LX.KXIX* JOUR
Ce qu'il f.ut demander et de»lrer : aimer et garder aea commandi'inciils. Joan. xi*, 15, 21-
Si vous m'aimez, gardez mes commandements. Et il conclut : Celui qui a reçu mes commandements , et qui les garde , est celui qui m’aime : et celui qui m'aime, sera aimé de mon Père, et Je l’aimerai, et me manifesterai à fuit. Tout cela conclut de plus en plus à ne se laisser troubler de rien , dans les moyens qu’il nous donne de nous assurer l'amour de son Père et le sien , comme s il disait : Ne vous mettez en peine de rien , que de garder mes commandements : si vous les gardez , tout est sûr , parce que mon Père et moi vous aimerons d’un amour si cordial, que nous nous manifesterons à vous , sans vous rien cacher.
Les apôtres désiraient de voir son Père; et apres leur avoir appris où il faut le voir, cest-à-dire eu lui , il vient à la pratique, et leur apprend le moyen de parvenir à cette vision bienheureuse, ou l’on
i ^rl. vil, (,S. - ’ lbi.i. U , a , 5 , s , 7. - > /<w». IIV. IX
» IM. V, 17. -ilbid. 1, a. - <■ Ibid. XIV, la. - ’ Ib>d. li.îi.
voit le (ils dans le Père , et le Père dans le fils , qui est de garder ses commandements.
Je me manifesterai moi-mJme à lui. N’espérez pas |)ouroir me voir, ni voir mon Père de vousinème. Nul ne me peut voir , que je ne me découvre moi-méme à lui ; et je ne me découvre qu’à ceux qui gardent mes commandements. Je me découvre à ceux-là de Cette manière admirable, qui fait qu'on voit mon Père en moi, et qu'on me voit dans mon Père. Ne vous contentez pas de vous attacher aux sublimes vérités ; ne vous repaissaz pas de la plus haute contemplation, encore moins des spéculations inutiles . venezaux moyenset aux vérités de pratique: .'■ppliquez-vous à l'observance des commandements. Ne croyez pas qu’il suffi.se de parler hautement de moi, car toute votre hauteur n'est que bassesse à mes yeux ; ni d'admirer ma grandeur, car je n'al pas besoin de vos louanges; ni d'avoir quelque tendresse vague et infructueuse pour ma personne, cor tout cela n’est qu'un feu volage, qui se dissipe de luiiiiéme, et se perd bientôt en l’air. Si vous m'aimez véritablement, sachez que l'amour n'est pas dans la spéculation , ni dans le discours. Tous ceux qui me disent. Seigneur, Seigneur, qui le disent deux fois, et semblent le dire avec force, n’entreront pas pour cela dans le royaume des deux; mais celui qui fait la volonté de mon Père entrera dans le royaume des deux' : car c’est comme j’ai fait moiniéme, et j’ai été obéissant Jusqu'à la mort de la croix ■. Comment serait-il utile aux hommes de faire sur moi de beaux discours , puisque ceux qui auront prophétisé et fait des miracles en mon nom, sans venir à la pratique des vertus et à observer mes préceptes, recevront à la fin cette terrible sentence : Je ne vous connais pas : allez, retirez-vous de moi, oucriersd'iniquUé ’ ? Combien donc la viech rétienne est-elle sérieuse! Combien est-elle ennemie des vains iliscours! Elle est toute dans l’obéissance, dans rimmilité, dans la mortification, dans la croix; luiite à crucifier ses mauvais désirs , et à abattre la i liair qui convoite contre l’esprit.
Prenez garde à l’amusement, j’oserai le dire, à la séduction des entretiens de piété, qui n’aboutissent à rien : tournez tout à la pratique.
N’e vous attachez néanmoins pas à une pratique sèche et sans amour. Si vous m'aimez , gardez mes commandements*: commencez à aimer la personne ; l’amour de la personne vous fera aimer la doctrine ; et ramoiir de la doctrine vous mènera doucement et fortement tout ensemble à la pratique. Ne négligez pas de connaître Jésus-Christ , et de méditer ses mystères ; c’est ce qui vous inspirera son amour ; le désir de lui plaire suivra de là, et ce désir fructifiera en bonnes œuvres. Ij pratique des bonnes oeuvres, sans l’amour de Dieu et de Jésus-Christ, n’est qu’une morale purement humaine et philoso- |)hiqne : toutes les vertus chrétiennes sont animées de l’amour de Jésus-Christ. Ainsi on fait tout en foi , nn fait tout en espérance, on fait tout en.charité ; on aime Dieu, on en est aimé; Jésus-Christ nous aime,
' ¥uO. VII, 21, 3Î. — » Phit. W. 8. — ^ .Va//. VII, 23. — toan. X IV , IS.
et il se manifeste lui-méme à nous; et en lui, il nous manifeste son Père ; nous voyons , nous vivons, nous sommes heureux, non point en nous, mais en Dieu.
XC* JOUR
Promesse de l’esprit ooosolsteur : ce que c’est que le Dunde Joan. XIV, 15, te, 17.
Si vous m'aimez, gardez mes commandements; et Je prierai mon Père, et U vous donnera un autre consolateur, pour demeurer éternellement en vous . Cesprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu’il ne le voit pas ,et rse le connaît pas '.Il n’oublie rien pour les consoler et les raffermir; et après leur avoir parlé de son amour et de celui desoa Père, afin que rien ne leur manque de ce qui est divin , ou plutôt afin que rien ne leur manque de et qui est Dieu , il leur promet le Saint-Esprit.
L’aimable titre que relui de consolateur, que Jésus-Christ donne au Saint-Esprit! Ce sera donc cet esprit qui vous consolera de mon absence; ce sera cet esprit qui vous inspirera le vrai amour, qui vous fera garder mes commandements. Cet esprit viendra à la prière de Jésus-Clirist : le Père le donnera ; et nous verrons aussi que Jésus-Christ le donnera lui-méme. C’est cet esprit qui est venu enflammer l’Eglise à l’amour de Jésus-Christ et à la pratique de ses préceptes.
l.'n autre consolateur. Jésus-Christ est un grand consolateur, puisqu’il dit , Tenez à moi , vous tous qui êtes peinés'. Le Saint-Esprit insinue cette douce consolation dans le cœur; il y répand la douceur céleste , qui fait ressentir , qui fait aimer les consolations de Jésus-Christ.
Vn autre consolateur. Il avait parlé de son Père, il avait parlé de lui-méme : il fallait encore parler de cet autre consolateur, et nous manifester tout a qui est Dieu , la Trinité tout entière.
Pour demeurer en vous éternellement. Ot esprit consolateur ne quitte jamais que ceux qui le dussent ; et de lui-méme ii demeure éternellement.
L'esprit de vérité. Quelle est la consolation de l’homme parmi les travaux et les erreurs , si ce n’est la vérité ? L’esprit de vérité est donc notre véritable consolateur, en mettant la vérité à la place de la séduction du monde et de l’illusion de nos sens.
(Jue le monde ne peut recevoir. Le monde est tout faux. Qu’est-ce que le monde, sinon la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, et Porgueil de la vie ^ ? La concupiscence de la chair nous livre à des plaisirs qui nous aveuglent. La concupiscence des yeux, l’e.sprit de curiosité nous mené à des connaissances , à des épreuves inutiles : on cherclie toujours , et on ne trouve jamais ; ou kirn on trouve le mal. L’orgueil de la vie, qui dans les hommes du monde en fait tout le soutien, nous impose par de pompeuses vanités. Le faux est partout dans le monde, et l’esprit de vérité n’y peut entrer. On est pris par la vanité; on ne peut ouvrir les yeux à la vérité.
■ Jain. XIV, 15, 10. 17 - • .Vos XI , 28. — ‘ 1. Jous- H-
MÉDITATIONS SUR L’ÉVAÎSGILE.
MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGILE. 74S
Que fe monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le volt pas, et ne te ronnaltpas; parce qu’il ne veut ni le voir, ni le connaître; il est livTé, il est séduit, /.e monde est tout dans la malignité ■ , est tout plongé dans le mal. Le monde pense mal de tout; il ne veut pas croire qu’il y ait de véritables vertus, parce qu’il n’en veut point avoir, ni qu’il y aitd’aulre motif des choses humaines que le plaisir et l’iiitérét , ni qu’il y ait de bien solide (pie dans les choses corporelles. Jouissons, dit-il, des biens qui sont‘\ tout le reste n’est qu’idée , imagination , pdture des esprits creux : ce qui est, c’est ce qu’on sent, c’est ce qu’on touche; tout le reste échappe. Et au eontraire, ce qu’on sent , ce qu’on touche , c’est ce qui échappe continuellement des mains qui le serrent. Plus on serre les choses glissantes, plus elles échappent. La nature du monde est de glisser , de passer vite, d’aller en fumée, en néant. Mais le monde veut s’imaginer que c’est cela qui est. Coinment donc pourra t-il connaître l’esprit de vérité.’ et comment pourra-t-il le recevoir?
Le monde ne peut pas le recevoir. Il y a l’esprit de vérité et l'esprit d'erreur. Qui est possédé de l’un , ne peut pas recevoir l’autre. L'homme sensuel ne peut entendre ce qui est de l'esprit de Dieu; ce lut est folie , et il ne peut pas t'entendre , parce qu'il le faut examiner par l'esprit ’ ; et son esprit est tout plongé dans les sens; il fait quelque effort, et il ne peut pas , et il retombe toujours dans son sens charnel.
XCI* JOUR
La demeure de Jésus-Christ, et se manifestation dans les fcoiutei» âmes. Jitaa. xiv, 17.
Mais cous, vous le connaîtrez, parce qu'il demeurera en cous, et qu'il sera en vous. Y être véritablement, c’est y demeurer : il ne veut pas être dans nous en passant; où il ne demeure p.ns, si un peut parler de la sorte, il ne croit pas y avoir été. C'est un esprit ferme, esprit stable, constant, assuré*; parce qu’il est véritable; et ce qui est véritablement , c’est ce qui demeure ; ce qui passe tient plus du néant que de l’étre.
Mais, Seigneur, vous avez dit : I. 'esprit souffle où il veut; et personne ne sait d'où il vient, ni où il va : ainsi en est-il de celui qui est né de l'esprit Comment donc dites-vous aujourd’hui ; Cous le connaîtrez, parce qu'il demeurera en vous, et qu'il IJ sera ?
IJaiis les premières touclies de l’esprit, on ne sait d’où il vient, ni où il va; il vous inspire de nouveaux désirs inconnus aux sens; vous ne savez où il vous mène; il vous dégoûte de tout, et ne se fait pas toujours sentir d’abord ; on sent seulement qu’on n’est pas bien, et on désire d’être mieux. Quand il demeure , il se fait connaître ; mais après il vous rejette dans de nouvelles profondeurs, < t vous caimmencez à ne plus connaître co qu'il vous demande ; et la vie intérieure et spirituelle SC passe ainsi entre la coimaissance et l'ignorance,
I Jmn. V, I». — ’-Sfrp. U. — M. Cur II , li.— ' SojJ. VII, ZS. — I Jiew. III, B.
jusqu’il ce que vienne le Jour où ce bienheoreui esprit se manifeste.
Je ne vous laisserai pas orphelins ; je viendrai à cous’. Il venait de les appeler ses petits enfants; il continue à parler en père ; Je viendrai à vous; je vous verrai après ma résurrection. Mais ce n’est pas là toute ma promesse; car je disparaîtrai trop tôt pour vous satisfaire par cette courte vision; je viendrai en vous par mon esprit consolateur. Lesorphelins seront consolés, parce que l’esprit de leur père sera en eux, et qu’il leur apprendra à prononcer comme il faut le nom de père : Dieu enverra dans leurs cœurs l'esprit de son Fils, qui \esfera crier, .Mon Père, mon Père'; qui leur apprendra à parler, à agir en enfants , et non en esclaves: en esprit de confiance, de tendresse, d’amour et de liberté.
Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus; mais vous, cous me verrez, parce que Je civrai, et vous vivrez*; vous vivrez de cette vie, dont il est écrit ; Le juste vit de ta foi*. Vous vivrez de cetteybi agissante et féconde en bonnes oeuvres, qui opère par l'amour*. Pour voir Jésus vivant, il faut vivre, et vivre de la vTaie vie. Ig: monde, qui est mort, ne verra point Jésus qui est vivant. En ce Jour, vous verrez que je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous *. En ce jour, lorsque le Saint-Esprit vous sera donné, et encore plus en ce jour, où vous verrez a découvert la vérité même, vous verrez mon union intime, substantielle et naturelle avecnibn Père, et celle que j’ai contractée avec vous par miséricorde et par grâce. Si vous m’aimez , je vous aimerai , et je me manifesterai à vous par amour. Douce manifestation que l’amour inspire, que l’amour attire I Je me manifesterai, non point pour satisfaire des yeux curieux, mais pour conten. ter un coeur ardent.
XCIl' JOUR.
La prédntlotUoo. Le secret en est impénétrable.
Joan. XIV, 23.
Jtàde lui dit : Seigneur, d’où vient que voui vous découvrez à nous , et non pas au monde 7 ? Cette question devait naître naturellement du dis* cours (|\ji a précédé; puisqu’on y a vu que le Sau* veur avait déclaré qu’il se manifesterait par son Saint-Esprit à ses amis, et non pas au monde. C’est donc ici le grand secret de la prédestination divine : saint Jude va d’abord au grand mystère : D’où vient? Qu’avon.s-nous fait, qu’avons-nous mérité plus que les autres? N’étions-nous pas pécheurs comme eux, charnels comme eux ? Eussionsnous cru , si vous ne nous aviez donné la foi ? Vous eussions-nous choisi , si vous ne nous aviez choisis le premier? /'ous ne m’avez point choisi , àWH’l’W bientôt; mu/s c’est moi qui vous ai choisis*. En cela parait son atnour, que ce n’est pas nous qui l’avons aimé; mais c’est lui qui nous a aimés lepremier^,
' Joan. XIV, l«; xii , 33. — * Ca/. IV, S. — ^ Joan. Xiv, 10.
— * Rum. I, 17. — * Grtl. V, 6. — * Joan. XIV, 30. Ibid. VL
— • Ibul. XV, KJ. — • I. Jmn. |T, 10.
MÉDITATIONS SUR L’ÉVANGILE
Pourquoi , Seigneur, pourquoi? dit saint Jude. Lui seul pouvait résoudre cette question; mais il l’en est réservé le secret. Et c’est* pourquoi il n’y répond pas ; et , sans f^re même semblant de l’entendre, il répète encore une fois : Si quelqu'un m'aime f il gardera mon commandement ; et mon Père l'aimera, et nous viendrons a lui, et nous ferons notre demeure en lui ». Comme s'il eût dit ; O Jude, ne demandez pas ce qu’il ne vous est pas donné de savoir; ne cherchez point la cause de la préférence; adorez mes conseils ; tout ce qui vous r^arde sur ce sujet, c’est qu’il faut garder les commandements; tout le reste est le secret de mon Père; c’est le secret incompréhensible du gouvernement que le souverain se réserve.
Il T a des questions que Jésus résout; il y en a qu’il montre expressément qu’il ne veut pas résoudre , et oü il reprend ceux qui les font. 11 y en a, comme celle-ci, où H réprime la curiosité par son silence; il arrête l'esprit tout court; et pour le désoccuper des recherches dangereuses, il le tourne à des réflexions nécessaires*. [Saint Jude entendit bien qu’il ne fallait pas pousser plus loin la question. Apprenons de ce saint apdtre à demeurer en repos , non sur l’évidence d’une réponse précise, mais sur l'impénétrable hauteur d’une vérité cachée. Et nous,] passons, évitons cet écueil, où l’orgueil humain ferait naufrage. O profondeur des trésors de la science et de la sagessede Dieu! Que ses Jugements sont impénétrables, et ses voies incompréhensibles ! çiti lui a donné quelque chose te premier pour en prétendre récompensef Parce que tout est de lui, tout' est par lui , tout est en lui : à lui soit gloire dans tous les siècles : Amen *. Il n’y a qu’à adorer ses conseils secrets , et lui donner gloire de ses jugements , sans en connaître la cause. C’est, avec ces mots de l’apôtre, expliquer lo silencede Jésus-Christ. Taisez- vous, raison humaine! O Seigneur, que j’ai de joie de la faire taire devant vous! [C'est assez de savoir dire comme David, avec joie et reconnaissance : qu‘il n'a pas ainsi traité toutes les autres nations ; et H ne leur a pas uumi/estc ses jugements ’ ; et encore avec saint Paul : Jésus-Christ a laissé chaque nation aller dans ses voies * ; sans lui demander pourquoi il l’a fait.] Çul en veut savoir davantage , dit saint Augustin q»’!/ cAerche de plus grands docteurs ; mais qu’il craigne de trouver des présomptueux,
» Joan. XIV, a.
* Cet mots [Saint Joùs..,, Jusqiéà Et noos], et oeuz-cl
I Cett attrz de savoir Jusqu'à il l'a fait ] , ne sont point dans
le manuscrit original, et on ne peut toup^oner qu'ils aient été écrits sur un papier séparé qui le serait perdu ; car il n'y a aucun signe de renvoi. Nous les avons conservés parce qu'on les lit dans les éditions précédentes. 11 est permis de coujecturer que l'auteur les aura nloutés i qudque copie de cet ouvrage. On trouve dans la suite deux ou trois passages sera- 'niables ; nous aurons soin d'ea avertir. ( Bdit. de Persailles.)
» Hom XI, 34 , 36. — 3 /*«. CXLVU, U>. — * Act. XIV, 16.
— ' Lib. de Spirit. ei M. cap..3 , n. 60.
xcinwouR.
Demeure fixe du Père et do Fils daiM la ia».
! Joan. XIV, 33.
I Ce qui est certain , ce qu'il faut saveir, ce qi'n , ne saurait assez imprimer dans son esprit; cal que la cause prochaine de la préférence est q» fe sus-Chrisl et son Père se manifestent à celui garde les commandements : ,\ous rietulroiuaM, ei nous y établirons notre demeure
U va toujours les affermissant de plus en plu. en les assurant de l'amour de son Père, du »n de la présence et de l’assistance de son saint tsyi. et afin de ne rien omettre, il leur dit encore;.V« viendrons en vous, mon Pire el moi : nom u nous contenterons pas de vous assister su ddwn. nous viendrons à vous : nous y établiroru sefrf demeure. Nous vous serons intimement uni; t cela , non point en passant , mais par on étaWi» ment permanent.
Aous viendrons. Quel autre qu’un Dieu pe. parler ainsi? Un simple homme, une simple mrture, quelque parfaite qu'ou la fasse, oseniWt dire : jYous viendrons , et s’associer avec le Pin éternel , pour demeurer dans le fond des iw comme dans son sanctuaire 7
Nous viendrons à eux , et nous y étabUrmu » tre demeure : et cela, qu’est-ce autre chose, sinoa a qui est écrit : / ous êtes le temple du Dieu rira/ comme Dieu dit lui-méme : Je ferai ma demi en eux, et je me promènerai au mitieudnz.i je serai leur Dieu, et ils seront mon peupir. Suiez du milieu du monde, dit le Seigneur, et sg» rez-rous, et ne touchez point aux choses iapura. et je vous recevrai , et je serai votre pén, i vous serez mes fils et mes JlUes, dit le Sègseu tout-puissant *.
Qui nous dira quelle est cette secrète partie * notre âme dont le Père et le Fils font leur impé et leur sanctuaire? Qui nous dira combien intuse ment ils y habitent , comme ils la dilatent coon pour s’y promener; et de ce fond intime de l'ist se répandre partout , occuper toutes les puissaen animer toutes les actions ? Qui nous appreadn a secret, pour nous y retirer sans cesse, et y tnever le Père et le Fils?
Ce n'est pas là cette présence dont laial Paé dit ; Il n’est pas loin de nous, car nous rwou. nous nous mouvons, et nous sommes en lui et pu lui Car eette présence nous est commune a« tous les hommes, et même, en un certain leiu. avec tout ce qui vit et qui respire. Mais l’unirii que Jésus-Christ nous promet ici est une uaiu qu’il ne promet qu’à ses amis. Qu’elle est profonde' qu’elle est intime ! qu’elle est éloignée de la rééxn des sens !
Quand Dieu nous a faits à son image, il a cr^e* nous, pour ainsi parler, ce secret endroit où U » plaît d'habiter. Car il entre intimement daa» b créature faite a son image ; il s’unit a elle par l'ndroit qu’il a fait à son image, où il a mis sa rrswo- ■ Jiein. ÏIV, J3. — ■ II. for. n . 10, 17 , 10. — ’ s™-
MÉDITATIONS SUR L'ÉVANGILE. 747
Mance. L'homine ne lui est pas étranger, puisqu'il l'a fait, comme lui, intelligent, raisonnable, capable de le désirer, de jouir de lui ; et lui aussi il jouit de l'bomme -, il entre dans son fond , d'où il possède le reste; il en fait son sanctuaire. O homme, ne comprendras-tu jamais ce que tou Dieu t'a fait? Nettoie à Dieu son temple; car il y veut habiter; crois seulement, mais d'une foi vive; tu n'auras besoin pour prier d'autre temple que de toi-méme. Que Dieu t'écoute de près! Il est en toi, il y demeure, il y règne; son Fils y est avec lui. Quand il t'a fait à son image, il a parlé arec son Fils de l'ouvrage qu'il allait faire, et il a dit : Faisons ihomme à notre image et ressemblance ■ : et maintenant il vient en toi avec lui ; il l'envoie continuellement de son sein dans le tien ; il y envoie aussi son Saint-Fsprit, sanctificateur invisible de ce temple. Il faut être juste pour cela, car il ne peut pas habiter dans une âme souillée. O homme, comment peuitu souffrir le péché? Temple de Dieu, comment peux-tu mettre une idole dans ce sanctuaire?
Non, je me veux retirer en Dieu. Et que fautil faire pour cela, sinon se recueillir en soi-méme? Mais l'y sentons-nous, l'y trouvons-nous? Dieu n'est-il pas en nous d'une manière vive , et qui se fasse sentir? Jésus-Christ a dit du Saint-Esprit ; fous te connaîtrez , parce qu’il sera en vous , et qu'il y demeurera •. Nous devons donc aussi connaître et sentir en nous le Père et le Fils, puisqu'ils y sont et qu'ils y demeurent. Oui, sans doute, il est ainsi : Dieu se fait sentir en quelque sorte, lorsqu'il arrive en nous : c'est ce que saint Paul vient de nous rapporter : F.t je serai leur Dieu , et ils seront mon peuple
Quand je ne sais quoi nous dit dans le rieur que nous ne voulons que Dieu , et que tout le reste nous est eu horreur, alors Dieu se fait sentir. Mais ne croyons pas qu'il se fasse toujours sentir bien cloirement, ni que dans le cours de cette vie il se fasse sentir avec certitude. Il nous est plus intime que nous ne le sommes à nous-mêmes : ainsi il se cache en nous autant qu'il lui plaît : il s'y découvre à nousmêmes autant qu'il lui plaît; et il ne s'y découvrira pleinement que lorsqu'il assouvira tous nos désirs , que sa gloire nous apparaîtra, et que Dieu sera tout en tous, comme dit saint Paul ?.
Ouvrons-lui cependant l'entrée ; Jésus-Christ nous eu donne le moyen ; Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole; celui qui ne m'aime pas ne garde pas ma parole *. N'aimez point en discours, ni en paroles; aimez par les eeurres et en vérité^. Il sonde les cœurs, et il voit que celui qui parle , et qui croit aimer sans agir, n'aime pas. Mais aussi, celui qui garde extérieurement sa parole, et qui n'agit point par amour, ne garde pas véritablement cette parole. Il faut joindre l'exécution de sa parole avec son amour, parce que sa principale parole et l'abrégé de sa doctrine, c'est qu'il faut aimer.
' Ce». I . as. — * Joan. xlv, 17. — I II. Cor. VI, 16. — ' I. Cor. XV, as. — ^ Joan. XIV, as, ai. — ‘ JUid. 111, I».
XCIV' JOUR
Etat renne ds 1a vie cbrStisnne. Joan. xnr, 16 , sa.
Arrêtons-nous sur ces paroles : .Mon Père vous donnera te Consolateur, q^n qu'il soit en cous éternellement. Fous le connaîtrez , parce qu'il demeurera en vous. .Nous viendrons à lui, et nous y établirons notre demeure '. Entendons que la vie chrétienne n'est pas un mouvement perpétuel du bien au mal , et du mal au bien. C'est quelque chose de stable et de permanent. Celui qui n’a rien de ferme, et dont la vie est un continuel retour du péché à la pénitence et de la pénitence au péché , a juste sujet de craindre que le bien n'ait jamais été solidement en lui.
Je ne veux pas dire qu'on ne puisse jamais perdre la grâce; car pourquoi la pénitence aurait-elle été établie après le baptême? Je ne veux pas dire que la chute après la pénitence soit sans remède ; car Jésus-Clirist n'a point donné de bornesà la puissance des chefs : Tout ce que vous remettrez sera remis; tout ce que vous délierez sera délié ■ : vous pourrez remettre et délier jusqu’à l'abus de la pénitence. Je I ne veux pas dire non plus que le passage de la grâce au péché , et du péché à la grâce , ne puisse pas quelquefois être fréquent. .Saint Pierre était juste quand Jésus lui dit, comme aux autres : Fous êtes purs ’ ;et il n'excepta que Judas. Il tomba bientôt après, quand il renia son maître; il se convertit bientôt après, lorsque Jésus le regarda, et qu'il pleura si amèrement. Qui osera dire qu'un regret si amer et si sincère , le fruit d'un regard spécial de Jésus , ne lui rendit pas la justico? Mais qui osera dire au.ssi qu'il ne l'avait pas perdue de nouveau lorsque Jésus lui reproche comme aux autres son incrédulité et ta dureté de son cœur, pour n'avoir pas voulu croire ceux qui leur annonçaient qu'il était ressuscité * ? Dieu permet ces chutes fréquentes, lorsqu'il fait sentir à une âme sa propre faiblesse, âlais où en veut-il venir par ces terribles leçons , sinon à affermir l'âme dans l'humilité , dans la défiance de soi-même , dans la confiance en Dieu, et par là dans la vertu? Il en faut donc venir à un état de fermeté et de consistance. Clirétien , tu as assez appris tes faiblesses par tes chutes : il n’est pas question de rexpérimenter toujours; il est temps de profiter de tes expériences : Pierre n'a été vacillant un peu de temps que pour être conduit par là à une longue et perpétuelle persévérance.
XCV JOUR
Le mailre Intérieur- Joan. ht, 26. 26.
Je vous oi du ces choses pendant que j'étais parmi vous ; mais te Saint- f!sprit consolaieur , que mon Père tous enverra en mon nom , vous ensei* gnera toutes choses , et vous inspirera , vous suggérera, mot a mol, selon l’original, row/era re«souvenir de toutes tes cfioses que je vous aurai difes^. Quoi donc! avions>nous l^soinde deux mal-
» Jnan. XIV, 16, 17, 23. — * Sfatt. xn , 19. — * Joop. III), 10. — * .Vure. 1>I, M. — *Jottu. X12, 2t», 26-
DiQiii^tiu uy
très? <t Jésus-Christ ne nous suIBsalt-il pas pour nous enseigner.’ Soyons ici attentifs à cette école intérieure, qui se tient dans le fond du cœur. Outre les enseignementsdu dehors, il nous fallait un maître intérieur, qui fit deux choses : l'une, de faire entendre au dedans ce qu'on nous avait enseigné au dehors; l'autre, de nous en faire souvenir, et d'empécher qu'il ne nous échappât jamais.
Remarquons bien néanmoins que Jésus-Christ et le Saint-Esprit ne nous enseignent pas des choses différentes. Écoutez bien , fanatiques, qui attribuez à la doctrine du Saint-Esprit des choses que Jésus- Clirist n'a pas dites. Il enseigne les mêmes choses; mais l'un enseigne au dehors, et l'autre au dedans : et lorsqu’on dit que le Saint-Esprit enseigne au dedans, il faut entendre que Jésus-Christ même enseigne aussi au dedans; parce que c'est lui qui envoie le Saint-Esprit, qui est plein de lui, comme il l’expliquera bientêt.
Et pourquoi cette doctrine intérieure est-elle attribuée au Saint-Esprit, si ce n'est pour la même raison que l'infusion de la charité lui est attribuée? La charité, dit-il , est répandue dans nos coeurs par le Saint-Esprit, qui nous a été donné ’. Qu'estce donc qu'enseigner au Saint-Esprit, si ce n'est faire aimer la vérité que Jésus-Christ nous a annoncée, jusqu'à pouvoir dire : Çui nous séparera de la charité de Jésus- Christ t Sera-ce l'afjliction , ou la persécution, ou ta faim? Mous sommes victorieux dans toutes ces tentations , à cause de celui qui nous a aimés , et qui nous a donné son amour'. Et qu'est-ce que nous faire ressouvenir de ce que Jésus-Christ nous aura dit, sinon le tenir toujours présent à notre esprit par l'attachement que nous y aurons au fond du coeur? Ce.st-à-dire que le Saint-Esprit noua inspire non tant la science que l'amour, et que c'est par lui véritablement que nous sommes enseignés de Dieu, comme Jésus-Christ nous l'a dit
Soyons donc recueillis et intérieurs , puisque c'est au dnians que nous parle notre docteur. Homme, où courez-vous d'affaire en affaire, de distraction en distraction, de visite en visite, de trouble en trouble? Vous vousfuyez vous-même, puisque vous fuyez votre intérieur ; et vous fuyez en même temps le Saint-Esprit, qui vous y veut parler.
XCVI' JOUR
Paix Intérieurs, Joan. xiv, i7.
Je tous laisse ma paix ;je vous donne ma paix, cette paix intérieure, que le monde ne vous peut donner*, puisqu'au contraire c'est lui qui la trouble. Et qu'est-ce que cette paix? Sous viendrons à lui , et nous y ferons notre demeure Dieu en nous
et dans notre fond, c'est notre paix. Car il est écrit de la cité sainte, qui est la ligure de l'àme fidèle : Dieu ne sera point ébranlé au milieu d'elle*. Que la tempête vienne, c'est-à-dire les passions, les afflictions, la perte des biens temporels : Dieu au
' gom. V, B. — * Ibid. VIII , as , 37. — t -Joan. vi , 43. — ’JM. XIV. 37. - 'Ibid. sa. —•Ps. XIV, e.
milieu de l'àme ne sera point ébranlé i ni par conséquent le fond où il est , car le Psalmiste poursuit : Dieu l'aidera dés le matin : Dieu la préviendra de ses grâces ; et c'est là sa paix , pourvu qu'elle soit soigneuse de se recueillir en elle-même, car c'est là qu'elle trouve Dieu, qui est sa force. Si elle se dissipe, si elle court. Dieu sera ébranlé au milieu d’elle; non en lui-même, mais au milieu d'elle. Commencez-vous à écouter le monde et la tentation. Dieu s'ébranle au milieu de vous, il est prêt à vous quitter. Consommez-vous le péché, il vous quitte. Demeurez donc uni à vous-même, et à Dieu, qui est en vous ; il ne s'ébranlera pas au milieu de vous; par là vous serez en paix , car il est écrit : Ijelieuou il demeure .sera en paix ’. Il n’y a point de paix pour les méchants, dit le Seigneur *. Encore un coup ; H n'y a point de paix pour les méchants : ils sont comme une mer agitée qui n'a Jamais de repos ’ ; qui regorge en mauvais désirs ; et ses flots , et nos écume Jetée au bord sera foulée aux pieds, et ne fera que de la boue *.
XCVIl* JOUR.
Paix imperturbable. Joan. xiv, 37.
Je vous laisse ma paix. Je vous donne ma poix : Je ne vous donne ]>as une paix comme celle que le monde donne. Se soyez point troublés, necraiqnez rien. C'est ce que le monde ne peut vous donner. Ce qu'il redouble le nom de la pais , marque l'affection et la tendresse avec laquelle il fait un si beau présent. Vous diriez qu'à coups redoublés il veuille faire pénétrer la paix au fond du cœur. Il la leur donne pour eux, il la leur donne pour nous. II leur donne cette paix qui reposera sur les enfants de la paix, qui seront dans la maison où ils entreront; et qui reviendra à eux si personne ne la veut recevoir. Recevons donc la paix des apôtres, celle des ministres de Jésus-Christ, lorsqu'ils entrent dans nos maisons ; soyons pour eux des enfants de pais ; ne soyons ni contredisants , ni murmurateurs. Re- I cevons cette paix, non celle du monde, mais celle I que Jésus-Christ sait faire trouver au milieu des bo- I miliations et des travaux.
I Se craignez rien , ne vous troublez pas. C'est , comme nous avons dit, la conclusion de tout ce discours , et le terme où il aboutit. Considérons toutes les raisons par lesquelles le Fils de Dieu bannit le trouble que devait causer sa mort. Premièrement, s'il s'en va, c'est pour nous préparer la place dans la maison de son Père. Ses disciples le peuvent suivre; et en leur disant où il va. il leur montre aussi le chemin pour y parvenir. Il leur apprend on ils pourront voir le Père , dont la vision leursufRt, dans la possession duquel ils n’ont plus rien ni à désirer ni à craindre. Secondement, quoiqu’il les quitte, il n’en sera pas moins leur protecteur; et ils peuvent tout obtenir en son nom. Loin que son absence leur nuise , il fera pour rus
' Pt. iisv, a. — ’ /». xLvni, a. — ‘Ibid, ivii, 5i — i * fbid. 30.
.....agit
MÉOlTATiONS SLR L’ÉVANGILE.
et par eux de plus grandes choses qu'il n'avait jamais Ciites. Troisièmement , en les quittant, il leur promet un consolateur invisible, qui adoucira leurs peines , et leur gravera dans le cœur toute sa doctrine. Touchés de l’amour qu'ils auront pour sa personne, ils garderont sa parole. Enfin, il ne les quittera pas en les quittant ; il viendra à eux , et il y viendra avec son Père, et ils établiront leur demeure dans leurs âmes : ce qui les fera jouir dans le fond du cœur, au milieu des persécutions et des tentations, d’un imperturbable repos, et de cette paix qui surpasse tout sentiment , toute pensée, toute inteltigence '. Après cela on peut conclure : jVe vous Iroubtez pas , ne craignez rien. Voici néanmoins encore une raison plus touchante pour ses vrais disciples.
XCVIII' JOUR
léeus-chrlil renüe en *» gloire , retournant t un Père.
Joua, xrv, SS.
f'ous avez oui que je rotu al dit ; Je m'en vais , et je reviens • : je meurs , et je ressuscite , et je reviens de nouveau à vous; je m’en vais encore, je monte au ciel , et j’en reviendrai à la fin , pour demander compte de mes grâces. Si vous m'aimiez , vous seriez bien aises que je m'en allasse. Je vous ai dit les raisons de vous consoler de mon absence , par les biens qui vous en reviennent. En voici une , par rapport à moi, qui vous doit toucher davantage : roue m'aimez , vous devez vous réjouir
qtuje retourne à mon Père, parce que mon Père est plus grand que moi , et que c’est avec lui que je trouverai ma véritable grandeur.
Cest son Père qui en est la source, parce qu’il tient tout de lui ; il est toujours dans son sein , et ne le quitte jamais. Toutefois , en se faisant homme , il est sorti en un certain sens du lieu de sa gloire ; et il s’est fait moindre que son Père , lui qui est naturellement son égal. Comme homme, il va retourner à ce lieu de gloire ; et en retournant à celui qui est plus grand que lui , â cet égard , il devient aussi plus grand lui-méme , parce qu'il entre dans so ÿ/oire ^ , ensuite de ses souffrances, et qu’assis à la droite de ta majesté de Dieu, toute puissance lui est donnée dans le ciel et dans la terre *. C’est ce qu’il nous dira bientôt: Mon Père, glorifiezmoi de la gloire que j'ai eue atqyrés de vous , avant que le monde fût Répandez cette gloire sur l’humanité que j’ai prise. Telle est la gloire que je vais recevoir en retournant à mon Père : Si vous m'aimiez , vous en auriez de ta joie. Réjouissez-vous donc, vous qui m’aimez; réjouissez-vous de la gloire où je vais entrer.
C’est ce que font tous les bienheureux esprits , en disant : L'Agneau qui a été immolé est digne de recevoir puissance, divinité , richesses, sagesse, force, honneur, gloire, bénédiction, action de grdces : il est digne de les recev oir avec son Père : à celui qui est assis sur le trOne , et à l'Agneau , bé-
■ PUIIp. IV, 7. — ’ Joan. XIV, 18. — * Lue. XXIV, M. — é Matt. xxrilt, 18 — vjecm. xvii, s.
nécUction , et honneur, et gloire, et puissance aux siècles des siècles ' ? Vous le voyez, ils n’ont point de termes pour expliquer un si grand transport : c’est qu’ils aiment Jésus, et se réjouissent de la gloire qu’il a re<;ue avec son Père.
C'est pour nous exciter à cette joie qu’il nous dit : Si vous m'aimiez , vous vous ryouiriez de ce que je vais à mon Père '. O Seigneur, je m’en réjouis; je ne me réjouis pas tant de mes avantages que je me réjouis de votre gloire. A liez à votre Père , selon ce qu’il est plus grand que vous , afin de jouir des avantages de votre naturelle grandeur. Gloire, louange, bénédiction, puis.sanoe, honneur, soient donnés à l’Agneau , qui a été immolé pour nous. Soyez loué, soyez adoré, soyez servi de toute créature : je fais ma gloire de votre gloire, ma grandeur de votre grandeur, ma félicité de votre félicité. Voilà ce qu’il nous faut dire dans toute l'étendue de notre cœur, en honneur de cette parole du Sauveur : Si vous m'aimiez , vous vous réjouiriez de cequeje vais a mon Père, parce que mon Père est plus grand que moi.
Mon Sauveur, que vous êtes grand , puisque vous avez besoin d'avertir les hommes que votre Père est plus grand que vous ! Si un autre que vous disait : Dieu est plus grand que moi ; on lui répondrait ; Qui en doute? quelle comparaison y a-t-il à faire entre Dieu et vous? C’est trop présumer de vous que de croire qu’on vous puisse mettre en comparaison avec Dieu. Mais comme il y a en Jésus-Christ une grandeur pareille à celle de Dieu , en sorte qu’il ne craint point de ce côté-là de traiter d’égal avec Dieu , et que , dans tout le discours que nous avons ouï, il montre cette égalité, il a été nécessaire de nous faire souvenir aussi de l’endroit par où le Père est plus grand que lui , de peur qu’on oubliât qu’étant Dieu , il s’était humilié et anéanti jusqu’à prendre, non-seulement la forme d’esclave, mais encore la ligure du pécheur.
Que vous êtes grand , mon Sauveur! Que j'ai de joie de votre grandeur ! Que j’ai de joie de la gloire que vous avez naturellement dans le sein de votre Père ! Que j’en al de celle où vous êtes exalté par votre humiliation jusqu'à la mort, et à la mort de la croix!
i Seigneur, vous m'avez appris comment il vous faut aimer : oserai-je vous dire avec saint Pierre : Seigneur, vous savez que je vous aime Excitezvous, dirétien , à cet amour : dites mille et mille fuis à Jésus : Je vous aime ; mais souvenez-vous qu'il vous a dit ; Si vous m'aimez, gardez mes commandements.
XCIX* JOUR
lésQS-ChrUt prédit tout ce qui lui doit arriver : Il rt rolODtairefnent à U mort Joan. uv, 29.
Je vous ai dit ces choses avant qu'elles arrivas^ sent , que vous crussiez lorsqu'elles seraient arrivées Que vous crussiez quoi ? deux choses.
* 4poe. V, 12» xiv, 29. — ’ Ibib. xxi. tS
- * Ibid. IIT, 29.
MEDITATIONS SUR L’ÉVANGILE