‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 233 sur 273 · I.ÆS cieux 8*ouvreiU : je perce audedao^ àu · texte numérisé non relu

I.ÆS cieux 8*ouvreiU : je perce audedao^ àu

‘ I Cor. xt, 27.

MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGII.E.

j'entre dans le sanctuaire éternel , et j'y vois avec saint Jean , devant le trdne , l'Àgtieau comme ttté , et autour !e» vingt-quatre vieillards vénérables C'est ce que je vois dans le ciel , c'est ce que je vois dans la terre. Là Jésus comme mort, comme tué, avec les cicatrices de ses plaies , au milieu de ses saints : ici le même Jésus encore comme tué , et revêtu des signes sacrés de la mort violente qu'il a soufferte, environné de part et d'autre de l'assemblée de ses prêtres. Que nous dit saint Paul , de ce Jésus considéré dans le ciel ? Qu ’il parait pour nous devant la face de Dieu : qu'if est dans le ciel toujours rivant , afin d'intercéder pour nous ' : qu'il intercède pour nous par sa présence. Et que dironsnous , à son exemple , de ce Jésus posé sur le saint autel , sinon que sa seule présence, et la représentation de sa mort, est une intercession perpétuelle pour le genre humain?

Accompagnons donc cette action de saintes prières ; cliargeons de nos voeux Jésus-Christ présent. Nous ne prions que par Jésus-Christ ; le voilà présent ; prions donc par lui plus que jamais. Agneau sans tache , Agneau qui ôtez les péchés du monde , détournez les yeux de votre Père de dessus mes péehés. Je comparais devant son trône, et j'en vois sortirdei éclairs eldes tonnerres et des voix terribles et fulminantes contre moi , contre mes crimes. Où me cacherai-je ? je suis perdu, je suis foudroyé. Mais je vous vois entre deux. Agneau sans tache! Vous arrêtez ces foudres, et le feu de la justice divine s'amortit devant vous : je respire, j'espère , je vis. Mais cet Agneau doux et paisible me dit devant ce trône : Jliez , et ne péchezplus t : il ne pardonne qu'à cette condition.

LX* JOUR

Jésus notie victime donné à la croix, donné dans l'euclia. rlsUe. Luc. xxu, lv,ao.

(lue je trouve de douceur à méditer votre parole ! que j'en trouve dans cette parole, par laquelle vous établissez et continuez ce banqnet , qui est en même temps un sacrifice! Je ne me lasse point de la méditer : je la considère de tous côtés : je la rumine, pour ainsi parler, et je la passe et repasse sans cesse dans ma bouche pour la goûter, pour en tirer tout le suc ; Ceci est mon corps donrté pour vous ; en temps présent : qui se donne : Ceci est mon sang répandu pour vous*-, dans le même temps : qui se répand. .Saint Matthieu parle ainsi , saint Marc , saint laïc , saint Paul : quatre témoins parfaitement uniformes de votre parole. Tous quatre parlent en présent ; cela est clair dans l'original, et l'interprète latin qui a traduit au futur : sera livré , sera réjmnetu , par rapport à la croix, où ce corps allait effectivement être livré , et où ce sang allait être répandu , a conservé dans saint Lucie temps présent : Hoc corpus, quod pro voris datur ; afin que nous entendissions, non seuiementqucJésus-Lbrist en disant : Ceci est mon corps , l'cnten-

' dpne. V, 8. — * Ifrb. IX . 34 ; V!i . as. — > dpoc. IV, 5. — * Joan. VIII, Il — s 19 , au.

daitde ce même corps qui allait être livré pouriiou.s; mais encore qu'il entendait qtie ce même corps, qui allait être livré et donné pour nous, l'était déjà par avance dans la consécration mystique , et le seraità cliaque fois qu'on célébrerait ce sacrifice. Croyons donc, non-seulement que le corps de Jesus.Ghrist devait être donné pour nous à la croix , et l'a été en effet ; mais encore qu'à chaque fois qu'on prononce cette parole , il est par cette parole actuellementdonné pour nous; Hoc corpus, qiioIi PRO voris datur.

Il veut donc dire que ce corps non-seulement nous est donné dans l'eucharistie ; Prenez ; mangez : ceci est mon corps ‘ : mais encore qu'il y est donné pour nous, offert pour nous, aussi bien qu'il l'a été à la croix : ce qui marque qu'il est encore ici notre victime, qu'il y est encore offert, quoique d'une autre manière. Ainsi ce terme -.donné pour vous, se dit de Jésus-Christ sur la croix, et se dit de Jésus-Christ dans l’eucharistie; et convient à ce double état de notre Seigneur du corps présent dans l'un et dans l'autre. C'est pourquoi le Sauveur non-seulement parle en temps présent , pour nous montrer qu'il est ici comme en la croix, se donnant actuellement pour nous; mais encore ii choisit un terme qui convient à son sacré corps dans ces deux états. S'il avait dit : Ceci est mon corps, qui est crucifié, percé de plaies, mis à mort pour vous; on ne pourrait pas dire que cela lui convient dans l'eucharistie; car il n'y meurt plus : et il faudrait expliquer nécessairement et uniquement ; Ceci est ce même corps, qui sera mis en croix pour vous, et y rendra le dernier soupir pour votre salut. Mais il a dit : Ceci est mon corps donné ; cela convient à ces deux états ; ce corps est donné à la croix ; ce corps est encore donné dans l'eucharistie: et, dans l'un et dans l'autre état , donné pour vous. Ués-là qu’il est dans l'eucharistie pour vous y être donné , il est donné pour vous : avant que de vous le donner à manger, la parole de Jésus-Christ le rend présent : et cette présence est encore pour vous. Jésus-Christ est présent pour vous devant son Père ; il se présente pour vous, il s'offre pour vous; et sa présence seule est pour vous une Intercession toute-puissante.

Voilà donc ce qu’opère dans l'eudiaristie ce précieux terme : Ceci est mon corps donné.

Mais peut-être que les autres termes, rapportés par les écrivains sacrés , n’ont pas été prononcés avec le même choix , et ne conviennent pas également aux deux états de la présence de Jésus-Clirist. Voyons , lisons , méditons : Ceci est mon sang répandu: il est répandu sur la croix; mais n’est-il pas encore répandu dans le calice ? N'y ,vt-il pas dans ce calice de quoi faire à Dieu pour notre salut la plus salutaire effusion qui fut jamais ? Ce sang est là pour être répandu sur les fidèles ; il est là en état d’être répandu , et sous la forme d’une liqueur, dont le propre est de se répandre. Ce s.-mg qui .•> été répandu à la croix , et qui a coulé de toutes les veilies rompues du .Sauveur, coule encore dans ce ca-

• Matih. XXVI, 3S.

MÉDITATIONS SIIIl I.’ÉVANGII.E.

licedetmitPS scs plaies, et prineipalement de celle du sacré cdté. C'est pour cela que nous mêlons rt^ calice d'un peu d'eau, en mémoire de l'eau qui roula du côté uurert , avec le sauR. Seigneur Jésus, vous êtes la parole , et vos paroles sont prononcées avec un choix digne de vous. En disant ; Ceci est mon sang répandu pour vous , en temps présent , vous me marquez que non-seulement il est répandu pour moi sur la croix , mais encore qu'il se répand pour moi , et pour la rémission de mes péchés dans ce calice; pour m'en assurer, pour me l'appliquer, pour continuer éternellement l’intercession toutepuLssante que vous faites pour moi par ce sang.

Continuons à ruminer ces saintes paroles ; Ceci est mon corps donné pour vous , avons- nous lu dans saint Luc; mais le mot que saint Paul a mis ru la place est celui-ci : Ceci est mon corps rompu pour vous ■ : mais que veut dire ce terme, selon l'usage de la langue sainte ? Isaïe nous l'a expliqué par ces paroles ; Romps ton pain à celui gui a faim ‘ ; donne-lui ce pain , fais-lui-en part : saint Paul explique donc bien : Ceci est mon corps donné fimir vous : par : Ceci est mon corps rompu pour vous. Ce corps est mis en état de nous être donné , de nous être distribué , de nous être rompu dans l'eudiaristie; et dès qu'il est mis dans cet état , il est déjà rompu et donné pour nous, dans la destination, et par la parole de Jésus-Christ. Mais ce même terme a aussi son rapport au corps en croix , au corps froissé de coups et |iereé de plaies , suspendu à une croix dans un état si violent, où son sang ruisselle de tous côtés de ses veines cruellement rompues. Le mot de rompre convient donc encore aux deux états, et à celui de Jésus-Christ à la croix, et à celui de Jésus-Christ dans l’eucharistie ; le corps est donné dans l'un et l'autre état; il est rompu dans l’un et l'autre. Il en est de même du siing. Le corps est partout donné pour nous, il est partout notre victime: le sang est partout versé pour nous ; il a coulé pour nous sur la croix , il coule encore pour nous dans la coupc sacrée.

Mon Sauveur, quel sacrifice ! mon .Sauveur, encore un coup, que de douceur à méditer votre parole! J’y trouve toujours de nouveaux goûts, comme dans la manne : votre corps et votre sang sont mon oblation, mon sacriOce, ma victime, et sur la croix et sur la sainte table; et comme la croix, cette table est un autel. Ah! vraiment, ce que dit saint Paul est bien véritable! Nous avons un autel, dont ceux gui demeurent attachés au tabernacle ancien , et à l’autel de la loi , n*ont pas pouvoir de manger Pour y participer, il faut entrer en esprit dans te tabernacle, gui n'est pas fait de main d'homme*.

LXI' JOUR

L'euchsrUtie est le sang du nouveau Testament. Matth.

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