‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 243 sur 273 · LXX.Wll' JOUR · texte numérisé non relu

LXX.Wll' JOUR

lèsiu-ChrisI opérant sc» iiiiracln. noo» fait voir le Pore dans (suvrei.s Jo&>. iiv, iO.

/.e Père qui demeure en moi fait les œuvres ' miraculeuses, C’est la seconde chose par où Jésus- Christ veut qu’on voie son Père en lui ; on le voit dans ses paroles ; il le faut encore voir dans ses œuvres.

Mon Père agit , et moi j’agis aussi : Mon Pere ne cesse d'agir, et je ne cesse d'agir L Si le monde a été, c’est que mou Père l’a fait, et moi aussi : si le monde continue d’être, c’est que mou Père le conserve , et moi aussi. Il a fait , et il fait tout par son Fils : le Fils ne fait rien de soi , et il ne fait que. ce qu'il voit faire a son PéreK Est-ce un apprenti toujours attache aux muinset au travail de son maître ? toujoursapprciiti .jamais maitre.’Les apprentis

mêmes ne sont pas aimsi parmi lesjiommes. Qu’imaginez-vous ici, homme grossier? Quoi ! le Père qui fait quelque chose, et le Fils qui l'imite , et fait aussi quelque chose? Quelle folie! Le Pere a-t-il fait un autre monde que le Fils? ’Y a-t-il un monde que le Père ait fait , et un autre monde que le Fils ait fait, à l’imitation de son Père? A Dieu ne plaise! Le Père fait tout ee qu’il fait par son Fil.s , et le Fils ne fait rien que ce qu’il voit faire; eoinnie il ne dit rien , que ce qu’il entend dire. Mais comment lui parle-t-on? En l’engendrant ; car au Père éternel , parler c’est engendrer : prononcer son Verbe , sa parole, c’est lui donner l’être. De même, lui montrer tout ce qu’il fait, lui découvrir le fond de son être et de sa puissance, en un mot, lui ouvrir son sein, c’est l’engendrer : c’est le faire sortir de ce sein fécond , et en même temps l’y retenir , dans ee sein où il voit tout , tout le secret de son Père , et d’où il vient l’apprendre aux hoinmes , autant qu’ils peuvent le porter et qu’il leur convient.

Il ne dit donc rien que ce qu’il entend; il ne fait rien que ce qu’il voit faire : mais entendre son Père , et voir ce qu’il fait et ce qu’il est , c’est naître de lui. Il a cela par sa naissance: il lui est aussi naturel d’agir qu’à son Père; et c’est pourquoi il ajoute : Ce que le Père fait, le Fils le fuit sembla, blemrnt K Écoutez : il ne le fait pas seulemeut, mais il le fait semblal/lemeni , aussi parfaitement et avec pareille dignité. Le Père le fait infatigablement, et le Fils de même : le Père tire du néant,

I JmH I. T, 1 1. — ’ Ibid. XIV, le. — ’ Ibid. T. 17. — ’ Ihd. IV. — ‘ Jbtd. V , 19.

MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGILE

4*1 le Fils de même : le Père agit sans cesse, et le Fils aussi. Le Père resêuscite qui U lui plaUt et le Fils ressuscite aussi qui il lui plaU * , avec une pareille autorité, parce que son autorité, comme sa nature , est celle de son Père. Comme le Père a la vie en soit ainsi il a donné au Fils d'aroir la vie en soi*. On la lui donne; et néanmoins il l'a en soi , parce qu'on lui donne tout sans réserve. Ainsi la vie est en lui, comme elle est dans son Père; et il est comme lui la vie par nature.

.éinsi le Père qui demeure en moi , /ait les oeuvres miraculeuses que vous voyez : tout est parfait dans les œuvres de Jésus-Christ, tout y ressent une autorité et une origine céleste. C’est pourquoi saint Jean disait : Mous avons vu sa gloire t comme la gloire du Fils unique t plein de grâce et de vérité^. Comment donc ne voyez-vous pas, dit-il à Philippe, que mon Père est en moi, et moi en lui Voyez-le dans les vérités que je vous annonce , dans les paroles de vie éternelle que je vous apporte; voyez-le dans les œuvres que je fais pour montrer que c’est mon Père qui m’a envoyé. Mon Père m’écoute toujours * : il veut tout ce que je veux : je veux tout ce qui lui plaît : tout ce qui est h lui , est à moi; tout ce qui est à moi , est à lui. ('ommenl donc ne croyez-vous pas que je suis en mon Père, et mon Père en moi? Croyezde du moins, a cause des œuvres que je fais ®. Croyezde du moins; comme s’il di.sait : Il y a une autre manière de voir que mon Père est en moi et moi en lui , qui est de voir la substance de l’un et de l'autre ; c’est ce qui fera votre parfaite félicité. Mais en attendant, voyez-te du moins par les œuvres : je fais ce que veut mon Père, ce qu’il me montre : c’est lui qui fait tout en moi. Ne fait-il pas tout aussi dans les autres, qu’it appelle à travailler à son ouvrage ? Oui, sans doute; mais i! ne le fait pas comme étant en eux : c’est-à-dire comme y étant pleinement , comme y étant réciproquement et dans une parfaite égalité : parce que nul autre que le Fils ne peut dire : Qui me mil, voit mon Père, jmree que mon Père est en moi, et moi en lui.

O rapport ! ô égalité ! ô unité ! je vous crois , je vous adore : je vous rends grâces, mon Sauveur, de ce que vous m’élevez si haut par la foi : ce m’est un gage que vous voulez m’clever encore plus haut par la claire vue. Qu’ai-je donc à craindre? qu'ai'je à me troubler? Pour n’étre jamais troublé, je ne désirerais avec saint Philippe que de voir votre Père. Vous me montrez où je le puis voir : vous me le montrez dans quelque chose qui m'est bien proche, puisque c'est un homme; et qui est bien proche de vous, puisque c’est un autre vous-méme. Je vois, je verrai : qui peut m’Oter mon bonheur?

LXXXVlir JOUR.

Lm mirarles drv apAtrM plus grands que ceui de Jésus- Christ. De quelle manière. 7cmm. aiv, 13.,

Fn vérité, en vérité^ je vous ledis, celui gui croit

* Jonn. T, 31. — * Ibût. 2A. — ^ tbi<l. 1, 14. — • Il/id. xiv, 10. Jbtd. XI, *1.— ‘ Ihid. xiT, II, 13.

en moi, non-seulement /orales oeuvres que je /axs; mais U en /era encote de plus grandes : parce que je m’en vais à mon Père ^ Vous croyez tout perdre par ma retraite : vous y gagnez; et' la puissance qui vous sera donnée d'en haut vieiMÜra à un tel point, que nou-seulement vous ferez les choses que je fais, mais encore vous en ferez de plu$ grandes. Ne vous troublez donc pas ; ne craignez rien; au contraire, remplissez-vous de foi et de confiance : de cette sorte, ce qui se fera par vous après ma retraite est au-dessus de tout ce qui a été fait.

C'est la merveille de Dieu dans les disciples de Jésus-Christ. Ils ont fait tout ce qu’il a fait : car ils ont guéri comme lui tous les malades qu’on leur présentait : et, comme lui, ils ont été jusqu’à ressusciter des morts."

Us ont fait des choses qu’il n’a pas faites: à la parole de Pierre, .dnanias et Saphira sont /ombés morts* ; et à celle de Paul, le magicien Élÿmas a été /rappé d’aveuglement Ils ont livré à Satan et à des maux imprévus , ceux qu’il fallait abattre manifestement pour inspirer de la crainte aux autres. Voilà des miracles que Jésus n’a pas faits : mais c’est aussi qu’il ne devait pas les faire, à cause qu’ils répugnaient au caractère de douceur, au personnage de Sauveur qu’il venait faire. Ce n’est que sur un figuier qu’il a déployé la puissance de perdre et de détruire : ce n'est que des pourceaux qu’il a livrés aux démons. Pour les hommes, U doit être un jour leur juge; mais, dans son premier avènement, il ne devait faire sentir que sa qualité de Sauveur.

Nous pouvons dire néanmoins encore que, dans ces miracles qui viennent d’une puissance bienfaisante , les apôtres ont fait plus que Jésus. Kn touchant les habits qu’il portait actuellement, il sortait de lui une vertu salutaire * : mais on n'a point vu qu’on guérît par Vapplication des linges qui Curaient touché une /ois , comme il est arrivé à saint Paul * ; et même par son omltre , comme il est arrivé à saint Pierre

Mais le grand endroit où il paraît dans les apôtres un miracle plus grand que ceux de Jésus, c’est la conversion du monde. A la première prédication de saint Pierre , trois mille hommes se convertissent z; à la seconde cinq nulle'. Après la mort de Jésus, ses disciples ne se trouvent qu’environ sis vingts dans le cénacle o : il y avait par-ci par-Ia quelques disciples cachés; mais saint Jacques dit à saint Paul : f'oyez, mon /rére, combien de miltiers ont cru •«. Et que sera-ce donc si nous considéronslagentilité convertie, et l’Évangile reçu dans tout le monde, jus(ju’aux peuples les plus barbares? Voilà les miracles de la prédication apostolique, plus grands que ceux de la prédication de Jésus-Christ même.

Ajoutons à ces miracles les secrets révélés p^r

« Joan. XIV, 18.— * .ici. v, 1,2, et«iq. —

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