‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 225 sur 273 · C\> JOUR. I · texte numérisé non relu

C\> JOUR. I

Jérémie excuM au moin« non peuple, i>'u»ant prier pour lui.

Il est vrai qm' Dieu déclarait à ce saint prophète qu'il ne voulait plus l'écouler : Cesse de prier pour repeuple: n'emphie pour eux, ni la prière, ni les cantUpies de louange : et ne t’oppose point à mes vulontés; var je ne t'écouterai pas'. Kt il lui «lisait encore : Si Moïse et Samuel se me/taieni rferant moi ; J'ai ce peuple, en exécration. Chasse-le de derant ma face. tU s'ils te demandent. Où irons-nous? tu leur répondras : M la mort, celui qui doit aller a la mort : ,4 l'épée, celui qui doit être percé par .son tranchant : .4 la captivité , celui qui doit aller en capticilé : et que chacun suive son mauvais sort; je ne veux pas l'en tirer. Car qui aura pitié de toi , 6 Jérusalem? ou qui saffUgera jHiur toi, ou qui ira prier pour ton repos? Tu as tnhsé le. Seigneur ton Dieu'l Mais cela même, qtie le saint prophète retenait scs géniis.scments et ses prières, était une espèce de gémissement et de prière cachée : et s’il n’osait plaindre les malheurs de ce peuple justement puni, il en pleurait les pérhés. (jui remplira, disait-il, ma tête d'eaux et qui fera couler de mes yeux une fontaine de larmes, afin que je pleure nuit et jour ceux de mon jKuplv qui ont été tués dans leur iniquité? ('ar qui pourrait excuser leurs crimes? qui pourrait denwul'cr davantage parmi eux? qui me fera trouver dans ta solitude une peüte cabane, de celles que les voyageurs y b^ti.ssent, pour leur y servir de retraite? et que je laisse mon peuple , et que je me retire d'avec eux? Car ce n’est plus qu’une troujye d'adultères et de prévaricateurs. Leur tangue ressemble à un arc tendu, d'où il ne sort que mensonge et calomnie. Ils se fortifient sur ta terre, parce qu 'ils vont d’un mot à un autre, et soutienncfd le crime par un autre crime : Us ne me con- 7iament plus , dit te Seigneur. Us se moquent les uns des autres : ils «»/ appris a leur langue à ajuster un mensonge : ils se sont beaucoup tourmentés; mats à mal faire. Ixur demeure est an ' milieu de la trom/}erie^ : et le reste qui n'est pas * moins déplorable. » I

Mais encore qu'il ne plU dissimuler leur malice, j il les excusait te mieux qu'il pouvait : et lorsque Dieu, I loiicbé de leur rébellion, qui les faisait soulever | contre lui malgré toutes ses menaces, lui défendait | de prier pour eux; parce que, disait-il, Je les veux i perdre, et je ne regarderai ni leurs jeûnes, ni \ tvurs prières, ni leurs holocaustes* : il leur di.sait en tremblant et en br'gayant, comme un boinme qni n'osait parler : .4, a, a, Seigneur Pieu : leurs , prophètes les séduisent! fous ne verrez, leur \ disent-ils, ni la fKsle, ni la famine; jnais vous j jouirez d’une véritable paix Il priait, sans oser j prier ; il excusait ces ingrats , et portait leurs ini- | quités devant le Seigneur. I

Jésus, comme Jérémie, semblait vouloir s’cloi- ,

• vji , 10, — » Jhid. XV , 1 , 3 , f» , 6. — ^ lOid. IX ,

Page 1