‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 219 sur 273 · I.XXVI' JOUR · texte numérisé non relu

I.XXVI' JOUR

Ce* predleUom orrtainM : leur KcampliHancnl proche : leur jour locoonu. Matlk. xxiv , Si , as , as. Marc, sm , an, SI, 33.

En vérité , en vérité , je vous le dis ; Celte génération-ci ne finira point , jusqu’à ce que toutes ces choses-ci soient accomplies : le ciel et ta terre passeront; mais mes paroles ne passeront point. Mais pour ce jour et cette heure-là, ni les anges mêmes qui sont dans le ciel, ni le Fils, ne la savent pas ; ni personne que mon Père >.

Voilà deux temps bien marqués. Hæc , et ilia, en grec comme en latin , marquent deux temps opposés , l'un plus proche , l'autre plus éloigné. Cette génération-ci verra toutes ces choses-ci accom^ies : OEnsB.itio H*c : omniâ hsîc : OMNiA ISTA : Mais pour ce jour-là, pour cette heure-là : De die autem illa et hoba : personne ne la sait. Comme s’il disait ; Je vous ai parlé de deux choses : de la ruine de Jérusalem, et de celle de tout l'univers au jugement. Ce qui doit arriver dans la génération où nous sommes , et dont les hommes qui vivent doivent être les témoins, je vous en marque le temps ; et eette génération ne passera pas , qu'il ne s'accomplisse. Voilà pour l’événement auquel nous touchons. Mais pour ce jour-là, ce jour où je viendrai juger le monde; personne n’en sait rien, et je ne dois pas vous le découvrir. Il est donc marqué clairement que la chute de Jérusalem était proche ; et l’Église le devait savoir. Mais pour ce jourlà, pour ce dernier jour, où tout l’univers sera en trouble, et où le Fils de l'homme viendra en personne , on n'en sait rien : on ne sait , ni s’il est loin , ni s'il est près : et le secret en est impénétrable , et aux anges qui sont dans le ciel , et à l'Église même, quoiqu'elle soit enseignée par le Fils de Dieu.

Il faut donc entendre ici, par les choses que

• MaUh. \n,3i. — ' Pt. cssn.i, s. ^ Malth. x\n, SI, as, s. Mare. XUI, 30 , 31 , 33.

BMSDST — T. ni.

le Fils ne sait pas , celles qu'il ne sait pas pour son Église, ni dans son Fa;lise, et qu'il ne doit point lui révéler, conformément à cette parole : Cous êtes mes amis, et je vous ai fait connaître tout ce que j'ai oui de mon Père ' ; tout ce que j'ai ouï pour vous, tout ce qui était compris dans mon instruction. Ou , comme il dit ici : Je vous ai tout prédit * , tout ce que je devais vous prédire. Le reste, je le sais bien par l'étroite société qui est entre mon Père et moi : mais je ne le sais pas par rapport à vous, et selon le personnage que je suis venu faire parmi les hommes.

Adorons l’impénétrable secret de Dieu, et renfermons-nous dans les bornes où il a voulu terminer les lumières de son Église.

Le I^tls de Dieu doit venir comme un voleur. Mille ans de délai, c’est devant lui le délai d'un jour Ce n'est point en devinant les moments que vous éviterez la surprise ; il viendra de nuit, parmi les ténèbres , et sans bruit , comme un voleur 4, deux choses qui rendent sa marche impénétrable. Voulez-vous donc n'être pas surpris, veillez toujours ; ne dormez jamais pour votre salut; et vires comme des enfants de lumière, sans participer aux œuvres infructueuses des ténèbres *.

LXXVII* JOUR

Le Jour du Jugement dernier n'a pu être inconnu au Flis de

Dieu. .Mare, xill, 33.

Sans entrer dans un esprit de curiosité et de dispute, permettez-moi , 6 Jésus! de vous demander d'où vient que vous avez dit que personne ne connaît l’heure du jugement dernier, non peu mime les anges, ni le Fils. Car vous n'avez pas ignoré combien on abuserait de cette parole qui a fait dire aux ariens, ennemis de votre divinité, que vous ignoriez quelque chose, même comme Dieu et comme Verbe : et que vous n’étiez pas de même science, et par conséquent de même perfection ni de même nature que votre Père.,£t néanmoins , en nommant ceux qui ne savent pas la dernière heure , il vous a plu non-seulement de nommer les anges ; mais encore , votre évangéliste saint Mathieu n'ayant nommé qu'eux , votre évan- 'géliste saint Marc, instruit par saint Pierre, le prince de vos apêtres et le chef visible de votre Église, et votre Esprit qui les conduisait, a voulu que nous sussions que vous avez dit , ni le Fils, ni autre que le Pire

Pour moi , mon Dieu , je confesse avec votre apôtre saint Thomas, que vous êtes monSeigrteur et mon Dieu 7 : avec votre apôtre saint Paul , que vous êtes égal a Dieu * ; et Dieu béni au-dessus de tout 9 : et avec votre apôtre saint Jean, que vous êtes le Verbe qui était au commencement avec Dieu, et qui était Dieu lui-mime ; et que vous êtes le nrai Dieu , et la vie éternelle ■ ' : et enfin ,

■ Joan. XV, 15. — ' Marr. XIII.SJ. —'II. Pal. ni, 8, 10 - • I. Thru. T, 3, 4. — 4 Eph. v , 8, 11. — • .Marc. XIII, 3?

— I Jaaa.xx .38. — * Philip. 11,6. —* Rom. IX , 6. ~~ 'o Joan 1,1. — ” tbiU. V, 30.

MÉDITATIONS SUR l/ÉVANGII.E.

nwc toute votre Église catholique , que tous êtes h; Fils unique de Dieu, coéternel et consubstantiel a votre Père. Ft loin de croire que comme Verbe vous ayez pu ignorer quelque cliose, et ignorer en particulier le jour du jugement , je ne veux même pas croire que vous ayez pu l’ignorer comme iiomme, et selon la dispensation de votre eliair.

Et premièrement, malheur à ceux qui osent dire que vous , qui êtes le Verbe, la parole, la raison, l'intelligence, la sagesse de votre Père ; cette sagesse qui lui assistiez lortqu'U a créé l'univers, avec laquelle il disposait et composait toutes cAoses ■ , par qui toutes choses ont été faites >, n'avez pas su de toute éternité ce qu’il devait faire par vous! Or il devait faire par vous toutes choses, et plus encore, s'il se peut, le siècle futur que le siècle présent; puisque vous êtes celui dont il est écrit : que par vous il a fait même les siècles *. Car n'est-ce pas dire clairement que tous les siècles se développent par votre ordre, et sont disposés dès l'éternité par votre volonté? Et si c’est par vous que tous les siècles sont faits, le dernier jour ne sera-t-il pas aussi votre ouvrage? Et ee jour auquel aboutit tout votre ouvrage , qui en est la consommation , qui en est la 6n, sera-t-il le seul que vous n'aurez pas fait? ou l'ayant fait, sera-t-il le seul que vous n'ayez pas connu? Et ee jour, qui est le terme où se rapportent tous vos conseils, n'aura-t-il pas entré dès le commencement dans vos desseins ? Où, y aura-t-il quelque chose que Dieu n’ait pas disposé par sa sagesse, ni ordonné par sa parole? quelque ebose qu'il ait caché à celui qui est sa sagesse et son conseil ? Et te Fils unique qui réside dans le sebi du Père, n'y a-t-il pas vu ce secret? Personne , n'a vu Dieu que lui , et c'est lui-méme qui est venu nous l'annoncer Mais y a-t-il quelque chose dans

le sein de Dieu, qui lui ait été caché? Erreur, impiété, blasphème; retirez-vous ; rentrez dans l'enfer dont vous êtes sortis. Car faudrait-il dire encore que le Saint-Esprit, qui tonde, qui pénétre tout, et même les secrets et les profondeurs de Dieu ‘ , ce qu'il y a de plus caché dans ses desseins, n'aura pas vu un secret si important, ni connu le le dernier jour? ou, que cet F>sprit l'aura vu, pendant que le Fils de qui il prend, comme du Pére‘, l'aura ignoré? Absurdité par-dessus rimpiété , que l'Esprit qui annonce l'avenir, et qui distribue comme il veut les dont et les connaissances t, n'ait pas tout dans la perfection qui convient au principe et à la source. Car il faudrait l'excepter comme Fils, s'il fallait prendre à la rigueur ce que vous avez prononcé : que nf les anges , ni le Fils ne savent ce jour, ni aucun autre que le Père*.

LXXVIII' JOUR

Ce denier Jour e>t »nnu tu File de Dieu ; maii non pu pour notu Tappreodre. Marc. 1111, U.

Je continuerai , ê mon Sauveur, à considérer en

* Sap. IX , 4 , 9. — • Joau. 1,3. — * Itfb. 1 , 1. — 4 Joan. I , IH. — ‘ I. Cor. Il, 10, II. — • Joau. XVI, II. — ’ I- Cor. III, 4- — ■ .Vurr. XIII , 33.

tremblant cette parole que vous avez prononcée ici te Fils. Où est donc cette autre parole où mit disiez ; 'Fout ce qu'a mon Père est à moi' ? et eeUeci : Toutes choses ont été mises entre mes maint par mon Père : et personne ne connaît le Fils, si ce n'est le l'ére ; et personne ne connaît le Père, si ce n'est le Fils , et celui à qui il a plu au Fils de le révéler'} Toutestcommunentre votre Père et vous : et la connaissance du dernier jour ne vo4U sera pu commune! vous qui seul connaissez le Père, et qui seul le faites connaître à qui il vous plaît , ne l'aurez pas connu tout entier, ni pénétré tout son secret! S'il faut excepter quelque chose dans la connaissance que vous avez de lui, il faudra donc excepter quelque chose dans celle qu'il a de vous , puisqu'en parlant de cette connaissance incommunicable ù tout autre qu'à vous deux, que vous avez l'un de l'autre, vous dites également : Nul ne connaît le Père, sicen'estle Fils : et nulste conttali le F'ils, si ce n'est le Père. Tout vous est donné par le Père : le Père aime le F'ils , et lui a tout mis entre les mainst : et vous ne saurez pastouteequ'il vous a mis entre les mains I Mais comment cela se pourrait-il, puisque vous dites encore ; Le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait O Ainsi avec le même amour qu'il lui donne tout , il lui montre tout aussi. Est-ce ici le seul endroit où il ait donne des bornes à son amour? la seule connaissance qu'il lui ait déniée? le seul don qu'il ait reçu avec mesure, lui qui a reçu sans mesure tout le reste ‘ , sGn que nous reçussions tous, et chacun de nous , ce qu'il a du fond de sa plénitude^}

Mais parmi toutes choses , que votre Père a mises entre vos mains , ce qu’il y a le plus mis c’est le jugement; puisqu'il s’en est en quelque sorte dépouillé lui-même pour vous le donner : d'où vient aussi que vous avez dit : Le Père tse juge personne ; mois il a remis au F'ils tout te jugement t.Mais en même temps vous avez dit , que te Fils ne fait que ce qu'il voit faire à son Père. Ce qui fait aussi que te Père Calme, et lui montre tout ce qu'il fait*, comme on vient de voir.

Mais si vous devez connaître tout ce que le Père a ordonné sur le jugement dernier, parce que c'est à vous qu'il est remis, et que vous êtes vous-même ce souverain juge, qui paraîtrez en ce jour avec une majesté et une puissance divine ; il s'ensuitque vous connaissez tout cela, même commehomme, parce que c’est comme homme que vous devez juger : ce qu'il vous a plu de nous expliquer en disant que le Père adonné au Fils la puissance de juger, parce qu'il est le Fils de C homme s. Vous savez donc tout, même comme homme : vous savez tout ce qui regarde le jugement: vous en savez sans difficulté le jour et l’heure , puisque vous en savez toute la sagesse , et que la sagesse consiste principalement à prendre les moments, conformément à cette parole : Chaque chose a son temps '• ; et dans le monde tout est compassé, tout est rangé dans son

' Joen. XVI, 16. — ' Voir*. XI, 37. — < Joon. III, 34. - 4 Ibid. V. 30. — ‘ Ibid. 34. — s Ibid.t, It. — 'lbtd. V, 33 — • Ibid. I», M.—'lbid. 37. — BcrUi. ni, I.

Gt3

MEDITATIONS SUR L’ÉVANGILE

lieu ; tout te patte au lempt qui lui etl marqué par ta tagettequi régie tout.

Vous êtes notre chef, et nous sommes vos membres : vous savez toute l'économie de votre corps. Vous connaissez toutes vos brebis ; vous savez celles qui sont venues , et celles qui sont encore à amener : vous les connaissez et les nommez distinctement. Vous nommez tous ceux que votre Père vous a donnés ; et tout vous est connu depuis le premier jusqu'au dernier de vos élus : et vous marquez tous les temps , où vous les devez appeler, et les incorporer è votre corps*. Car c'est vous qui les devez recueillir; et en les recueillant vous ne faites qu'exécuter ce que vous aviez destiné avec votre Père, dès que vous posâtes les fondements de votre Église. Vous en avez révélé les persécutions à votre apôtre saint Jean : il en a vu tout le cours ; il a vu la dernière comme les autres, et celle qui ne finirait qu’avec la fin du monde , et avec le Jeu de votre dernier Jugement'. Les temps vous sont connus comme tout le reste : vous savez ce que veulent dire ces mille ans où vous avez déterminé le règne de vos saints sur la terre ; et ce que vous avez révélé en énigme à votre bien-aimé disciple, n’est pas énigme pour vous. Tout vous est connu , vaut êtes le tcrutaleur des reins et det coeurs. Vous avez en votre puissance le livre où sont écrits les secrets de Dieu, et ses décrets éternels; et les sept sceaux qui le ferment n'y sont pas pour vous , puisque vous les ouvrez quand il vous plaît, à qui il vous plaît, et pour les raisons qu'il vous plaît Et sous le septième sceau étaient enfermés tous les événements futurs; puisque c'est de là que se développent, et tes trompettes ex les / *<, et tout le reste, qui était l’histoire de l’Eglise. C'est pourquoi , lorsque vos apôtres vous interrogeaient sur le temps où vous rétabliriez le royaume d'Israël , vous leur répondîtes ; Ce n'est pas à vous a le savoir

O Seigneur, s'il m'est permis de vous interroger encore , que ne parliez-vous en la même sorte à vos apôtres; et que ne leur disiez-vous]; Ce n'est pas à vous à le savoir ; au lieu de dire , que le Fils ne le savait pas?

Peut-être se faudrait-il taire encore ici; et qu'au lieu de se fatiguer à examiner ce passage, il faudrait se dire à soi-méme : ce n'est pas à moi à l'entendre ; ce n’est pas à moi à savoir pourquoi vous avez parlé en cette sorte. J'acquiesce, ô mon Sauveur! et je ne recherche ce mystère que pour y trouver quelque instruction, s'il vous plaît de me la donner. Mais peut-être qu’elle est déjà toute trouvée ; peut être que cette parole. Ce n'est pas à vous à entendre les temps et les moments que le Père a mis en sa puissance^, est le déiioûment de celle où vous avez dit ; Pour ce Jour et cette heure-là , nul ne la tait que le Père -• et le Fils même ne la sait pas 7. Ce que le Fils ne sait pas en cet endroit , c'est ce qu'il ne nous appartient pas de savoir. Le Fils comme notre docteur, le Fils comme l’interprète de la volonté de son

■ Joo». I.— ■ .epx. IX, 7,8, a, 10. — t/Sid. Il, SS; v, I. a.etsrqq. - 4 /Sirf. viii, i et —

— * .Varc. XIII , 3i.

Père envers les hommes, ne le s.vil pas, parce que* cela n’est pas compris dans ses instructions , ni dans tout ce qu’il a vu pour nous, ainsi que nous l'avons dit. Et le Fils de Dieu parle ainsi pour transporter en lui-même le mystère de notre ignorance, sans préjudice de la science qu’il avait d'ailleurs, et nous apprendre, non-seulement à ignorer, mais encore à confesser sans peine que nous ignorons; puisque lui-même qui n'ignorait rien, et surtout qui n'ignorait pas cette heure dont il était le dispensateur, ayant trouvé un côté par où il pouvait dire qu'il l’ignorait, parce qu'il l'ignorait dans son corps et qu'il était de son dessein que son Église l’ignorât , il dit tout court qu'il l'ignore, et nous enseigne à ne rougir pas de notre ignorance.

J'ignore donc de tout mon cœur, et ce mystère, et tous les autres que vous voulez me cacher, et que vous ne savez pas en moi ni pour moi. J'ignore le jour où vous viendrez , parce que vous m'avez dit que vous viendriez comme un voleur. Mais si on ne sait pas quand le voleur viendra , le voleur n'en sait pas moins quand il veut venir. Vous savez donc, voleur mystique! vous savez quand vous viendrez ; et les enfants de ce siècle ne seront pas plus prudents, plus avisés dans leurs desseins, plus éclairés dans l'ordre qu'ils mettront a leur exécution, que vous qui êtes la lumière, même, la sagesse même. Vous savez donc, encore un coup, quand vous viendrez à la dérobée , demander à chacun de nous , et demander à tout le genre humain , le compte que nous vous devons de notre conduite. Vous le savez : et c’est pourquoi vous avez dit , que le père de famiUe ne sait pas t heure du voleur, mais non pas que le voleur l'ignorât lui-même. Et vous avez dit ; f cillez donc, parce que vous ne savez pas à quelle heure te Seigneur viendra; et non pas que le Seigneur qui doit venir, l'ignore lui-même. Et vous avez dit, en continuant la parabole : Soyez prêts, parce que vous ne savez pas à quelle heure viendra le Fils del'homme'.

Vous vous êtes aussi comparé à un père de famille, qui revenant de son voyage surprend son économe, en venant aujourquece méchant serviteur ignore, et tt r heure qu'il n'attend pas'. Mais vous, vous êtes le Seigneur, vous êtes le )>ère de famille, qui sait bien quand il doit venir; et si le serviteur est imprudent, le père de famille u'est pas pour cela ignorant de ses propres desseins. Vous savez donc , pour la dernière fois, quand vous vouiez venir, et vous ne voulez pas que nous le sachions. Voilà que mon ôme est prête, quand vous me la redemanderez ; mon compte est en état ; recevez-le , et me jugez en vos miséricordes : voilà du moins ce qu'il faudrait pouvoir dire. O mon Sauveur , quand serai-je en ret état? quand pourrai -je dire de bonne foi : Mon coeur est prêt, ù Dieu! mon coeur est prêtât

* Va(M. xxiv,t3,ta,<t. -’JWd.sa. — • PS- tvi,s.

MÉDITATIONS SUR I. ÉVANGILE

LXXIX' JOUR

profondes de notre SAUreur d'oser de ces rdserres mystérieuses pour nnslructloa dn son Pstltse : mais nou pour Autoriser les honunea S user d'équtvoquos et de restrictions mentales. Man. xiii , 3a.

Gardons-nous bien de conclure de ces réserves inystcrieiises du langage de notre Sauveur, qu’il nous soit permis d'user dans nos discours de dissimulation , d'équivoque et de restriction de pensée ; car il ne nous appartient pas de nous donner à nousinénies divers personnages, selon lesquels nous puissions nier en un sens ce que nous avouerons en l'autre. Il ne nous appartient pas non plus de faire de nos réserves une instruction, un exemple d'humilité, une espèce de parabole dont il faille chercher le sens , un mystère dont il faille approfondir le secret. Jésus-Christ a sa science comme Verbe, et tout y est compris, le présent, le passé , le futur, le possible, l'existant, tout en un mot ; tout ce qui est dans la science du Père ; car il est lui-méme cette science , puisqu'il est son Verbe , sa raison , sa parole extérieure. Il a sa science comme homme, par rapport à sa perfection, et comme le dépositaire et l'exécuteur de tous les secrets de son Père. Tout ce qui regarde le genre humain est compris dans cette science, puisque toute puissance lui est donnée dans le ciel et dans la terre'. C'est lui qui doit tout faire ; c’est lui qui doit venir pour juger. Son Père ne l’avertit pas à chaque moment, de ce qu'il aura à faire par son ordre; mais il lui donne tout d'un coup une pleine compréhension de tout le dessein dont il a l'exécution en son pouvoir : autrement il agirait comme nous, en foi, en obscurité, par morceaux , par pièces , au hasard en un certain sens, et è l’aveugle, sans entendre le rapport de cliaque partie avec la fin de l'ouvrage et avec le tout. Il a outre cela sa science comme docteur de son Église, comme interprète envers elle des volontés de son Père; comme faisant avec elle un même corps. Dans cette science est compris tout ce qu’il faut que l’Église sache. Il fallait que l’Église sût ses persécutions pour s'y préparer ; la chute prochaine des Juifs, afin qu’ils en fussent avertis, et qu'ils fissent pénitence; et pour dter aux fidèles la tentation de croire que le déicide et les autres déloyautés de ce peuple , avec les cruautés qu’il a exercées sur la personne du Sauveur et de ses apdtres, demeurassent longtemps impunies ; Jésus-Christ a su tout cela pour son Église, et il l’a expliqué.

Il fallait que l'Église sût les signes du jugement à venir, afin d’être attentive è son approche. Jésus- Christ a su encore cela pour elle, et il l'a prédit.

Il ne fallait pas qu'elle sût le temps ni l'heure : Jésus-Christ è cet égard ne lésait pas, et n’en dit rien à ses fidèles. Cette science , qui était en Jésus- Christ par rapport aux instructions qu'il devait donner è son Église, avait sa perfection et sa totalité, I qui lui faisait dire : Je vom ai découvert comme à mes amis tout ce que J'ai out de mon Père • ; et encore : Je vous ai tout prédit t ; tout ce qu’il fallait

' MaUh. XIVlll , IS. — ■ Jaaa, XV , 16. — > Mare. XUI , S3.

que vous sussiez , tout ce que j'avais appris pour vous. Si je dis , pour vous renfermer dans ces bornes, que je ne sais pas le reste, j'ai mes raisons de parler ainsi selon la charge qui m'est imposée, selon le personnage que je fais : ne soyez pas assez téméraires pour vouloir ou critiquer ou imiter ce langage mystérieux qui ne vous convient pas : c'est a rons à dire avec sagesse et avec simplicité tout ensemble : Cela est : cela n'est point ' : ne mentez pas ; ne vous trompez pas tes tms les autres; pareequevons éles membres les uns des autres >.

Tâchons ici de nous revêtir de l'esprit de sincérité, à l'exemple de Jésus-Christ, qui, à laréserre de ces mystères , où il était obligé à nous ménager la lumière, nous a tout dit comme à ses amis, selon qu’il était convenable, et que nous le pouvions porter.

LXXX« JOUR

Ce qui doit être eommun à cee deux grands événeaenU : sêducUon générale. Sbid.

Relisons les commencements de ce discours prophétique de Notre-Seigneur. Nous y trouverons les choses qui doivent être communes aux deux érénements qu'il prédisait, b la ruine des Juifs, et su jour du jugement dernier : c'est que l'un et l'autre devait être précédé de grands mouvements, d'une grande persÂiution de l'Église, d'une grande scduc tion.

Ses disciples lui dirent en secret : Dites-nons quand ces choses arriveront, et quel sera U siqne de votre avènement, et de la consommation des siècles t et Jésus leur répondit : Prenez garde à n'étre pas séduits

Souvenez-vous toujours qu'ils joignaient deux choses, la chute de Jérusalem, et le dernier jour, comme devant arriver dans le même temps. Et sans les désabuser d'abord , parce que cela n'était pas nécessaire, Jésus-Christ leur va expliquer ce qui devait être commun à ces deux événements.

Prenez garde que personne ne vous séduise. Ils lui faisaient une demande curieuse : Quand ces choses arriveront-elles J II leur donne un aria utile : Prenez garde qu'on ne vous séduise; comme s'il disait ; Il vons importe peu de savoir quand arriveront ces choses; mais ce qu'il faut que vous sachiez c’est qu’elles seront précédées d'une périlleuse et horrible tentation , pour vous séduite. Car U viendra plusieurs chrisù; et plusieurs seront trompés. C'est ce qui arriva devant la ruine de Jérusalem , et aux environs de ces temps-lâ. C'est ce qui arrivera encore à la fin des siècles. Je stds venu au nom de mon Père, et vous ne me receeez pas : si un autre vient en son nom, vous le recevrez. C’est ce qui est déjà souvent arrivé aux Juifs : et quelque chose de semblable leur arrivera encore une fois vers la fin des siècles ; lorsque ce méchant, cet Impie, qui s’assiéra dans le temple de Dieu, pour s'y montrer comme un Dieu, paraîtra arec des prodiges trompeurs, et avec toute sorte de sê-

* MaUh. T, 37. — * CoUms, iiiqO. IT, 33. — itiv, 3. Man. 5. Lue. xxi,7,s.

MÉDITATIONS SUE L’ÉVANGILE

duel ion; en torle qu'ils soient Itérés à t esprit de mensonge, pour ne s’ilre pas voulu laisser gagner a l’amour de la vérité'. Ce qui convient parfaitement avec la parole qu'on vient d’entendre de la Louclie de Jésus-Christ, et semble fait pour marquer d'une façon particulière l’aveuglement volontaire avec l’endurcissement du peuple juif. Quoi qu’il en soit, le démon développera toute sa malignité aux approches du dernier jour ; et la même chose arriva aux approches de la ruine de Jérusalem, n’y ayant jamais eu tant de faux clirists, ni tant de faux prophètes. Remarquez dans saint Matthieu les versets 5, 1 1 , 23, 24, 25, 26 ; et à peu près la même chose dans saint Marc et dans saint Luc.

t'oilà que Je vous l'ai prédit : Prenei-y garde *. La séduction sera si puissante, que Jésus-Christ ne craint point de dire qu’ejfe ira, s'il se peut. Jusqu'à induire en erreur même les élus S'il se peut fait voir deux choses : l'une , l’extrême péril ; l’autre , le secours présent de la main toute-puissante de Dieu.

Pesons ces paroles : considérons b quelles épreuves Dieu met notre foi; jujqu’où il veut que nous lui soyons soumis; ce qu’ont à craindre les esprits superbes; les pièges que Dieu permet qui leur soient tendus; combien ils sont délicats, combien subtils; combien il est dangereux que les saints mêmes ne s’y prennent : avec quelle frayeur et quel tremblement ils doivent donc opérer leur salut i.

Cet esprit de séduction qui se développera tout entier à la Qn des siècles, M fait souvent sentir avant ce temps dans les subtilités des hérétiques : une apparence de réforme ; un air de piété, et de modestie; des paroles douces, tirées le plus souvent de l’Écriture; une véhémente répréheiision des abus criants , qui semble marquer un vrai zèle , une vraie horreur des vices, un vrai amour de la venu. La chrétienté s’émeut : les nations se cantonnent : les élus, s’il se pouvait, devaient être pris dans ce piège. Mais ceux qui y ont été pris doivent songer que nous aurons bien à soutenir d’autres illusions à la lin des siècles; une hypocrisie bien plus délicate, bien plus raffinée : lorsque les prodiges trompeurs se joindront à une doctrine séduisante. O Dieu, je tremble pour ceux qui seront mis à cette épreuve ! Tremble.; dès à présent i la tromperie de vos passions, aux belles couleurs dont elles parent vos vices secrets, à ces instinats trompeurs de l’ennemi, à ces illusions secrètes que vous prenez pour inspirations. Qui a des oreilles pour ouir, qu’il écoute^; Ah! c’est de quoi séduire, s’il se peut, jusqu’aux élus. Concluez avec saint Paul : Opéra votre salut avec crainte et tremblement. Mais ne croyez pas l’opérer de vousinéme. Croyez que c’est Dieu qui qjo^e en vous le vouloir et le faire ‘ : opérez, et croyez que Dieu opère : ne soyez ni lâche ni présomptueux ; abandonnez-vous à cette grâce qui agit en vous , mais avec mie courageuse et fidèle coopération ; c’est ce

' 2<mn. v, 43. — ’ II. Theu. Il , 3 , 4 , B , 10 , I S— t .VaUh. ivif. as. Al/irr.xin, M. — * V'il/A. \*IV, 24. — i Philip. Il , ii. — • ütallh. il, Ih.—' Philip. Il, li, IJ.

qui soutient les élus; c’est ce qui les cmjiêchc de, périr.

Les élus, s'il se peut, seront induits à erreur’. S'il se pat. Cela donc ne se peut pas : une main toute-puissante, contre laquelle rien ne prévaut, détourne ce coup. O conduite inisériconlieusc et toute-puissante, qui empêchez vos élus de pouvoir périr, je vous reconnais, je vous adore, je m’abandonne à vousl mais dans cet esprit qui, en nous disant : Dieu opère, nous dit en même temps : Opéra, travaillez, agissez avec une infatigable ferveur.

LXXXI' JOUR

Le meme Bo)et Caerres, famines, pestes, tremblements (te terre; maux extrCmes. JVarr. \ni, 32.

Un grand mouvement dans le monde : des guerres, des bruits de guerre, des pestes, des famines, des tremblements de terre *. seront les tristes avantcoureurs de ces deux événements. Voyez-les en saint Matth., x.xiv, 6, 7 , et la même chose en saint Marc et en saint Luc. C’est ce qui arriva un peu devant la guerre de Judée, et dans la dernière année de Néron : c’est ce qui arrivera encore d’une manièru plus formidable aux approches du dernier jour.

Des guerres, des bruits de guerre : de grandes guerres en effet; de plus grandes appréhensions de mouvements nouveaux : il semblera que l’esprit de guerre, les haines, les jalousies , la nature même voudra enfanter quelque chose de funeste aux grands États : on remarquera dans le monde un esprit d’ébranlement universel. Au milieu de tout ce tumulte, prenez garde de n être pas troublés; car il faut que cela arrive, et ce n'est pas encore la fin

De quoi donc sera-t-on troublé, si on ne l’est de telles choses ? de rien du tout. Car le chrétien n’est troublé de rien que de son péché, et de la colère de Dieu qui le doit punir. Prenez donc garde de Hêtre point troublés. Vous vous enquérez de ce qui se passe, non-seulement avec curiosité, mais encore avec frayeur : que deviendront ces grandes armées qui sont en présence'? Quel ravage, quel cnibrasement, i|uel carnage, quel déluge de maux, si une fois la digue est rompue! ah! je m’en meurs ! Vous n’êtes pas chrétien. Le sort des empires est entre les mains de Dieu : ils meurent en leur temps comme le reste des choses humaines. Priez pour votre patrie; humiliez-vous; faites pénitence : mais ne craignez point; ne vous troublez pas : il faiif que cela arrive. Il le faut non par une aveugle et fatale nécessité qui nous mettrait au désespoir ; mais il le faut par une raison , par une sagesse, par une bonté qui prépare de grands biens par tous ces maux. Ne craigna point, petit troupeau , puisque le royaume qu'il a plu à votre Père céleste de vous préparer «est hors d’atteinte. Toutes les puissances ennemies, visibles et invisibles, n’ont point de prise dessus , et il'ne vous peut être ravi.

Cest ici le commencement des douteurs des douleurs de l’enfantement; de celles qui font jeter

* ¥urr. \xni. 22. — * Vt/re. XIII, 7, 8. Luc. xxi, », IC. II. — 7 Unttk. 1.XIV. 0. — 1 Lvc. XII, '32. — * .Valih. wtr, .t.

MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGILE

de plu$ grands cris; qui s'augmentent de plus en plus : on croit être à la fin, ce n'est encore qu'un commencement.

Quoi! ce mouvement effroyable des royaumes qui s'entrechoquent , ces famines , ces pestes , ces tremblements de terre , ne sont que /e commencement des douleurs! O Dieu ! que vos derniers coups sont redoutables, si ceux-là qui sont si terribles, dont on ne peut seulement entendre les noms sans être saisi de frayeur, ne sont qu'un prélude! Il est ainsi, Seigneur, il est ainsi. Par tous ces grands coups, les corps seuls sont menacés : mais voici ce qui est terrible, au delà de toutes les terreurs : Craignez, craignez celui qui, après avoir fait mourir le corps , enverra l’âme dans la gène. Oui, je cous le dis, craignez celui-là '. O Seigneur! si Je sais bien craindre cela. Je ne craindrai autre cliose ; et Je verrai tous les éléments se mêler et la nature se confondre, sans effroi. Ah! Je ne puis craindre que ce qui tue l'àme : mais Je puis ne le craindre pas, si Je commence sérieusement à me convertir. Je n'ai rien à penser que la pénitence, ni rien à craindre que de mourir dans mon péché. Mourir ce n'est rien, de quelque douleur que la mort soit accompagnée; quelque étrange , quelque Imprévue , quelque cruelle et insupportable que la mort paraisse. Mourir dans le péché, c'est tout le mal, et le seul qui soit à craindre. Malheureux, ingrats, pécheurs endurcis : Cite, vite ; convertissezvous, et vivez '.

LXXXII* JOUR

Penécutlon Ixrrible de rËalIxe > Irahbont , charité refroidie.

Marc, xm, 33.

Un autre avant-coureur, la persécution. Elle a ces terribles circonstances : une haine implacable de tout le genre humain contre l'Église; la fureur au dehors, la trahison au dedans : on se livrera les uns les autres; les frères livreront leurs frères, et le père même son enfant; les enfants se soulèveront contre leurs pères, et les familles mêmes seront divisées : les scandales seront horribles, à cause des chutes fréquentes de ceux qu'on croyait les plus fennes. Au milieu de tout cela la séduction redoublera, et de faux docteurs gagneront ceux que la violence n’aurait pu abattre ; la cruauté et la séduction iront ensemble au dernier degré. C'est ce qui est arrivé à l'Église naissante, à commencer vers les dernières années de Néron , un peu avant la guerre de Judée. C’est ce qui arrivera d'une manière bien plus terrible à la fin des siècles

Ce n'était pas une chose aisée à prédire, comme on le pourrait penser d'abord , (qu'une telle haine , et une telle persécution contre l'Eglise : et on n'aurait pas pu prévoir que le monde qui laissait en paix toutes les religions, et Jusqu'aux sectes les plus impies, comme celle des épicuriens, ne pourrait souffrir le christianisme. .Mais Jésus-Cbrist l’a voulu

> l.HC. xn. s. — > Ezrch. xvm , 33. — ' Vallh. xxiv . D et Marc. \nt, 13. Luc. mi.

prédire, et avertir ses fidèles d'une chose aussi siagulière, et Jusqu'alors autant inouïe que celle-là.

Il Joint, selon sa coutume, la consolation aux maux. Tout le monde vous haïra ; mois vous ne perdrez pas un setd cheveu ; cous posséderez cotre âme par votre patience ■ ; non en combattant . nuis en souffrant, é'oos serez traînés à tous les tribunaux, comme des criminels ; mais cela leurseraen témoignage ' : vous y paraîtrez comme des témoins de la vérité, comme les maîtres do genre humain : Je vous donnerai une bouche que nulle ini|Hidence , nulle violence ne pourra fermer ; une sagesse, une force contre laquelle il n'y aura point de résistance t : vous n'aurez rien à préméditer le Saint-Esprit parlera par votre bouche < : et k reste qu'on peut voir dans l’Évangile.

Ce qui sera de plus déplorable , c'est que ta malice s'augmentant sans fin, la charité se refroidira dans la multitude * : c'est ce qui arriva à saint Paul , lorsqu'il disait ; Tous m'ont quitté: persontu ne m'a assisté dans ma première défense : Démas même m'a abandonné, attiré par l'amour de ce siècle : Il n'y a que Luc avec moi: qu'il ne leur soit point imputé Mais ce refroidissement de la chanté dans ses frères , ne changeait point envers eus k coeur de Paul. Ce refroidissement de la charité paraîtra beaucoup davantage dans la fin. des siècles ; car, lorsque le Fils de l'homme viendra , pensezvous qu'il trouve de la foi sur la terres}

Mais à ce comble de maux , il n'y a qu'un seul remède : Qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé*. Remarquez ce mot -.jusqu'à la fin. Dis ans, vingt ans, trente ans, cinquante ans, ce n'est rien : il faut aller Jusqu’à la fin. Ne vous lasses point de travailler ; car la moisson que vous recueillerez , sera éternelle.

Il faut que eet Évangile toit prêché par toute la terre s ; de peur qu'on ne pense que la persécution qu’on vient de voir si déchaîné, en arrête k cours. Paul était lié : mats la parole de Dieu ne rélalt pas '• : elle courait •* , dit cet apétre : k bruit en retentissait par toute la terre ; la foi des Romains y était annoncée 'U : T Évangile, qui était venu jusqu'à Colosse, était, et fructifiait, et croissait en même temps par tout k monde Ainsi la prédiction du Sauveur s’accomplissait déjà en quelque façon , avant la dissipation des Juifs : mais le grand accomplissement en est réservé à la Go des siècles , et la prédication aura percé par tout k monde avant qu'il finisse.

O Dieu ! donnez vigueur à votre parole : bénissez les prédicateurs apostoliques : envoyez vos ouvriris dans cette grande moisson , que votre ennemi ravage. O Seigneur ! Je me Joins en esprit à ces liérauts de votre Évangile, et à ceux qui croiront m vous par leur parole. Sanctifiez-les en vérité, et que leur sainteté naissante répare les ravages que fait

' lue. XXI, 17, IR, 10. — * Ibùl. 13, la, et Murr. il». 3 el wipl. — ‘Luc. XXI, M, IS. — ‘MaUÀ. I, I», 30. —

XXfV, 13. — • II. Tim. IV, », Il , IR. —I Luc. XVIII, X - • Mullh. XXIV, 13. — • Ihirl. II. — II. Tim. Il,» "■ 3'Ac.i*. 111,1. —'I g-'iH l,s. — O Culuss 1,9.

MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGILE

1« péetii dans votre héritage. Sauvons-nous , sauvons-nous de la corruption de cette race mauvaise. Mon âme, sauve-toi toi-méme : d Dieu ! sauvez- moi ; je péris.

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