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En effet, en cette occasion qu'elait-ce que pouvoir, sinon vouloir? Il ne s'agissait pas de snivTe Jésus-Christ par les pas du corps , il s’agissait de le suivre par une ferme résolution de mourir pour lui : et cette ferme résolution , qu’eat-ce autre chose qu’un vouloir? Ainsi saint Pierre, qui le voulait, et le voulait sincèrement; car il n’avait pas dessein de tromper son maître : et le voulait ardemment, à ce qu’il lui semblait, et en véjité ; car il était en effet tout plein de ferveur, et il aimait Jésus-Christ jusqu’à vouloir mourir avec lui, s’il était besoin; et il croyait qu’il le pouvait, parce qu'il le voulait de cette sorte.
Il ne savait pas ce que c’était que la volonté de l’homme. Car, en effet , quand il s'agit de prendre la résolution de marcher après Jésus-Christ, de l'imiter, de le suivre; pouvoir, c’est vouloir; mais c’est vouloir fortement, c’est vouloir invinciblement, c'est avoir une volonté à l’épreuve de tous les périls, et capable d'affronter la mort.
La volonté de saint Pierre n’en était pas encore à ce degré : et c’est pourquoi Jésus-Christ lui dit qu’il ne pouvait, parce qu’il ne voulait pas encore assez : et lui, au lieu de sentir qu’une volonté faible ne peut rien, et qu'elle cesse, pour ainsi parler, d'être volonté, dans une tentation qui la passe, disait hardiment qu’il pouvait tout ce qu'il sentait qu’il voulait, et qu’il voulait avec force jusqu'à un certain point, mais non pas jusqu'au point qu’il fallait pour accomplir sa promesse, c’est pourquoi Jésus lui disait, non pas simplement ; fous ne pouvez pas, mais vous ne pouvez pas me suivre ma/nfennnf; et U ajoutait : fous me suivrez un jour * : qui était lui dire, comme dit saint Augustin * : Vous ne le pouvez pas encore , parce que votre volonté est faible ; mais vous le pourrez, quand vous aurez re<^u une volonté assez forte.
Saint Pierre était juste; car Jcsus-Clmst lui avait dit comme aux antres : Et vous, vous êtes purs, mais tion f>as tous en n’excq)tant que Judas. Mais sa justice tenait encore beaucoup de cette justice de la loi , qui croit qu’il n'y a rien qu’à vouloir, et qu'à faire, sans songer par qui on veut, et p<ir qui on fait. Saint Pierre voulait; mais il ne voulait pas assez fortement; et il devait avoir entendu que ce commencement de bonne volonté ne lui venait pas de lui-même, mais de Dieu. S'il l'edt entendu, s'il l'eilt cru aussi vivement qu'il fallait ; il aurait commencé par confesser que le peu qu'il pouvait , venait de la grâce; et que par conséquent pour pouvoir beaucoup, il fallait encore que la grâce donnât ce pouvoir; c’est-à-dire qu’elle fortifiât sa volonté faible, et qu’elle lui en inspirât une si forte, que toute crainte cédât à sa puissance. Alors donc il aurait dit, non pas : Je puis; non pas : Je voudrai; non pas : J’irai; mais : Seigneur, aidez ma faiblesse; faites-moi vouloir de cette nfinière , à qui rien n’est impossible ; je veux déjà en quelque façon; et c’est un effet de votre grâce : à
* Joan. XIII, 36. — • Tract, in Joan. Livi. «. I. — ^ Joan. XIII, lO.
MKHITATIONS SUR L ÊVANGILK.
vous la gloire île ce faible et tel quel comnienceiiieiit (le bonne volonté : mais achevez votre ouvrage, luettez-y la dernière main ; vous qui avez cuinniencé, achevez. Car vous seul pouvez achever en nous ce que roua seul vous y pouvez commencer de bien. Celui qui a commencé en vous la bonne œuvre, y meUra la perfection '.
.Saint Pierre ne <»nnaissait pas encore parfaitement cette justice, qui est la justice chrétienne , qui veut faire [car on n'est pas juste , parce qu'on écoute, mais parce qu’on fait), mais qui songe par qui on fait, et qui a continuellement recours à la grdee. Cet apôtre était séli , à la vérité , mais non pas encore selon la science ; parce que voulant établir sa propre justice, et ne connaissant pas encore que la vérilabie justice est celle qui vient de la grâce , il ne s'était pas assyjetti à ta justice de Dieu Voilà ce que dit un autre apôtre, et c'est ainsi qu'il explique Injustice chrétienne. Saint Pierre ne l'avait pas encore assez entendu. Ainsi étant juste, mais non encore parfaitement de la justice qui est en Jésus-Christ, c'est-à-dire de cette justice qui rapporte entièrement à Dieu tout ce quelle a de bien; zélé à la vérité, mais non pas encore comme il fallait : que lui sert ce faible commencement de vertu et de justice, sinon à présumer, à l'engager, à l'égarer, à le mener au lieu où il devait renier, au lieu où sa justice et sa ûdélité fit un si horrible naufrage ?
Vraiment le .Sage a raison de dire : Bienheureux l'homme qui est toujours en crainte^, qui se craint toujours lui-même. Si saint Pierre eût eu cette crainte, il n'aurait pas présumé de ses forces, il n'aurait pas suivi Jésus-Christ dans la maison de CaTphe : car personne ne le lui avait ordonné, et rien ne lui demandait cette action téméraire, si ce n'était sa présomption. Il aurait craint, il aurait prié; sa foi se serait fortifiée, et il se serait rendu capable de résister à la crainte de la mort. Slais il va, croyant tout pouvoir; il s'expose volontairement à un péril trop grand pour sa faiblesse ; son zèle le trompe, son amour le trompe. Quoi, un faux zèle, un faux amourl Non, il n'était pas tout à fait faux, car il était vraiment juste, ainsi que nous Pavons vu ; il aimait donc véritablement, il aimait même beaucoup; mais non pas encore assez pour ce qu'il voulait entreprendre. Il n'avait donc qu'à se tenir dans ses bornes, et demander humblement et persévérainment la perfection de cet amour. Mais au lieu de remercier, au lieu de prier, il présume, il n’entend pas encore la vérité de cette parole que son maître lui dira bientôt : Sasis moi vous ne pouvez rien *. Son propre zèle, sa propre vertu tourne en poi-son à sa présomption, et lui sert de nourriture : et il lui est si important de se bien connaître , et d'entendre qu'il ne peut rien de lui-méine, que Jésus-Christ permet qu'il l'apprenne par sa chute.
Hélas! hélas! pauvre coeur humain, qui ne se connaît pas lui-même, à qui sa propre vertu , je
' Philip. I, e — 'Jloiii. I, a, i. — 'Bceli. XXXIV, 17. — *Jonm. XV, s.
dis même la véritable, devient un piège, l'appôt et la pâture de l'orgueil! Viens t'instruire par l'exemple d'un si grand apôtre. Il présume, il s’engage, il renie ; une servante fait trembler cet intrépide, qui se vantait de ne rien craindre. Ce n’est pas assez, pour rompre l'enebantement de son amour-propre, de renier une fois : il faut qu'il renie jusqu’à trois, et encore avec jurement, avec blasphème, avec exécration. Il le faut : qu'est-ce à dire, U le faut? F.st-ce qu'il est poussé au crime? A Dieu ne plaise ! il a présumé de lui-même : il est livré à lui-même. Pour lui ouvrir les yeux , et lui faire sentir son mal, qu'il ne peut pas voir, il faut qu'il tombe ; et son erreur est si grande, qu'il n'en peut revenir que par là.
Jésus le regarde : il se réveille, il se retire, il commence à sentir qu'il ne fallait point aller au lieu d'où il ne peut se retirer trop tôt. Hélas! s'il y demeurait, il renierait peut-être encore. Mais quoi! ne pleure-t-il pas sincèrement son péché? Sans doute ; mais la partie la plus essentielle de la pénitence , c'est de sortir du péril , c'est de le fuir ; autrement on tombe encore ; et faute d'avoir profilé de sa ciiute, on tombe sans ressource : on n'en relève jamais.
Et voyez la faiblesse du cœur humain! Pierre pleure : mais voici pour lui une autre épreuve ; le scandale de la croix. On lui vient dire comme aux autres que Jésus-Christ était ressuscité : et comme eux il est incrédule : quoique ceux qui lui venaient annoncer la résurrection de Jésus-Christ ne fissent que lui raconter l'accomplissement de ce qu'il avait dit lui-même à ses disciples, et à Pierre même. Autre chute déplorable ; autre preuve de l'infirmité humaine. JésusChrist nous instruit par ces exemples, et ne craint point d’étaler au monde toute la faiblesse de ses disciples , et du chef de son Église; afin de nous apprendre à trembler, à être humbles. Et après sa résurrection , il parle encore a saint Pierre, et lui demande : Pierre, m'aimes-tu'} Comme s'il eût dit : Prends bien garde : sonde bien ton cœur : tu as cru pouvoir ce que tu ne pouvais pas : pense donc bien si tu m'aimes : et à la troisième fois il le met encore à une plus grande épreuve : M'aimes-tu plus que ceux-ci : plus que tous les autres apôtres? Et Pierre lui répondit, comme on vient de voir ; Seigneur, vous savez tout, vous savez que je vous aime' : et il disait vrai : car Jésus récompensa son amour, et lui confia ses brebis , et ses agneaux , et les grands et les petits de son troupeau; et le crut si élevé au-dessus de tousses apôtres, qu'il le mit à leur tête et à la tête de tout le troupeau, de toute l'Église. II semble donc que son amour était alors à la perfection. Peut-être donc qu'il pouvait alors suivre Jésus-Christ jusqu'à la mort? non : connais ici, chrétien , par combien de degrés d'amour il faut parvenir à ce grand et parfait amour, à cet amour dont Jésus-Christ nous dira bientôt qu’il n'y en a point de plus grand, et qui nous fait donner notre
' JoiiM. *M , li. — * Ibid. 17.
MF.niTATIONS SUR L’ÉVANGILE.
tif fxiur not amis'. Saint l'ierre, avec cet amour qui lui a mérité sur ses frères les apôtres une si éminente prérogative n'en est pas encore à ce point. Kt qui oserait le dire, si Jésus-Christ ne l'avait dit le premier? Je mus enverrai, dit-il, le Saint-Esprit • : mais vous : vous : h qui parle-t-il ? A ses afiôtres sans doute, parmi lesquels était saint Pierre : mus donc demeurez dans la vide : renfermez-vous dans le cénacle pour prier, et ne sortes pas . jusqu à ce que vous sor/ez recâtus de la vertu d'en hnufi. De quoi donc avaient-ils besoin ? de vertu, de force, depuissance, pour être capables de prêcher sans crainte l'Évangile , et de godter la joie de souffrir pour Jésus-Christ. Voilà de quoi ils avaient besoin : tous, et saint Pierre comme Icsautrcs, avaient besoin, par-dessus la foi, et par-dessus l’amour qu'ils avaient déjà, de recevoir une vertu, une puissance d'en haut. Elle vint cette vertu, et le Saint- Esprit desceiidit. T.es voilà forts : Pierre ne craint plus ; Pierre est Pierre; c'est-à-dire un rocher contre qui se brisent tous les Ilots : et comment? par la nouvelle vertu qui lui est venue d’en haut. Marche, Pierre, dis hardiment que tu suivras Jésus- Christ jusqu’à la mort. Tu le peux, et voici le temps que le Sauveur avait marqué : Tu ne /teiix me suivre à présent, mais après tu le pourras *. Voilà ce temps arrivé : partez , Pierre : allez à la tête du troupeau attaquer le monde, subjuguer le monde ; vous avez expérimenté votre impuissance, vous avez connu la grjee, vous l'avez reçue; vous n’avez plus rien à craindre , vous pouvez tout.
Recueillons-nous un moment sous les veux de Dieu ; rentrons en nous-mêtnes par une profonde connaissance de notre impuissance : confessons que nous ne pouvons rien sans Jésus-Christ : ne nous Dons point .x notre ardeur, à notre zèle, à ces agréables transports de piété qui nous paraissent sincères, qui le sont peut-être, mais non encore assez forts : ne nous exposons pas volontairement aux tentations, aux périls, h ce commerce , aux dangereuses compagnies du monde : ne disons plus : Je ferai, je puis; car c’est la ce qui a trompé saint Pierre. Disons : Seigneur, aidezmoi, soutenez mon impuissance, donnez-moi la force; et s'il faut dire : Je puis , que ce soit comme saint Paul : /e puis lout en celui qui me forlifie*.
LXXVir JOUR.
PrépaniUnn S nDlelItsence da plus hautes vérité» par la aoumlMiuo , et par une sainte frayeur.
T.isez le chapitre xiv; vous y trouverez des profondeurs à faire trembler. .Seigneur, j'en suis effrayé : ceux qui ne les sentent pas , n’entendent pas. Profitez de ce que vous entendez : adorez ce que vous n’entendez pas : c’est une grande leçon. Voulez- vous être aidé par quelque pieuse explication des paroles de Jésus -Christ; aidez-vous vous-même, cherchez vous-même, demandez au grand Père de famille qu’il vous donne votre pain :
' Jnm. XV. ta, XV1.7. — xilv, io. — 'Jouu
Xlll, 38 — • Philip IV I.X.
prenez toujours ce qu’il vous donnera par lui-niêiM. et soyez disposé à recevoir ce qu'il vous donntr: par ses ministres. Accoutumez-vous à cet ew:cice : c'est ainsi qu'on vient à entendre. Les difiiniltés s’aplaniffient peu à peu. Quand elles demeureraient, que vous importe ? Ce n'est pas la curiosité que vous voulez satisfaire; vous voulez bien ignorer ce que Jésus-Oirist ne vous veut pas découvrir. Tout ce que vous trouverez clair, c'est ce qu’il vousdil : c’est par là qu’il vous parle : et lorsque vous a'» tendez pas, il vous parle d’une autre manière, il vous dit : Crois, adore, humilie-toi, désire, cherche : heureux , soit que tu trouves, soit que Dira réserve cette grâce à un autre temps ; puisqu'ea attendant tu te soumets, qui est plus que d'avoir trouvé et d'entendre, puisque c’est le principe pour entendre , et que c’est déjà entendre ce qu’il y a de meilleur.
LXXVIII* JOUR
ConlUncc en Ji»u»-Ctu1s1 notre intercesseur. [OS.
Que votre cœur ne se trouble pas , qu’il ne crai. gne rien il y a plusieurs demeures dans la mmson de mon Père : je m'en vais vous préparer k place
Iz’s temps de trouble arrivaient : c’était l'hnirc de la puissance des ténèbres; les apôtres étaient déjà comme au milieu deces troubles : Jésus-Christ leur avait déclaré qu’il allait être trahi et p.irl’un d’eux ; il avait désigné le traître à quelques-uns, et ils l'avaient vu p.irtir de la table et de la maison : il venait de leur dire le dernier adieu : Mes peiits enfants , je m'en vais, el je ne serai plus ar« vous ■ : il leur faisait voir la violence de ses ennemis prête à éclater : sa sainte cène ne leur avait remis devant les yeux que du sang répandu, elon corps livré; et la tentation était tout ensemble, fl I si terrible, et si proche, que Pierre, le plus fer- . vent, le plus hardi, le plus favorisé d’eux tous, J devait succomber jusqu’à renoncer à son ni.iltre, et cela dans la nuit même où ils allaient entrer. K» cet état, il n'y avait rien de plus nécessaire que de les précautionner contre tant de troubles. Cest aussi à quoi se termine tout ce discours, jusqu’à h fin de ce chapitre ; et après avoir dit dès le roinraencement : .\erous troublez pas , ne craignez rien : il finit encore par les mêmes mots : Je vous dousr ma paix , je vous laisse ma poix ; que votre ratr ne se trouble puis , ne craignez puis ^ ; après quoi il termine ce discours, et se lève pour aller à la mort.
Il faut donc entendre et peser toutes ces paroles. Par rapport à celle-ci : A'e vous troublez puis : nous verrons qu’au lieu de trouble , tout inspire la confiance aux apôtres. Ce qui leur causait le plus d« trouble, c’est qu’en leur disant : Je m'm vais, il semblait ne leur laisser aucune espérance de le suivre : il les avait mis au rang des Juifs, qui semblaient exclus de cette grâce : Je m'rn rois; comme j'ai dit aux Juifs, vous ne sauriez venir où je vais t.
’ jiuin XIV, 1 , 3. I XIII, :i3. J 74, J. xrv, r.
— ‘ Ihiil XIII , 33.
MRDITATIONS Sï
il est vrai quii avait dit à saint Pierre : fous tip polirez rncore tw suivre, mais vous me jri/ivrez après ‘ ; par où il leur donnait quelque espérance ; puisque saint Pierre devait le suivre un jour nii il allait, les autres semblaient aussi y être appelés. Mais pour ne leur laisser aucun doute : U y a, dit-il , plusieurs defneures dans la tnaison de mon père > : il n'y en a pas seulement pour moi et |M)ur Pierre; il y en a pour plusieurs, il y en a pour vous iJe m'en vais, titais c'est pour vous préparer ta place; ne vous troublez donc pas; ne craignez rien, f'ouseroyezen Dieu; c'est dans son royaume que votre demeure vous est préparée ; Croyez aussi fn moi; car c'est moi qui y vais préparer la place. .Ve vous troublez donc pas, ne craignez rien. Croyez en moi comme vous rous croyez en Dieu , et tout est en sûreté pour vous.
Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père ; s'il n'en était pas ainsi , je vous le dirais : avec tant de bonté, avec tant d'amour, vous cacherais-je votre sort? Admirez et ressentez la tendresse de ces paroles : S'il n’en était pas ainsi, je vous le dirais. Ce n'est pas aux seuls apôtres qu’elles sont dites, c'est encore à nous. Répétonsles encore un coup , et laissons-nous-en pénétrer : s'il n’en était pas ainsi, je vous le dirais; je ne vous veux rien cacher, et avant que de partir, je veux vous apprendre tous les secretsqui vous regardent. Ayant aimé les siens, il Us a aimés jusqu'à la fin et en s'en allant, U leur veut ôter tout sujet de crainte.
Si je m’en vais , c'est que Je rais rous préparer la place^. Jésus notre avanl-coureur est entré pour nous; et c'est pour cela qu'il est appelé notre pontife selon l'ordre de Melchisédech Sous avons un grand pontifequi a pénétré les cieux^ : il est entré dans ce sanctuaire clcrnel , dont l'entrée était inter- ^ dite aux hommes à cause de leurs péchés. II a percé au dedans du voile ^ : et notre foi, notre espérance V entre après lui; car il nous e.st allé préparer la place, et c'est pour cela qu'il y entre.
Uemeltons-nous devant les yeux la structure de l'ancien temple , où était le lieu très-saint , le Saint des saints, la partie du sanctuaire la plus intime, celle où était l'arche, où Dieu même avait établi sa résidence, lieu inaccessible à tout autre qu'au souverain pontife , qui encore n'y pouvait entrer qu'une fois l'an. Il était couvert d’un grand voile parsemé de chérubins , pour nous faire souvenir de ce chérubin qui, avec une épée flamboyante qu'il remuait d'une manière menaçante , gardait la porte du paradis *, pour empêcher nos premiers pères d'y entrer, après qu’ils en eurent été chassés. Ce voile sacré et ces chérubins répandus dessus, semblaient encore nous dire à l'entrée du sanctuaire : N'entrez pas ; rien d'impur ne doit entrer en ce lieu ; c’est la figure du ciel, où personne ne doit entrer jusqu'à ce que le souverain pontife en ait ouvert l'entrée.
C'est là ce voile qui nous cachait la gloire de Dieu :
• jfon. — * Ihid. XIV, 1 , 2. — * ThUi. X II! , 1 . — * Tfliit. XIT, a. — ‘ lirli. VI, 3U. —• JÎitd. IV, 14. — ’ Ibid. VI, 10- —
■ OfM. 111,2»