‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 210 sur 273 · XX.VIV' JOL'R · texte numérisé non relu

XX.VIV' JOL'R

Entrer nu festin des noces sans rliabll nuptial. Peauemp d'appelés et peu d'êlus. PeUL troupeau cliert de bien. .V.iUA. XXII, il , 14.

Mon ami, par la vocation , qui devenez mon ennemi en la méprisant ; comment êtes-vous entré ici sans avoir l'habit nuptial? Et il n'eut rien a répondre'. Car que répondre au Sauveur qui nous reproche par la bouche de l'apôtre, de n'acoirpat su discerner son corps, et de nous en rendre coupables’} Uez-tui les pieds et les mains, dit le roi : ôtez-lui la liberté dont il a fait un si mauvais usage: jetez-le dans les ténèbres extérieures t. Il a voulu entrer dans l'intérieur de la maison avec des dispositions funestes, chassez-le : plus il a voulu entrer au dedans, plus il le faut pousser dehors. Mais qu'y trouvera-t-il, le malheureux ? Loin de la iiiai.von de nieu , où la lumière réside, où la vérité se manifeste, où Jésus-Christ luit éternellement, où les saints sont comme des astres, qu’y trouvrra-t-il, sinon les ténèbres d'un éternel cachot? Voilà efs ténèbres extérieures dont Jésus-Christ parle si souvent. La sera pleur cl grincement de dents. Au lieu des chastes délices de la sainte table, il y aura un pleur éternel. La rage contre soi-même, contre sa témérité, contre les lâches confesseurs qui nous auront trop facilement introduits au banquet sacré, sera poussée jusqu'au grincement de dents. Avoir été appelé et mis au nombre des amis par le Sauveur fera la partie la plus cruelle et la plus vive de notre supplice. La voix de l'Époux et de l'Épouse cessera ; toute la joie sera bannie de ce triste lieu; la désolation sera éternelle.

Il g a beaucoup d'appelés et peu d'élus* : Jésus- Christ nous en a souvent avertis ; et il avait déjà dit la même parole, Matth. xx, 16.

Cela est vrai , premièrement parmi les Juifs : J< suis venu, dit le Sauveur, pour les brebis perdues de la maison d’ Israël s. Jésus-Christ a prêché, et a fait éclater ses miracles par toute la Judée :i/n passé en bien faisant, et guérissant Iota les oppressés f. Les apôtres ont aussi rendu témoignage à sa résurrection devant tout le peuple, comme il

* SSatlh. xxil. 11. — ’ I. Cor. Xl, -17, 29. — 1 .Val/*, wn 13. — * Ibid. \x , IC. — ‘ Ibid, xv, .Jet. 1, 3».

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MÉDITATIONS S

1c:ir avait été ordonné ' ; et néanmoins dans ce nombre immense des Juifs, il n'y a eu que le résidu, c'est-à-dire un très-petit reste du peuple, qui ait été sauvé. Ainsi Isratl n’a pat trouvé ce qu'il cherchait i c'est-à-dire , le Christ et son royaume \ niait tes élus en très-petit nombre font trouvé ; et les autres, dont la multitude était immense, ont été aveuglés * pour leurs péchés par un juste jugement de Dieu : et voilà manifestement la parole de Jésus-Christ vérifiée sur les Juifs.

Mais le Sauveur ne parle pas seulement des Juifs à l'endroit que nous lisons de la parabole , car c'est après nous avoir fait voir les gentils appelés , en la personne de ces aveugles et de ces boiteux qui sont invités à son festin , qu'il conclut qu'if y a beaucoup d'appelés et peu d'étus. Efforçons-nous donc d'entrer par la petite porte qui mène à la vie : car ta voie qui mène a la mort est très-spacieuse , et plusieurs y entrent. Qu'il y en a peu, poursuit le .Sauveur, qui entrent par la voie étroite * ! Il y en a donc be.rucoup d'appelés et peu d'élus. Mais la condition de ces appelés, qui ne persévèrent pas dans leur vocation, est plus terrible que celle des autres ; car ils sont ces serviteurs qui ont connu la volonté de leur maître tans la faire, qui seront les plus punis.... Tyret .Sidon et les Ninivites s'élèveront contre eux , et le jugement de ces villes ingrates sera tégerten comparaison de celui que doiventattendre les chrétiens infidèles à la grâce qu'ils auront reçue.

O Jésus, ô Hsusl sauve--moi de l’iniquité dupeupie percerj * ; sauvez-moi , car l'iniquité s'est multipliée parmi les enfants des hommes, et on ne voit point de saint. Tout est plein de ces appelés qui ne veulent pas seulement penser à leur vocation , ni se souvenir qu'ils sont chrétiens.

Ne vivons pas comme la plupart; car il y a longtemps qu'il est écrit : Il n'y en a pas un qui fasse te bien! il n’y enapas unseul‘. Ne disons pas : Tels et tels font ainsi, à qui on le souffre; et ne nous excusons pas sur la multitude, car la multitude elle-même est inexcusable. Si Dieu eilt craint la multitude, il n'aurait pas consumé ces villes abominables par le feu , ni noyé tout l'univers dans le déluge. N'alléguons point la coutume, car Jésus- Uirist a dit : Je suis la vérité 1 : on ne prescrit pas contre Dieu . Chacun portera son fardeau * , et on ne nous jugera pas par les autres. Rangeons-nous avec ce petit nombre d'élus que le monde ne connaît pas, mais dont tes noms sont écrits dans te ciel; à qui le Sauveur a dit : Petit troupeau , ne crai/çnez pars ; petit en nombre, petit en éclat, et 1a balayure du monde, qui est caché avec Jésus- Christ, mais aussi qui paraîtra avec lui. O petit nombre, quel que tu sois, et en quelque coin de relise que tu te caches, je me joins à toi en esprit, et je veux vivre à ton ombre!

' .érr. II, K; IV, l9.M;T,2»,aa. — ’fîom. xi. a, V,7. —

• V(l/M. VII, 13, U. — • Luc. XII. 43, 13,47; X , 13; XI..3S. —

> Pi. XI, 2. — • /6irf. xm, 1,1.— Uoun. xiv, o. — < Gai.

Tl , 6. — * Luc. X , 20; XII , 32.

JR L'ÉVA-NGILE. 6,,

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