‹ Œuvres de Bossuet. Tome III, SermonsChapitre 246 sur 273 · TSO · texte numérisé non relu

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ij première ,■ que je rois tout , que je sais tout, qu'on ne me peut caclicr ce qu'on trame contre moi dans les ténèbres. Je vois le traître disciple qui me vend , qui me va livrer, qui se met à la tête de mes ennemis pour me prendre. Je sais tout ce qu'ils feront, et qu'ils me conduiront à la mort. Je vous le dis avant qu'il arrive, afin que vous croyiez en moi : au même sens qu’il venait de dire ; L'n de voui, qui mange avec mol ■ me trahira, et je voua le dis avant qu'il arrive , afin que lorsqu'il arrivera vous eroÿiez que c'est moi qui suis ‘ le Christ ; et qu'il avait dit peu de jours auparavant : A'oire ami Lazare est mort: je m'en réjouis pour l'amour de vous, afin que vous croyiez , parce que je n'y étais pas'. La seconde chose, afin que vous croyiez que le monde ne peut rien sur moi , et que personne n'aurait puissance de me livrer, si je ne me livrais moi-même le premier, pour obéir h mon Père.

C'est ce qu'il confirme par les paroles suivantes : Je n'ai plus guère de temps pour vous parler • le prince de ce monde arrive, et il n'a rien en mop. Il anime les Juifs, et je les vois avancer par son instinct. Il n’a aucun droit sur moi, parce que je suis sans péché; ainsi il n'a pas le droit de m'assujettir à sa puissance, ni de me donner la mort : Mais afin que le monde sache que j'aime mon Père , et que je fais ce qu’il me commande : Levez-vous , sorlons d'ici *. C'est ainsi que finit son discours.

/(fin que le monde sache, car je lui dois cet exemple, que j’aime mon Père, et que je fais tout ainsi qu’il me l’ordonne ; c’est l'exemple que je veux donner, non-seulement d’obéir, mais d'obâr par amour. Je viens de vous dire : Si vous m'aimez, gardez mes commandements .- celui qui m'aime garde ma parole : il faut premièrement aimer, et ensuite obéir, mais par amour. Cest ce que je commande , c'est ce que je fais : j'aime mon Père, et j'obéis. Je m'avance volontairement pour exécuter ses ordres : Judas sait le lieu où j'ai accoutumé d'aller prier, et il se sert de cette connaissance pour me surprendre; mais il ne me surprend pat. Je vois ses complots ; et quelque loin qu'il soit , toutes ses paroles viennent à mes oreilles Combien ai-je rompu de complots semblables! Combien ai-je échappé de fois aux Juifs , qui voulaient me prendre ! Je pourrais encore rompre ce coup , en n’allant point au jardin où l’on vient me prendre : mais il est temps, mon heure est venue , et mon Père me fait voir que c'est cette fois qu’il faut que je meure. Cest l'heure de mes ennemis et de la puissance des ténèbres : Levez-vous , sortons d'ici ; allons au-devant de ceux qui me cherchent.

Il répète les mêmes paroles en descendant de la montagne des Olives, et en sortant de son agonie : Levez-vous , allons ; celui qui me trahit approche^. Il ne recule pas : il marche à la mort avec une volonté déterminée, il y mène ses disciples ; levez-vous, partons. Car encore que leur heure

^ ' JOKII. XIII, IB. — ‘Ihià. XI. Il, 14, IS. — > tbid. Xlt, 10. JHI. SI. — V Ibid. XVIII, s, a, 4. — a V««. un, 4S.

ne soit pas venue, il vent pourtant qu'ils le suivent, et il les mène au combat pour les aguerrir. Ils fuiront à cette fois , mais peu à peu ils s'accoutumeront à combattre : .étions donc, suivez-moi, ditil, levez-vous. C'est à nous qu’il parle aussi. Revêtons-nous , à son exemple , de résolution et de courage : ne nous troublons pas; ne craignons rien : à quelque hasard qu'il nous faille aller pour son service, faudrait-il aller à une mort assurée, levons-nous , partons; et quand il sera à la porte, lorsqu'il frappera le dernier coup, et qu’on nous annoncera la mort prochaine, disons avec un air libre et d’une voix ferme : Levons-nous, sortons d'ici.

Cela dit , Jésus se leva ; il partit du cénacle et de la maison , pour aller, selon sa coutume , au jardin et a la montagne des Oliviers; el ses disr'ir pies le suivirent’.

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