L.XXXIU' JOUR
Kéflexioos sur plustrurt cirroMUncn de œe deux événe-
menls. Marc, xia , ai.
Priez que votre fuite n'arrlve point durant P hiver mi dans le jour du tabbat : vous aurez besoin des plus grands jours, de la saison la moins embarrassante, de la liberté d’agir la plus entière, pour précipiter votre fuite dans les dfeerts et dans les montagnes, et pourvoir à tant de pressants besoins. Jamais U n'y eut, jamais II n'y aura d'affliction semblable ; jamais peuple n’aura été ni ne sera plus impitoyablement livré à la vengeance : et si Dieu n'avalt abrégé le temps nul homme ne se sauverait ; mais Dieu a abrégé le temps pour P amour de ses élus • . Ce lléau de Dieu sera si terrible , et la force en sera si insupportable, qu’il y aurait de quoi accabler tout le genre humain. Mais il fallait qu’il restât des hommes sur la terre pour enfanter les élus et les saints , qu’il y avait encore à recueillir. Voilà un sens. Dieu fléchi par les prières de ses élus, a tempéré sa colère : ils sont le sel de la terre, pour en empêcher la totale corruption : il faut qu’ils y soient répandus deçà et delà , et de tous côtés : autrement le genre humain, qui n’est conservé que pour eux , périrait en entier : c’est un autre sens. Le dernier : Dieu a abrégé le temps des souffrances , de peur que ses élus n’en fussent enfin accablés : et il n’a pat voulu qu’ils fussent tentés par-dessus leurs forces.
Pour Pamour des élus qu'il a choisis , dit saint Marc •. Ils ne sont pas élus par un autre : c’est par lui-méme : l’amour qui les lui a fait élire, l’oblige à tout faire pour eux; et il n’épargne la terre qu’à leur considération.
Respectons les saints qui sont parmi nous; nous leur devons tout : et Dieu s’apaise en les voyant; comme un père qui voit ses enfants parmi ses ennemis, retient sa main. Après la séparation, que n’auront pas à souffrir les pécheurs I
Ce qui est vrai en un certain sens, à l’égard des Juifs, est encore plus véritable à l’égard de tout l’univers , dans les approches du dernier jour : après que la patience de ses saints aura été épurée jusqu’au degré qu’il voulait, il mettra fin autemps des épreuves, pour donner lieu aux récompenses.
S'il y a clnquantejustes dans Sudome, s'il y en a quarante, s'il y en a dis:, je pardonnerai pour Pamour d'eux à toute la ville t. Dieu aime tant les siens, que non-seulement il les épargne, mais il épargne les autres pour l’amour d’eux. Si on n’aimait pas les justes, ni on ne les protégeait pas pour eux-mémes, il les faudrait protéger pour le bien publie. Que notre maison soit leur asile : que nos bras leur soient toujours ouverts ; que notre secours
• Vn»/r. XIIV. an, 31, M. — ■ Marc, xlll , *1. — > Cf». \vin,--'0, 3SI-1 «--el.
les suive partout. Les prêtres , les religieux les représentent par leur état.
LXXXIV' JOUR
héüexIoQt sur d*aatz«s dieonstanoes. Ihid.
Si l'on vous dit : Le voici dans le désert ; le voici dans les lieux retirés de la maison ; ne U croyez point Ceci regarde les derniers temps , lorsque les Juifs fatigués de tant attendre, et d'avoir si souvent été trompés sur le sujet du Messie , s’en diront les uns aux autres des nouvelles comme en secret : Il est venu, mais il se caclie; Il est dans ce désert; U est dans les lieux secrets de celte maison : ne croyez point tout cela. Ce n’est plus le temps qu’il doit venir de cette sorte , d'une maison particulière, d’une ville obscure , d’un désert; tantôt caché, 'tantôt découvert ; il paraîtra tout d’un coup avec un éclat surprenant; et un éclair ne se fait pas voir plus rapidement du levant jusqu'au couchant, et d'un côté du ciel à l'autre, que te Fils de l'homme paraîtra dans toute ta terre *. Voilà la première chose qu’il marque de ce grand événement ; une apparition soudaine, et un éclat, qui en un moment se fera sentir d’une extrémité du monde à l'autre. Mais voici la seconde : Où sera te corps. Us s'assembleront tes aigles Si les aigles sentent leur proie de si loin, et s’assemblent rapidement de toutes parts autour d’un corps mort ; combien plut s’assembleront les élus où sera lo Fils de l’homme 1
I-e grec porte , au lieu de corps, un corps mort, un cadavre : et le Fils de Dieu se compare à un corps de cette sorte , à cause que les élus seront assemblés par le mystère de sa mort ; et que c'est par là qu’ils auront part à sa résurrection. Tout cela regarde visiblement l'apparition dernière, et le dernier jour de Jésus-Clirist. Et c’est pourquoi il ajoute : Mais aussitôt après l'affliction de ces jours-là, de ces jours où le Fils de l’homme devra paraître si vite, et rassembler autour de lui tous les élus : aussitôt après cette affliction ; car il a dit qu’il y en aurait d’étranges vers ces jours-là: le soleil s'obscurcira : et le reste L
Il ne faut donc pas entendre cette affliction ni ces jours, de l’affliction ou des jours qui seront fâcheux pour les Juifs ; mais de l’affliction de tout l’univers , vers le jour où le Fils de Dieu devra paraître, qui sont ceux dont il venait de parler. Le même paraît dans saint Marc : Mais dans ces jourslà , dans cette affliction-là, te soleil s'obscurcira * ; et le reste. Comme s’il disait : Il arrivera de grands maux aux Juifs ; mais ce n’est point dans ces maux , ou dans ces temps, qu’arriveront ces prodiges du soleil obscurci , et les autres ; mais dans ces jours dont je viens de parler, dans ces jours où le Fils de l’homme devra paraître ; aux approches de cette dernière apparition, et peu après les afflictions dont elle sera précédée, le soleil s'obscurcira ; et la reste.
• Mali». «XIV. M. — • lànl. 17 — > Luc. I»n,3t. MiàO. XXI' , 3S- — ‘ li'it XXI* . 33. — S .Marc, xin, 34.
MitDITATlONS SUR L'ÉVANGILE.
8I«ltons-nouf en esprit dans ce dernier jour, si heureux pour les uns , si funeste aux autres. Représentons-nous l'ctoiineinent où l’on sera de cette nouvelle lumière que jettera le Sauveur, de ce prodigieux éclat qui se fera sentir d'une extrémité du monde à l'autre avec la rapidité d'un éclair. Contemplons ces aigles mystiques , les esprits sublimes à qui le monde n'aura rien été, et qui n’auront pas été troublés de tant de persécutions, ni de cet ébranlement universel de la nature éperdue , prendre tout à coup leur vol , et , comme dit saint Paul , être enlevée dam les nuées , au milieu des airs , à la rencontre de Jésus-Christ, pour être ensuite toujours avec lui'. Heureux jour! heureux spectacle! heureux ehangement I heureux ceux qui verront ce beau feu , cet éclair nouveau , cette vive et admirable lumière : qui verront ce corps que la mort a consacré à notre salut; ces aigles qui voleront après , et qui seront enlevés avec lui ! Soyons de ces aigles, par la contemplation en foi et en vérité , et par une noble élévation au-dessus des choses mortelles. Faisons notre proie de ce corps , que la mort a fait ndtre. Nous l'avons dans l'eucharistie, ce corps mort autrefois , à présent vivant , mais couvert d'un signe de mort ; dévorons-le; prenons-en toute la sutetance, tout le suc. Vivons de Jésus et de sa vérité , et de ses souffrances , et de sa mort , qui est notre vie : imitons-la ; portons-la sur nous ; Portons sur nos corps la mortification de Jésus; afin quela viede Jésus paraisse en nous ’. Si parmi les ténèbres du monde , et celles qui nous environnent, il lui plaît de faire tout à coup reluire sur nous commeune espèce d’éclair, une lumière rapide qui se répande en un moment dans toute notre tme , et qui se fasse sentir de la partie haute jusqu'à la plus basse; d lumière, je vous adore! 5 lumière, je vous veux suivre! Si vous vous retirez comme un éclair, et que vous laissiez mes yeux éblouis d'un éclat si vif , je me souviendrai de vous avoir vue : je me réjouirai de l'espérance de vous revoir à d'autres moments ; je tâcherai de mettre à profit tout ce que vous me montrerez dans ces moments rapides : et j'aspirerai nuit et jour à ce jour unique de l'éternité, où vous luirez sans vous retirer, sans être obscurcie; où votre levant sera sans couchant; où nous jouirons à jamais de vous, ô Père ! d Fils ! d Saint-Esprit ! qui êtes la véritable et seule lumière.
LXXXV JOUR
InalmcUoDS k recueillir. $« tenir prêt : veiller à toule heure.