
' En quelle puissance êtes-vous entré si solennellement dans le temple? en quelle puissance y enseignez-vous? en quelle puissance en chassez-vous les vendeurs et les acheteurs, et y exercez-vous tant d'autorité? Ce serait à nous à vous donner cette puissance : nous ne vous l'avons point donnée ; d'où vous vient-elle? Voilà une demande faite dans les formes par l'assemblée et par les personnes qui semblaient avoir le plus de droit de la faire. Et néanmoins Jésus ne leur donne sur ce sujet aucune •instruction : Je ne vousdirai pas nonpius, leur ditil, enquelte puissance j'agis*. Mais il se contente de les confondre devant le peuple, de mauvaise foi et d'hypocrisie, comme l'on va voir.
Jésus se communique si facilement aux esprits dociles et humbles. La Samaritaine, une pécheresse,
' lui parle bonnement du Christ : Je le suis , moi qui vous parle, lui-dit-il sans circuit L Croyez- vous 1 au Fil.f de Pieu, dit-il à l’aveugle-né? — Qui est-il,
I Seigneur, afn que f y croiei — fous l'avez tu,
I et cest Cf lui qui vous parle. — J'y crois. Seigneur;
et il l’adora*. Ainsi en d’autres endroits. Quand ; donc il ne répond pas de cette manière simple , si . digne de lui , c’est que les honm.es ne sont pas di- I gnes qu'il se manifeste à eux en cette sorte, j En quelle puissance faites-vous ces choses Il ' leur avait déjà répondu sur un cas semblable, ou I plus fort, en présence de tout le peuple. Car ayant dit à un paralytique qu’on lui présentait pour le guérir : Homme, tes péchés te sont remis ^ ; ce (jui
* Luc. XX. I, 2. — *lbid. S. — * Joan. iv, M. — ‘ Ibid. i\, 3 5 , 36, 37, 38. — * Mntth. XXI, 23. — • Ibid. IX, 2.
MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGILK.