XXVI
Je reviens aux paroles de l'institution avec un
■ I. for. XI, 2t. Crav-, — » h. I.vni, 7. — ‘ Htb. XIII , 10. — • nu. II, II.
nouveau goût , et j’y trouve ce mot qui me tondif Ceci est mon sang du nourenu ‘Testament', je trouve, dans ce mot de Testament, je ne sais quu, qui me frappe , qui m'attendrit. (Test ici un testa ment ; c’est l'assurance de mon héritage; mais il faut qu’il en coûte la mort à celui qui le fait. J'ouvre encore la divine épître aux Hébreux , et j") trouve ces paroles : Partout oit il y a un leslamesl. U faut gue la mort du testateur s’y rencantri car te testament est confirmé dans la mari; n il n'a pas sa voleur, tant gue le lesta leur est en rie dest pourguoi l'ancien Testament même n'a pas été consacré sans sang. Car après gue Moite ni k te commandement de la toi à tout te peuple, s prit du sang de ta victime , et le jeta sur le hm même , et sur tout le peuple, en disant ; Cest fa> sang du Testament gue le Seigneur a fuU pm vous *. Je vois donc l'héritage céleste donné pu testament aux enfants de Dieu. Jésus-Christ est k testateur ; il faut qu'il meure ; le testament o'ut valable et ne reçoit sa dernière force que par b mort du testateur; jusque-là il est sans effet;» le peut même clianger : ce qui le rend sacré et i». violable; ce qui lui donne son plein et entier efld, et saisit l'héritier de tout le bien qui lui a été laiie par le tesUteur, c’est sa mort. Et tout cela s’areim plit parfaitement en Jésus-Christ , qui meurt pm nous assurer notre héritage. C'est pourquoi fane» Testament, qui devait être la figure du notnean n'a pas été consacré sans sang .- tout le peuple, tl le livre même de la loi , où la promesse de lli^tan était renfermée, est sanctifié par l'aspersion Ir ce sang : tout est ensanglanté , et le caractère ée mort parait partout : et Moïse, en jetant eesw sur le livre de l'alliance , lui donne le caractère ée testament, en disant, selon que l’interprète «ani Paul : C'est ici le sang du Testament gue /ail h Seigneur à votre avantage * : ce que Jésus aecooplitendisant aussi : Ceci esffesaiiÿ, non de l'aone» Testament, mais du nouveau.
Ce qui parait donc en ces paroles, et per k rapport qu'elles ont arec les anciennes figure, c'est que le sang de Jésus-Christ versé à la cron. et versé d'une manière très-réelle et très-vériuble , quoique différente de celle-là , est le tas* du nouveau Testament; c'est-à-dire, lesangniK pour lui donner toute sa force. Il y a des tesbments dont la loi est qu'ils sont écrits de la mais du testateur; mais la loi du testament de Jésus Christ, c'est qu'il devait être confirmé, et conuir tout écrit de son sang. L’instrument decetesüment, et l’acte où il est écrit, c'est l'eucliariitie Les promesses de Jésus-Christ et du nouid héritage nous sont faites par la mort de Jésus- Christ, qui nous tire par là de l'enfer, et nous assure le ciel ; et l’acte où cette promesse est rédigée, l'instrument où la volonté et la dispositiou de notre Père est écrite; cet acte, cet instrument est tout écrit de son sang : son testaiaent, eu la mot , c’est l'eucharistie.
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MÉDITATIONS SÜR L’ÉVANGILE.
Qoi donc no eerait ému en entendant tous les fours ces paroles du Sauveur : Ceci e$l mon sang du nouveau Testament : ou , comme le tourne saint I .UC : Ce calice est le nouveau Testament par mon sang ■ , qu’il contient ; parce que telle est la nature de ce testament, qu'il doit être écrit tout entier du sang même du testateur. Venez lire, chrétiens; venez lire ce testament admirable : venez en entendre la publication solennelle dans la célébration des saints mystères; venez jouir des bontés de votre Sauveur, do votre Père, de ce divin testateur qui vous achète par son sang votre héritage, et qui écrit encore de ce même sang le testament par lequel il vous le laisse. Venez lire ce testament : venez posséder; venez jouir : l'Iiérilage céleste est à vous.
LXII* JOUR
Ccit le nouveau TesUuneot par le tang de notre Seigneur.
Ce calice est le nouveau Testament par mon sang ; c'est ainsi que saint Luc et saint Paul ‘ tournent ce que rapportent saint Matthieu et saint Marc : Ceci est te sang du nouveau Testament.
Il n'y a pas lieu de douter que les paroles prononcées par Jésus-Christ en donnant son corps, ne soient celles-ci ; Ceci est mon corps ; puisque tous ceux qui ont écrit cette institution , saint Matthieu, saint Marc .Saint Luc et saint Paul , le rapportent dans ces mêmes termes.
Il n'y a non plus lieu de douter que Jésus-Christ n'ait conucré son sang avec la même façon de parler, dont il a consacré son corps, c'est-à-dire, comme le rapportent saint Matthieu et saint Marc ; Ceci est mon sang du nouveau Testament^. Mais comme il y avait quelque chose de particulier à considérer dans ce sang du nouveau Testament, et qu'il y fallait entendre que ce sang versé pour nous sur la croix, et encore versé pour nous, et transformé en une liqueur dans l'eucharistie, y était la confirmation et le témoignage certain de la dernière disposition de notre Père; saint Luc et saint Paul l'expliquent ainsi ; Cette coupe est le nouveau Testament en mon sang ; comme si on disait ; De même que ce papier où est écrite de la main de votre père sa dernière volonté, est son testament; ainsi cette coupe sacrée est le testament de Jésus- Christ par son sang qu'elle renferme, et dont la dernière disposition devait être écrite.
Il n'y a donc rien de plus simple, que les paroles dont Jésus-Christ a usé : Ceci est mon corps : ceci est mon sang du nouveau Testament : il n'y a là aucune ligure; et tout y est véritable au pied de la lettre. Dans ces paroles de saint Luc et de saint Paul , ou plutôt dans ces paroles de Jésus-Christ, ainsi que ces deux écrivains sacrés les ont tournées : Cette coupe est le nouveau Testament par mon sang, il y a une façon de parler un peu plus tournée, aisée toutefois et du discours familier, et semblable à celle qui appelle
■ Luc. 1X11.20. -> {.UC. un, au; I. Cor. ii ,25. —
XXVI, 28; Mure. XIV, 2t.
du nom de testament, l'instrument où est déclarée la dernière volonté du testateur. Mais en même temps la vérité du sang est marquée avec une force particulière : car il y est expressément marqué, que si la coupe qu'on nous présente est le testament de Jésus-Christ; si elle est l’instrument sacré où sa dernière disposition est marquée ; c'est par le sang de Jésus-Christ qu’elle contient; à cause que ce testament, comme on vient de voir, était de nature à être écrit, non pas de la propre main, mais du propre sang du testateur. Et les paroles de saint Luc marquent ce sens évidemment. Car à les traduire mot à mot, selon qu elles se trouvent dans l’original , il faut rapporter ces mots, répandu pour vous, non pas au sang, mais à la coupe; et on les doit traduire ainsi : cette coupe versée pour vous, est le nouveau Testament par mon sang : ce n’est pas seulement le sang qui est versé pour vous; c’est la coupe, au même sens qu’on dit tous les jours, quand une liqueur est répandue, que le vase où elle était est I-épandu. J-jitendons donc aussi que cette coupe est ici répandue |)our nous; c'est-à-dire, que le sang qu'elle contient n’est pas seulement répandu pour nous à la croix ; mais qu’en tant qu’il coule encore dans cette coupe, et qu’il en déroule sur nous, c'est encore une effusion qui se fait pour notre salut , et une oblation véritable.
Rendons gr.1ces à Jésus-Clirist, qui nous a expliqué en tant de sortes, et d’une manière si expresse , le sacrifice qu'il continue à offrir pour nous dans feucharistie. Voyons-y encore couler pour nous le sang de la rédemption en vérité comme sur la croix, quoique sous une forme étrangère. Il est puissant pour opérer tout ce qu’il a dit : son sang est ici ; cette coupe en est pleine ; il s'y répand tous les jours pour nous; c’est de ce sang qu’est écrit le testament de notre Père. Et quel est ce testament, sinon celui dont il est écrit : Cest ici te testament que je ferai avec eux :Je mettrai ma loi dans leurs CŒurs , et je l'écrirai dans leur esprit ; et je ne me souvierutrai plus de leurs péchés ■ ?
Et pourquoi nous léguer par testament la rémission des péchés, si ce n'est pour lever l'obstacle qui nous empêche d'entrer dans le ciel, qui est notre véritable héritage? Et pourquoi faire cela par un testament, si ce n'est pour nous faire souvenir que, pour être en droit de nous léguer cet héritage céleste, il en devait coûter la vie à celui qui nous le léguait par testament? Et pourquoi nous donner le sang du nouveau Testament; ou , comme le tournent saint Luc et saint Paul , pourquoi nous donner ce testament scellé , conGrmé, écrit avec le sang du testateur, sinon pour appuyer notre foi et enflammer notre amour? Qui ne serait attendri , en voyant un testament écrit de cette sorte? Que l’héritage est grand , qui nous est légué par un testament si auguste , si précieux ! Qui aurait le cccur si endurci, qui, voyant ruisseler encore de cette coupe sacrée le sang de ce testament , par lequel nos
' Jons.xxxi, 31, 11,31; Hrh. VIII. 8. et wq. x . ,s. I/.
MÉDITATIONS SUR L ÉVANGILE
prcbés sont laves , ne les aurait en horreur, et n'en déracinerait jusqu'au! moindres restes, à la vue et |iar la vertu de ce sang ?
LXIII' JOUR